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mercredi, 16 décembre 2015

Noel du Secours Pop: Ian Brossat et Valérie Pécresse étaient là, les mal-logés aussi !

Ian Brossat, adjoint au logement, et Dominique Versini adjointe à la Solidarité et à la lutte contre l'Exclusion pour la Ville de Paris, Valérie Pécresse, présidente du Conseil Régional, ils étaient tous présents ce soir au Noël du Secours Populaire, dans le 18ème arrondissement.

Les mal-logés en colère étaient là aussi: usagers des associations de lutte contre l'exclusion, nous savons mieux que personne leur réalité actuelle

Remercier les associations qui font ce qu'elles peuvent ne peut être suffisant pour des élus qui ont les moyens de faire ce qu'ils doivent, assurer à tous l'égalité du droit au logement. 

 Nous tenons pour notre part à saluer les bénévoles du Secours Populaire , pour leur accueil face à notre action collective

Retrouvez le récit de notre visite collective et notre vidéo sur notre nouveau blog:

http://www.logement-grand-paris.fr/2015/12/ian-brossat-do...

21:50 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : valérie pécresse, ian brossat, dominque versini, hébergement d'urgence, insalubrité, dalo, samu social | | |  Facebook

mercredi, 07 octobre 2015

Paris 10ème: hébergement saturé ? Reloger au lieu d'expulser !

70 mal-logés ont manifesté aujourd'hui devant le Centre d'Action Sociale de la Ville de Paris, contre des expulsions programmées pour des résidents d'hôtel ou de résidence sociale qui attendent un logement depuis des années.

Retrouvez le récit de l'action et sa vidéo en clickant sur notre nouveau blog !

19:15 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : ian brossat, anne hidalgo, hébergement d'urgence, expulsions, relogement, dominique versioni, hôtels, résidence sociale | | |  Facebook

vendredi, 02 janvier 2015

Sans abri en danger : occupation du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires.

CGET, commissariat général égalité des territoiresLe budget du Logement en 2014, c’était 7,8 milliards d’euros,  et dans ces sommes, sont incluses les aides aux investisseurs immobiliers. L’hébergement d’urgence a été crédité à hauteur de 1,3 milliard d’euros.

La décision d’abandonner l’écotaxe pour satisfaire les entrepreneurs aura à elle seule coûté 2 milliards d’euros, soit presque le double du budget de l’hébergement d’urgence. Les aides consenties aux entreprises dans le cadre du Pacte de Responsabilité sont de 50 milliards d’euros.

Cette simple comparaison amène à une conclusion logique et terrible : en fixant la lutte contre le mal-logement comme une priorité, on pouvait sauver les vies de toutes celles et ceux qui sont morts dans la rue ces derniers jours. On pouvait libérer des places en hébergement d’urgence en logeant ceux qui y attendent depuis des années. On pouvait reloger les personnes expulsées ce printemps et cet automne.

Ce 2 janvier, demandeurs de logements, mal-logés, sans abri, en errance urbaine, locataires menacés d’expulsion, hébergés dans des hôtels sordide, en famille et célibataires, nous sommes venus collectivement au Commissariat Général à l’Egalité des Territoires pour dénoncer la réalité brute : nos vies valent moins que beaucoup d’autres choses pour notre gouvernement.

Si nous avons obtenu un rendez-vous au Ministère grâce à notre mobilisation, la direction du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires nous a tout de même fait remarquer, que nous n’avions pas choisi le bon jour, et qu’il n’y avait pas grand monde un 2 janvier. Décidément, il est toujours urgent d’attendre, pour reloger les gens, et l’on pourrait même penser que nos politiques sont surtout impatients que les températures baissent, et qu’on parle moins des SDF qui meurent.

Et les mal-logés savent bien qu’effectivement, dans quelques semaines, voire dans quelques jours, les médias en parleront moins. Ce n’est pas ce silence qui empêchera les luttes et les solidarités de continuer.


Sans abris et mal-logés occupent le... par HLMPOURTOUS

Le communiqué diffusé sur place

 MORTS DE LA RUE : il n’y a pas de fatalité.

Face au décès de six sans abri dans la rue, le premier Ministre a appelé à la « vigilance » de chacun pour protéger les personnes en danger.

Nous sommes donc venus aujourd’hui au Commissariat Général à l’Egalité des Territoires, vigilants et solidaires pour dire qu’il y a aujourd’hui 3,52 millions de mal-logés en France, 3, 52 millions de personnes en danger constant. Nous sommes venus pour dénoncer l’absence d’une politique volontariste pour éradiquer le mal-logement et ne plus subir ses conséquences les plus dramatiques.

Quatre cent cinquante quatre personnes sont mortes dans la rue en 2013. C’est une moyenne sinistre qui n’a fait qu’augmenter ces dernières années, en même temps qu’augmentaient toutes les formes de précarité du logement. Le lien est mécanique entre les deux phénomènes et seule une hypocrisie insupportable peut amener certains politiques à chercher des causes autres, à reprocher aux personnes d’avoir refusé un hébergement d’urgence, ou « de ne pas sêtre signalées aux services sociaux ». Au mois de novembre, en Ile de France, 9000 appels sur 17 000 passés au SAMU Social n’ont débouché sur rien.

La mort, dans la cinquième puissance économique mondiale est le bout de la chaîne du mal-logement, après la rue dans laquelle chacun de nous peut basculer.

Quand il n’y a pas de solution de relogement , ni dans le social, ni dans le privé, tout peut aller très vite : l’expulsion à cause d’un loyer trop cher ou d’un congé pour vente, la rupture d’un hébergement chez des proches, la mise à la rue parce qu’on n’a pas la protection d’un bail et qu’on a loué au noir chez un marchand de sommeil, une prise en charge SAMU social qui s’interrompt, et c’est l’errance urbaine.Le nombre de 111 000 SDF avancé officiellement  ne prend pas en compte celles et ceux qui vivent une partie du temps à la rue , dans leur voiture , entre deux périodes de logement ultra-précaire.

Chaque année, au moment des grands froids, les gouvernements  font  mine de n’avoir aucune autre solution que l’ouverture de gymnases ou de réservations de nuitées d’hôtel en grande banlieue. Chaque année, pour se justifier, les Ministres successifs invoquent l’augmentation du nombre de places d’hébergements.

Mais lorsque l’accès au logement est interdit à une part croissante de la population à cause de l’augmentation des loyers du privé et de la raréfaction du logement vraiment social, ceux qui sont déjà hébergés stagnent dans les hébergements. Il ne s’agit pas de créer de nouvelles « places » se résumant bien souvent à des lits-dortoirs, mais de créer de nouveaux LOGEMENTS  sociaux, en masse et pas en saupoudrage, pas avec des loyers trop élevés.

Les mal-logés n’ont pas besoin de visites ministérielles médiatiques et rituelles dans les centres d’hébergement, mais de volonté politique et de moyens concrets. Le mal-logement ne se résorbera pas parce qu’on aura laissé les gymnases ouverts aux sans abri jusqu’en mars, où ceux qui seront remis dehors mourront sans attirer l’attention parce qu’il fera moins froid.

Le gouvernement  a bien trouvé 50 milliards destinés aux entreprises pour alimenter un « Pacte de Responsabilité » .Il en faudrait beaucoup moins pour un plan de relogement massif. Et la responsabilité de la Ministre du Logement et du gouvernement aujourd’hui,  c’est celle de faire le choix de sauver des vies maintenant et durablement.

 

15:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cget, égalité, territoires, sylvia pinel, sans abri, sdf, samu social, hébergement d'urgence | | |  Facebook

mercredi, 12 novembre 2014

Sylvain Mathieu, directeur de la DIHAL reçoit la visite des mal-logés au Ministère

sylvain mathieu,dihal,hébergement d'urgence,samu social,plan grand froid,dalo,115,décrets alur,péril,insalubrité,saturnisme,anah,sylvia pinel,accueil inconditionnel,errance urbaine70 mal-logés ont fait irruption cet après-midi dans les locaux fraîchement rénovés du Ministère de l'Ecologie, boulevard Saint Germain. C'est désormais ici que siège le nouveau délégué à l'Hébergement et au Logement, Sylvain Mathieu. Celui-ci a remplacé Alain Régnier, dont les positions contre les expulsions avaient déplu.
 
En ce début d'hiver, nous sommes venus montrer la réalité en face au nouveau délégué: celles de tous les hébergés, de toutes les victimes d'insalubrité , de toutes les personnes en errance urbaine qui vont passer une nouvelle saison dans des hôtels pourris aux quatre coins de l'Ile de France, dans des logements ultra-humides avec des chauffages d'appoint chers et dangereux. Celle de foyers qui attendent un logement depuis dix ans, depuis vingt ans, à qui l'on demande sans cesse de faire des nouvelles procédures, de nouveaux dossiers qui n'aboutissent jamais à rien.
 
Reçus par le directeur de cabinet de Sylvain Mathieu, qui était en réunion à Matignon, nous avons exigé et obtenu l'engagement d'un rendez-vous avec le délégué lui-même. Cet hiver nous ne souffrirons pas en silence, et nous comptons bien multiplier les actions pour le respect d'un droit minimum et élémentaire, le logement.

 


Le Ministère de l'Ecologie (DIHAL) occupé par... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place
 
Plan Grand Froid  : le mal-logement n’est pas un accident climatique, l’urgence sociale ne dépend pas du thermomètre.


Depuis des années, les gouvernements successifs promettent d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence. Mais chaque année, dans le plan Grand Froid hivernal, il faut bien inclure des mesures concernant les sans abri et les mal-logés. Tout simplement, parce que le problème de fond du mal-logement n’est pas traité.


En ce début d’hiver 2014, la situation s’aggrave. En Ile de France, la majorité des appels d’urgence au SAMU social ne débouche sur rien  : à Paris, ce sont 205 personnes en famille, qui chaque soir  n’avaient aucune solution cet automne.
Le nombre de refus de prises en charges par le SAMU social, qui est pourtant le dernier recours, n’a fait qu’augmenter ces dernières années  : au lieu d’agir en amont, cet automne, les Préfectures ont aggravé la situation, en donnant le feu vert même pour les expulsions des prioritaires DALO, les seuls mal-logés à être protégés par une circulaire précédente

.
La saturation de l’hébergement d’urgence fabrique l’errance urbaine, crée et aggrave la précarité sociale et professionnelle  : aujourd’hui 70% des familles hébergées en hôtel en Seine Saint Denis ou dans le Val d’Oise viennent de la capitale et y ont leurs enfants scolarisés. Pour ces familles, garder un emploi ou en retrouver un, mettre à jour sa situation administrative, avoir accès aux soins, à une scolarité normale est impossible ou rendu terriblement difficile .Et à ces  mêmes familles, les bailleurs sociaux opposeront des refus de relogement parce que leur dossier est trop précaire.


L’hiver 2014, comme les précédents sera marqué par les conséquences d’une autre forme de mal-logement. Parmi les victimes du fléau des intoxications au monoxyde de carbone, beaucoup le sont à cause de l’insalubrité des logements qui obligent à utiliser des chauffages d’appoint pour moins souffrir du froid. Beaucoup de ménages finissent avec des dettes de loyer et du surendettement à cause des factures énormes pour simplement chauffer des taudis mal isolés.


Dans ce domaine là aussi, l’attentisme est de rigueur  . Confronté à l’habitat indigne, les mal-logés subissent aussi les aléas de l’usine à gaz censée le traiter. Derrière les cas symboliques de marchands de sommeil mis hors d’état de nuire se cache la réalité des centaines de milliers de logement dégradés où le locataire, renvoyé de sa mairie à sa Préfecture, doit attendre que les pouvoirs publics aient classé son problème dans une des innombrables catégories légales qui déclenchent chacune des procédures distinctes et interminables. C’est ainsi que les affections respiratoires graves et chroniques se répandent chez une partie de la population qui passe des hivers sans fin dans des logements pourris par l’humidité , pendant que des propriétaires très au fait des moyens de se protéger encaissent les loyers.


La solution chacun la connaît  : reloger décemment. Seulement, chaque année, les Ministres réaffirment qu’il faut réellement mobiliser le contingent du 1% patronal. Chaque année, on constate l’insuffisance de la production de logements très sociaux, la nécessité d’imposer le respect de la loi SRU, ou d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence.Et chaque année, on ouvre des gymnases et les salles d’attente des hôpitaux après avoir constaté que les objectifs de construction n’étaient pas remplis, que les hébergements d’urgence comme l’hôtel ou les foyers sont devenus un piège dont les mal-logés ne sortent pas.


Nous sommes venus dire la colère des demandeurs de logement au nouveau Préfet National chargé de l’Hébergement et du Logement, Sylvain Mathieu. Nous sommes venus lui rappeler nos attentes sur son rôle  : pas la distribution de miettes de droit, de nuitées d’hôtel au compte gouttes, ou d’un coup de peinture pour cacher la misère dans nos taudis, mais le respect du droit au logement pour tous, et un vrai plan d’urgence pour le logement.
 

17:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sylvain mathieu, dihal, hébergement d'urgence, samu social, plan grand froid, dalo, 115, décrets alur, péril, insalubrité, saturnisme, anah, sylvia pinel, accueil inconditionnel, errance urbaine | | |  Facebook

jeudi, 10 janvier 2013

Cecile Duflot annule un déjeuner avec des investisseurs immobiliers et fait évacuer les mal-logés présents

 

2013-01-10 13.05.50.jpgEn 2010, Benoist Apparu, ministre du Logement avait annulé un déjeuner avec des investisseurs immobiliers en raison de la présence d'une centaine de mal-logés venus l'interpeller au restaurant de prestige, le Carré des Feuillants, dans le 1er arrondissement .

Le changement, ce n'est pas maintenant, en tout cas pas vis à vis des mal-logés en lutte qui ont des questions de fond à poser à leur Ministre : Cecile Duflot, qui avait choisi de rencontrer les mêmes investisseurs immobiliers dans le même restaurant gastronomique  a également annulé sa venue au Carré des Feuillants en apprenant que les mal-logés l'attendaient devant la porte. Elle n'a pas hésité à nous laisser en face à face avec les forces de l'ordre qui nous ont évacué de l'entrée du restaurant.

Sans doute les problèmes de fond que nous souhaitions aborder avec elle, sur sa politique, lui ont-ils coupé l'appétit.

Mais les mal-logés ne sont pas seulement là pour faire de la figuration muette lors des visites médiatiques de Mme Duflot dans des hébergements d'urgence.

Mais les mal-logés ne peuvent se contenter de déclarations de bonnes intentions : nous en avons eu tout l'automne sur des réquisitions qui devaient intervenir au plus tard en décembre et qu'on nous annonce maintenant en avril. Nous en avons eu au début de l'hiver, quand il était assuré que personne ne serait à la rue, or des personnes sont mortes dans la rue encore ces derniers jours.

Dès septembre, le Ministère avait fièrement produit à la presse une liste de terrains publics qui allaient être cédés pour faire du logement social : or , rien que sur la liste francilienne, un tiers des adresses sont actuellement occupées par des services de l'Etat, qu'il s'agisse de bâtiments du Ministère de la Défense ou du Ministère des Droits de la Femme, ou alors il s'agit de monuments historiques comme la Halle Freyssinet.

Dès septembre , on nous avait promis des « super PLA-I «  adaptés aux ressources des demandeurs de logement : or, pour le moment, même le nombre de PLA-I programmés dans les nouvelles constructions n'a pas été revu à la hausse, et tous les acteurs du logement s'accordent à dire que l'engagement de 150 000 logements ne peut-être tenu dans les conditions actuelles.

On nous annonçait des réformes fiscales destinées à décourager la spéculation sur les terrains à bâtir en taxant les plus values effectuées sur les ventes, sauf lorsqu'il s'agissait de vendre pour faire du logement social : l'amendement en question a été retoqué par le Conseil Constitutionnel et aucune mesure alternative n'est programmée.

Alors, non les mal-logés ne se contenteront pas de mesurettes prises en grande pompe, de quelques réquisitions, de rallonges budgétaires pour l'hébergement d'urgence quand c'est de logements dont les gens ont besoin.

C'est ce que nous étions venus dire à Mme Duflot : nous sommes désolés que notre détermination lui coupe l'appétit comme elle l'avait coupé à son prédecesseur qu'elle critiquait tant.

Mais nous voulons des actes, une vraie politique de logement social répondant à la demande des millions de mal-logés de ce pays et nous continuerons à aller à la rencontre de notre Ministre pour l'exiger.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Pour la "petite" histoire, si les mal logés n'ont pas vu Cecile Duflot, ils ont croisé Claude Guéant à l'entrée du restaurant ( voir la vidéo): manifestement, il n'y pas de désaccord fondamental sur la gastronomie de prestige entre le nouveau gouvernement et l'ancien 


Face à la colère des mal-logés Cécile Duflot... par HLMPOURTOUS

17:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, réquisition, "super pla-i", blocage des loyers, hébergement d'urgence, politique du thermomètre | | |  Facebook

jeudi, 13 décembre 2012

Lutte contre l'exclusion, le compte n'y est pas: les mal-logés sont en colère

Conseil National de Lutte contre l'Exclusion

Quatre-vingt mal-logés ont investi aujourd'hui la Direction générale de la Cohésion Sociale où se tenait l'Assemblée Pleinière du Conseil National de Lutte contre l'Exclusion présidé par Etienne Pinte

Nous étions là pour dire notre colère devant une crise du logement et de l'hébergement sans précédent dont aucun décideur ne semble prendre la mesure réelle.Nous l'avons répété à nos interlocuteurs: les mal-logés sont fatigués des effets d'annonce, des rallonges budgétaires de dernière minute qui ne suffisent même pas à couvrir tous les besoins en hébergement d'urgence. 


Nous sommes déterminés et mobilisés pour obtenir une vraie politique du logement sur le court et le long terme, c'est à dire une politique qui parte des besoins, une politique de production massive de logement social avec des plafonds de loyer adaptés à la réalité sociale de ce pays, aux bas salaires, aux petites retraites, aux situations de précarité et de chômage.

Pour le moment le compte n'y est pas.

Dans l'attente, la lutte continue

Ci dessous le tract diffusé sur place :


LUTTE CONTRE LA PAUVRETE : MEME DISTRIBUEES EN GRANDE POMPE, QUELQUES MIETTES NE FONT PAS UNE BAGUETTE

Les mal-logés s'invitent aujourd'hui à l'assemblée générale du Conseil National des Politiques de Lutte contre la Pauvreté et l'exclusion.

Nous venons dire notre colère après les résultats de la Conférence Nationale contre la Pauvreté, qui s'est tenue cette semaine.

Voilà ce que valent nos vies de mal-logés : une rallonge budgétaire de 100 millions d'euros, la moitié qui financera à peine les besoins en hébergement pour cet hiver, l'autre destinée à des rustines qui ne résoudront certainement pas la crise du logement.

Certes , il est scandaleux et insupportable que des dizaines de milliers de personnes n'aient même pas un hébergement d'urgence et que 300 d'entre elles trouvent la mort dans la rue chaque année.

Mais c'est encore plus inacceptable de profiter de cette urgence absolue pour considérer qu'un hébergement précaire constitue une politique de lutte contre la pauvreté. Pourtant aujourd'hui, le budget de l'hébergement d'urgence est équivalent au budget du logement social. Mais l'hébergement n'est pas une réponse au mal-logement, et lutter contre la pauvreté, ce n'est pas en faire des foyers ou des résidences précaires la norme pour une partie de la population.

Tout le monde sait et reconnaît que le vrai problème est le blocage total des processus de relogements, dû à une baisse constante du nombre de logements sociaux disponibles avec des plafonds de loyers correspondant à ceux des demandeurs. Seule l'extension du parc social, la construction massive, le reconventionnement des PLS en PLA-I peut permettre de réguler les prix du marché privé, aucune autre solution ne fonctionne.

Ainsi, le gouvernement a-t-il également annoncé quelques dizaines de millions d'euros pour les dispositifs d'intermédiation locative, du type Louez Solidaire ou Solibail : mais ces dispositifs ne sont pas efficaces au regard de leur coût.

En effet, ce sont des propriétaires privés qui encaissent les loyers et bénéficient d'aide aux travaux de rénovation, sans que le logement ne tombe à terme dans le parc public. Ces logements constituent une solution très temporaire, la plupart des propriétaires ne renouvelant pas le bail au bout de trois ans. On les présente comme une alternative à l'hôtel , mais en réalité, ils ne constituent qu'un palliatif à l'absence de relogement pour le parc social, et ne font nullement baisser le nombre de demandeurs de logement coincés dans les hôtels.

Les mal-logés en ont assez d'une politique qui consiste à dire que « presque rien », c'est mieux que « rien ».

Nous n'avons aucune raison d'accepter la situation présente, aucune raison de nous résigner à être des millions , salariés, retraités, jeunes, familles monoparentales ou nombreuses, pour qui un simple logement avec un loyer adapté aux ressources est un objectif inatteignable avant des années et des années de galère, ou de misère totale à cause de l'argent englouti dans le paiement du loyer..

Nous n'en pouvons plus de la stratégie de communication de ce gouvernement, qui distribue les maigres rallonges budgétaires au compte-gouttes pour faire de chacune d'elle un événement médiatique, qui annonce quelques réquisitions à venir avec au moins vingt communiqués de plusieurs Ministres depuis des mois. On peut distribuer les miettes en grande pompe, cela ne fait pas une baguette.

DES VRAIS LOGEMENTS MAINTENANT !


Luute contre la pauvreté: les mal-logés... par HLMPOURTOUS

16:31 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : etienne pinte, samu-social, hébergement d'urgence, exclusion | | |  Facebook

jeudi, 15 novembre 2012

Des mal-logés expulsés d'un service du premier ministre.

Ce matin, le gouvernement a fait la preuve du décalage entre les annonces faites sur le logement et la réalité du terrain, où rien ne change sauf en s'aggravant depuis six mois.

 Les mal-logés qui ont investi le Centre d'Analyses Stratégiques du premier Ministre, rue Martignac ne demandaient qu'une chose: le respect du droit au logement, mais aussi celui du droit à l'hébergement, selon lequel aucune personne ne devrait se retrouver sans aucune solution, hormis la rue.
 
C'est pourtant le cas d'un nombre grandissant de mal-logés , et ce alors que le fameux "plan hivernal" est entré en vigueur: les équipes du SAMU Social en sont à faire tourner les familles SDF, c'est à dire à en héberger une trois nuits , puis à la remettre à la rue, pendant qu'une autre, à son tour,  "bénéficie" de quelques nuits dans un hôtel au fin fond de la banlieue.
 
Le gouvernement pense-t-il que le changement consiste , en matière de mal-logement à tolérer ce qui n'était pas acceptable sous la mandature précédente ?
 
Pense-t-il qu'il suffit de publier des listes de "terrains" parisiens, et de les présenter comme libres pour du logement social, alors qu'une partie d'entre eux sont des monuments historiques, que certains sont occupés par des Ministères, que la libération d'autres bâtiments est conditionnée à l'achèvement de projets comme le Balardgone ( voir communiqué ci-dessous), ?
 
Pense-t-il que les mal-logés vont se résigner à attendre encore et encore le minimum vital, un logement décent, en se contentant d'annonces sans cesse renouvelées ?
 
Pense-t-il que les évacuations policières violentes vont suffir à nous faire renoncer à être simplement traités en vertu du droit, et non pas mis en dessous de ce droit commun ?
 
Aujourd'hui, suite à l'évacuation, une femme de 63 ans, travailleuse précaire, baladée entre la rue et les hébergements de fortune de quelques nuits chez des proches , est restée inconsciente de longues minutes avant d'être finalement hospitalisée. Malgré la pression policière, les mal-logés présents sont restés dans l'enceinte du Centre d'Analyse Stratégique jusqu'à ce que les pompiers l'emmènent.
 
Cela nous ne l'avons pas toléré sous Sarkozy et cela n'a fait qu'intensifier notre lutte. Nous ne l'accepterons pas plus sous Hollande.
 
Un logement pour tous maintenant


Mal-logement : Evacuation musclée du Centre... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place
 

MAL LOGEMENT, L'URGENCE C'EST MAINTENANT

Les mal-logés investissent aujourd'hui le Centre d'Analyses Stratégique du premier Ministre.

 

Les déclarations politiques se suivent et se ressemblent : François Hollande, Cecile Duflot ne cessent de proclamer que le mal-logement est une priorité, que des mesures vont être prises, réquisitions, loi de cession des terrains publics, mise en place d'un dispositif hivernal digne de ce nom et qui ne s'arrêtera pas avec la fin des grands froids.

 

Mais la réalité ne change pas d'un pouce : l'aggravation de la condition des mal-logés ne fait que s'intensifier.

Le SAMU Social ne peut toujours pas répondre aux demandes d'hébergement : concernant les familles, un système de rotation inhumain, dont nous pouvons fournir des exemples précis a été mis en place. Une famille est accueillie pour une semaine, puis on lui explique que la prise en charge va s'interrompre quelques jours, avant de reprendre et de s'interrompre de nouveau. Des enfants sont déscolarisés, des personnes perdent leur emploi.

Le gouvernement parle de réquisitions de casernes ou d'hôpitaux , et pour plus tard, mais alors pourquoi expulser impitoyablement les mal-logés qui se réfugient dans des logements vides ?

Cecile Duflot évoque la mise en place de « super PLA-I », un jour où l'autre....Mais pourquoi ne pas commencer par reconventionner à des loyers abordables des PLS ( les niveaux de loyers les plus chers du HLM) dont certains ne trouvent même pas preneurs et restent vide des années, faute d'adéquation avec les revenus des demandeurs de logement sociaux ?

François Hollande a de nouveau évoqué la nécessité de mettre rapidement à disposition des terrains publics pour du logement social en Ile de France...seulement la liste fournie aux journalistes pour Paris comporte des monuments historiques ( notamment la Halle Freyssinet qu'on ne pourra donc pas démolir ), des adresses de Ministères ( notamment celui du porte-parolat du gouvernement et Secrétariat des Droits de la Femme dont la fermeture n'est pas prévue à notre connaissance.,) et de nombreux bâtiments actuellement occupés par les services du Ministère de la Défense..;qui ne seront vidés qu'en cas d'achèvement du Balardgone, projet sur lequel le président a demandé un audit et qui est donc incertain. Bref, au moins un tiers des adresses citées correspond à des projets hypothétiques et au mieux sur le très long terme .

Pendant ce temps, 12 000 logements sociaux ont été vendus en 2011, 21 700 ont été démolis ( source commissariat général au Développement durable (CGDD)), et rien dans le projet de loi Logement ne prévoit de mettre fin à cette hémorragie.

Cecile Duflot le dit elle-même, elle est « muselée » et ne fait qu'appliquer la politique de la majorité sous la conduite du premier Ministre : c'est donc au Centre d'Analyses Stratégique du Premier Ministre que nous sommes venus porter notre colère et nos revendications, pour qu'enfin une réponse soit apportée d'urgence au mal-logement.

19:09 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : centre d'analyse stratégique, expulsions, dalo, cecile duflot, hébergement d'urgence, samu social, sdf | | |  Facebook

mercredi, 31 octobre 2012

Expulsions massives : les mal-logés occupent l'ANRU

Le Collectif Mal Logés en Colère a occupé toute la journée l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine, à Paris, jusqu'à ce qu'un conseiller du cabinet de François Lamy se déplace pour nous rencontrer.


Actuellement la politique du logement menée par Cecile Duflot a un effet trompe l'oeil : à lire les médias, on a l'impression que des mesures d'urgences sont prise en rafales.


Sur le terrain, c'est l'enfer pour les mal-logés.


Ainsi, une circulaire d'arrêt des expulsions des prioritaires DALO est enfin promulguée : mais, « petit » détail, elle ne prendra effet qu'au 15 mars prochain. Or une vague d'expulsions sèches sans précédent ces dernières années vient d'avoir lieu. Trop tard pour celles et ceux qui sont déjà à la rue, et sans même une solution d'hébergement, puisque le SAMU Social ne répond qu'à un appel sur trois. De toute façon la circulaire ne concerne pas les mal-logés en hôtel dont les départements suspendent le financement, elle ne concerne pas les dizaines de milliers de personnes en errance urbaine totale, ceux qui perdent l'hébergement précaire chez un proche, par exemple.


Deuxième annonce, la Ministre annonce d'éventuelles réquisitions si le « besoin s'en faisait sentir ».

Mais chacun sait qu'on ne remet pas en cause massivement la propriété privée en quelques semaines, et qu'au mieux, quelques immeubles symboliques seront donc investis, quand dans le même temps, les mal-logés qui occupent des logements vides continueront à être expulsés.


La loi sur le logement, retardée, contient des mesures fortes en apparence : ainsi l'annonce de la mise à dispositions de terrains publics pour la construction de nouveaux logements. Seulement, la loi prévoit qu'une partie sera dévolu à du logement privé et une autre à des PLS, auxquels 70% pour cent des demandeurs ne peuvent accéder.


Il n'y a donc pas de plan d'urgence pour le logement  au niveau étatique.

Et la vague d'expulsions sans relogement intervenue cet automne montre bien que rien n'a été fait ni prévu pendant les six derniers mois, même en ce qui concerne la partie la plus visible du mal-logement.


Les mal-logés n'ont donc pas d'autre choix que de contraindre, par leur lutte, les responsables politiques à regarder la réalité en face et à la traiter.


DES LOGEMENTS PAS DES SYMBOLES !


Vague d'expulsions : les mal logés... par HLMPOURTOUS

 

Communiqué diffusé sur place :

Mal-logement : face à la crise, le gouvernement méprise et temporise.

Nous occupons aujourd'hui l'ANRU, agence nationale de rénovation urbaine , un des principaux instruments de la politique du logement depuis des années.

La politique de destruction systématique du logement social menée sous la mandature précédente produit aujourd'hui le maximum de ses effets : la Ministre du Logement le reconnaît , l'urgence n'a jamais été aussi importante depuis quinze ans. Mais face à cette urgence, les déclarations d'intention se succèdent, et c'est tout.

Les médias se sont fait l'écho de la circulaire d'arrêt des expulsions pour les seuls prioritaires DALO. Mais bien peu ont noté que celle-ci ne s'appliquera qu'au 15 mars. En attendant, une vague d'expulsions sèches a lieu en Ile de France depuis septembre, et les expulsés sont confrontés à la rue, le 115 ne répondant plus qu'à un tiers des appels.

Cette vague d'expulsions se double de la multiplication des ruptures d'hébergement : hôtels déclarés non conformes, prises en charges interrompues pour cause d'âge des enfants .A Paris, l'Aide Sociale à l'Enfance propose désormais comme solution aux familles en détresse de prendre les enfants dans des foyers, mais sans leurs parents.

Les médias se font aussi l'écho d'une vague promesse de « réquisitions ». Mais la procédure de réquisition est longue, coûteuse et sa mise en œuvre massive est peu probable.

En réalité, il suffirait de conventionner en PLA-I, avec des loyers abordables, les dizaines de milliers de logement aujourd'hui dans le parc des bailleurs sociaux, et qui sont en loyers libre, ou en PLS, ou en Usufruit Locatif Social, c'est à dire inaccessibles à 75 pour cent des demandeurs de logement. Il suffirait de mettre les loyers des logements sociaux neufs en adéquation avec la demande, ce qui n'est pas fait actuellement.

Oui, cela a un cout.

Mais la démolition massive des logements existants par l'ANRU a coûté des dizaines de milliards d'euros ces dernières années , dont huit milliards pour l'Etat et douze pour Action Logement. 143 000 logements ont été détruits, pour 139 000 reconstruits, et à des niveaux de loyer bien plus élevés, comme l'attestent tous les rapports publics à ce sujet. Les logements détruits n'étaient certes pas des palaces, mais aujourd'hui Cecile Duflot parle de réquisitionner des casernes ou des bureaux, quel progrès...

La gestion saisonnière et l'hébergement précaire et inadapté a aussi un côut : aujourd'hui, le budget de l'hébergement d'urgence est aussi important que celui du logement social. On distribue l'argent public aux hôteliers, on multiplie les structures provisoires...

L'aide aux investisseurs immobiliers a aussi un coût : pourtant,pendant que les mal-logés doivent vivre avec des promesses, le Scellier lui, est immédiatement remplacé par un autre dispositif.

Nous sommes aujourd'hui des millions à vivre en dessous du droit commun : ceux qui ont des solutions de fortune, comme un logement indécent et minuscule hors de prix, s'entendent répondre qu'ils ne sont pas vraiment mal-logés et qu'ils devraient avoir honte de réclamer alors que d'autres sont à la rue ou dans l'urgence absolue. Mais ceux qui sont à la rue et dans l'urgence absolue doivent se consoler avec des bouts de papiers où il y a écrit « prioritaire » en guise de solution.

Nous sommes tous mal-logés, nous sommes tous solidaires, nous sommes tous en colère et puisque notre lutte est tout ce qu'il nous reste, nous n'arrêterons pas de lutter.

Les promesses ne protègent pas du mal-logement, un logement pour tous maintenant

19:31 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : françois lamy, cecile duflot, anru, loi de réquisition, trève hivernale, expulsions sans relogement, hébergement d'urgence | | |  Facebook

mercredi, 24 octobre 2012

Bailleurs sociaux et mal-logés: dialogue social de bistrot

Ce matin, une délégation de notre collectif a été « reçue » par la direction de l'Aorif, l'Union sociale pour l'habitat d'Ile-de-France, (organisation professionnelle regroupant les organismes HLM ayant leur siège social dans la région.)

Stéphane Dambrine président , ( également directeur de Paris Habitat OPH ) et le directeur général , Mr RAINBAULT étaient présents, suite à l'engagement pris lors de l'occupation du siège vendredi dernier par une centaine de mal-logés .

Ce rendez-vous s'est tenu au Café Balzac, la direction de l'AORIF , organisme de coordination des bailleurs sociaux ayant jugé que nous n'étions pas des mal-logés assez convenables pour être reçus dans leurs bureaux.

En une demi-heure, il nous a d'ailleurs été également expliqué que les mal-logés, en général, n'étaient également pas assez convenables pour être relogés dans le logement social.

Parlant pour l'ensemble des bailleurs sociaux, les dirigeants présents nous ont d'abord expliqué qu'ils ne refusaient « que » 20% des candidatures DALO qui leur étaient proposées par la Préfecture.

Obtenir le label DALO est une gageure, au vu de critères très restrictifs : actuellement seuls 17 800 dossiers ont ce label sur 120 000 demandeurs de logement parisiens, par exemple. La Préfecture ne dispose que d'un contingent de moins de 1500 logements annuels à proposer....et au bout de ce goulot d'étranglement, après un tri drastique , ne retenant qu'un peu plus d'un demandeur sur mille par an, les bailleurs sociaux trouvent encore le moyen de rejeter 20% des candidatures .

Stéphane Dambrine a jugé bon d'ajouter que la multiplicité des labels permettait une sélection « juste » des demandeurs , vantant par exemple le dispositif des accords collectifs, environ 1400 logements dans la capitale , par an.

Mais c'est cette multiplicité des procédures, ces ajouts incessants de démarches et de critères qui rendent justement impossible l'accès aux commissions d'attribution pour la plupart des ménages en difficulté : les personnes en errance urbaine, celles qui vivent dans les quartiers populaires où les travailleurs sociaux sont surchargés, celles qui ont des situations professionnelles changeantes du fait de la précarité, sont de fait, exclues de tout dispositif spécifique et leurs dossiers systématiquement jugés « incomplets » ou «  non-prioritaires ». C'est notamment le cas des personnes SDF, baladées d'hébergements d'urgence en hôtels par le SAMU Social et qui ne sont suivies par aucun service social.

C'est ce qui aboutit aussi à des situations dévastatrices pour les personnes, en plus d'être ubuesques : ainsi ,en cette période de hausse des loyers et d'expulsions massives, Mr Dambrine a-t-il jugé « anecdotique » le problème qui touche des milliers de foyers : les personnes qui vivent dans un logement privé hors de prix et en totale inadéquation avec leurs ressources sont aujourd'hui considérées comme non-prioritaires, tant qu'elles parviennent à payer leur loyer. Quand elles ne le peuvent plus, c'est seulement au terme de la procédure d'expulsion que leur cas est éventuellement pris en compte. Mais à ce moment là, la présence de dettes de loyer, même minimes amène les bailleurs à rejeter les dossiers !

Devant nos arguments, la direction de l'AORIF a fini par reconnaître que de toute façon «  les niveaux de loyers pratiqués dans les nouvelles constructions ne correspondaient effectivement pas aux revenus de beaucoup de demandeurs, à qui seul le parc « ancien » était réellement accessible ».

Et il nous a été dit très clairement qu'en l'état des financements et de leurs fonds actuels, il était de toute façon impossible de faire autrement...en clair, si nouveaux logements sociaux il y a , dans leur majorité, ils ne seront pas accessibles, dans leur immense majorité, aux précaires, aux pauvres, aux salariés et aux retraités modestes.

A titre d'exemple, Paris Habitat OPH , le premier bailleur social parisien n'a été capable de mettre sur le marché cette année que 22 PLA-I contre 103 PLS, après une chute de près de 70% de la production en 2010 !

Comment s'étonner, dans ces conditions, que deux-tiers des appels au SAMU Social ne trouvent pas de réponse ? Si les circuits de l'hébergement sont bloqués, c'est parce que ceux du logement sont saturés, faute d'offre. 

Si 300 personnes meurent dans la rue chaque année, si des incendies meurtriers frappent des logements parfaitement connus comme insalubres, ce n'est pas la fatalité , mais bien le résultat d'une politique qui, sciemment, détruit le logement social. Si les propriétaires privés pratiquent des loyers qui étouffent financièrement des millions de gens, c'est bien parce que l'offre de logement public n'existe plus pour réguler le marché.

Et le changement ne sera pas maintenant , sauf si les mal-logés en lutte l'imposent. C'est ce que nous avons retenu de ce rendez-vous, ou la direction de l'AORIF nous a accusé de demander des « passe-droits ».

 

Nous ne demandons rien du tout, nous exigeons notre droit, le même que celui des millions de mal-logés.

Nos conditions de vies ne constituent pas une urgence pour les décideurs ? Les mal-logés ne valent pas la peine qu'on trouve une solution ? Nous ferons en sorte que notre lutte soit pour eux tous un problème urgent .

13:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : accords collectifs départementaux, aorif, stephane dambrine, ush, cus, dalo, paris habitat oph, hébergement d'urgence, samu social, trève hivernale | | |  Facebook

mercredi, 19 septembre 2012

Mairie du 19ème: les manifestations de mal-logés interdites ?

Ce matin plus de quatre vingt mal logés ont manifesté aux portes de la mairie, et sont restés malgré les violences policières ordonnées par le maire pour tenter de nous faire partir.

Le mal-logement dans le 19ème arrondissement en cette rentrée 2012 a de multiples visages

  • Des femmes de plus de soixante ans à la rue à qui le SAMU social, dernier recours possible, ne peut offrir que cinq nuits d'hôtel non reconductibles.

  • Des familles qui ont payé pendant des années des loyers de presque 1500 euros, et qui désormais expulsables voient leur candidature rejetée par les bailleurs sociaux sous prétexte qu'elles ne gagnent pas assez.

  • Des congés pour vente qui se multiplient et causent des expulsions, parce que les propriétaires profitent de la montée des prix de l'immobilier pour réaliser des plus values énormes.

  • Des couples, des familles entières qui s'entassent dans des chambres de bonne ou des studettes, et à qui l'on répond que leur dossier n'est pas prioritaire, car la suroccupation est au fond une forme « légère » de mal-logement.

  • Des logements sociaux non-entretenus et insalubres, ou les habitants qui croyaient être sortis du mal-logement avec un HLM reçoivent un jour la nouvelle par la Préfecture que celui-ci est plein de plomb et que la santé de leurs enfants est en danger.

Le mal-logement est une violence, que chaque demandeur de logement social prend de plein fouet chaque matin, qui détruit inexorablement la santé, la vie professionnelle et sociale des concernés.


Pendant cinq années , les mal-logés en lutte ont eu droit de surcroît à la violence de l'Etat, au mépris total et à la répression continue de la part du gouvernement Sarkozy.


Pendant cinq années, la Ville de Paris et les mairies d'arrondissement nous ont répondu ne pouvoir rien faire tant qu'un gouvernement de leur couleur politique ne serait pas aux commandes.

C'est chose faite : mais au lieu de prendre des mesures d'urgence pour résoudre immédiatement une partie des problèmes de logement, les élus parisiens se barricadent dans leur mairie et osent même tenter de faire évacuer de simples manifestation sur leur parvis par la force et la violence policière.


C'est ce qui s'est passé ce matin à la mairie du 19ème : nos élus s'imaginaient sans doute que des coups, des menaces d'arrestation et de poursuites nous feraient cesser notre rassemblement.


Mais nous sommes restés et nous reviendrons. Et c'est une logique bien déraisonnable de penser que la répression peut décourager les mal-logés, car rien n'est plus insupportable que les conditions de vie qui nous sont faites, et seule la lutte peut les changer.

Le changement c'est maintenant, le logement pour tous c'est maintenant, nous saurons l'imposer, puisque ceux qui en ont fait la promesse s'avèrent incapables de l'appliquer eux-même.

 


Paris 19ème: violences contre une manifestation... par HLMPOURTOUS

16:12 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mixité sociale, roger madec, anne hidalgo, pla-i, paris habitat oph, mutation logement, samu social, hébergement d'urgence | | |  Facebook

 
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