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jeudi, 22 octobre 2015

Grand Paris Habitat: les mal-logés dénoncent le trop-plein de logements intermédiaires

le parisien.jpg"Intrusion inattendue ce jeudi matin dans les locaux de Grand Paris Aménagement, situés dans le parc d’activité de Bercy. Plus de soixante militants du collectif des mal-logés en colère ont envahi le siège de cet établissement public chargé de la préfiguration des opérations immobilières du Grand Paris.

 

Objectif : dénoncer le fléchage des crédits de l’Etat vers la production de logements intermédiaires au détriment des logements sociaux ou très sociaux en nombre notoirement insuffisant en Ile-de-France. Une délégation a été reçue par un cadre de l’établissement public pour exposer les doléances du collectif. Les manifestants ont quitté les lieux deux heures plus tard sans que l’intervention des forces de l’ordre n’ait été nécessaire."

Extrait de l'article du Parisien du 22 octobre 2015.

Retrouvez le communiqué et le compte-rendu de l'action sur le nouveau blog du collectif en clickant ici

 

21:18 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : grand paris habitat, grand paris aménagement, logement intermédiaire argos | | |  Facebook

mercredi, 21 janvier 2015

ADOMA et SNI: les mal-logés vigilants sur l'avenir du patrimoine public de logements

adoma, logo70 demandeurs de logement ont rendu aujourd’hui une visite collective au bailleur public ADOMA,  qui gère plus de 70 000 logements et hébergements.

ADOMA va prochainement passer sous le contrôle de la SNI, le bailleur public de la Caisse des Dépôts : comme nous l’avons dénoncé lors de précédentes actions ( occupation de la SCET, manifestation devant le siège de la SNI )la politique actuelle de la SNI et de ses filiales privilégie le logement intermédiaire et les PLS ( les plus chers des logements sociaux ) à Paris et dans la petite couronne, tandis que les logements très sociaux produits le sont plutôt en grande banlieue ou dans des zones défavorisées et peu accessibles en transport.

Le patrimoine d’ADOMA est situé à 80% en zone tendue ou très tendue  en matière d’immobilier : une partie de ce patrimoine sera vendue ou changera d’affectation dans les prochaines années. Pour le moment, rien ne garantit que les biens vendus le seront pour produire du logement social dans les mêmes zones. Le risque est donc grand qu’encore une fois, derrière une mixité sociale de papier, sur le terrain, les logements accessibles aux classes populaires soient relégués toujours plus loin.

Le Collectif a été reçu par le directeur délégué d’ADOMA : l’occasion de lui poser des questions sur des ventes déjà réalisées comme celle d’un foyer à Levallois Perret. Selon lui les informations parues dans la presse(voir tract ci-dessous) sont fausses, et les logements vendus seront rebâtis en nombre un peu supérieur dans une zone tout aussi attractive de la commune.

Par contre, la direction d’ADOMA a bien reconnu que certaines propositions faites sur le parc d’ADOMA à des personnes en urgence sociale correspondaient à des hébergements dégradés dans un parc à rénover, mais qu’il n’y avait « pas le choix », car la réhabilitation de l’ensemble du parc prendra au moins dix ans.

Une réponse qui montre à quel point le droit à un logement décent est devenu un droit au rabais, faute d’investissement financier et de volonté politique. Le «  c’est toujours mieux que la rue » se traduit ainsi par des « solutions » qui sont une autre forme de mal-logement, dans le parc public. Face à une situation d’extrême urgence vécue par des millions de personnes, l’horizon institutionnel de résolution de la crise s’inscrit toujours à dix ans, au mieux.

Nous ne serons pas patients, le respect des droits fondamentaux n’attend pas.

Le tract diffusé sur place

 

ADOMA  : un patrimoine public menacé

Dans quelques mois, la SNI premier bailleur public français sera actionnaire majoritaire d'ADOMA. Dès lors la direction de la SNI aura tout pouvoir pour gérer un patrimoine de 70 000 logements et foyers, qui a aussi une énorme valeur marchande.

 

 La réputation d'ADOMA est mauvaise  : on pense immédiatement aux foyers non entretenus, avec leurs chambres exigües et sans confort. De fait, c'est bien la réalité que vivent des milliers et des milliers de résidents  : dans son rapport 2014, la MILOS notait que la société n'a pas respecté ses engagements concernant la rénovation d'une grande partie de ces foyers.

Mais le dégradé du bâti cache une autre réalité  : 80% des propriétés d'ADOMA sont situés sur des zones géographiques où le marché immobilier est tendu ou très tendu. C'est à dire des zones où la moindre parcelle de foncier constructible se négocie très cher. Mais aussi des zones où le logement social et très social est très insuffisant.

Que va faire ADOMA de ce patrimoine qui vaut de l'or, quand la société passera sous le contrôle de la SNI  ? Malheureusement, la politique pratiquée depuis des années par la SNI ne laisse pas présager une orientation sociale prenant en compte le mal-logement, et les besoins en logement très social dans les zones où l'immobilier privé est hors de prix. Au travers de la production de ses sociétés EFIDIS et OSICA, la SNI applique déjà depuis des années une vision bien particulière de la mixité sociale  : dans la capitale et en petite couronne , EFIDIS propose surtout de nouveaux PLS, et de manière générale, son patrimoine a des loyers élevés peu compatible avec les revenus des classes populaires. OSICA fait beaucoup plus de logement très social...mais dans des zones plus éloignées de la capitale, souvent mal desservies en transport.

 

Depuis quelques années , la participation accrue de la SNI dans le patrimoine d'ADOMA a conduit cette société à pratiquer ce qu'elle est appelle des «  dégagements de plus value  », c'est à dire la vente d'immeubles, en zone tendue. Par exemple, à Levallois Perret, un foyer particulièrement bien situé a été revendu  à une société détenue par les Balkany qui n'y feront évidemment pas de logement social.

 

Si cette politique s'amplifie, ce sont une nouvelle fois des zones entières d'habitat à prix abordable qui vont disparaître, là où le manque de logement social est criant. Un Grand Paris à deux vitesses va donc continuer à se construire  : une zone centrale élargie à la petite couronne, où domineront les loyers chers, le logement intermédiaire financé par des fonds publics coexistant avec le logement privé. Logements sociaux et hébergements d'urgence continueront à être relégués en masse dans des zones de plus en plus lointaines.

 

Sur le papier, la production de l'ensemble des sociétés de la SNI respectera la mixité sociale, avec une répartition numérique qui comptera des logements très sociaux. Sur le terrain, quelles que soient leur attaches sociales et professionnelles, les demandeurs de logement social seront en majorité exclus du patrimoine situé en zone tendue ou très tendue.

 

Le patrimoine d'ADOMA a été construit avec des fonds publics, comme celui de l'ensemble de la SNI  : il doit être utilisé pour l'intérêt exclusif du logement social et très social, et pour répondre à la demande des foyers aux revenus modestes.

 

 

 

18:58 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adoma, sni, efidis, grand paris habitat, caisse des dépôts, mixité sociale, logement intermédiaire argos | | |  Facebook

 
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