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mercredi, 18 mars 2015

Paris: l'Aide Sociale à l'Enfance doit cesser d'exclure une partie des habitants

Une cinquantaine de mal-logés ont manifesté aujourd'hui devant le siège de l'Aide Sociale à l'Enfance ( ASE) , quai de la Râpée à Paris.

« Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique aux mineurs, à leur famille, aux mineurs émancipés et aux majeurs âgés de moins de 21 ans confrontés à des difficultés sociales susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ». C'est ainsi que la loi définit la mission de l'Aide Sociale à l'Enfance.

 Le mal-logement et l'errance urbaine font évidemment partie des difficultés sociales susceptibles de compromettre l'équilibre des mineurs : on ne peut pas avoir une scolarité normale quand on a deux heures minimum de trajet quotidien entre l'hôtel et l'école primaire. On ne peut pas avoir une enfance épanouie quand on doit faire ses devoirs aux toilettes. On ne peut pas grandir normalement lorsque l'asthme et les pathologies respiratoires nécessitent des hospitalisations en urgence dès le plus jeune âge.

 Il y a encore dix ans, les familles mal-logées étaient donc soutenues par l'ASE. Avec la décentralisation, le département de Paris leur a fait payer le désengagement financier de l'Etat : petit à petit, le mal-logement a été considéré comme ne faisant pas partie des difficultés sociales nécessitant l'intervention de l'ASE, sauf « cas exceptionnels ». C'est d'ailleurs le même processus qui est appliqué aux mineurs étrangers isolés, de plus en plus souvent rejetés par le Département.

 Les familles à la rue ou celles qui sont expulsées ont été abandonnées et renvoyées au SAMU social, qui envoie la majorité d'entre elles dans des hôtels de grande banlieue, et les change d'hébergement souvent du jour au lendemain. Les travailleurs sociaux du département sont réduits à l'impuissance pour tout ce qui concerne le mal-logement : d'une part, on les contraint à rejeter une partie des familles vers le SAMU, d'autre part, ils n'ont plus les moyens, ni le temps de soutenir concrètement les familles dans leur démarche, qu'il s'agisse de monter un dossier DALO ou de faire reconnaître l'insalubrité d'un logement.

Par contre bien souvent, les mineurs mal-logés et leurs parents sont mis en cause et montrés du doigt : les ravages du mal-logement ne sont plus considérés comme relevant des « difficultés sociales » devant susciter l'intervention de l'ASE, mais les parents sont vite accusés de « carences éducatives ». Lorsque les enfants s'endorment en classe, lorsqu'ils sont suractifs parce que l'école est le seul lieu où ils ne sont pas confinés dans un espace restreint, lorsque leur niveau scolaire chute après une expulsion, les parents sont convoqués et rappelés à leurs « responsabilités ».

Lorsqu'elle était Défenseuse des Enfants, en 2011, Dominique Versini, actuelle adjointe à la Maire de Paris, chargée de l'exclusion et de la protection de l'enfance, dénonçait « « les reculs » et les « insuffisances » de la politique de protection de l'enfance, l’aggravation de la pauvreté, la détérioration de la santé générale des enfants ». Aujourd'hui, elle pourrait changer la donne, mais la politique menée persiste à exclure les familles mal-logées du droit commun de la protection de l'enfance.

Dans le même temps, l'adjoint au Logement, Ian Brossat, renvoie pourtant notre collectif vers Mme Versini et l'Aide Sociale à l'Enfance, quand nous évoquons ces problématiques.

C'est la raison pour laquelle nous manifestons aujourd'hui au siège de l'ASE parisienne.


Aide sociale à l'enfance de Paris : les... par HLMPOURTOUS

22:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : versini, ase, dases, mie, ian brossat, samu social, errance urbaine, hôtels sociaux | | |  Facebook

mercredi, 12 novembre 2014

Sylvain Mathieu, directeur de la DIHAL reçoit la visite des mal-logés au Ministère

sylvain mathieu,dihal,hébergement d'urgence,samu social,plan grand froid,dalo,115,décrets alur,péril,insalubrité,saturnisme,anah,sylvia pinel,accueil inconditionnel,errance urbaine70 mal-logés ont fait irruption cet après-midi dans les locaux fraîchement rénovés du Ministère de l'Ecologie, boulevard Saint Germain. C'est désormais ici que siège le nouveau délégué à l'Hébergement et au Logement, Sylvain Mathieu. Celui-ci a remplacé Alain Régnier, dont les positions contre les expulsions avaient déplu.
 
En ce début d'hiver, nous sommes venus montrer la réalité en face au nouveau délégué: celles de tous les hébergés, de toutes les victimes d'insalubrité , de toutes les personnes en errance urbaine qui vont passer une nouvelle saison dans des hôtels pourris aux quatre coins de l'Ile de France, dans des logements ultra-humides avec des chauffages d'appoint chers et dangereux. Celle de foyers qui attendent un logement depuis dix ans, depuis vingt ans, à qui l'on demande sans cesse de faire des nouvelles procédures, de nouveaux dossiers qui n'aboutissent jamais à rien.
 
Reçus par le directeur de cabinet de Sylvain Mathieu, qui était en réunion à Matignon, nous avons exigé et obtenu l'engagement d'un rendez-vous avec le délégué lui-même. Cet hiver nous ne souffrirons pas en silence, et nous comptons bien multiplier les actions pour le respect d'un droit minimum et élémentaire, le logement.

 


Le Ministère de l'Ecologie (DIHAL) occupé par... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place
 
Plan Grand Froid  : le mal-logement n’est pas un accident climatique, l’urgence sociale ne dépend pas du thermomètre.


Depuis des années, les gouvernements successifs promettent d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence. Mais chaque année, dans le plan Grand Froid hivernal, il faut bien inclure des mesures concernant les sans abri et les mal-logés. Tout simplement, parce que le problème de fond du mal-logement n’est pas traité.


En ce début d’hiver 2014, la situation s’aggrave. En Ile de France, la majorité des appels d’urgence au SAMU social ne débouche sur rien  : à Paris, ce sont 205 personnes en famille, qui chaque soir  n’avaient aucune solution cet automne.
Le nombre de refus de prises en charges par le SAMU social, qui est pourtant le dernier recours, n’a fait qu’augmenter ces dernières années  : au lieu d’agir en amont, cet automne, les Préfectures ont aggravé la situation, en donnant le feu vert même pour les expulsions des prioritaires DALO, les seuls mal-logés à être protégés par une circulaire précédente

.
La saturation de l’hébergement d’urgence fabrique l’errance urbaine, crée et aggrave la précarité sociale et professionnelle  : aujourd’hui 70% des familles hébergées en hôtel en Seine Saint Denis ou dans le Val d’Oise viennent de la capitale et y ont leurs enfants scolarisés. Pour ces familles, garder un emploi ou en retrouver un, mettre à jour sa situation administrative, avoir accès aux soins, à une scolarité normale est impossible ou rendu terriblement difficile .Et à ces  mêmes familles, les bailleurs sociaux opposeront des refus de relogement parce que leur dossier est trop précaire.


L’hiver 2014, comme les précédents sera marqué par les conséquences d’une autre forme de mal-logement. Parmi les victimes du fléau des intoxications au monoxyde de carbone, beaucoup le sont à cause de l’insalubrité des logements qui obligent à utiliser des chauffages d’appoint pour moins souffrir du froid. Beaucoup de ménages finissent avec des dettes de loyer et du surendettement à cause des factures énormes pour simplement chauffer des taudis mal isolés.


Dans ce domaine là aussi, l’attentisme est de rigueur  . Confronté à l’habitat indigne, les mal-logés subissent aussi les aléas de l’usine à gaz censée le traiter. Derrière les cas symboliques de marchands de sommeil mis hors d’état de nuire se cache la réalité des centaines de milliers de logement dégradés où le locataire, renvoyé de sa mairie à sa Préfecture, doit attendre que les pouvoirs publics aient classé son problème dans une des innombrables catégories légales qui déclenchent chacune des procédures distinctes et interminables. C’est ainsi que les affections respiratoires graves et chroniques se répandent chez une partie de la population qui passe des hivers sans fin dans des logements pourris par l’humidité , pendant que des propriétaires très au fait des moyens de se protéger encaissent les loyers.


La solution chacun la connaît  : reloger décemment. Seulement, chaque année, les Ministres réaffirment qu’il faut réellement mobiliser le contingent du 1% patronal. Chaque année, on constate l’insuffisance de la production de logements très sociaux, la nécessité d’imposer le respect de la loi SRU, ou d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence.Et chaque année, on ouvre des gymnases et les salles d’attente des hôpitaux après avoir constaté que les objectifs de construction n’étaient pas remplis, que les hébergements d’urgence comme l’hôtel ou les foyers sont devenus un piège dont les mal-logés ne sortent pas.


Nous sommes venus dire la colère des demandeurs de logement au nouveau Préfet National chargé de l’Hébergement et du Logement, Sylvain Mathieu. Nous sommes venus lui rappeler nos attentes sur son rôle  : pas la distribution de miettes de droit, de nuitées d’hôtel au compte gouttes, ou d’un coup de peinture pour cacher la misère dans nos taudis, mais le respect du droit au logement pour tous, et un vrai plan d’urgence pour le logement.
 

17:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sylvain mathieu, dihal, hébergement d'urgence, samu social, plan grand froid, dalo, 115, décrets alur, péril, insalubrité, saturnisme, anah, sylvia pinel, accueil inconditionnel, errance urbaine | | |  Facebook

 
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