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jeudi, 20 juin 2013

Rassemblement devant le siège des 3F : pas d'attributions justes sans offre de logement adaptée.

 

Attribution logements, Cecile Duflot, mixité sociale, scoring, Le Ministère du Logement annonce dans sa prochaine loi une réforme du système d'attribution des logements sociaux : mais cette réforme, essentiellement administrative ne s'attaque pas au vrai problème, la politique de sélection des candidats par les bailleurs sociaux qui s'opère bien en amont des commissions d'attribution et exclut de fait une bonne partie des demandeurs.

Nous sommes venus ce matin symboliquement manifester devant l'un des principaux bailleurs sociaux franciliens, l'immobilière 3F détenue par Solendi , collecteur privé du 1%, car sa politique est emblématique.

L'immobilière 3F se distingue notamment par des loyers où la part des charges est très importante : par exemple, un logement de type F4/F5 en zone 4/5 Navigo présente un loyer aux alentours de 1200 euros dont 400 euros de charge. Le montant des charges n'entre pas dans le calcul de l'APL. Par conséquent, si les loyers des logements 3F entrent bien théoriquement dans les plafonds définis comme « sociaux », de fait, ils ne sont pas accessibles aux foyers à revenus modestes, le taux d'effort étant trop élevé. Le Ministère peut faire toutes les réformes d'attribution qu'il veut, c'est le loyer des logements qui conditionne la sélection et l'acceptation des candidatures.

 Dans ce contexte, ce sont les bailleurs sociaux, qui imposent, de fait, leur politique de sélection des candidatures aux réservataires préfectoraux et municipaux : sachant que des candidatures aux revenus modestes ou précaires vont de toute façon être retoqués en commission, mairies et préfectures font un pré-tri de ces candidatures. Les directions des 3F assument d'ailleurs comme une réussite le fait de dicter leurs conditions aux pouvoirs publics : « On n'a donc pas de souci parce que les règles du jeu sont bien posées. On a des dossiers d'attribution extrêmement clairs parce que nos partenaires – Etat, communes, collecteurs du 1%- sont des gens avec lesquels on travaille régulièrement et qui connaissent notre manière de travailler. Ils font des dossiers pile-poil. Ils savent à quoi doit ressembler un dossier pour faire l'objet d'une attribution des 3F », explique par exemple le responsable des attributions de la Seine Saint Denis*

 Edicter de nouveaux critères de « priorité » , comme la réforme des attributions le prévoit, ne changera absolument rien : la preuve, la loi DALO était déjà censée imposer des candidatures et des relogements, pourtant 30 000 dossiers sont en attente, et ce sont ceux des salariés précaires, des familles à revenus modestes, des parents isolés, des retraités et autres « bêtes noires » des bailleurs sociaux. Comme le DALO, la nouvelle réforme donnera des prétextes aux bailleurs pour refuser des candidatures classées « non-prioritaires », mais ne leur imposera nullement le relogement des personnes qui auront rempli un parcours du combattant toujours plus complexe pour être classées « prioritaires ».

 Le critère d'accès au logement social c'est l'impossibilité de se loger à de bonnes conditions dans le privé à cause de revenus insuffisants : les bailleurs sociaux, financés avec l'argent public et les cotisations salariales des mal-logés doivent se plier à cette règle !

 * Cité dans Droit au Logement et Mixité, Noémie Houard, éditions l'Harmattan.


Immobilière 3F: logement social trop cher et... par HLMPOURTOUS

15:05 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : attribution logements, cecile duflot, mixité sociale, scoring | | |  Facebook

jeudi, 17 janvier 2013

Logement : une Tour pour le Ministère, toujours la rue pour les mal-logés.

Cecile Duflot, attribution logements, Tishman Speyer, Tour Sequoia, La Défense, immobilier de bureaux, réquisitions,

Ce sont au moins cent cinquante policiers dont les quinze cars bordaient l'avenue Georges V qui ont évacué aujourd'hui les 60 mal logés qui occupaient le siège de Tishman Speyer, un grand investisseur dans l'immobilier de bureaux.

Investisseur décidément choyé par l'Etat, puisque le Ministère de l'Ecologie et celui du Logement viennent de lui ôter une grosse épine du pied concernant la tour de la Défense dont il était propriétaire : celle-ci allait rester vide suite au déménagement de SFR, qui s'en va à Saint Denis où les prix sont beaucoup moins chers. Or la location de bureaux à la Défense à baissé de 32% en 2012, et les promoteurs peinent à trouver preneur pour des bureaux qui sont de plus en plus nombreux à être vides, au vu de leur loyer.

Qu'à cela ne tienne, si Cecile Duflot n'a pas le budget pour assurer le logement et l'hébergement des mal-logés, si un appelant sur deux au SAMU Social ne se voit proposer aucune solution, si l'Etat en est à vendre une trentaine de bâtiments au privé cette année, il y a toujours des fonds pour des projets inutiles et coûteux comme la location d'une tour dans le quartier d'affaires le plus cher de la petite couronne.

Embararssés, les directeurs généraux de Tishman et Speyer ont reconnu « ne pas réaliser une mauvaise affaire »....On s'en doute, car le côut de l'opération , 540 millions d'euros est supérieur à l'ensemble des aides à la pierre consenties par l'Etat pour la construction de nouveaux logements dans le budget de cette année ( 500 millions d'euros).

Alors que va s'ouvrir la deuxième partie de la Conférence contre la Pauvreté la semaine prochaine, les mal-logés en lutte ont voulu mettre en lumière les mensonges sur le « budget contraint » qui justifient notamment l'inaction contre le mal-logement, et une politique, qui pour le moment se réduit à des mesurettes très médiatisées.

Le mépris de Cecile Duflot, dont le cabinet a opposé une fin de non-recevoir à la médiation tentée par l'investisseur immobilier pour donner un rendez-vous à notre collectif, comme l'évacaution policière qui a suivi ne font que renforcer notre détermination : la répression contre les mal-logés en lutte est bien le signe que pas grand chose ne sera fait contre le mal-logement sans mobilisation des premiers concernés.

LE LOGEMENT C'EST MAINTENANT


                                Les mal-logés réquisitionnent Tishman Speyer par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

Logement : une Tour pour le Ministère,

Toujours la rue pour les mal-logés !

 Le SAMU social et la FNARS l'ont annoncé en début de semaine : en plein cœur de l'hiver, alors que le nombre de places d'hébergement est censé être à son maximum, un appel sur deux ne débouche sur aucune solution. On continue à mourir dans la rue.

 Pourtant le Ministère de l'Ecologie et celui du Logement viennent d'engager fin décembre plus de 500 millions d'euros dans la prise en location d'une tour de 53 000 carrés dans les Hauts de Seine , en petite couronne, là où l'on manque cruellement de logements sociaux.

 Mais cet investissement, dont la somme correspond à celle de l'aide à la construction de logements sociaux accordée par l'Etat dans le budget 2013 n'a pas pour but de loger où même d'héberger des mal-logés.

 Il est destiné à payer le déménagement et l'installation en tant que locataires des administrations des Ministères de l'Ecologie et du Logement dans la Tour Séquoia , propriété d'un investisseur mondial de l'immobilier de bureaux , Tishman Speyer, à qui les mal-logés rendent visite aujourd'hui à son siège de l'avenue Georges V, sur les Champs Elysées.

Assez de cadeaux aux promoteurs de bureaux !

 Lorsqu'on consulte le site de France Domaine, on s'aperçoit que pas moins de trente propriétés de l'Etat à Paris ont été vendues au privé en 2012, la plupart abritant précédemment des Ministères et des administrations, et étant désormais rachetées par des investisseurs privés. Et maintenant, de l'argent va être dépensé et versé à ces mêmes investisseurs pour leur louer des surfaces à prix d'or  ? Et ce alors que l'Etat reconnaît lui-même avoir un certain nombre de surfaces inoccupées ?

 A propos de son plan d'urgence pour l'hébergement, Cecile Duflot affirmait en octobre qu'il y avait certes des « besoins immenses » , mais que la situation budgétaire était « extrêmement contrainte »...Pas tant que ça manifestement, puisque l'on peut débloquer 540 millions d'euros pour déménager deux Ministères, dont personne n'avait remarqué qu'ils étaient jusque là abrités dans des taudis intenables et surpeuplés.

 Soutenir les profits des investisseurs de l'immobilier de bureau est-il une priorité en pleine crise du logement ?

 Concernant les tours de la Défense il est important de noter qu'un tiers des surfaces y était déjà vide en 2005, et en 2012, la location de bureaux y avait diminué de 32% en un an ( source Boursorama 4/12/2012). Les entreprises s'en vont, car les loyers y sont très supérieurs à ceux d'autres quartiers d'affaires et les transports sont saturés ( le déménagement ne sera donc pas une chance pour les salariés des Ministères concernés) : ainsi sans l'offre de l'Etat, Tishman Spyer aurait-il très probablement peiné à trouver des remplaçants à son locataire actuel SFR qui part à Saint-Denis.

 Nos Ministres du Logement et de l'Ecologie sont décidément très sensibles à la détresse des grands propriétaires de bureaux difficiles à louer , au point d'aller leur verser des loyers sensiblement supérieurs à la moyenne francilienne, et de dépenser des centaines de millions d'euros pour un déménagement quand dans le même temps, on prétexte la situation de crise pour ne pas répondre aux besoins les plus urgents en logement de millions de mal-logés.

 C'est ce choix politique que nous sommes venu mettre en lumière et dénoncer au siège de Tishman Spyer. Nous espérons que leurs dirigeants viendront également nous expliquer par quels moyens ils ont réussi à toucher la corde sensible de nos politiques, quand nous autres mal-logés leur indifférons totalement.

15:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, attribution logements, tishman speyer, tour sequoia, la défense, immobilier de bureaux, réquisitions | | |  Facebook

jeudi, 21 juin 2012

Politique de la Ville: les mal-logés interpellent François Lamy

Quatre vingt dix mal logés ont investi aujourd'hui le secrétariat général à la Ville, placé sous l'autorité de François Lamy, avec le cabinet duquel un rendez-vous a été obtenu pour le début de la semaine prochaine.

A bien des égards, la politique de la Ville menée sous la mandature précédente a précipité la crise du logement que des millions d'entre nous connaissent. François Lamy est chargé notamment de la politique du logement dans la Ville et de la rénovation urbaine et c'est à ce titre que nous l'interpellons aujourd'hui à travers notre occupation.

 

  • L'orientation de l'ANRU, présentée comme un moyen de rénover les quartiers populaires a amené une raréfaction de l'offre de logements sociaux à bon marché, et une augmentation conjointe des prix de l'immobilier privé dans les quartiers populaires concernés : certes, le nombre de logements reconstruits est égal sur le papier à celui des logements détruits. Mais les niveaux de loyer , comme la priorité accordée à l'accession à la propriété dans les zones les plus attractives de ces quartiers a conduit à la relégation urbaine une partie de la population et à la baisse du nombre de logements vraiment sociaux disponibles en petite et moyenne couronne.

 

  • La régionalisation des politiques de relogement en Ile de France, sous tendue par l'idée qu'au fond , le Grand Paris serait le nouvel horizon de réflexion marque en réalité une accentuation des inégalités : les SDF, les errants urbains hébergés de manière précaire sont écartés de la petite couronne par des mécanismes inexorables. Beaucoup de communes par des ruses diverses qui vont de l'exclusion des services sociaux pour les habitants «  de fraîche date » à la limitation des domiciliations administratives, mais aussi à la construction d'hébergements , de résidences temporaires en lieu et place de vrais logements, parviennent à se débarrasser de leurs pauvres, de leurs salariés modestes, de leurs précaires

 

  • Par divers moyens juridiques, la qualification de logement social sur le papier ne correspond pas forcément à la réalité : de fait les PLS sont inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement franciliens, ce sont pourtant ceux dont la production augmente le plus vite. De même des dispositifs comme l'Usufruit Locatif Social permettent à des investisseurs privés de bénéficier d'exonérations fiscales et d'avantages financiers pour des logements qui n'ont de social que le nom et le label SRU, et qui dans quinze ans seront de toute façon rebasculés dans le privé.

 

La soi-disant politique de mixité sociale a bien fonctionné...quand il s'est agi d'amener des entreprises, des bureaux et des catégories sociales supérieures dans les quartiers populaires les mieux situés, dont les habitants modestes doivent partir . Mais à l'inverse, et comme il fallait s'y attendre, les quartiers favorisés n'ont pas accueilli les mal-logés, sauf de manière anecdotique.

 Nous sommes venus demander un véritable changement dans ces politiques.

La qualification de logement social doit être réservée aux logements accessibles aux classes populaires et moyennes, et la production doit être adaptée à la demande et aux revenus réels des demandeurs

Les vrais logements sociaux ne doivent plus être relégués dans des quartiers excentrés et mal desservis en transports

 Le Grand Paris ne peut être fait en choisissant sciemment de condamner une partie de sa population mal-logés à l'errance dans toute l'Ile de France.


15:50 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cnv, anru, cus, attribution logements, rénovation urbaine, blocage des loyers, sru, acse | | |  Facebook

 
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