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mardi, 10 mars 2015

Foncier public: les décideurs débattent, les mal-logés se battent

Une mobilisation du foncier public sans précédent et en urgence pour construire du logement social, c’est ce qu’annonçait la Ministre du Logement Cecile Duflot en juillet 2012. L’urgence a fait long feu, de même que la longue liste des terrains immédiatement mobilisables qui avait été présentée à l’époque.

Deux ans et demi plus tard, élus franciliens et décideurs institutionnels participaient ce soir un débat organisé à par l’Ordre des Architectes intitulé : « Crises du logement : quelles voies pour le foncier ». Demandeurs de logement et victimes de cette crise, nous sommes venus demander collectivement au directeur de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, au directeur adjoint de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris et à l’ensemble des élus présents à quoi servaient les mêmes débats organisés il y a des années par ces mêmes décideurs. A quoi ont servie ensuite ceux qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale et au Sénat, puis le vote d’une loi sur le foncier public, puis les décrets d’application de cette même loi. …pour recommencer aujourd’hui à débattre.

Finalement, il n'y avait pas de place pour les mal-logés à ce débat sur la "crise du logement"....Les CRS nous attendaient devant l'entrée de la Chapelle du Couvent des Récollets, et des renforts policiers absurdement nombreux sont arrivés tandis que Jacques Baudrier , adjoint à la Ville chargé du Renouvellement Urbain, et président de la SemPariSeine se décidait à venir à notre rencontre.

En deux ans et demi, le nombre de demandeurs de logement franciliens a nettement augmenté, nous sommes aujourd’hui un demi-million d’inscrits dans les fichiers. La production nationale de logement social a baissé de 9% cette année : le nombre de logements très sociaux aussi, en Ile de France, seules 9500 unités ont été comptabilisées cette année, et ce chiffre inclut les hébergements. Les mêmes communes bafouent impunément la loi SRU, votée il y a quinze ans. Les bailleurs sociaux évoquent 10 000 logements HLM déprogrammés par les collectivités territoriales depuis les municipales. Chaque soir, en Ile de France, le SAMU social laisse à la rue même des enfants. Le financement étatique des logements sociaux ne cesse de baisser, ce qui a des conséquences surtout pour le logement très social, les bailleurs privilégiant le logement intermédiaire ou les PLS, les plus chers des logements sociaux, plus rentables pour leurs budgets.

Mal-logés, nous n’avons pas la prétention d’être des spécialistes de l’action foncière et du renouvellement urbain : cependant, nous avons des yeux pour voir, et faire des constats simples. Partout en Ile de France, sans débats interminables, ni nouvelles lois, on a beaucoup construit ces deux dernières années : des zones d’activité commerciale, des centaines d’immeubles de bureaux et même une nouvelle tour à La Défense. A Paris, le Balardgone, le nouveau Forum des Halles, l’immense parc du Millénaire , le nouveau Palais de Justice et autres constructions massives se font sans difficultés.

Ce soir étaient annoncés comme thèmes de débat : «  Où construire en Ile de France », « Comment innover sur le foncier ». Notre manifestation est en tout cas venue combler un manque dans les sujets abordés : la question que nous sommes venus poser, c’est «  La volonté politique et publique, un levier nécessaire, mais souvent oublié ?

22:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : epfif, foncier public, loi alur, jacques baudrier, ian brossat, grand paris aménagement, loi sru, mal-logement | | |  Facebook

jeudi, 26 février 2015

Batigère vend des logements sociaux en zone tendue.

 Retrouvez le nouveau site du Collectif des Mal Logés en Colère en clickant sur ce lienlogo-batigere.png

Une manifestation surprise des mal-logés a eu lieu ce matin devant le siège de Batigère IDF, pour protester contre la vente de logements sociaux dans des zones où des centaines de milliers de demandes sont en attente.

Plusieurs  quatre pièces proche du métro , à Boulogne Billancourt, au cœur d'une ville et d'un département où la loi SRU est peu respectée . Des appartements de deux ou trois pièces à Puteaux, Pantin, Créteil, Rueil Malmaison, là où la demande de logement est très forte et jamais satisfaite. Voilà le genre d'annonces qu'on trouve actuellement dans la rubrique «  Logements  à vendre » du bailleur social Batigère Ile de France.

De qui se moque-t-on ? On vient d'apprendre que la production neuve avait baissé de 9 % en Ile de France cette année, et que le nombre de logements très sociaux sortis de terre n'avait jamais été aussi bas. Des milliers de familles galèrent entre l'hôtel et la rue, des salariés dorment dans leur voiture, d'autres ont des heures de transport pour venir travailler dans la métropole. Des retraités se privent de manger pour payer un loyer exorbitant dans le privé.

Demandeurs de logement dans l'urgence, nous manifestons aujourd'hui devant le siège social de Batigère Ile de France pour que ce bailleur cesse immédiatement de vendre des logements sociaux. Sa direction peut bien nous rétorquer que ces ventes sont « peu nombreuses ». Les logements sociaux disponibles sont eux aussi très peu nombreux, si peu nombreux, qu'un demi million de demandes sont en attente sur l'Ile de France, et que même les rares demandeurs soit-disant ultra-prioritaires reconnus par l'Etat sont 47 000 sans relogement au titre du DALO. De plus, l'argument de la « vente aux locataires » déjà contestable en soi, dans une période de pénurie totale de logements sociaux disponibles à la location ne tient pas. Désormais 35 % des ventes sont faites à des investisseurs non-locataires, et un rapport récent pointe

Des milliers de logements sociaux sont ainsi privatisés chaque année, tandis que la production neuve baisse en quantité et que les loyers y sont de plus en plus chers. C'est d'autant plus scandaleux en ce qui concerne Batigère, une émanation du deuxième collecteur français du 1 % Logement, Cilgère. En effet, les collecteurs du 1 % Logement n'ont jamais respecté leur obligation de réservation de 25 % de leur contingent aux demandeurs les plus modestes, notamment ceux orientés par les Préfectures. Dans les faits, si le nombre de logements qu'ils proposent a un peu augmenté, c'est à cause de propositions quasi-systématiquement faites dans la partie la plus dégradée de leur parc, et la plus éloignée des centres économiques des métropoles.

La politique de Batigère Ile de France est à l'unisson des volontés de mutation du bailleur social : dans le communiqué de création d'une nouvelle société « Novigère » ( http://www.batigere.fr/actualites/20141103-1641-novigere-l-energie-du-logement-social/), les dirigeants de Batigère disent « rechercher une diversification de l’offre sociale, hors du logement familial, segment traditionnel des ESH. ». « Diversifier l'offre sociale au détriment du logement familial, c'est concrètement privilégier les foyers, les résidences étudiantes, et autres structures où les baux sont précaires, les surfaces beaucoup plus petites et donc beaucoup plus rentables. C'est aussi grignoter petit à petit le principe de stabilité et de sécurisation des locataires, l'accès à un logement durable, que le propriétaire ne peut remettre en cause quand il le souhaite. Diversifier l'offre sociale au détriment du logement familial, c'est aussi, tout simplement aller à l'encontre de la demande existante et urgente de logements sociaux.

 

Vidéo :
Batigère : Non à la vente de logements sociaux ! par HLMPOURTOUS

14:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : novigere, erigère, vente logements sociaux, loi sru, zones tendues, foncier public, loi sru hauts de seine | | |  Facebook

mercredi, 09 juillet 2014

Ian Brossat, l'adjoint au Logement construit des bureaux "sociaux" et expulse les mal-logés

Ian Brossat est adjoint au Logement d'Anne Hidalgo depuis cent jours.Cent jours pendant lesquels les mots contre le mal-logement ont été forts: à écouter Ian Brossat, la Ville de Paris mène désormais une politique plus volontariste que jamais. Une des mesures les plus mises en avant, c'est la transformation promise de bureaux en logements, que les élus ont illustrée en inaugurant en grande pompe UN immeuble du privé , où 17 logements sociaux ont remplacé des locaux d'entreprises.

Le symbole est joli...mais il perd beaucoup de son sens lorsqu'on sait que le deuxième bailleur social de la Ville de Paris, la RIVP construit depuis des années des bureaux à loyer social pour les entreprises, alors que sa production de vrais logements sociaux est scandaleusement basse ( voir le détail plus bas).

Les mal-logés se sont donc invités ce matin dans les locaux spacieux et flambants neufs de la Pépinière Innovation de la Rue Lourmel ( 75015): 75 lots de 25 à 172 m2, des équipements derniers cris, une déco high tech, le tout financé par la Ville et son bailleur, et très franchement sous-occupé, de surcroit.

En ce début d'été, la situation est plus que jamais tendue à Paris: les bailleurs sociaux sont dans l'incapacité de proposer des logements adaptés aux revenus des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes actifs ou des familles nombreuses. Résultat, les demandes de logement de plus de quinze ans deviennent monnaie courante, les marchands de sommeil proposent à prix d'or des caves ou des garages à des personnes à la gorge à cause d'une expulsion programmée.

Ian Brossat  avait promis aux mal-logés en lutte un dialogue renouvelé et efficace, sans langue de bois: mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient, et les mal-logés ont pris depuis longtemps l'habitude de voir les candidats généreux en promesses se transformer en élus pas avares d'expulsions policières.

Nous n'avons donc pas été étonnés outre mesure de la quinzaine de camions de gardes mobiles mobilisée pour évacuer soixante mal-logés venus simplement demander qu'un bailleur social municipal s'occupe d'abord des Parisiens mal-logés et pas seulement des entreprises.

Notre collectif lutte depuis dix ans, dix ans pendant lesquels le prédécesseur de Mr Brossat n'a eu de cesse de dépenser l'argent public pour envoyer les forces de l'ordre aux mal-logés qui osaient demander leurs droits.

Nous sommes toujours là:  tant qu'il y aura des mal-logés , il y aura des luttes de mal-logés. A Paris comme ailleurs.

UN LOGEMENT POUR TOUS, MAINTENANT


Paris : Ian Brossat fait évacuer les mal-logés... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

 

RIVP  : loyers libres, loyers chers, il faut que ça change.

 Anne Hidalgo, pour ses cent premiers jours de mandat a choisi de mettre l'accent sur son programme en manière de logement : annonces en conseil de Paris, et inauguration de programmes symboliques se sont en effet succédés ces trois derniers mois. Nous occupons aujourd'hui un autre lieu « symbolique » : la pépinière d'entreprises de la RIVP «  Paris Innovation » inaugurée cet hiver, au cœur de la ZAC Boucicaut .

Cette pépinière  offre des bas loyers à des entreprises parisiennes : les demandeurs de logement, eux, sont bien loin de se voir proposer de telles opportunités par le deuxième bailleur social de la Ville.

Les trois quarts des demandeurs ont des revenus qui les rendent éligibles à l'attribution d'un PLA-I, la catégorie des logements très sociaux. Or sur l'ensemble du patrimoine RIVP, seuls 588 logements correspondent à ces niveaux de loyers.....pour 13 000 PLS, les plus chers des HLM, accessibles à 15% des demandeurs de logement à Paris. Où est la mixité sociale, chez un bailleur qui possède également 11 000 logements non conventionnés dont le loyer moyen est encore  supérieur au PLS  ?( 9,10 le m2 contre 8 euros pour les PLS).

Ces fameux «  loyers libres  » sont de plus un parc totalement opaque, dont il est impossible de connaître le détail, ce qui donne lieu régulièrement à tel ou tel « scandale » : c'est un de ces logements que la vice présidente du Conseil Régional, Michèle Saban  avait obtenu, situé dans un immeuble où le loyer avoisine 14 euros le m2. Combien de demandeurs de logement à Paris peuvent payer des loyers aussi chers ?

Si le patrimoine existant est cher et inaccessible aux classes populaires, malheureusement les nouvelles productions ne sont pas plus équilibrées  : si  Anne Hidalgo annonce un strict équilibre entre différentes catégories de logement social  pour toutes les opérations  , manifestement chez le deuxième bailleur social de la Ville, on n'a pas la même conception des choses  . D'année en année, le nombre de  logements très sociaux diminue, tandis que le nombre de PLS augmente .

 Promettre 10 000 « nouveaux » logements par an ne suffit pas : les engagements concrets sur le nombre de logements sociaux et très sociaux sont déjà très bas, sans aucun rapport avec la demande, année après année , ils ne sont même pas tenus. De plus, dans les immeubles rachetés par la Ville, les nouveaux logements sont de plus en plus petits : la taille moyenne d'un logement social dans la capitale est passée de 80m2 à 60m2 en dix ans, à cause de la faible production de logements familiaux.

L'effort consenti pour les entreprises doit l'être pour les Parisiens mal-logés : comment accepter qu'un bailleur social dont la vocation première est de loger les personnes modestes ne le fasse pas, alors qu'il a les fonds pour faire de l'hébergement d'entreprises à bon marché ?

Les déclarations d'intention ne suffisent pas , les inaugurations symboliques non plus : si Ian Brossat a un discours plus volontariste que son prédécesseur, dans les faits même les demandes de plus de quinze ans ne  sont pas traitées, et l'urgence sociale des familles vivant en chambre de bonne, celle des expulsions qui recommencent n'est toujours pas prise en compte.

On ne loge pas les gens avec des mots, mais avec des actes !

NB  : tous les chiffres cités sont issus du dernier rapport d'activité de la RIVP, disponible sur son site.

 

 

 

14:55 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rivp, paris innovation, pépinière, le richemont, ian brossat, anne hidalgo, plu, bureaux vides, loi alur, foncier public, loi sru | | |  Facebook

mercredi, 25 juin 2014

Occupation du PRG: Mme Pinel, contre le mal-logement, soyez radicale

70 mal-logés se sont invités aujourd'hui au siège du Parti Radical de Gauche, auquel appartient la Ministre du Logement Mme Pinel.

Nous sommes venus faire part de notre déception et de notre colère devant les annonces de la Ministre et de Manuel Valls. Certes pour les promoteurs, il y a des avancées radicales, notamment la simplification des normes existantes en matière de construction. Certes, le gouvernement encourage celles et ceux qui ont les moyens d'être propriétaires: mais dans les faits, l'accès à la propriété, même avec l'extension du PTZ est impossible pour les classes populaires dans les zones tendues où le mal-logement est très présent.

Et aucune annonce viable n'est faite pour le logement social: pas de rallonge budgétaire, pas de mesures concrètes pour contraindre les élus récalcitrants. Au niveau de la libération de terrains publics ( en attente depuis des lustres), la possibilité d'y programmer des bureaux ou des logements privés sans plafond de loyer va réduire la part des nouveaux logements sociaux comme une peau de chagrin.

Nous sommes donc venus interpeller les responsables du Parti Radical de Gauche, réunis en Conseil National sur l'urgence de la situation de millions d'habitants de ce pays, en ce mois de juin où les expulsions reprennent, où à Aubervilliers , de nouveau, des mal-logés ont perdu la vie dans un immeuble insalubre.

On a nous a immédiatement proposé un rendez-vous au Ministère pour lundi, nous y ferons part de notre impatience et de notre détermination à continuer la lutte pour que le mal-logement soit enfin combattu avec la radicalité qui s'impose.

 


Les mal logés s'invitent au Parti Radical de... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé aux membres du PRG

Logement : Mme Pinel, occupez-vous des mal-logés pas seulement des investisseurs et des promoteurs.

Dès lundi, et avant même les annonces officielles de la Ministre du Logement sur ses mesures pour simplifier les procédures de construction, le taux de l’action Nexity, l’un des principaux promoteurs immobiliers français a fait un bon de plusieurs points, comme le relate le journal Les Echos.

Ce n’est pas étonnant : concrètement, les mesures de « simplification » évoquées par la Ministre et Manuel Valls vont favoriser promoteurs et investisseurs du secteur privé, en premier lieu. Par contre, concernant les demandeurs de logement et les locataires, même les maigres avancées de la loi ALUR sont reportées aux calendes grecques et rabotées, notamment la garantie universelle des loyers. C’est la même chose  pour les « mesures choc » annoncées contre les marchands de sommeil l’année dernière. L’extension du PTZ , comme l’ « accession sociale à la propriété » seront peut-être utiles à la marge dans certaines zones, mais pas dans les zones tendues, où le niveau des prix de l’immobilier interdit l’accès à la propriété aux classes populaires, même avec des aides publiques.

Et c’est surtout la même chose pour la construction de logements sociaux, seul moyen de répondre massivement au mal-logement et de réguler les prix dans le privé : seulement 117 000 en 2013, pour 150 000 annoncés dont presque 30% de PLS, aux loyers beaucoup trop chers pour être accessibles à 75% des demandeurs.

La loi de mobilisation du foncier public n’a pas changé la donne : d’une part, parce que les propriétaires institutionnels des terrains disponibles ne cèdent pas facilement leurs biens. Sylvia Pinel l’a reconnu elle-même dans son discours devant l’Observatoire régional du Foncier en Ile de France, les listes de terrains sont disponibles depuis longtemps, mais ça n’avance pas. Surtout, en laissant la possibilité aux collectivités territoriales de faire du logement privé et de la construction de bureaux sur une partie des surfaces foncières dégagées, la loi va aboutir à des programmes où les vrais logements sociaux seront peu nombreux, notamment dans les villes où les élus n’en veulent pas. Le bailleur 3F vient par exemple d’annoncer que 1500 logements financés ne seront pas réalisés, à cause de l’opposition des élus. Les Ministres successifs s’engagent sans arrêt à imposer le respect de la loi SRU un jour ou l’autre, mais dans les faits, l’Etat reste passif .

Sans volonté politique forte, le logement social n’avance pas, et la situation se détériore sans cesse : l’hébergement d’urgence reste saturé, les dernières statistiques INSEE montrent que la présence de familles entières dans la rue s’est banalisée, comme le statut de SDF pour de nombreux salariés. L’emballement des prix à la location où la vente dans le privé conduit mécaniquement à l’augmentation des expulsions, à cause d’impayés de loyers inévitables pour les ménages modestes, comme de congés pour vente donnés par les propriétaires dans les zones tendues.

Les mal-logés sont donc venus au siège du Parti Radical de Gauche auquel appartient Mme Pinel pour faire part de leur déception devant les promesses non tenues depuis deux ans jusqu’à ce jour, devant les maigres annonces faites aujourd’hui et susciter une prise de conscience de l’urgence d’une vraie politique du logement pour tous. En effet, nous avons lu les derniers communiqués de du Parti sur les actions de la Ministre : on s’y satisfait du lancement d’ « appels à projets » ou de l’ « engagement de réflexions approfondies » sur les thématiques du logement et de l’hébergement : mais si ces modes d’action pouvaient se concevoir dans une situation de parti d’opposition, aujourd’hui l’urgence est à l’action !

18:29 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sylvia pinel, ptz, parti radical de gauche, gul, blocage des loyers, accession sociale à la propriété, logement très social, foncier public, expulsions, dalo | | |  Facebook

jeudi, 23 mai 2013

Le foncier public doit servir pour de vrais logements sociaux: occupation de l'AFTRP

Les mal-logés ont occupé toute la matinée d' aujourd'hui l'Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne ( AFTRP).

Etablissement public au service de l'Etat et des collectivités territoriales franciliennes, l'AFTRP est l'aménageur qui va directement mettre en œuvre la loi sur la cession de foncier public à bas prix ou gratuit censé faciliter la construction de « logements sociaux ».

Une nouvelle fois, la déception est au rendez-vous après la publication des décrets d'application de la loi : celle-ci n'impose rien aux collectivités territoriales en terme de construction de vrais logements sociaux, ceux qui correspondent à la demande : des PLA-I. Le dispositif est purement incitatif.

Nous avons été reçus par le directeur du foncier de l'AFTRP qui nous a confirmé que l'Etat ne pourrait rien imposer, et que la proportion de logements sociaux et très sociaux serait déterminée au terme de négociations entre les préfets, les collectivités territoriales et les bailleurs, pour chaque terrain libéré.

Nous savons ce que cela signifie concrètement : les maires qui ne veulent pas de logement social vont continuer à faire de l'obstruction, les bailleurs sociaux qui privilégient les logements les plus chers du type PLS aussi.

Ce n'est pas le changement promis, pour cette loi, comme pour l'ensemble de la politique du logement.

L'AFTRP a pris l'engagement de nous faire recevoir au plus vite par son directeur général , tandis que le Ministère du Logement se déclarait disposé à nous recevoir.

Nous comptons bien lors de ces entrevues obtenir le détail des cessions réellement prévues et le nombre de vrais logements sociaux qui vont être produits à court terme. En tout cas, la mobilisation ne peut que s'amplifier tant que la réponse à la demande des mal-logés ne sera pas une priorité absolue pour ce gouvernement.


Mal-logement: occupation de l'AFTRP par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

Des vrais logements sociaux, maintenant.

Les mal-logés investissent aujourd'hui l'Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne ( AFTRP).

Etablissement public au service de l'Etat et des collectivités territoriales franciliennes, l'AFTRP est l'aménageur qui va directement mettre en œuvre la loi sur la cession de foncier public à bas prix ou gratuit censé faciliter la construction de « logements sociaux ».

Le problème, c'est qu'aucune indication , aucune contrainte réelle ne pèse sur la nature finale des logements qui seront construits : le Ministère refuse d'adapter l'offre à la demande, donc d'imposer aux collectivités et aux bailleurs sociaux la construction de logements à loyers vraiment modérés, des PLA-I et leur laisse toute latitude pour construire plutôt du PLS, c'est à dire des logements dont les loyers ne correspondent aux revenus que de 15% des demandeurs en Ile de France. Les décrets qui sont parus fonctionnent sur un système de décôte progressive selon le type de logements construits : les maires et les bailleurs qui refusent de faire du PLA-I auront donc quand même des avantages financiers pour les PLS !

En ces temps de restriction budgétaire généralisée, on ne peut pas accepter qu'une partie des ressources de l'Etat soient affectées à des financements pour des logements qui ne correspondent pas ou peu aux besoins des mal-logés. La mouture finale de cette mesure, qui aurait pu être bénéfique correspond bien à l'orientation globale de la politique du logement actuelle : de grandes annonces qui finissent par se réduire à pas grand-chose.

Les réquisitions de logements vacants ? Après un an de communication tous azimuts, elles se sont réduites cet hiver à la mise à disposition de quelques casernes et bâtiments publics pour de l'hébergement d'urgence, et concerneront peut-être quatre cent appartements ...pour toute l'Ile de France.

La fin de la politique de saisonnalité de l'hébergement d'urgence et l'objectif « zéro personne remise à la rue » ? Elle se traduit d'une part par des refus d'hébergement concernant aussi bien les familles que les célibataires, et d'autre part par la création de places de mauvaise qualité ( dortoirs , places en hôtel excentrées …) que dénoncent les fédérations d'associations du secteur.

L'arrêt des expulsions ? La circulaire prise par le Ministère ne concerne que les personnes étant arrivées au terme de la procédure DALO , complexe, longue et aux critères extrêmement restrictifs ( communiqué collectif des Associations Unies, 13 mai 2013).

Le « dispositif Duflot », qui devait contrairement au Scellier permettre la mise sur le marché de logements privés accessibles à tous ? Les observateurs , notamment les économistes de l'OFCE, s'accordent à dire qu'il s'agit encore une fois d'un dispositif très peu contraignant pour les propriétaires.

En 2012, il y avait 1,7 millions de demandes de logement social non satisfaites. Ce chiffre est très inférieur à celui du nombre de mal-logés, car nombre d'entre eux sont dans des situations de précarité et de découragement telles qu'ils ne sont pas en mesure de déposer et de renouveler une demande chaque année. Seules 300 000 demandes ont reçu une réponse. Une énième réforme de l'attribution des logements ne changera rien à ce chiffre, et ne fera qu'ajouter des critères aux critères, comme l'a fait la loi DALO qui a aggravé les difficultés des mal-logés au lieu de les résoudre.

Il faut donc de nouveaux logements sociaux en masse, correspondant aux ressources des demandeurs, des PLA-I. Pas des PLS, pas des dispositifs côuteux d'aides financières aux propriétaires privés pour du logement intermédiaire.

 UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

 

16:24 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, foncier public, loi sru | | |  Facebook

 
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