mercredi, 15 mai 2013
Appartements insalubres à Paris Habitat OPH: le Préfet interpellé par les mal-logés
Demandeurs d'un logement HLM et locataires du parc social ont manifesté une nouvelle fois ensemble devant le siège du premier bailleur social parisien Paris Habitat OPH pendant la signature d'une convention pour l'embauche de contrats d'avenir entre l'USH-Ile de France ( AORIF), et la préfecture de région, en présence du préfet Jean Daubigny.
C'était l'occasion pour nous d'interpeller simultanément des interlocuteurs, qui en temps normal, se renvoient la balle mutuellement sur les problèmes d'insalubrité du parc social.
Ceux-ci deviennent récurrents en Ile de France, pour plusieurs raisons : le manque de budget alloué à la rénovation, le rachat d'immeubles anciens , sans remise à neuf du bâti. Désormais les nouveaux entrants dans le parc social se voient ainsi confrontés à des problèmes d'installations électriques , à des infestations de nuisibles non traitées, à des carences graves en matière d'isolation thermique.
Mais aussi et c'est un comble, à la présence de peintures au plomb, et donc au risque de saturnisme : c'est le cas pour un immeuble de Paris Habitat du 10ème arrondissement, où la Préfecture a reconnu ce critère d'insalubrité grave ( voire notre article précédent avec le courrier préfectoral )...mais où l'attribution du label DALO aux personnes concernées est rejeté au motif que « le bailleur social ne reconnaît pas l'insalubrité » (clickez sur l'image ci-dessous pour afficher le courrier de la commission DALo reçu par le demandeur concerné).
En clair, là où un propriétaire privé se verrait taxé de « marchand de sommeil », un bailleur social peut non seulement se permettre de ne pas reloger son locataire et de le laisser exposé au danger du plomb, mais son avis détermine également le refus du label DALO qui pourrait permettre un relogement préfectoral.
Globalement , aujourd'hui 30% des demandes de logement sont des demandes de mutation au sein du parc social ; motivées aussi par la suroccupation. Or si les bailleurs sociaux se plaignent sans arrêt du faible taux de rotation au sein du parc social, ils ne font rien pour l'améliorer : ainsi nombre de petits logements pourraient être libérés en accordant des logements de taille adaptée aux familles qui galèrent depuis des années dans un appartement devenu trop exigu. Au lieu de ça, certains bailleurs , notamment à Paris envisagent notamment de créer des « colocations » pour célibataires au sein de logements familiaux !
Aujourd'hui la Préfecture, les bailleurs sociaux et notamment Paris Habitat vont donc signer une convention pour embaucher des précaires en contrat d'avenir : mais vont-ils les loger ? Probablement pas, puisque toutes ces institutions pointent sans cesse le manque de ressources suffisantes pour attribuer des logements sociaux aux salariés en CDD, en temps partiel , au SMIC mensuel, ou en dessous et continuent à ne pas prendre en compte le besoin réel en PLA-I et à faire du PLS dans leurs nouvelles constructions.
La précarité du logement et la dégradation du parc social ça suffit
Insalubrité à Paris Habitat OPH: les mal-logés... par HLMPOURTOUS
21:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : paris habitat oph, insalubrité, saturnisme, dégradation du parc social, rénovation urbaine acquisition-réhabilitation, dalo |
|
|
Facebook
jeudi, 31 janvier 2013
Entre production qui chute et parc social dégradé, où va Paris Habitat OPH ?
Paris Habitat OPH, il y a encore quelques années était réputé pour la qualité globale de son parc, et comparé aux loyers élevés pratiqués par d'autres bailleurs parisiens comme la RIVP et les 3F, ceux du premier bailleur social de la Ville de Paris correspondaient mieux aux revenus réels des demandeurs de logement.
Mais les choses ont bien changé : depuis le milieu des années 2000 , Paris Habitat OPH a priorisé l'achat d'immeubles occupés et à réhabiliter et a racheté le parc en mauvais état d'autres bailleurs, dont la SAGI.
Résultat : la production s'est dramatiquement effondrée en 2010, et le prix de rachat élevé d'immeubles occupés a grevé le budget de la construction neuve. Le nombre d'attributions à des foyers modestes ne cesse donc de baisser, et le nombre de demandeurs de logement, ne cesse lui d'augmenter.
Mais la situation empire aussi au sein du parc : et être relogé ne signifie plus forcément sortir de la galère du mal-logement, comme en atteste la situation de ce foyer dont l'appartement est contaminé au plomb , que nous avons dénoncé récemment ( voir notre article).
Et plus « banalement », les logements livrés avec des sanitaires totalement à refaire , une isolation défectueuse ou une installation électrique précaire sont désormais le lot commun pour de nombreux nouveaux locataires à qui il est sèchement signifié en cas de réclamation, qu'ils doivent se débrouiller eux même pour les travaux de remise en état du logement, en infraction avec la loi qui impose cette obligation au propriétaire.
Comme les démarches individuelles restent sans réponse, nous nous sommes une nouvelle fois rassemblées devant le siège de Paris Habitat. Mais, malgré les situations graves évoqués ci-dessus, la direction nous a fait savoir qu'elle refusait de nous entendre.
Rappelons le , le logement social n'est pas une aumône mais un droit. Et la démarche cynique consistant à opposer les demandeurs qui attendent en vain un logement et les locataires qui vivent dans de mauvaises conditions dans le parc social ne marchera pas.
Tous mal-logés, tous en colère !
Un logement décent pour tous maintenant !
Paris-Habitat OPH : Locataires et mal-logés... par HLMPOURTOUS
Le tract diffusé lors du rassemblement
PARIS HABITAT-OPH, premier bailleur social parisien et européen
doit donner l'exemple !
Paris Habitat OPH, premier bailleur social européen n'aura produit que 543 logements sociaux en 2011.
Après la chute abyssale de 2010 ( 520 logements pour 2606 en 2009), c'est donc la deuxième année consécutive de sous-production massive pour l'Office, alors que le rythme annoncé en 2008 par la Ville, pendant les élections municipales, était de 1500 à 2000 nouveaux logements par an pendant toute la mandature.
Et les annonces pour 2012 et 2013 sont malheureusement très décevantes : au mieux un retour à 1700 logements par an, sans rattrapage des objectifs non tenus pour2011 et 2010. Le changement, ce n'est pas encore maintenant pour les mal-logés parisiens.
Cet effondrement de la production sur deux années a des conséquences dramatiques pour les mal-logés, parce que la production antérieure était déjà très inférieure aux besoins.
Et même ceux qui se voient proposer un logement ne sont pas toujours sortis d'affaire : depuis des années , sous couvert de mixité sociale, les pouvoirs publics refusent de prendre en compte les ressources réelles des demandeurs pour fixer le type de logements sociaux produits. Alors que plus de 70 % des demandeurs parisiens ne peuvent en théorie accéder qu'à un PLA-I , seuls 22 unités ont été produites en 2011, contre 131 PLS, qui correspondent à 15% de la demande !
Résultat, on propose des PLS à des personnes qui n'ont pas les moyens d'en acquitter le loyer, et se retrouveront donc rapidement en très grande difficulté budgétaire.
Paris Habitat OPH rogne aussi sur les fonds nécessaires à la remise en état des logements : des locataires récemment installés se retrouvent avec des lettres de la Préfecture les informant que leur logement est contaminé au plomb par exemple ! De l'insalubrité dans les logements sociaux, voilà la conséquence de la politique menée depuis des années : des immeubles privés ou l'ensemble du parc de la SAGI ont été rachetés en mauvais état, et les locataires en payent aujourd'hui le prix.
Et même devant ces situations extrêmes, il est impossible aux mal-logés d'être reçus et écoutés par la direction.
Nous voulons un vrai changement dès maintenant, une production en masse et adaptée à nos besoins.
15:08 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : insalubrité, pla-i, réhabilitation, saturnisme |
|
|
Facebook
lundi, 28 janvier 2013
Logement social abusif ? Quand un appartement de Paris Habitat OPH est insalubre et contaminé au plomb....
Ces derniers jours, les médias se sont fait l'écho des taudis dans lesquels vivent de plus en plus de personnes condamnées à l'insalubrité et à la suroccupation, du fait du manque de logements sociaux. La Ministre du Logement a fort justement parlé, à propos de ces situations de "logement abusif"
Mais l'état du parc de logements sociaux notamment à Paris aboutit aujourd'hui à des situations similaires pour des foyers ayant cru échapper définitivement à l'enfer du mal-logement.
Les photos de murs recouverts par les moisissures que nous reproduisons ci-dessous ne sont pas celle d'un logement du parc privé, mais celles d'un appartement de Paris Habitat OPH situé dans l'Est parisien.Le locataire de cet appartement avait connu l'errance et l'enfer du mal-logement, avant d'obtenir enfin ce logement social en 2010.
Mais très vite, les peintures commencent à noircir tandis que l'humidité affleure sur les murs. Comme dans tous les immeubles non entretenus correctement à Paris, les problèmes liés au bâti ne peuvent pas se régler juste en aérant au maximum ou en changeant le papier peint, et la couche de moisissures ne cesse de s'épaissir.
Entre temps, le locataire est devenu père de famille, il a effectué une demande de mutation et signalé à de nombreuses reprises les problèmes d'humidité qu'il rencontre à son agence Paris Habitat OPH locale mais aussi au siège...Inquiet pour la santé de son enfant, ses réclamations lui vaudront simplement une lettre du bailleur lui reprochant de soit-disant insultes et le menaçant d'une plainte s'il venait à nouveau dénoncer sa situation.
Mais le pire est à venir : au mois de juillet 2012, alors que le bailleur n'a toujours pas répondu à ses demandes, ce sont les services de lutte contre le saturnisme de l'Etat qui lui envoient un courrier. Il apprend ainsi que son appartement est contaminé au plomb, dans des proportions bien au dessus des seuils légaux. Les conséquences immédiates pour la santé de la famille sont clairement exposées dans ce courrier, reproduit ci-dessous « l'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique et provoque des effets réversibles ( anémie, troubles digestifs) , ou irréversibles ( atteinte du système nerveux) », « l'humidité des parois devra être surveillée ».
Le saturnisme a d'autant plus de chances de se développer chez les enfants en bas âge et toutes les études scientifiques validées par les autorités publiques montrent que la contamination se fait notamment par l'inhalation des poussières en suspension dans l'air dans les appartements où le bâti cause un problème d'humidité.La famille locataire de ce logement social a un enfant de 20 mois. Chaque mois qui passe, la contamination se poursuit, et pour le moment, depuis ce courrier du mois de juillet, aucune proposition de relogement n'a été faite .
Le logement en question fait partie de l'ancien patrimoine de la SAGI, racheté par Paris Habitat OPH en 2005. Nous avions, déjà, il y a quelques années, dénoncé les risques de ce rachat d'un parc en mauvais état non rénové pour Paris Habitat OPH. Il s'avère aujourd'hui que les risques sont supportés par les locataires.
Plus globalement, cet exemple extrême mais non isolé de logement social en mauvais état traduit les problèmes posés par les choix faits en matière de production de logement par Paris Habitat OPH et la Ville de Paris : en privilégiant le rachat d'immeubles anciens et occupés, mais aussi en rachetant à d'autres sociétés de la Ville un parc en mauvais état, le nombre de « nouveaux » logements sociaux a certes été accru sur le papier dans un premier temps. Mais qu'il s'agisse de problèmes d'isolation thermique ( logements mansardés rachetés par la SIEMP), de vétusté des installations électriques, de problèmes d'accessibilité ( immeubles sans ascenseur ), les nouveaux relogés paient souvent le prix fort de cette politique, et la rénovation nécessaire sera un impact de plus sur le budget des bailleurs et du nouveau logement social en moins. D'ailleurs, cette politique a trouvé ses limites dès 2010, où la production de logements sociaux du premier bailleur francilien a brutalement chuté de presque 80%, la politique d'acquisition en milieu occupé jointe au cout du rachat du parc de la SAGI ayant épuisé les fonds propres de Paris Habitat OPH au fil des années.
Notre collectif a alerté récemment la direction de l'Union Sociale de l'Habitat sur l'état d'une partie du parc de logements sociaux parisiens. Thierry Bert délégué général de l'USH , nous a informés que le cas précis de cet appartement ( qui n'est probablement pas un cas isolé ) a été transmis directement à Stéphane Dambrine , président de Paris Habitat OPH .
Nous attendons donc une réaction rapide et un relogement immédiat de cette famille, au regard du danger sanitaire auquel elle est confrontée. Mais au delà, la question se pose de l'état du parc social parisien en général et de celui de l'ancien patrimoine de la SAGI en particulier.
Même si la situation de cette famille vient à évoluer, parce qu'elle n'est pas restée isolée et a contacté un collectif de lutte, il n'est pas acceptable que des locataires se retrouvent en situation d'insalubrité dangereuse au sein du logement social, sans possibilité individuelle d'être écoutés par leurs bailleurs.
Le courrier envoyé par le service saturnisme de la DRIHL au locataire
16:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : saturnisme, insalubrité, marchand de sommeil |
|
|
Facebook
mercredi, 28 novembre 2012
Mairie du 11ème: contre le mal-logement , Patrick Bloche choisit la répression
Deux militants de notre collectif ont été interpellés ce soir à l'issue d'une occupation de la mairie du 11ème arrondissement, et placés en garde à vue sans que le motif ait été précisé pour l'instant, après évacuation par de nombreuses forces de police, et ce alors que l'action s'était déroulée calmement, malgré le refus des élus de nous recevoir .
19:15 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : manifestation, mal-logés, expulsion, patrick bloche, dalo, comité de suivi, insalubrité, samu social |
|
|
Facebook
jeudi, 05 avril 2012
Dans le 10ème arrondissement, les mal-logés maintiennent la pression !
Malgré les milliers de dossiers en attente dans le 10ème arrondissement, le maire Rémi Ferraud se refuse à prendre la mesure du problème: même là ou du foncier est disponible pour construire du logement social neuf, comme sur les terrains qui vont être libérés du fait de la destruction d'une partie de l'hôpital Lariboisière, la municipalité en accord avec l'AP-HP a choisi de vendre au privé !
Comment s'étonner dans ces conditions que le mal-logement s'aggrave et que les demandeurs de logement restent sans solution ?
Rémi Ferraud, faute de réponses concrètes tente de jouer l'usure: une centaine d'entre nous avaient été évacués en janvier dernier de la mairie sans la moindre négociation.
Nous sommes donc revenus manifester ce matin pendant plusieurs heures !
15:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : rémi ferraud, bertrand delanöe, mal-logés, insalubrité, expulsions, dalo, crise du logement |
|
|
Facebook
mercredi, 21 mars 2012
Aménagement urbain: les mal-logés remettent en cause les priorités de la mairie
Ce matin, Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanöe avait invité les journalistes à une visite en bus des nouveaux prototypes de mobilier urbain installés dans la capitale.
Les mal-logés se sont invités au départ de la visite: derrière le Paris high-tech, derrière la ville ultra-moderne, il y a la réalité des centaines de milliers de mal-logés parisiens, qui, eux , survivent dans des conditions dignes d'un autre âge.
Nous étions là pour exiger que les mêmes moyens technologiques et financiers qui sont déployés pour l'image de la capitale soient aussi mis au service de la résolution immédiate des problèmes de logement.
Après l'obtention d'un rendez-vous demain avec le cabinet du maire, nous avons laissé partir le bus.
Paris : Anne Hidalgo interpellée par des mal-logés par HLMPOURTOUS
Le communiqué diffusé sur place
Le Collectif des Mal Logés en Colère manifeste aujourd'hui à l'occasion d'une visite dans Paris organisée pour la presse par Mme Hidalgo, première adjointe de la Ville : il s'agit de faire découvrir des exemples de mobiliers urbains innovants récemment installés dans la capitale, fruit des dernières avancées technologiques mis au service du loisir et du tourisme.
Nous sommes venus montrer l'autre visage de Paris, pas celui de la ville high tech, mais celui où des centaines de milliers de personnes survivent dans des conditions souvent dignes des siècles passés, à cause du mal-logement.
Logements indécents et insalubres, mal aérés et humides , infestés par les rats et les cafards. Sanitaires dégradés , inutilisables ou inexistants. Errance urbaine, faite d'hébergements précaires, de logements de fortune, de passages par la rue. Parents, enfants et grand-parents entassés dans des logements trop petits.
Tous ces problèmes d'un autre temps perdurent et s'aggravent dans la capitale : les prouesses technologiques, l'innovation , l'investissement ne sont pas de mise en ce qui concerne la résolution du mal-logement.
Au contraire, la production de logements sociaux à bas loyer baisse .
En 2010, la production de logements du premier bailleur social parisien déjà bien insuffisante administré par la Ville de Paris, Paris Habitat OPH est passée de 2606 à 508,unités, soit une réduction de plus de 75% en un an !
Paris, certes arrivera à 20% de logements « au titre de la loi SRU » en 2014 : mais depuis 2001, seulement 12 222 PLAI ont été agrées, contre 13 000 PLS. Or les PLS, les plus chers des logements sociaux sont inaccessibles en termes de loyer à la plupart des ménages parisiens, alors que 80% des demandeurs de logement sociaux ont des ressources correspondant à celles du PLA-I.
Paris est devenue une ville à deux vitesses : pour ceux qui ont les moyens, une capitale high tech.
Pour les autres, et notamment pour les mal-logés une ville ou les innovations qui comptent en terme de mobilier urbain sont surtout les installations anti-SDF qui prolifèrent un peu partout pour rendre la misère invisible.
Comme lors de nombreuses autres inaugurations, nous sommes présents aujourd'hui en nombre, parce que seule la visibilté du mal-logement incitera nos responsables politique à le faire disparaître définitivement du paysage en mettant les moyens nécessaires au logement de tous.
16:01 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : anne hidalgo, bertrand delanoe, aménagement urbain, logement social, insalubrité |
|
|
Facebook
mardi, 08 novembre 2011
Mal-logement : Paris, ville solidaire ?
Soixante-dix demandeurs de logement parisiens attendaient ce soir Bertrand Delanoe à l'entrée du gymnase Jean Dame ( 75002 ) , où le maire de Paris tenait un compte-rendu de mandat. Le thème était "Paris Ville Solidaire", une affirmation bien inappropriée , en ces temps de réduction drastique du nombre de logements sociaux produits, notamment par le principal bailleur de la Ville Paris Habitat OPH.
La manifestation animée a amené le cabinet du maire à nous fixer rapidement un rendez-vous à l'Hôtel de Ville, non sans avoir au préalable mobilisé d'importantes forces de police pour nous encadrer .
Il n'y pas de trève d'hiver pour les galères du mal-logement, il n'y en aura pas dans notre lutte !
Un logement pour tous maintenant !
Communiqué diffusé sur place ci dessous
Delanoé : les mal-logés au Compte rendu de... par HLMPOURTOUS
PARIS VILLE SOLIDAIRE ?C’est le thème du compte-rendu de mandat de Bertrand Delanöe aujourd’hui dans le 2ème arrondissement, à l’occasion duquel le Collectif des Mal Logés en Colère a décidé de manifester.
Il y sera sans aucun doute question de la partie de ping pong à laquelle se livrent depuis des mois l’Etat et la Ville sur la question de l’hébergement d’urgence, ou plus exactement sur celle des milliers de personnes qui n’ont même plus accès à un foyer ou à un hôtel minable et se retrouvent donc dehors.
Sur cette question, le Préfet et le maire se livrent à des batailles de chiffres sur l’action de chacun, et revendiquent la moindre place de dortoir crée. Le « débat » comme chaque hiver va donc se tenir sur le bout de la chaîne du mal logement, les morts de la rue, chacun s’en renvoyant la responsabilité.
En 2009, Paris Habitat OPH, premier bailleur de la Ville de Paris a produit 2606 logements. En 2010, seulement 506, soit cinq fois moins.
La production de logements sociaux est issue de conventions signées par l’Etat, les collectivités locales et les bailleurs. Loin des grandes empoignades publiques, tout le monde travaille ensemble au plus haut niveau.
Ce chiffre en annonce d’autres pour 2011 et 2012 : celui de la baisse de nouveaux logements attribuables aux demandeurs. Et donc la hausse des mal-logés maintenus dans les hébergements provisoires, dans les taudis, dans la suroccupation. Mécaniquement ensuite, cela entraînera également la hausse du nombre de ceux à qui il ne sera rien proposé en cas de rupture d’hébergement, et donc celui des personnes à la rue.
Et l’hiver prochain, à nouveau, le Préfet et le Maire se battront à coups de communiqués sur la responsabilité de la situation. Peut-être un peu moins bruyamment que cette année, car les élections seront passées.Nous, mal-logés n’attendrons pas jusque-là. Nous exigeons de vrais logements maintenant.
20:32 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : delanoe, plan grand froid, compte rendu de mandat, sdf, insalubrité, jean yves mano |
|
|
Facebook
mardi, 11 octobre 2011
Paris 19ème: journée de mobilisation des mal-logés
Vendredi, suite à une occupation récente de la mairie du 19ème arrondissement, notre collectif était reçu par le cabinet de Roger Madec : malheureusement le discours tenu face aux situations diverses de mal-logement évoquées n'avait rien à voir avec que tout habitant du quartier est en droit d'attendre de son maire.
Pour les élus du 19ème arrondissement, en effet, les dizaines de dossiers présentés ne relèvent pas de sa compétence : qu'il s'agisse de suroccupation, de congés pour vente, d'insalubrité ou de loyers trop chers, la Mairie nous rabat sur le DALO et la Préfecture.
On nous a notamment expliqué que nos revenus ne correspondaient pas à la plupart des logements construits dans l'arrondissement récemment , en grande majorité des PLS...pourtant nous sommes dans la moyenne des demandeurs parisiens: travailleurs aux salaires modestes, retraités, parents isolés, le logement social est pour nous la seule chance de sortir du mal-logement.
La mairie de Paris ne peut donc pas nous ignorer et ne pas adapter l'offre à la demande : nous sommes donc venus à une centaine attendre notre maire devant une crèche qui devait être inaugurée en sa présence et celle de l'Adjoint à la Petite Enfance de la Mairie centrale.
Roger Madec ayant finalement annulé son déplacement, nous nous sommes donc rendus directement devant la mairie pour manifester : là le directeur du cabinet du maire est finalement venu à notre rencontre.
Nous lui avons annoncé notre intention de nous mobiliser sur l'arrondissement : nous n'acceptons pas d'être des Parisiens de seconde zone, sans cesse renvoyés vers les services de l'Etat pour notre relogement, alors que le contingent de logements de la Ville de Paris est énorme.
Paris 19éme : le Maire annule une inauguration... par HLMPOURTOUS
Le communiqué diffusé sur place
Mal logés , habitants du 19ème ou d'ailleurs, nous venons à la rencontre de Roger Madec, maire du 19ème arrondissement, de Christophe Najdovsky, adjoint de la Ville chargé de la petite enfance, et Richard Puyal, , président du conseil d'administration de la CAF de Paris, à l'occasion de l'inauguration de la Maison de Gavroche, une nouvelle crèche.
Les mal-logés et leurs enfants n'ont pas l'intention de rejouer une nouvelle version des Misérables !
Pourtant, la situation actuelle semble décidément nous condamner à la rue ou aux taudis à plus ou moins brève échéance, sans qu'élus et dirigeants des institutions comme la CAF fassent autre chose que se renvoyer la balle nous concernant.
Il en ainsi concernant la suroccupation, souvent couplée à des problèmes d'insalubrité.
Pour les mairies d'arrondissement, comme pour la mairie centrale, le relogement dans ces circonstances dépendrait de l'Etat, puisque les mal-logés concernés relèveraient du DALO !
Seulement, la seule obtention du label DALO est un parcours du combattant : les documents exigés sont de plus en plus nombreux et difficiles à obtenir, les critères de plus en plus stricts et les délais de décision des commissions de plus en plus longs. De toute façon, même pour ceux qui ont le label, des dizaines de milliers de dossiers sont déjà en attente...et la Préfecture de Paris nous rétorque que le contingent le plus important est celui de la Ville vers laquelle elle nous renvoie.
Les années passent, on s'entasse de plus en plus nombreux dans des logements minuscules : les enfants n'ont pas de place , les adultes non plus, la vie scolaire, professionnelle, sociale, la santé sont compromises.
Et désormais, en plus, on se retrouve confronté à des problèmes avec la CAF, qui compromettent le paiement du loyer.
En effet, toutes les administrations communiquent entre elles : dès lors que la suroccupation est signalée dans le cadre du DALO, la CAF le sait et enclenche des procédures de suspension pour surface d'habitation insuffisante. De plus en plus nombreuses sont les familles qui vivent ainsi avec l'angoisse supplémentaire de se voir supprimer leurs prestations : actuellement dans le 19ème arrondissement, des convocations collectives par la CAF ont lieu à ce sujet.
C'est d'ailleurs la même chose en ce qui concerne les procédures d'expulsion et les congés pour vente : la Ville nous renvoie vers la Préfecture pour le relogement, mais celle-ci exige le label DALO qui n'est accordé qu'en cas de décision de justice, quand l'expulsion est imminente. En attendant, nombreux sont les propriétaires qui ne délivrent plus de quittance de loyer lorsqu'ils veulent se débarasser de leur locataire et dans ce cas , la CAF ne paie plus d'allocation...
Aujourd'hui, cette inauguration réunit des responsables de la mairie centrale, de la mairie d'arrondissement et de la CAF : il va donc être difficile de se renvoyer mutuellement la patate chaude du mal-logement en ne tenant aucun compte des concernés !
15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : roger madec, insalubrité, dalo, relogement, mixité sociale, pls, expulsion locative, delanoe, hidalgo |
|
|
Facebook
vendredi, 07 octobre 2011
NON ! L'insalubrité n'a pas disparu à Paris
Une centaine de mal-logés ont occupé ce matin le siège parisien de la SIEMP, société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée depuis 2001 de l’éradication de l’insalubrité dans la capitale.
Cette occupation faisait suite à la communication récente de Jean-Yves Mano , adjoint au Logement et de Romain Levy, président de la Siemp sur le sujet des taudis : selon leurs déclarations dans la presse, l’essentiel a été fait, l’insalubrité est quasiment résorbée et ce qui reste de taudis ne concernerait pas la Ville, qui en a déjà assez fait.
Les conditions de vie de dizaines de milliers de mal-logés sont pourtant toujours aussi infectes, et nous ne nous ne nous laisserons pas invisibiliser : nos taudis sont moins voyants qu’autrefois, certes, situés dans des immeubles dont la façade a souvent été refaite, et surtout la définition légale de l’insalubrité a été revue à la baisse, désormais l’humidité, les cafards, les champignons, l’amiante, les sanitaires dégradés sont « juste » de l’ « indécence » selon le terme institutionnel.
Pour nous l’ « indécence », c’est celle qui consiste à laisser perdurer pour des dizaines de milliers de personnes de tous âges, des conditions de vie dignes du siècle dernier pendant des années, pour nous l’indécence c’est de prétendre que rien ne peut être fait de plus en termes de production de logement social, pour nous l’ « indécence » , c’est se féliciter des politiques menées quand elles laissent des dizaines de milliers de Parisiens de côté.
Nous avons donc exigé et obtenu un rendez-vous avec le président de la SIEMP, le cabinet de Bertrand Delanöe, et celui de Jean-Yves Mano, pendant lequel il leur sera sans doute plus difficile d’expliquer aux premiers concernés qu’à la presse que le problème de l’insalubrité est réglé.
Communiqué diffusé sur place ci dessous
Insalubrité à Paris : des mal-logés occupent la... par HLMPOURTOUS
Insalubre, indécent, indigne, en diffus ou pas,
un taudis, est un taudis !
Nous sommes ici , parce que nous sommes inquiets et révoltés de la communication globale faites par les élus parisiens, mais aussi par le gouvernement sur l'insalubrité et son traitement : ces dernières semaines, en se focalisant sur mille immeubles parisiens, dont la liste a été faite il y a des années, Jean Yves Mano, adjoint au Logement de la Ville, mais aussi Romain Levy, le président de la SIEMP ont affirmé à de nombreuses reprises que l' « insalubrité était quasi-résorbée à Paris ». Dans certains entretiens donnés à la presse, Jean Yves Mano a certes reconnu que subsistait un problème sur l'insalubrité en diffus, c'est à dire des logements isolés dans des immeubles, mais que « La Ville ne pouvait se substituer aux propriétaires privés ».
Les mal-logés savent ce que signifie au quotidien ces affirmations : un délaissement de plus en plus important des problèmes vécus par des dizaines de milliers d'entre nous.
Ce délaissement se fonde sur la distinction entre habitat « insalubre et impropre à l'habitation » et habitat « indécent ».
Concrètement, l'humidité, les infestations récurrentes de nuisibles, la présence de champignons, la mauvaise aération, l'état dégradé des installations électriques, des sanitaires, des fenêtres, de l'isolation, même cumulés ne sont plus de l'insalubrité : il faut que la dégradation en arrive au point de mettre directement et immédiatement la vie en danger pour que l'action des pouvoirs publics se déclenche enfin sous une autre forme que des injonctions de travaux inopérantes.
Concrètement, on peut très bien vivre dans un logement pourri, souffrir de pathologies récurrentes liées au mal-logement, sans pouvoir prétendre à un quelconque droit au relogement immédiat. Pire le soupçon pèse sans arrêt sur nous, les mal-logés sont très souvent accusés de « noircir le tableau » pour « extorquer un logement social. »
Les propriétaires privés, eux, bénéficient d'une considération bien plus grande, on subventionne leurs travaux, on ne recourt quasiment jamais à la suspension du loyer, on leur laisse des délais. Juridiquement plus accompagnés que les mal-logés, ils parviennent à faire financer la remise en état des logements pour ensuite congédier leur locataire et revendre en réalisant d'importantes plus-values. Ils ont à leur disposition des services d'information et d'aide immédiate et centralisée, notamment à la SIEMP, quand les mal-logés doivent attendre parfois six mois ou plus pour une visite de constat dans un appartement, et multiplier les démarches auprès de services différents pour chaque problème spécifique.
Non, le problème de l'insalubrité et des taudis n'est pas réglé à Paris, il prend simplement des formes plus discrètes, et ce d'autant plus que les mal-logés osent de moins en moins souvent le dénoncer : face à la pénurie de logements, face au peu de chances d'obtenir un logement social, s'attaquer à son propriétaire, c'est prendre le risque de l'expulsion sèche à brève échéance.
Un logement décent, c'est le minimum pour tous, il n'y pas d'insalubrité « relative » et supportable !
15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : saturnisme, pascale dietrich-ragon, mal-logement, siemp, insalubrité, jean yves mano |
|
|
Facebook
vendredi, 23 septembre 2011
Paris 18éme : éradiquer l'insalubrité ou évacuer les mal-logés ?
XVIIIème arrondissement :l'insalubrité éradiquée ? Alors pourquoi évacuer les mal-logés ?
A l'arrivée de Bertrand Delanoe à la mairie de Paris, l'insalubrité était très visible notamment dans le 18ème arrondissement. Dix ans plus tard, les taudis les plus voyants ont certes été détruits. Mais le nombre de demandeurs de logement n'a pas baissé, et parmi eux les victimes de l'insalubrité sont toujours aussi nombreuses, même si ses formes actuelles sont de moins en moins prises en compte.
Ainsi, aujourd'hui une petite centaine de demandeurs de logement venus collectivement à la mairie du 18ème ont eu une évacuation policière comme seule réponse à leur demande de rendez-vous avec les élus .
Parmi nous, il y a pourtant des habitants d'immeubles frappés d'arrêtés d'insalubrité, où le propriétaire condamné par la Préfecture à faire des travaux, refuse de s'exécuter. Sans proposition de relogement, les habitants de ces immeubles sont en danger permanent.
Parmi nous il y a aussi de nombreux foyers qui vivent dans des immeubles où des appartements rénovés côtoient des logements dégradés, humides et exigus loués à prix d'or. Cette insalubrité-là, diffuse et invisible de l'extérieur est aujourd'hui la plus courante et la moins prise en compte.
Parmi nous aussi des habitants d'hôtels meublés , où les rénovations de façade masquent des conditions de vie insupportables : sur-occupation, mais aussi de plus souvent accès payant aux sanitaires.
Aujourd'hui, les statistiques officielles sur l'insalubrité ne veulent plus dire grand chose, tant les critères sont devenus difficiles à remplir : il faut parfois un an pour obtenir ne serait-ce qu'une visite préliminaire du service technique de l'habitat, et pour leur dossier DALO, les mal-logés sont astreints à amener des preuves officielles qu'ils ne peuvent obtenir.
Le plus souvent les injonctions de travaux sont la seule action proposée : mais les propriétaires privés savent comment retarder leur exécution, ou n'en faire qu'une partie. Dans un contexte où aucun relogement n'est accessible, les locataires, de fait, subissent une pression énorme lorsqu'ils signalent les problèmes d'insalubrité, et se retrouvent le plus souvent avec un congé pour vente et une menace d'expulsion.
Si les responsables politiques parisiens peuvent invisibiliser l'insalubrité dans les statistiques, ils ne pourront pas faire disparaître les mal-logés dans le réel.
Si pour Daniel Vaillant et Bertrand Delanoe, la solution dans le 18ème, c'est l'évacuation, alors les mal-logés reviendront pour d'autres occupations, jusqu'à ce que l'on prenne en compte nos situations.
14:19 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : delanoe, anne hidalgo, insalubrité, hotels, siemp, logements sociaux, goutte d'or, est parisien |
|
|
Facebook
















