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mercredi, 24 juin 2015

Objectif logement tenu ? Les mal-logés contestent les chiffres d'Anne Hidalgo

Les mal-logés n'ont pas d'autre choix que se montrer pour exister. Là où l'on ne nous attend pas, là où se construit la ville du futur dont nous ne voulons pas être exclus: c'est pourquoi nous avons rendu visite ce matin à la réunion d'aménagement de la Gare du Nord, où devait intervenir Anne Hidalgo, après avoir, ces dernières semaines occupé une pépinière d'entreprises  high tech , ou "participé" à l'inauguration de Sense Cube, un autre incubateur public.

Etre mal-logé c'est déjà difficile. Mais à Paris, s'ajoute à cela l'invisibilisation croissante de nos problèmes. Toutes les semaines, Anne Hidalgo et Ian Brossat font une inauguration presse: quelques logements sociaux neufs font l'évènement quand 76% de la production 2014 est en fait du diffus, c'est à dire majoritairement le rachat d'appartements déjà occupés.

Mais les photos de logements neufs dans la presse remplacent avantageusement la description de la réalité du mal-logement: plus de 138 000 parisiens demandeurs de logement inscrits au fichier central sont quasi-rayés de la carte postale avantageuse d'une capitale accueillante pour tous.


Réunion sur l'aménagement de la Gare du Nord... par HLMPOURTOUS

Le combat des ex-habitants du bidonville de la Chapelle, exemplaire, a démontré une triste réalité : dans la capitale, pour exister il faut lutter. Chaque soir, des mal-logés isolés et à la rue ne trouvent aucune réponse , même en appelant le 115. Non seulement, le relogement serait impossible, mais l'hébergement serait saturé, « malgré tous les efforts de la municipalité », comme le répètent Anne Hidalgo et Ian Brossat.

Mais la lutte des migrants a contraint la Ville à ré-ouvrir en urgence des hébergements fermés après l'hiver.

Ceci appelle une question, à laquelle notre maire doit répondre : combien d'hébergements de ce type, utilisables immédiatement sont-ils vides actuellement dans la capitale, et jusqu'à l'hiver prochain , alors que les besoins sont criants ? Combien d'hébergements pourraient-ils être assurés dans la capitale au lieu d'envoyer des familles entières dans des hôtels de banlieue lointaine, alors que les enfants sont scolarisés sur Paris ?

Ces questions ne touchent pas seulement à la question de l'hébergement. Il y a quelques jours, la majorité municipale annonçait que les objectifs en matière de « production de LOGEMENTS » étaient tenus, annonçant 7200 nouvelles productions en 2014. Mais comme le reconnaît la Ville, le quart de ces « logements » sont en fait des foyers et des hébergements. En réalité, il y a donc eu en 2014 seulement 5400 vrais logements et 1800 places d'hébergements , qui comptent cependant comme logements au titre de la loi SRU, deux hébergements équivalant à un logement très social ( PLA-I). Et la Ville annonce en tout, 28 % de PLA-I sur les 7200 logements sociaux, soit au mieux 2000 PLA-I, hébergements compris.

Calculs faits, il n'y aurait donc que quelques centaines de logements très sociaux, les seuls accessibles à la majorité des demandeurs de logements , produits en 2014 à Paris. Le reste serait de l'hébergement. Et dans ces hébergements, quelle proportion sera réservée à un usage hivernal ?

Ces questions et ces calculs agacent toujours à la Mairie, où les mal-logés en lutte s'entendent toujours rétorquer que Paris est de toute façon beaucoup mieux que les autres villes en matière de logement social, et que s'en prendre à une politique comparativement meilleure est vraiment contre-productif.

Mais plus de 138 000 demandeurs de logement ont besoin d'un logement social à Paris, parce qu'ils y vivent dans le mal-logement, parce qu'ils y travaillent, parce que leurs enfants y sont scolarisés. Et c'est en fonction du respect d'un droit fondamental pour tous qu'on juge une politique, pas selon la situation ailleurs.

 A Paris ce droit est bafoué en permanence, et maintenant soumis à un processus de « notation » du mal-logement, qui aboutit à de nouvelles justifications pour ne pas respecter immédiatement le droit. Les « mauvaises notes » de certains dossiers constituent ainsi une grande partie des discours qui sont tenus en rendez-vous par l'Ajoint au Logement lorsqu'il reçoit les organisations de mal-logés. Il paraît donc qu'une partie des demandeurs de logement pourrait mieux faire en matière de mal-logement, pour améliorer ses chances de relogement.

 Plutôt que suivre ce conseil, nous préférons lutter, et rappeler nos besoins à notre maire chaque fois que nous le pouvons, chaque fois qu'il est question d'urbanisme et de la Ville du futur. Un plan de relogement massif en urgence est possible , il est nécessaire, il est légitime.

 

13:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, ian brossat, jean-louis missika, aménagement urbain, logement social, mal-logement | | |  Facebook

mercredi, 21 mars 2012

Aménagement urbain: les mal-logés remettent en cause les priorités de la mairie

Ce matin, Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanöe avait invité les journalistes à une visite en bus des nouveaux prototypes de mobilier urbain installés dans la capitale.

Les mal-logés se sont invités au départ de la visite: derrière le Paris high-tech, derrière la ville ultra-moderne, il y a la réalité des centaines de milliers de mal-logés parisiens, qui, eux , survivent dans des conditions dignes d'un autre âge.

Nous étions là pour exiger que les mêmes moyens technologiques et financiers qui sont déployés pour l'image de la capitale soient aussi mis au service de la résolution immédiate des problèmes de logement.

Après l'obtention d'un rendez-vous demain avec le cabinet du maire, nous avons laissé partir le bus.


Paris : Anne Hidalgo interpellée par des mal-logés par HLMPOURTOUS

Le communiqué diffusé sur place

Le Collectif des Mal Logés en Colère manifeste aujourd'hui à l'occasion d'une visite dans Paris organisée pour la presse par Mme Hidalgo, première adjointe de la Ville : il s'agit de faire découvrir des exemples de mobiliers urbains innovants récemment installés dans la capitale, fruit des dernières avancées technologiques mis au service du loisir et du tourisme.

 Nous sommes venus montrer l'autre visage de Paris, pas celui de la ville high tech, mais celui où des centaines de milliers de personnes survivent dans des conditions souvent dignes des siècles passés, à cause du mal-logement.

 Logements indécents et insalubres, mal aérés et humides , infestés par les rats et les cafards. Sanitaires dégradés , inutilisables ou inexistants. Errance urbaine, faite d'hébergements précaires, de logements de fortune, de passages par la rue. Parents, enfants et grand-parents entassés dans des logements trop petits.

 Tous ces problèmes d'un autre temps perdurent et s'aggravent dans la capitale : les prouesses technologiques, l'innovation , l'investissement ne sont pas de mise en ce qui concerne la résolution du mal-logement.

 Au contraire, la production de logements sociaux à bas loyer baisse .

 En 2010, la production de logements du premier bailleur social parisien déjà bien insuffisante administré par la Ville de Paris, Paris Habitat OPH est passée de 2606 à 508,unités, soit une réduction de plus de 75% en un an !

 Paris, certes arrivera à 20% de logements « au titre de la loi SRU » en 2014 : mais depuis 2001, seulement 12 222 PLAI ont été agrées, contre 13 000 PLS. Or les PLS, les plus chers des logements sociaux sont inaccessibles en termes de loyer à la plupart des ménages parisiens, alors que 80% des demandeurs de logement sociaux ont des ressources correspondant à celles du PLA-I.

 Paris est devenue une ville à deux vitesses : pour ceux qui ont les moyens, une capitale high tech.

Pour les autres, et notamment pour les mal-logés une ville ou les innovations qui comptent en terme de mobilier urbain sont surtout les installations anti-SDF qui prolifèrent un peu partout pour rendre la misère invisible.

 Comme lors de nombreuses autres inaugurations, nous sommes présents aujourd'hui en nombre, parce que seule la visibilté du mal-logement incitera nos responsables politique à le faire disparaître définitivement du paysage en mettant les moyens nécessaires au logement de tous.


16:01 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, bertrand delanoe, aménagement urbain, logement social, insalubrité | | |  Facebook

 
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