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jeudi, 08 septembre 2011

La mairie du 11ème occupée par les mal-logés : ensemble, c'est tout !

Chassés des hôtels, étranglés par des loyers trop cher, entassés dans des logements trop petits, hébergés précaires chez des proches ou de la famille, en mauvaise santé à cause du plomb, de l'humidité, de l'errance urbaine, nous sommes tous des mal logés.

Depuis des années, on nous somme de prouver que nous sommes prioritaires, on nous assomme de dossiers à monter, de papiers à ramener, de recours au tribunal à effectuer. Notre situation n'est jamais assez urgente ou assez grave, nous gagnons toujours trop ou pas assez.

On nous demande d'avoir le label DALO, mais quand on l'a, on nous rétorque qu'on n'est pas les seuls.

On nous reproche une demande trop récente, mais à ceux qui en ont une vieille de quinze ans, on répond que l'ancienneté n'est pas un critère en soi.

A la Préfecture, on nous rappelle que ce sont les mairies qui ont le plus gros contingent de logements.

En mairie , on nous renvoie à la responsabilité de l'Etat.

 

Individuellement, dans les rendez vous difficilement obtenus, on nous explique qu'on ne peut pas passer avant les 120 000 autres demandeurs de logement parisiens, on nous cite toujours des cas différents du nôtre.

 

Les mal-logés ne veulent pas passer avant, ils veulent passer tout court !

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère a donc entamé une nouvelle tournée des mairies parisiennes : le 10ème et le 19ème avant l'été, le 20ème pour la rentrée et le 11ème aujourd'hui.

Les élus venus négocier avec nous, dont Jacques Daguenet , adjoint aux Affaires Sociales et à l'Exclusion ont d'abord tenté de nous diviser, en faisant miroiter aux demandeurs du 11ème, un rendez-vous particulier pour chacun d'entre eux, sans le collectif.

Mais nous savons tous que seuls, nos situations n'avancent jamais.

L'occupation a donc duré jusqu'à engagement des élus de recevoir le collectif.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !

 

La vidéo de l'action:

 


Paris : le Collectif des Mal-logés en Colère... par HLMPOURTOUS

16:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : delanoe, bloche, logement, paris, dalo, macaq, samu social, hébergement, dal | | |  Facebook

vendredi, 29 avril 2011

Quand Delanoé fait séquestrer des mal-logés pour s'entretenir avec des journalistes

cfj delanoé.jpgCe matin, Bertrand Delanoë donnait une conférence aux étudiants en journalisme du CFJP.
Plus de 70 parisiens demandeurs de logement s’étaient donc rendus sur place pour évoquer concrètement leur situation catastrophique  et le résultat concret de la politique menée dans la capitale.

Ce résultat est simple : il y avait 100 000 demandeurs de logement enregistrés en 2001, dix ans plus tard, nous sommes au moins 120 000, sans compter tous ceux qui se découragent et ne renouvellent même pas leur dossier, faute de résultats.

Bertrand Delanoë ne semble pas supporter de se voir rappelé à cette réalité. Surtout devant la presse.

Ce sont donc une dizaine de cars de CRS qui ont été réquisitionnés pour nous encercler pendant plusieurs heures, tandis que certains d’entre nous étaient maintenus enfermés dans le sas de l’école pendant tout ce temps. Concernant ces mal–logés , la police nous a bien indiqué qu’il ne s’agissait ni d’un contrôle d’identité, ni d’une garde à vue mais d’un ordre de la direction de l’école et du Maire.

Heureusement pour nos élus, le ridicule ne tue pas, mais le mal-logement brise nos vies tous les jours.

C’est pourquoi notre lutte continue malgré la répression et le mépris. Nous continuerons à nous battre pour notre dû : un logement pour tous, maintenant.

 

16:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : delanoé, cfj, mal logés, expulsion, paris, logement, hlm, paris-habitat oph, rivp, mal-logement | | |  Facebook

vendredi, 26 novembre 2010

Ile de france: le mal logement c'est maintenant qu'il faut l'éradiquer

Ce matin, les élus territoriaux étaient réunis à l'invitation de Jean Paul Huchon, pour discuter paisiblement de l'avenir de l'Ile de France en 2030.

80 mal logés ont envahi la halle Freyssinet dans le 13ème arrondissement, en début de matinée, pour remettre les pendules à l'heure sur l'urgence sociale: nous n'attendrons pas 2030 pour que nous soient proposés autre chose que des lits de camp dans des gymnases en réponse à la crise du logement, .

Nous étions venus crier notre colère devant les discours permanents sur les "améliorations" en cours, les "investissements à long termes", les "crédits supplémentaires, bref, les mensonges perpétuels destinés à habiller la triste réalité: 406 personnes sont mortes dans la rue du mal logement en 2009.

Le Président du Conseil régional a certes annoncé quelques millions d'euros supplémentaires pour la construction de logements sociaux: mais ce que le Conseil Régional donne d'une main, la Ville de Paris le reprend au centuple de l'autre, en annonçant une baisse drastique de la production de HLM.

Jean Paul Huchon voulait pouvoir intervenir dans cettte grande conférence: raison pour laquelle il a finalement accepté de nous recevoir en personne le 8 décembre.

On reproche aux mal logés en lutte de perturber sans cesse les évènements politiques, mais force est de constater que les élus n'entendent les mal logés, que lorsqu'ils élèvent la voix...


L'urgence n'a que trop duré
Un Logement pour tous maintenant.

 

 


Le texte lu et diffusé sur place


Les hivers se suivent et se ressemblent pour les mal logés


Comme tous les mois de novembre, les Ministres, les maires et les élus d’Ile de France sont allés visiter la permanence du SAMU social, et au minimum une association qui s’occupe des mal-logés et des SDF.

Parallèlement, tous les élus mettent en avant leurs investissements sur le logement social et l’hébergement d’urgence : « crédits supplémentaires », «  nouveaux investissements », les communiqués de presse se succèdent chaque fois que le thermomètre descend en dessous de zéro pour démontrer que la politique mise en œuvre est encore plus formidable que celle de l’année précédente.

Il y a un an, nous nous étions invités au premier forum de Paris Métropole consacré au logement social : nous y avons interpellé les mêmes élus présents au colloque du SDRIF ou nous nous invitons aujourd’hui : ceux de la Ville de Paris et ceux du Conseil Régional.

On nous avait assommé de chiffres démontrant indubitablement que la situation était en cours d’amélioration, on nous avait aussi reproché de venir perturber des réunions dont l’objectif est justement de résoudre la « crise du logement ».

Un an plus tard, 406 personnes ont trouvé la mort dans la rue, bien plus que l’année précédente.
En ce début d’hiver, les solutions « constructives » ont le même visage que l’année dernière : les gymnases viennent de rouvrir.


Les prix de l’immobilier ont augmenté de 10 %, la plus forte hausse jamais enregistrée à Paris.
Il y a bien quelques nouveautés : les tribunaux ont jugé que même un avis positif DALO n’empêchait pas la légalité des expulsions. Au nom de la loi SRU, la Ville de Paris vient d’annoncer la baisse de la production de logements sociaux. Depuis des années, l’ensemble des élus répétait que la demande était trop forte à Paris : désormais, avec la création du numéro régional unique, disparait le droit d’être relogé dans sa ville ou dans son quartier, et les personnes aux revenus modestes devront accepter d’être envoyées au fin fond de l’Ile de France, dans les banlieues les plus mal desservies, loin de leur vie sociale et professionnelle.

Les mal- logés en colère ont donc encore moins de raisons que l’année dernière de laisser leurs élus tourner en rond en toute quiétude sur la question du logement .

Nous sommes là une nouvelle fois à cette grande conférence pour exiger des actes immédiats et pas des promesses pour après-demain.


19:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : jean-paul huchon, conseil régional, sdrif, logement, renouvellement urbain, plh, delanoe | | |  Facebook

mardi, 28 septembre 2010

Paris Habitat OPH doit changer sa politique


80 mal logés ont maintenu aujourd'hui l'occupation des locaux de la direction territoriale de l'Ouest Francilien de Paris Habitat OPH jusqu'à satisfaction de notre demande: deux membres de la direction générale se sont engagés par écrit à nous recevoir dans les jours qui viennent afin de donner leurs explications sur les points soulevés dans le communiqué, notamment l'échec de la politique de mixité sociale menée par la municipalité et son bailleur, mise en lumière par le rapport de la Cour Régionale des Comptes présenté aujourd'hui en Conseil de Paris.

Il nous a également été proposé un rendez-vous spécifique concernant les locataires de Paris Habitat, nombreux dans notre collectif: aujourd'hui beaucoup sont mal logés en suroccupation, car le bailleur n'est plus en mesure de faire face à son devoir de relogement dans ce domaine.


Cette occupation faisait suite à deux
rassemblements organisés devant le siège central de Paris Habitat OPH ces dernières semaines.

L'efficacité d'une politique de logement social se mesure aux nombres de demandes non satisfaites: à Paris, 120 000 mal logés attendent.


Paris Habitat OPH doit prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à cette situation!

 

Le communiqué diffusé sur place

Logement social: la politique parisienne de « mixité sociale » est un échec, des vraies solutions maintenant !

 

Au moment ou le Conseil de Paris reçoit en lecture publique le rapport de la Cour régionale des Comptes sur la répartition du logement social à Paris, nous occupons la direction territoriale des quartiers de l'Ouest Parisien du bailleur Paris Habitat OPH. Nous voulons un changement de politique du logement, car celle qui est menée depuis 2001, n'a pas fait ses preuves et même la Ville de Paris le reconnaît aujourd'hui.

 

Le rapport de la Cour des Comptes pointe une réalité qui n'est pas surprenante: le décalage entre le nombre de logements sociaux à l'Est et à l'Ouest de Paris s'est accentué depuis quelques années.

 

La Ville de Paris répond en accusant les maires des quartiers riches de la capitale d'avoir bloqué la construction de logements très sociaux Selon elle, la mixité sociale a fonctionné dans l'autre sens, puisque le nombre de logement intermédiaires , les PLS a beaucoup augmenté dans les quartiers populaires.En résumé, il a été possible d'augmenter le niveau de loyer dans les logements sociaux des quartiers populaires. Par contre , les élus parisiens découvrent qu'il n'est pas simple de faire du HLM en masse à Passy ou à côté de Notre Dame!

 

Les demandeurs de logement social s'en doutaient un peu. Le budget du logement social n'a jamais été extensible , et sans parler des freins réels mis par les élus de l'Ouest Francilien, un logement social dans le 16ème, au vu des prix du foncier coute tout simplement beaucoup plus cher qu'ailleurs.

La Ville se plaint de l'augmentation des prix de l'immobilier qui a contrarié ses projets, mais elle pouvait y faire face en partie en reversant la totalité des droits de mutation perçus sur les transactions immobilières au budget logement. Elle se plaint aussi du manque de foncier disponible dans les beaux quartiers: mais celui-ci était parfaitement connu, et les élus ont prétendu y répondre en rachetant et en conventionnant des logements occupés qui constituent une bonne part des nouveaux logements « produits », sans augmenter le nombre réel de logements disponibles. C'est notamment une bonne partie de la politique de Paris Habitat depuis quelques temps.

 

Si l'objectif est de répondre à la demande des 120 000 inscrits sur le fichier parisien des demandeurs de logement, il n'y a pas trente six solutions. 80% d'entre eux ont des revenus qui ne leur permettent pas d'accéder aux PLS. Soit l'on produit massivement du PLUS et du PLAI dans les quartiers populaires , là ou il n'y pas d'oppositions et de contraintes. Soit l'on augmente de manière exponentielle le budget du logement social pour pouvoir construire dans l'Ouest parisien.

 

La politique menée actuellement n'est pas de la mixité sociale, puisqu'elle n'amène pas les classes populaires dans les quartiers riches, et interdit les quartiers populaires aux bas revenus. Son résultat concret est l'intensification du mal logement. Et nous n'acceptons pas la justification selon laquelle l'augmentation du nombre de demandeurs de logement vient de la proportion de non Parisiens inscrits: la réalité vérifiable par tous, c'est que les mal logés des hôtels interdits à la location, les expulsés suite à des congés pour vente, les SDF et les hebergés précaires confrontés à la restriction des domiciliations administratives sur Paris sont contraints à des solutions ultra précaires en banlieue. La plupart sont donc des Parisiens chassés de la capitale faute de relogement !

 

Face à l'urgence de nos situations, des réponses concrètes s'imposent maintenant. Nous attendons de la direction de Paris Habitat OPH, le premier bailleur social parisien qu'elle nous expose les solutions qu'elle compte mettre en oeuvre suite au rapport de la Cour des Comptes

 

Sur le même sujet :

- La production de Paris-Habitat s'effondre en 2010

- Logement social à Paris : comment "produire" sans créer

- Paris Habitat : les expulsions sont plus rapides que la production de logement

- Inauguration du Réseau Social de Toit à toit de Paris Habitat OPH

- Paris Habitat envisage de porter plainte en diffamation contre des mal-logés

- Paris Habitat : le compte n'est pas bon pour les mal-logés

- Vente du siège de Paris Habitat, une affaire bien Opac

18:10 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mixité sociale, logement, paris, paris habitat oph, mano, conseil de paris, cour des comptes | | |  Facebook

mardi, 14 septembre 2010

Tous propriétaires , tous endettés, tous mal logés ?

Le budget 20011 est une nouvelle régression pour le logement social: le montant global de l'investissement consacré à la construction de nouveaux logements passe de 610 millions d'euros à 500 millions d'euros..

Dans le même temps, l'Etat a décidé de prélever trois cent millions d'euros sur le budget du 1% logement, alimenté par les cotisations des salariés: cette somme s'ajoute à celles prélevées pour le financement de l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine et va tout simplement réduire quasiment à néant la construction de logements à bon marché par les collecteurs du 1%.

Dans ce contexte, le choix de Nicolas Sarkozy, de Jean Louis Borloo et de Benoist Apparu de faire leur communication de rentrée sur l'accession à la propriété, dont les crédits sont revus une nouvelle fois à la hausse ne signifie rien d'autre que le refus assumé de ne pas prendre en compte les besoins réels en matière de logement de la majorité des salariés, des précaires, et de tous ceux qui ont des revenus modestes.

Le prêt à taux zéro étendu , d'un cout évalué à 2, 5 milliard d'euros va représenter le tiers du budget logement total de l'Etat.

Désormais non soumis à des conditions de ressources, il va donc profiter à une partie de la population qui n'a pas de difficultés particulières à se loger.

Il ne changera par contre rien du tout, pour tous ceux qui sont exclus de l'accès au crédit bancaire: la plupart des précaires, les millions de chômeurs et tous ceux dont les ressources sont trop faibles ou trop instables.

 

Mais la France des propriétaires promise par le gouvernement sera une France de pauvres et de mal logés: aujourd'hui déjà 625 000 propriétaires occupants sont en situation de mal logement parce qu'ils n'ont pas les moyens de faire face au cout des travaux nécessaires à la rénovation de leurs habitations.Parmi eux , il y a notamment une grande partie de ceux qui ont acheté leur logement social dans les années 80 et en sont réduits aujourd'hui à le vendre à des prix cassés parce qu'ils ne peuvent assumer les charges de co propriété.

D'autre part, le gouvernement fait clairement le choix de subventionner l'endettement massif des plus modestes en élargissant la durée légale maximale des emprunts consentis : mais, comme aux Etats Unis, les propriétaires à crédit risquent de se retrouver massivement SDF dans quelques années.

Les premiers à se féliciter de ces nouvelles mesures gouvernementales ont été les fédérations de promoteurs immobiliers: et pour cause, ces mesures seront encore plus favorables pour les logements neufs dans les zones ou le manque de logement est le plus important, c'est à dire celles ou les prix de l'immobilier interdisent de toute façon l'accès à la propriété aux revenus modestes.

Pour les mal logés et les demandeurs de logement social, cette nouvelle mesure est une pierre de plus au mur qui les empêche d'accéder à un logement décent : elle s'ajoute à la vente des logements sociaux existants, aux destructions de HLM par centaines de milliers effectuées par l'ANRU ces dernières années, à l'augmentation permanente des loyers du privés que peuvent se permettre les propriétaires face à la pénurie de logements sociaux. Elle s'ajoute au pillage des cotisations salariales du 1% logement.


Nous ne nous contenterons pas de la loi DALO, une loi qui restreint les critères d'accès prioritaires au logement social, et ne produit même pour ceux qui correspondent à ces critères, qu'un droit virtuel inscrit dans des décisions de justice non respectées.

 

Un logement pour tous, des loyers adaptés à nos ressources, maintenant !

18:31 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : accession à la propriété, taux zéro, scellier, pass-foncier, logement, sarkozy, apparu, hqe, construction, immobilier | | |  Facebook

mercredi, 16 juin 2010

Journée nationale de lutte contre l'habitat indigne: une politique de dissimulation de la réalité

Ce jeudi 17 juin, c'est la journée nationale de l'Habitat Indigne.

A l'heure où les chiffres font état de plusieurs millions de mal logés, les politiques de tous bords se félicitent pourtant des actions menées contre l'insalubrité et l'indécence.

Benoist APPARU avance la somme , apparemment énorme, de 257 millions d'euros investis dans le traitement de 23 000 logements par an. Bertrand Delanoe avance lui, la résorption quasi totale des « 1030 immeubles insalubres » détectés en 2001 à Paris... il n'en resterait que trois !

Mais les mal logés savent que tout repose sur la définition de l' « insalubrité » et de l' « indécence » par les pouvoirs publics.

 

La loi définit de manière très large la notion de logement indigne:

"Constituent un habitat indigne les locaux ou installations utilisés à des fins d'habitation et impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l'état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé..

 

Dans la réalité des politiques menées, l'humidité chronique, l'absence d'aérations, l'absence de sanitaires convenables, la sur-occupation ne sont jamais prises en compte isolément, et même ensemble, elle ne donnent lieu à un classement en « logement indigne » qu'aux termes de processus qui durent des années.

Obtenir une simple visite de son logement nécessite de s'adresser à des interlocuteurs multiples: la Préfecture de Police , les Services Techniques de l'Habitat, les PACT ARIM, les associations subventionnées par l'Etat pour tel ou tel aspect spécifique. A Paris, la décision sur un même logement peut ainsi donner lieu aux visites de quatre ou cinq services différents avant d'être prise.

 

Aucun de ces interlocuteurs n'est neutre et indépendant des autorités qui pourraient se trouver contraintes à reloger par une décision de classement en logement « indigne »: tous dépendent hiérarchiquement soit de l'Etat, soit de la Mairie. Et donc aussi d'élus locaux ou de Ministres du Logement, dont aucun ne peut faire face aux demandes de logement sociaux, de toute façon.

 

Hormis les cas extrêmement graves, ce n'est donc pas le classement en habitat indigne, mais la simple indécence qui est retenue et elle ne met légalement aucune obligation de relogement à la charge du propriétaire, ni à celle des pouvoirs publics, hormis en cas de DALO positif.

 

Mais les commissions de médiation DALO ne statuent jamais positivement si les pouvoirs publics n'ont pas préalablement reconnu l'indécence. La procédure est un donc un cercle vicieux sans fin pour les mal logés, une suite de dossiers qui n'aboutissent à rien, puisque l'offre de logements sociaux ne suit pas.

 

En attendant, les chiffres officiels sur le nombre de logements indécents sont évidemment bien en deça de la réalité et permettent aux politiques de tous bords de se féliciter d'une politique qui ne fait que masquer la réalité

 

De fait, l'immense majorité des crédits investis dans la « lutte contre l'insalubrité » sont finalement versées aux propriétaires pour la réalisation de travaux , désormais pris en charge jusqu'à 80 % par l'ANAH.Mieux conseillés et informés de leurs droits que les locataires, les propriétaires privés jonglent avec les financements publics, réhabilitent leur logement, puis le vendent: en effet les zones prioritaires choisies par l'ANAH en Ile de France, correspondent à des quartiers en pleine rénovation urbaine, ou les prix de l'immobilier sont en hausse depuis une dizaine d'années.

Le plus souvent les logements sont peut-être « traités », mais l'aboutissement final pour les mal logés , c'est la sortie vers une autre forme de mal logement: soit un autre logement indécent ailleurs, soit l'hébergement d'urgence, soit l'errance urbaine.

 

Si la politique de lutte contre l'insalubrité était efficace, le nombre de demandeurs de logement sociaux aurait baissé: il ne fait qu'augmenter.

 

 

 

 

21:21 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : habitat-indigne, apparu, anah, delanoe, logement, insalubrite, saturnisme, dalo, taudis | | |  Facebook

vendredi, 16 avril 2010

Comment Apparu a disparu

Le jeudi 1er avril 2010, Jean Louis Borloo, Benoist Apparu et Chantal Jouanno avaient décidé de mettre en avant le projet d'une Maison pour Agir, et le dispositif du prêt à taux zéro, censé être une solution à la "crise" du logement. Ils avaient convoqué l'ensemble des médias pour défendre leur projet sur l'Esplanade du Louvre

La présence de quelques dizaines de mal logés, qui n'ont pas les moyens d'être propriétaires et exigent donc un simple logement social , adapté à leur niveau de revenus suffira à ce que les trois ministres renonçent à leur venue.

La preuve que l'accession à la propriété ne répond en rien aux besoins réels des demandeurs de logement, puisque même les Ministres qui en font leur cheval de bataille préfèrent renoncer à la défendre , s'il faut faire face concrètement aux problèmes et aux urgences des mal logés qui ne peuvent pas être propriétaires.

Le reportage de LCP :

 

12:00 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : borloo, apparu, maison-pour-agir, michel-chevalet, logement, ademe | | |  Facebook

vendredi, 09 avril 2010

Conseil Régional IDF: les mal logés posent leurs exigences

Ce vendredi 9 avril, une centaine de membres du Collectif des Mal Logés en Colère ont occupé le Conseil Régional d'Ile de France, jusqu'à la venue d'Emmanuelle Cosse vice présidente en charge du Logement.

Pendant la campagne électorale nous avons attentivement écouté les promesses des uns et des autres en matière de logement et d'aménagement du territoire: l'échelon régional est en effet très important, car la Région influe sur la politique en matière d'aménagement du territoire  ( bureaux ou logements ) , au travers d 'établissements publics , notamment l'EPF, qui revendique la mise en place d'un million de m2 de bureaux , mais aussi à travers l'Agence Régionale de Développement, dotée d'un budget énorme destiné à faciliter l'installation et l'implantation durable d'entreprises sur le territoire.

On rappelle assez souvent aux mal logés que "Paris et sa proche couronne ne sont pas extensibles" pour que nous sachions très bien ce que signifie concrètement la priorité accordée par la Région aux espaces dédiés à l'activité économique: les demandeurs de logement sont condamnés , de plus en plus à aller là ou les bureaux ne sont pas, c'est à dire loin , très loin en grande banlieue. La Région participe d'ailleurs financièrement aux opérations de démolition de l'ANRU, qui aboutissent en termes de reconstruction, à moins de logements à bas prix et plus de bureaux sur les mêmes sites.

En Ile de France, la question de la place laissée au logement social dépend d'institutions multiples, raison pour laquelle nous multiplions les interpellations, de l'association du Grand Paris crée par le gouvernement, au Forum Paris Métropole, mis en place par des élus des communes franciliennes.

La vice présidente nous a reçu pendant plus d'une heure, et répété que le Conseil Régional "voulait avoir une parole forte sur les questions du logement".

Une "parole forte", pour une instance décisionnaire, ce sont des actes.

Or à ce niveau, ce n'est pas gagné

- Le conseil Régional investit 210 millions d'euros par an dans le logement, social et non social y compris, puisqu'une partie des fonds vont à l'aide aux propriétaires privées, et pas forcément occupants. Mais si l'on retire de cette somme, le financement des PLI, logements intermédiaires, des PLS logements sociaux inacessibles aux revenus modestes, le financement de l'ANRU, et surtout le financement d'hébergements toujours d'urgence , toujours temporaires , combien reste-t-il pour de vrais logements sociaux, et combien à Paris et en proche banlieue, là où la demande est la plus forte ?

Et ce chiffre inclut aussi la réhabilitation de l'existant, nécessaire et normale mais qui ne produit aucun nouveau logement.

- sur la question des hébergements, Emmanuelle Cosse a pointé leur nécessité , "pour faire sortir les gens des hôtels", mais aussi pour des "personnes en processus medicaux" en ce qui concerne les CHRS: mais en quoi, les mal logés ont-il besoin d'un foyer, d'une maison relais, d'une résidence sociale plutôt qu'un vrai logement ?

Emmanuelle Cosse le disait pourtant elle même en 2007 , à propos des mal logés expulsés du squat de Cachan "Nicolas Sarkozy en avait fait un problème d’immigration parce qu’il était incapable, tout comme le président de la région et celui du conseil général, de répondre à la demande sociale posée : un logement près de mon travail, près de mon école, près de mes proches, bref, là où je vis. Il a fallu une très forte solidarité pour trouver une solution plus ou moins pérenne aux familles de Cachan, qui commençaient visiblement à gêner par leur résistance. Et depuis, ceux qui avaient accepté des solutions temporaires tels des hébergements en hôtel ne sont guère plus avancés."

C'est effectivement la solidarité et la lutte qui peuvent permettre aux demandeurs de logement social d'imposer leur exigence : un logement pour tous maintenant, et de faire en sorte que les décisionnaires ne se contentent pas de mesures cache misère .

La vice présidente chargée du logement nous a finalement proposé un nouveau rendez-vous dans un mois. Nous lui avons signifié que la lutte des mal logés sera un élément à prendre en compte toute la nouvelle mandature qui s'ouvre, et jusqu'à ce qu'il y ait en Ile de France comme ailleurs, un logement pour tous !

 

Sur le même sujet, voir également:

Occupation de l'EPF Ile de France

Les mal logés au forum de Paris Métropole

Les mal logés expulsés du Grand Paris

 

18:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : emmanuelle-cosse, logement, conseil-régional, hébergement, huchon, foncier, aménagement, ard, epf | | |  Facebook

vendredi, 05 février 2010

La Caisse des Dépôts et Consignations occupée par les mal logés

Ce jeudi 4 février se déroulait , au siège de la Caisse des Dépôts et Consignations, 15 quai Anatole France, à Paris un colloque sur " Les Politiques de l'Habitat" à l'épreuve des réformes(http://www.rafhael.org/agenda/doc2010/janvier/acteurs_habitat.pdf )

70 mal logés en colère se sont invités en début d'après midi à cette réunion ou intervenaient notamment des élus du Conseil Régional, des élus parisiens, dont l'adjoint au Logement Jean Yves Mano, mais aussi les dirigeants de la Caisse des Dépôts, le financeur étatique du logement social.

Une nouvelle fois, nous avons fait entendre, collectivement et bruyamment, notre colère face à la destruction du logement social en cours: vente du parc HLM, multiplication des solutions précaires et couteuses ( sous locations associatives, hébergements toujours temporaires...), investissement massif dans le logement intermédiaire et l'accession à la propriété inaccessibles à la majorité des demandeurs de logement.

Le secrétaire de la Caisse des Dépôts et Consignations, Louis Quetier s'est engagé rapidement et par écrit à une rencontre avec le collectif. Mais nous exigions aussi de rencontrer le "directeur régional et interdépartemental de l'hébergement et du logement en Ile de France", annoncé au colloque. Confrontés directement aux ruptures sèches d'hébergement, à l'errance urbaine, nous pensions avoir trouvé LE responsable compétent !

Mais très embarrasé, Mr Delorme nous a expliqué n'être qu'un "simple fonctionnaire", et directeur d'une structure...qui n'existe pas pour l'instant !Sauf dans les opérations de communication, manifestement.

Après plusieurs heures de négociation, c'est donc le Préfet de Paris Claude Kupfer qui s'est engagé à nous recevoir dans les jours qui viennent.


Ci dessous le communiqué diffusé sur place.


Photos et vidéos à venir.

NOUS NE LAISSERONS PAS DETRUIRE LE LOGEMENT SOCIAL

Nous nous invitons aujourd'hui au colloque organisé par la Caisse des Dépôts et Consignations, le financeur étatique du logement social.

Ce colloque traite des « politiques de l'habitat à l'épreuve des réformes en cours », et s'intitule «  Quoi de neuf , acteurs ? » Les mal logés ont été malencontreusement oubliés dans les invitations, nous sommes pourtant parmi les principaux acteurs de ce débat.

 

Et à la question « Quoi de neuf ? », nous répondons « Rien, c'est pire ».

Comme tous les ans, la Fondation Abbé Pierre a rendu son rapport sur le mal logement, et comme tous les ans, les responsables politiques et institutionnels, ont annoncé dans la foulée, comme Benoist Apparu, des « réformes profondes » pour lutter contre ce fléau social.

En 2007, la « réforme profonde » s'appelait Loi DALO. Le nombre de demandeurs de logement social a continué à augmenter, mais un tri statistique a été fait entre les mal logés dit « prioritaires »  et les autres. Tri purement formel, puisqu'en Ile de France, le nombre de relogements effectif n'a pas augmenté, il a même baissé sur Paris. Les heureux titulaires du label DALO n'ont donc pour la plupart obtenu qu'un...label DALO.

En 2008, on nous annonçait, plus aucun SDF à la rue, plus aucune rupture d'hébergement : mais le nombre de morts dans la rue n'a pas baissé, les expulsions d'hôtels meublés continue, et les centaines de milliers de personnes hébergées de manière précaire chez des tiers sont laissées à l'abandon.

En 2009, Mme Boutin promettait l'arrêt des expulsions. En ce mois de février, nombre d'entre nous attendent déjà avec angoisse la fin du mois de mars.

En 2010, Mr Apparu nous annonce « un nouvel outil statistique de décomptage du mal logement ». Peut-être ignore-t-il qu'il existe des fichiers recensant très exactement le nombre de demandeurs de logement social, et que s'y trouvent, dans le détail, l'exposé de nos problèmes particuliers.

Il annonce aussi le rachat de logements privés pour en faire des logements gérés par des associations. Des sous locations donc, ni de vrais logements sociaux ni de vrai bail.

Trois mille sous locations, contre 10%du parc HLM promis à la vente.

Si nous venons à la Caisse des Dépôts et Consignations, c'est parce que c'est ici que se décide et se gère la politique du logement social, loin du rythme médiatique et politique.

La SNI, le bailleur social de la Caisse des Dépôts vient ainsi de vendre trois cent logements à Boulogne au privé, pendant que le Ministre annonce des achats pour plus tard. La SNI vient aussi d'investir des milliards pour racheter le parc de logements sociaux d'ICADE, déjà financé par de l'argent public, permettant aux actionnaires privés de cette société d'engranger 600 millions d'euros. Parallèlement, ce sont seulement six cent vingt quatre autres millions d'euros qui seront investis cette année par l'Etat dans l'aide à la pierre directe.

Comment cette politique pourrait-elle permettre de mettre fin au mal logement ? Nous sommes venus poser la question collectivement aux responsables de la Caisse des Dépôts, mais aussi au Directeur régional et inter-départemental de l'hébergement et du logement en Ile-de-France, représentant de l'Etat dans ce débat.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS, TOUT DE SUITE !

Sur le même sujet, voir aussi :

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ICADE fait du profit avec la vente de logements sociaux !

 

 

12:44 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : caisse des dépôts, apparu, logement, mal logés, sni, icade, hébergement, vente logements sociaux | | |  Facebook

vendredi, 15 janvier 2010

Vidéo : Paris Métropole le ton monte entre les Elus et les Mal-logés

Ce jeudi 14 janvier, en pleine campagne électorale des régionales, Anne Hidalgo , première adjointe au Maire de Paris et Jacques Salvator signent en mairie d'Aubervilliers un protocole de coopération entre les deux communes.

Nous étions 80 mal logés en colère à nous être invités une nouvelle fois dans le processus de construction de Paris Métropole. Pendant deux heures, c'est donc dans une mairie occupée très bruyamment, et en présence des forces de l'ordre, que les élus parisiens et albertivillariens tiendront leur réunion, enfermés dans une salle à l'étage.

Le message adressé aux demandeurs de logements sociaux est clair.Les élus d'aujourd'hui  rêvent le Grand Paris de demain débarassé de ses habitants aux revenus modestes, qui osent exiger le minimum : un logement pour tous.

Jacques Salvator, maire d'Aubervilliers tentera de calmer notre colère en nous promettant une réunion tripartite immédiate avec les élus parisiens. Mais ceux-ci, comme à leur habitude, ne tiendront pas leur engagement et s'esquiveront par la petite porte, laissant leur collègue d'aubervilliers affronter seul le collectif.

 

Penaud, le maire d'Aubervilliers proposera de nous recevoir seul, en contradiction avec ses engagements précédents.

Nous avons préféré rester debout et en lutte, plutôt que nous asseoir en face de Monsieur le Maire. A quoi bon puisque les discours ne sont jamais suivis d'actes ?

Le maire d'Aubervilliers nous a déclaré que nous ne gagnerions rien avec nos luttes.

Nous lui avons montré aujourd'hui, qu'en tout cas, le mépris des élus ne nous fera pas perdre notre dignité.

Voir le communiqué diffusé sur place en cliquant ici

 

20:20 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : aubervilliers, anne-hidalgo, logement, pierre-mansat, mal-logés | | |  Facebook

 
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