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jeudi, 24 janvier 2013

Politique de la Ville, politique de l'autruche: Quartiers en scène interdit aux mal-logés

2013-01-025.jpgLa Politique de la Ville, c'était le sujet de la journée "Quartiers en Scène " organisée au 104, rue d'Aubervilliers, dans le 19ème arrondissement. Le programme annonçait que le Maire de Paris et le Ministre de la Ville entre autres viendraient à 17h à la "rencontre des habitants des quartiers populaires", à l'occasion de l'évènement.

Pourtant, malgré cette intention affichée de dialogue, plusieurs cars de CRS étaient positionnés dès 15h autour du 104. Et les dizaines de mal-logés venus à la rencontre de leur Ministre et de leur Maire se sont vus refuser l'accès à un lieu public, dont l'entrée principale est restée fermée pendant plusieurs heures, tandis que les vigiles de la Mairie de Paris triaient sur le volet les invités autorisés à entrer par une porte de service. 

Au bout d'une heure de manifestation, la police venait nous transmettre un message du Maire et du Ministre: personne ne recevrait les mal-logés, nous n'avions qu'à rester dans le froid si bon nous semblait.

Mais les slogans de la manifestation parvenant jusqu'à l'intérieur du bâtiment , au bout d'une nouvelle heure de manifestation, un directeur de cabinet de Bertrand Delanöe nous proposait finalement de nous recevoir immédiatement.

Drôle de politique de la Ville , que celle qui consiste à obliger les habitants des quartiers populaires à rester des heures dans le froid, juste pour pouvoir faire état de leurs revendications aux responsables politiques.

Drôle de manière d'appliquer la "concertation" tant vantée par le Ministre de la Ville François Lamy, que celle qui consiste à envoyer la police aux mal-logés, qui aux dernières nouvelles sont également concernés par la Politique de la Ville.

En tout état de cause, ce n'est pas la politique de l'autruche qui règlera l'urgence sociale du mal-logement, et nous continuerons à nous mobiliser pour exiger que les centaines de milliers de demandeurs de logement d'Ile de France cessent d'être considérés comme des habitants de seconde zone.


                         François Lamy aux Quartiers en scène : les mal... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place:

Politique de la Ville : les mal-logés ont-ils encore le droit d'habiter quelque part ?

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui à l'évènement « Quartiers en Scène » organisé par la Ville de Paris au 104, rue d'Aubervilliers, en présence du Maire, du Ministre de la Ville et de nombreux élus.

Aujourd'hui pour les centaines de milliers de mal-logés franciliens, la Politique de la Ville se résume à un seul mot : l'exclusion.

L'espoir d'obtenir le minimum, un logement décent s'éloigne au fur et à mesure des déclarations politiques : Jean Yves Mano a annoncé à l'automne que l'objectif de création de logements sociaux , déjà notoirement insuffisant au regard du nombre de demandeurs n'avait pas été tenu l'an dernier.

Lors de ses vœux à la presse, Cecile Duflot, Ministre du Logement, a commencé par déclarer qu'elle s'attendait à ce que « la situation soit pire en 2013. ».

Derrière ces déclarations , le réel , pour les mal-logés, c'est de voir leur demande rejetée par tous les interlocuteurs : les maires nous renvoient vers l'Etat , décrétant que l'urgence sociale n'est pas de leur ressort, l'Etat nous renvoie vers les bailleurs, arguant de leur pouvoir décisionnel sur leur parc, et les bailleurs nous rejettent la responsabilité sur les maires et leur refus de construire du logement social en masse, notamment à Paris.

Pour les 126 000 demandeurs de logement parisien, la Politique de la Ville se résume à un mur, de plus en plus grand, qui leur interdit tout accès à leurs droits. La sur-occupation, l'insalubrité, le coût des loyers, de plus en plus exorbitant, l'errance urbaine rend impossible toute vie professionnelle, toute stabilité scolaire et sociale, sans parler des atteintes à la santé.

Dans les quartiers populaires, ceux dont il est question aujourd'hui, l'augmentation des prix de l'immobilier, constante et démesurée, ne cesse de précipiter de nouveaux foyers dans la précarité du logement. Quelques dettes de loyers, un congé pour vente et c'est l'expulsion....Sans même la garantie d'un hébergement, puisque le SAMU Social ne répond plus qu'à un appel sur deux, et que l'Aide Sociale à l'Enfance oppose des ruptures de prise en charge des hébergements à un nombre croissant de familles.

 Nous venons interpeller nos politiques , parce que la réponse concrète à certaines questions urgentes ne peut plus attendre.

Le financement des 150 000 logements sociaux annuels promis par le gouvernement va-t-il être assuré , et ce alors que les experts du monde HLM comme les associations confirment que les fonds actuels ne permettront même pas d'atteindre les 100 000

Sur ces 150 000 logements, le nombre de PLA-I, qui pour l'instant plafonne à moins de 30% va-t-il être relevé à la hauteur des besoins réels , alors que 75% des demandeurs Franciliens ne peuvent accéder qu'à ce type de HLM

Quand les terrains et bâtiments parisiens dont la liste a été publiée à l'automne vont-ils être cédés pour faire du logement social ? La Ville de Paris va-t-elle augmenter la proportion de 40% dédiée aux HLM sur ces surfaces, notamment dans les quartiers riches, où va-t-elle ouvertement contrevenir à son objectif affiché de « mixité sociale » ?

Une Politique de la Ville sans réponse immédiate à ces questions ne peut-être qu'une politique qui exclut d'emblée une partie des habitants de la métropole, les reléguant dans le non-droit le plus absolu.

C'est pourquoi les mal-logés en lutte sont venus aujourd'hui chercher des réponses dans un événement où la revendication d'un logement pour tous maintenant a toute sa place.


20:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, anne hidalgo, quartiers en scène, politique de la ville, acse, vicelow, le 104 | | |  Facebook

mercredi, 31 octobre 2012

Expulsions massives : les mal-logés occupent l'ANRU

Le Collectif Mal Logés en Colère a occupé toute la journée l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine, à Paris, jusqu'à ce qu'un conseiller du cabinet de François Lamy se déplace pour nous rencontrer.


Actuellement la politique du logement menée par Cecile Duflot a un effet trompe l'oeil : à lire les médias, on a l'impression que des mesures d'urgences sont prise en rafales.


Sur le terrain, c'est l'enfer pour les mal-logés.


Ainsi, une circulaire d'arrêt des expulsions des prioritaires DALO est enfin promulguée : mais, « petit » détail, elle ne prendra effet qu'au 15 mars prochain. Or une vague d'expulsions sèches sans précédent ces dernières années vient d'avoir lieu. Trop tard pour celles et ceux qui sont déjà à la rue, et sans même une solution d'hébergement, puisque le SAMU Social ne répond qu'à un appel sur trois. De toute façon la circulaire ne concerne pas les mal-logés en hôtel dont les départements suspendent le financement, elle ne concerne pas les dizaines de milliers de personnes en errance urbaine totale, ceux qui perdent l'hébergement précaire chez un proche, par exemple.


Deuxième annonce, la Ministre annonce d'éventuelles réquisitions si le « besoin s'en faisait sentir ».

Mais chacun sait qu'on ne remet pas en cause massivement la propriété privée en quelques semaines, et qu'au mieux, quelques immeubles symboliques seront donc investis, quand dans le même temps, les mal-logés qui occupent des logements vides continueront à être expulsés.


La loi sur le logement, retardée, contient des mesures fortes en apparence : ainsi l'annonce de la mise à dispositions de terrains publics pour la construction de nouveaux logements. Seulement, la loi prévoit qu'une partie sera dévolu à du logement privé et une autre à des PLS, auxquels 70% pour cent des demandeurs ne peuvent accéder.


Il n'y a donc pas de plan d'urgence pour le logement  au niveau étatique.

Et la vague d'expulsions sans relogement intervenue cet automne montre bien que rien n'a été fait ni prévu pendant les six derniers mois, même en ce qui concerne la partie la plus visible du mal-logement.


Les mal-logés n'ont donc pas d'autre choix que de contraindre, par leur lutte, les responsables politiques à regarder la réalité en face et à la traiter.


DES LOGEMENTS PAS DES SYMBOLES !


Vague d'expulsions : les mal logés... par HLMPOURTOUS

 

Communiqué diffusé sur place :

Mal-logement : face à la crise, le gouvernement méprise et temporise.

Nous occupons aujourd'hui l'ANRU, agence nationale de rénovation urbaine , un des principaux instruments de la politique du logement depuis des années.

La politique de destruction systématique du logement social menée sous la mandature précédente produit aujourd'hui le maximum de ses effets : la Ministre du Logement le reconnaît , l'urgence n'a jamais été aussi importante depuis quinze ans. Mais face à cette urgence, les déclarations d'intention se succèdent, et c'est tout.

Les médias se sont fait l'écho de la circulaire d'arrêt des expulsions pour les seuls prioritaires DALO. Mais bien peu ont noté que celle-ci ne s'appliquera qu'au 15 mars. En attendant, une vague d'expulsions sèches a lieu en Ile de France depuis septembre, et les expulsés sont confrontés à la rue, le 115 ne répondant plus qu'à un tiers des appels.

Cette vague d'expulsions se double de la multiplication des ruptures d'hébergement : hôtels déclarés non conformes, prises en charges interrompues pour cause d'âge des enfants .A Paris, l'Aide Sociale à l'Enfance propose désormais comme solution aux familles en détresse de prendre les enfants dans des foyers, mais sans leurs parents.

Les médias se font aussi l'écho d'une vague promesse de « réquisitions ». Mais la procédure de réquisition est longue, coûteuse et sa mise en œuvre massive est peu probable.

En réalité, il suffirait de conventionner en PLA-I, avec des loyers abordables, les dizaines de milliers de logement aujourd'hui dans le parc des bailleurs sociaux, et qui sont en loyers libre, ou en PLS, ou en Usufruit Locatif Social, c'est à dire inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement. Il suffirait de mettre les loyers des logements sociaux neufs en adéquation avec la demande, ce qui n'est pas fait actuellement.

Oui, cela a un cout.

Mais la démolition massive des logements existants par l'ANRU a coûté des dizaines de milliards d'euros ces dernières années , dont huit milliards pour l'Etat et douze pour Action Logement. 143 000 logements ont été détruits, pour 139 000 reconstruits, et à des niveaux de loyer bien plus élevés, comme l'attestent tous les rapports publics à ce sujet. Les logements détruits n'étaient certes pas des palaces, mais aujourd'hui Cecile Duflot parle de réquisitionner des casernes ou des bureaux, quel progrès...

La gestion saisonnière et l'hébergement précaire et inadapté a aussi un côut : aujourd'hui, le budget de l'hébergement d'urgence est aussi important que celui du logement social. On distribue l'argent public aux hôteliers, on multiplie les structures provisoires...

L'aide aux investisseurs immobiliers a aussi un coût : pourtant,pendant que les mal-logés doivent vivre avec des promesses, le Scellier lui, est immédiatement remplacé par un autre dispositif.

Nous sommes aujourd'hui des millions à vivre en dessous du droit commun : ceux qui ont des solutions de fortune, comme un logement indécent et minuscule hors de prix, s'entendent répondre qu'ils ne sont pas vraiment mal-logés et qu'ils devraient avoir honte de réclamer alors que d'autres sont à la rue ou dans l'urgence absolue. Mais ceux qui sont à la rue et dans l'urgence absolue doivent se consoler avec des bouts de papiers où il y a écrit « prioritaire » en guise de solution.

Nous sommes tous mal-logés, nous sommes tous solidaires, nous sommes tous en colère et puisque notre lutte est tout ce qu'il nous reste, nous n'arrêterons pas de lutter.

Les promesses ne protègent pas du mal-logement, un logement pour tous maintenant

19:31 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cecile duflot, anru, loi de réquisition, trève hivernale, expulsions sans relogement, hébergement d'urgence | | |  Facebook

jeudi, 21 juin 2012

Politique de la Ville: les mal-logés interpellent François Lamy

Quatre vingt dix mal logés ont investi aujourd'hui le secrétariat général à la Ville, placé sous l'autorité de François Lamy, avec le cabinet duquel un rendez-vous a été obtenu pour le début de la semaine prochaine.

A bien des égards, la politique de la Ville menée sous la mandature précédente a précipité la crise du logement que des millions d'entre nous connaissent. François Lamy est chargé notamment de la politique du logement dans la Ville et de la rénovation urbaine et c'est à ce titre que nous l'interpellons aujourd'hui à travers notre occupation.

 

  • L'orientation de l'ANRU, présentée comme un moyen de rénover les quartiers populaires a amené une raréfaction de l'offre de logements sociaux à bon marché, et une augmentation conjointe des prix de l'immobilier privé dans les quartiers populaires concernés : certes, le nombre de logements reconstruits est égal sur le papier à celui des logements détruits. Mais les niveaux de loyer , comme la priorité accordée à l'accession à la propriété dans les zones les plus attractives de ces quartiers a conduit à la relégation urbaine une partie de la population et à la baisse du nombre de logements vraiment sociaux disponibles en petite et moyenne couronne.

 

  • La régionalisation des politiques de relogement en Ile de France, sous tendue par l'idée qu'au fond , le Grand Paris serait le nouvel horizon de réflexion marque en réalité une accentuation des inégalités : les SDF, les errants urbains hébergés de manière précaire sont écartés de la petite couronne par des mécanismes inexorables. Beaucoup de communes par des ruses diverses qui vont de l'exclusion des services sociaux pour les habitants «  de fraîche date » à la limitation des domiciliations administratives, mais aussi à la construction d'hébergements , de résidences temporaires en lieu et place de vrais logements, parviennent à se débarrasser de leurs pauvres, de leurs salariés modestes, de leurs précaires

 

  • Par divers moyens juridiques, la qualification de logement social sur le papier ne correspond pas forcément à la réalité : de fait les PLS sont inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement franciliens, ce sont pourtant ceux dont la production augmente le plus vite. De même des dispositifs comme l'Usufruit Locatif Social permettent à des investisseurs privés de bénéficier d'exonérations fiscales et d'avantages financiers pour des logements qui n'ont de social que le nom et le label SRU, et qui dans quinze ans seront de toute façon rebasculés dans le privé.

 

La soi-disant politique de mixité sociale a bien fonctionné...quand il s'est agi d'amener des entreprises, des bureaux et des catégories sociales supérieures dans les quartiers populaires les mieux situés, dont les habitants modestes doivent partir . Mais à l'inverse, et comme il fallait s'y attendre, les quartiers favorisés n'ont pas accueilli les mal-logés, sauf de manière anecdotique.

 Nous sommes venus demander un véritable changement dans ces politiques.

La qualification de logement social doit être réservée aux logements accessibles aux classes populaires et moyennes, et la production doit être adaptée à la demande et aux revenus réels des demandeurs

Les vrais logements sociaux ne doivent plus être relégués dans des quartiers excentrés et mal desservis en transports

 Le Grand Paris ne peut être fait en choisissant sciemment de condamner une partie de sa population mal-logés à l'errance dans toute l'Ile de France.


15:50 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cnv, anru, cus, attribution logements, rénovation urbaine, blocage des loyers, sru, acse | | |  Facebook

 
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