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mardi, 10 mars 2015

Foncier public: les décideurs débattent, les mal-logés se battent

Une mobilisation du foncier public sans précédent et en urgence pour construire du logement social, c’est ce qu’annonçait la Ministre du Logement Cecile Duflot en juillet 2012. L’urgence a fait long feu, de même que la longue liste des terrains immédiatement mobilisables qui avait été présentée à l’époque.

Deux ans et demi plus tard, élus franciliens et décideurs institutionnels participaient ce soir un débat organisé à par l’Ordre des Architectes intitulé : « Crises du logement : quelles voies pour le foncier ». Demandeurs de logement et victimes de cette crise, nous sommes venus demander collectivement au directeur de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, au directeur adjoint de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris et à l’ensemble des élus présents à quoi servaient les mêmes débats organisés il y a des années par ces mêmes décideurs. A quoi ont servie ensuite ceux qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale et au Sénat, puis le vote d’une loi sur le foncier public, puis les décrets d’application de cette même loi. …pour recommencer aujourd’hui à débattre.

Finalement, il n'y avait pas de place pour les mal-logés à ce débat sur la "crise du logement"....Les CRS nous attendaient devant l'entrée de la Chapelle du Couvent des Récollets, et des renforts policiers absurdement nombreux sont arrivés tandis que Jacques Baudrier , adjoint à la Ville chargé du Renouvellement Urbain, et président de la SemPariSeine se décidait à venir à notre rencontre.

En deux ans et demi, le nombre de demandeurs de logement franciliens a nettement augmenté, nous sommes aujourd’hui un demi-million d’inscrits dans les fichiers. La production nationale de logement social a baissé de 9% cette année : le nombre de logements très sociaux aussi, en Ile de France, seules 9500 unités ont été comptabilisées cette année, et ce chiffre inclut les hébergements. Les mêmes communes bafouent impunément la loi SRU, votée il y a quinze ans. Les bailleurs sociaux évoquent 10 000 logements HLM déprogrammés par les collectivités territoriales depuis les municipales. Chaque soir, en Ile de France, le SAMU social laisse à la rue même des enfants. Le financement étatique des logements sociaux ne cesse de baisser, ce qui a des conséquences surtout pour le logement très social, les bailleurs privilégiant le logement intermédiaire ou les PLS, les plus chers des logements sociaux, plus rentables pour leurs budgets.

Mal-logés, nous n’avons pas la prétention d’être des spécialistes de l’action foncière et du renouvellement urbain : cependant, nous avons des yeux pour voir, et faire des constats simples. Partout en Ile de France, sans débats interminables, ni nouvelles lois, on a beaucoup construit ces deux dernières années : des zones d’activité commerciale, des centaines d’immeubles de bureaux et même une nouvelle tour à La Défense. A Paris, le Balardgone, le nouveau Forum des Halles, l’immense parc du Millénaire , le nouveau Palais de Justice et autres constructions massives se font sans difficultés.

Ce soir étaient annoncés comme thèmes de débat : «  Où construire en Ile de France », « Comment innover sur le foncier ». Notre manifestation est en tout cas venue combler un manque dans les sujets abordés : la question que nous sommes venus poser, c’est «  La volonté politique et publique, un levier nécessaire, mais souvent oublié ?

22:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : epfif, foncier public, loi alur, jacques baudrier, ian brossat, grand paris aménagement, loi sru, mal-logement | | |  Facebook

jeudi, 04 septembre 2014

Encadrement des loyers, répression des mal-logés : Ian Brossat et la politique de la poudre aux yeux.

Depuis leur arrivée, face à la galère vécue par les Parisiens modestes, l'adjoint au Logement, comme la nouvelle maire jouent la montre médiatique, et l'accompagnent de toutes les intimidations et humiliations possibles envers les demandeurs de logement : en juillet, les mal-loges qui avaient osé occuper une pépinière de bureaux ( à moitié vides ) appartenant à la RIVP, bailleur de la Ville en étaient expulsés par un dispositif policier hors de proportion. A peine la rentrée entamée, ce sont 6 camions de CRS qui attendent une quarantaine de mal-logés venus à la mairie du 10ème demander au maire qui est aussi patron du PS parisien, le respect d'une promesse écrite de rendez-vous faite par l'adjoint au Logement. L'encerclement policier pendant plusieurs heures sera la seule réponse à cette promesse écrite.

Dès leur prise de fonctions, Anne Hidalgo et Ian Brossat, adjoint au Logement, se sont livrés à une opération de communication bien rodée :une dizaine d'inaugurations ont été organisées en quelques semaines . Entre l'immeuble de logement social à la pointe de l'écologie urbaine, celui construit dans d'ancien bureaux vides, celui situé au cœur du 16ème arrondissement et celui avec une voûte gothique dans un hôtel du Marais, les élus de la Ville font rêver : au vu des communiqués de presse, le sort des demandeurs de logement semble non seulement s'améliorer, mais ressemble même à la vie de château grâce à une politique audacieuse dont il faudrait vraiment être gonflé pour se plaindre.

Dans le réel , en Conseil de Paris, les mêmes ont refusé d'augmenter la proportion du logement très social dans les nouvelles productions : depuis 2001, seuls 20% des logements sociaux construits ont des plafonds de type PLA-I, alors que ces plafonds correspondent aux revenus de 75% des demandeurs. Au Conseil de Paris du printemps, la majorité municipale, sous couvert de mixité sociale a refusé d'augmenter la part de ces logements dans les nouvelles constructions et acquisitions.

Pour la rentrée , le nouvel adjoint au Logement communique tous azimuts sur l'encadrement des loyers.

A Paris, le logement représente en moyenne, 21% de la dépense des ménages. . Confrontés au manque de logement social, les Parisiens modestes s'endettent et se privent pour louer très cher dans le privé, très cher et trop petit : en 2010, le taux d'effort des employés et des ouvriers était supérieur de 6 points à celui des cadres.

Les études faites par l'Observatoire parisien des loyers montre que leur « encadrement » , tant vanté par Ian Brossat ne changera rien pour la plupart des logements : seul un tiers des 400 000 locations privées sera concerné en théorie, et en pratique, la plupart respectent déjà le « loyer médian » défini par la loi ALUR....loyer médian exorbitant après des années de hausse globale, et inaccessible aux classes populaires. L'encadrement des loyers n'est donc pas une solution, tout juste une mesure symbolique : de toute façon, parmi le peu de locataires concernés, combien prendront le risque de s'attaquer à leur propriétaire et de risquer un congé pour vente dans le contexte actuel ?

 Tant que le nombre de PLA-I n'augmentera pas, le mal-logement des Parisiens ne reculera pas.

La production de vrais logements sociaux est  une solution au logement trop cher qui concerne tout le monde et pas seulement les « plus pauvres » comme on voudrait nous le faire croire . L'orientation actuelle de la politique municipale, bien loin d'être « équilibrée » , accroît les difficultés de tous : celle des ouvriers, des précaires et des employés, pour qui toutes les formes de mal-logement sont désormais un quotidien banal. Celle des fameuses « classes moyennes » qui ont le « choix » entre des loyers très cher dans le privé  ou l'endettement sur la durée pour acquérir des biens trop petits ou alors éloignés du lieu de travail.

A Paris, depuis des années, l'exigence d'une politique d'une construction massive de vrais logements sociaux est portée par les luttes incessantes des Parisiens mal-logés : ce ne sont pas les belles images sur papier glacé de quelques programmes bienvenus, mais symboliques qui suffiront à satisfaire celles et ceux qui vivent au quotidien la précarité financière et le mal-logement.

 UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT.


Ian Brossat : l'adjoint au Logement qui voit l... par HLMPOURTOUS

19:59 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : ian brossat, loi alur, encadrement des loyers, loyer median, anne hidalgo, immobilier, pla-i | | |  Facebook

mercredi, 09 juillet 2014

Ian Brossat, l'adjoint au Logement construit des bureaux "sociaux" et expulse les mal-logés

Ian Brossat est adjoint au Logement d'Anne Hidalgo depuis cent jours.Cent jours pendant lesquels les mots contre le mal-logement ont été forts: à écouter Ian Brossat, la Ville de Paris mène désormais une politique plus volontariste que jamais. Une des mesures les plus mises en avant, c'est la transformation promise de bureaux en logements, que les élus ont illustrée en inaugurant en grande pompe UN immeuble du privé , où 17 logements sociaux ont remplacé des locaux d'entreprises.

Le symbole est joli...mais il perd beaucoup de son sens lorsqu'on sait que le deuxième bailleur social de la Ville de Paris, la RIVP construit depuis des années des bureaux à loyer social pour les entreprises, alors que sa production de vrais logements sociaux est scandaleusement basse ( voir le détail plus bas).

Les mal-logés se sont donc invités ce matin dans les locaux spacieux et flambants neufs de la Pépinière Innovation de la Rue Lourmel ( 75015): 75 lots de 25 à 172 m2, des équipements derniers cris, une déco high tech, le tout financé par la Ville et son bailleur, et très franchement sous-occupé, de surcroit.

En ce début d'été, la situation est plus que jamais tendue à Paris: les bailleurs sociaux sont dans l'incapacité de proposer des logements adaptés aux revenus des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes actifs ou des familles nombreuses. Résultat, les demandes de logement de plus de quinze ans deviennent monnaie courante, les marchands de sommeil proposent à prix d'or des caves ou des garages à des personnes à la gorge à cause d'une expulsion programmée.

Ian Brossat  avait promis aux mal-logés en lutte un dialogue renouvelé et efficace, sans langue de bois: mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient, et les mal-logés ont pris depuis longtemps l'habitude de voir les candidats généreux en promesses se transformer en élus pas avares d'expulsions policières.

Nous n'avons donc pas été étonnés outre mesure de la quinzaine de camions de gardes mobiles mobilisée pour évacuer soixante mal-logés venus simplement demander qu'un bailleur social municipal s'occupe d'abord des Parisiens mal-logés et pas seulement des entreprises.

Notre collectif lutte depuis dix ans, dix ans pendant lesquels le prédécesseur de Mr Brossat n'a eu de cesse de dépenser l'argent public pour envoyer les forces de l'ordre aux mal-logés qui osaient demander leurs droits.

Nous sommes toujours là:  tant qu'il y aura des mal-logés , il y aura des luttes de mal-logés. A Paris comme ailleurs.

UN LOGEMENT POUR TOUS, MAINTENANT


Paris : Ian Brossat fait évacuer les mal-logés... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

 

RIVP  : loyers libres, loyers chers, il faut que ça change.

 Anne Hidalgo, pour ses cent premiers jours de mandat a choisi de mettre l'accent sur son programme en manière de logement : annonces en conseil de Paris, et inauguration de programmes symboliques se sont en effet succédés ces trois derniers mois. Nous occupons aujourd'hui un autre lieu « symbolique » : la pépinière d'entreprises de la RIVP «  Paris Innovation » inaugurée cet hiver, au cœur de la ZAC Boucicaut .

Cette pépinière  offre des bas loyers à des entreprises parisiennes : les demandeurs de logement, eux, sont bien loin de se voir proposer de telles opportunités par le deuxième bailleur social de la Ville.

Les trois quarts des demandeurs ont des revenus qui les rendent éligibles à l'attribution d'un PLA-I, la catégorie des logements très sociaux. Or sur l'ensemble du patrimoine RIVP, seuls 588 logements correspondent à ces niveaux de loyers.....pour 13 000 PLS, les plus chers des HLM, accessibles à 15% des demandeurs de logement à Paris. Où est la mixité sociale, chez un bailleur qui possède également 11 000 logements non conventionnés dont le loyer moyen est encore  supérieur au PLS  ?( 9,10 le m2 contre 8 euros pour les PLS).

Ces fameux «  loyers libres  » sont de plus un parc totalement opaque, dont il est impossible de connaître le détail, ce qui donne lieu régulièrement à tel ou tel « scandale » : c'est un de ces logements que la vice présidente du Conseil Régional, Michèle Saban  avait obtenu, situé dans un immeuble où le loyer avoisine 14 euros le m2. Combien de demandeurs de logement à Paris peuvent payer des loyers aussi chers ?

Si le patrimoine existant est cher et inaccessible aux classes populaires, malheureusement les nouvelles productions ne sont pas plus équilibrées  : si  Anne Hidalgo annonce un strict équilibre entre différentes catégories de logement social  pour toutes les opérations  , manifestement chez le deuxième bailleur social de la Ville, on n'a pas la même conception des choses  . D'année en année, le nombre de  logements très sociaux diminue, tandis que le nombre de PLS augmente .

 Promettre 10 000 « nouveaux » logements par an ne suffit pas : les engagements concrets sur le nombre de logements sociaux et très sociaux sont déjà très bas, sans aucun rapport avec la demande, année après année , ils ne sont même pas tenus. De plus, dans les immeubles rachetés par la Ville, les nouveaux logements sont de plus en plus petits : la taille moyenne d'un logement social dans la capitale est passée de 80m2 à 60m2 en dix ans, à cause de la faible production de logements familiaux.

L'effort consenti pour les entreprises doit l'être pour les Parisiens mal-logés : comment accepter qu'un bailleur social dont la vocation première est de loger les personnes modestes ne le fasse pas, alors qu'il a les fonds pour faire de l'hébergement d'entreprises à bon marché ?

Les déclarations d'intention ne suffisent pas , les inaugurations symboliques non plus : si Ian Brossat a un discours plus volontariste que son prédécesseur, dans les faits même les demandes de plus de quinze ans ne  sont pas traitées, et l'urgence sociale des familles vivant en chambre de bonne, celle des expulsions qui recommencent n'est toujours pas prise en compte.

On ne loge pas les gens avec des mots, mais avec des actes !

NB  : tous les chiffres cités sont issus du dernier rapport d'activité de la RIVP, disponible sur son site.

 

 

 

14:55 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rivp, paris innovation, pépinière, le richemont, ian brossat, anne hidalgo, plu, bureaux vides, loi alur, foncier public, loi sru | | |  Facebook

samedi, 18 janvier 2014

Cecile Duflot: il faut presser l'ALUR!

Avant, Mme Duflot, présidente d'EELV, défendait les luttes de mal-logés et le droit au logement effectif pour tous.

Mais ça c'était avant. Aujourd'hui, Mme Duflot, Ministre du Logement, fuit les mal-logés en lutte, qu'elle estime trop impatients et revendicatifs.

Pourtant l'urgence est toujours la même, la situation sur le front du mal-logement ne cesse de se dégrader et depuis un an et demi, personne ne peut dire que la politique menée ait tenu compte de cette urgence absolue : en finir avec la précarité , l'insalubrité, la rue , le surendettement pour cause de loyers trop chers, les expulsions ou la sur-occupation.

Puisque Mme Duflot nous fuit, nous sommes allés rencontrer les élus et candidats aux municipales d'EELV qui participaient à une journée de formation dans une salle du 11ème arrondissement. Nous avons pu constater qu'aucun d'entre eux ne remettait en cause les manquements de la politique menée que les mal-logés dénoncent, que tous trouvaient nos revendications légitimes et urgentes. Mais de ce que nous avons compris, ils considèrent ne pas être écoutés par leur Ministre, qui est aussi la nôtre.

En tout cas, notre action a déterminé le Ministère à nous recevoir la semaine prochaine. Nous allons donc continuer à être présents dans cette campagne électorale, continuer à rappeler par nos actions collective l'urgence du mal-logement à l'ensemble des élus et candidats, puisque la lutte est le seul moyen pour que tous se rappellent l'existence des mal-logés et la nécessité de résoudre leurs problèmes.


Cecile Duflot fuit les mal-logés: les mal-logés... par HLMPOURTOUS

Le communiqué diffusé sur place

 

Formation des élus : la contribution des mal-logés.

 

Nous intervenons aujourd'hui collectivement au séminaire de formation des élus EELV en vue des élections municipales.

Etre élu c'est d'abord répondre aux besoin de la population. Aujourd'hui, nous sommes des centaines de milliers de demandeurs de logement en Ile de France, et encore bien plus de mal-logés, car nombreux sont celles et ceux d'entre nous qui ne déposent plus de demande, trop découragés et précarisés.

Si en 2012, le changement de gouvernement et la nomination de Cecile Duflot au Ministère du Logement avait pu éveiller un espoir de résolution du mal-logement, aujourd'hui notre réalité est plus dure que jamais.

Plus de quatre cent personnes sont mortes dans la rue en 2013, un chiffre en constante augmentation. Dans certains départements, le SAMU Social ne répond qu'à 25% des demandes : et en Ile de France, la « réponse », ce sont des hébergements de quelques jours et l'errance urbaine de département en département. Dans le parc privé, la sur-occupation touche 25% des locataires parisiens.

La réponse institutionnelle et politique au mal-logement, ces deux dernières années, ce sont d'abord des engagements non tenus : 346 000 logements produits contre 500 000 annoncés, aucun plan effectif de relogement massif, puisque Cecile Duflot a reconnu que même l'engagement pris de reloger 15 000 DALO n'a pas été tenu. Concernant le logement très social, qui est le seul auquel 70% au moins des mal-logés peuvent accéder, le tableau est encore plus sombre : la loi sur le foncier public, en prévoyant des décotes pour la construction de logements PLS , et pas seulement pour les PLA-I ne fera qu'aggraver la propension actuelle des bailleurs et des élus à privilégier ce type de logements au détriment du très social.

Nous avons bien lu le programme de Christophe Najdovski qui propose 50% de logements très sociaux sur la production totale, ou la récupération des logements ou des bureaux vacants, et bien d'autres mesures favorables aux mal-logés. Mais ce programme n'est pas différent de celui qui était proposé aux présidentielles, force est de constater que ce n'est plus celui de la Ministre du Logement.

La lutte totale contre le mal-logement ne peut pas être une priorité qu'on met en avant dans les périodes électorales, pour la considérer ensuite comme un objectif secondaire et négociable, une fois aux responsabilités.

Mal-logés, nous ne pouvons pas accepter que l'urgence de nos situations ne soit reconnue que le temps d'une campagne, et qu'ensuite les candidats devenus élus abandonnent l'argument de l'urgence pour nous opposer celui de la « patience ».

Aujourd'hui nous venons donc demander des actes.

14:29 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, loi alur, loi dalo, expulsions, eelv, insalubrité, sdf, samu social | | |  Facebook

jeudi, 17 octobre 2013

Ateliers de l'ANAH: Cecile Duflot interdit l'accès aux premiers concernés, les mal-logés

Ce 17 octobre, Cecile Duflot compte se rendre à la manifestation organisée pour les Journées Mondiales du Refus de la Misère, place du Trocadéro....et ce après avoir envoyé la police à des mal-logés venus manifester aux Ateliers de l'ANAH ( Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat), organisés ce matin dans les luxueux salons de l'Espace 15, à deux pas de la Tour Eiffel.

Mme Duflot s'obstine effectivement à refuser la misère...au Ministère, où les demandeurs de logement pauvres ne sont décidément pas les bienvenus , parce qu'ils ont le mauvais goût de lui demander une vraie politique du logement social, désespérément absente. En un an la Ministre du Logement a jeté ses engagements à la poubelle les uns après les autres. Pas de réquisitions, pas d'hébergement inconditionnel même en cas d'extrême-urgence, pas d'arrêt global des expulsions locatives. Elle a aussi renoncé à l'objectif de 150 000 logements sociaux cette année.

Une nouvelle fois, seuls les propriétaires-bailleurs verront les promesses tenues, comme en témoigne le déblocage de fonds en urgence pour 10 000 logements intermédiaires par la Caisse des Dépôts.

La misère, les mal-logés en lutte refusent d'y rester, ce 17 octobre comme tous les autres jours de l'année.

Aujourd'hui, apparemment très énervé par la venue de mal-logés dans un évènement qui pourtant les concernait pleinement, Mr Dominique Braye, président de l'ANAH et élu UMP s'est fait le porte-parole de la Ministre pour nous informer que "les manifestations étaient l'arme des faibles".

La remarque était faite avec mépris, mais nous la prenons comme un conseil avisé: la lutte continue !


Journée Mondiale du Refus de la Misère: Cecile... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

Mal-logement  : financer les bailleurs privés,

réprimer les mal-logés, il y en a assez.

 

Les mal-logés en colère manifestent aujourd'hui à l'occasion des ateliers de l'ANAH ( Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat ) où Cecile Duflot doit intervenir, et où sont également présents de nombreux représentants des collectivités territoriales et des services de l'Etat.

Sur le front du mal-logement, la situation ne cesse de se dégrader, la tension ne cesse de monter  :Le SAMU social ne répond plus à 75% des demandes d'hébergement. En Seine Saint Denis, les services sociaux viennent d'être informés que le dispositif Solibail , alternative à l'hôtel , est saturé, et qu'il ne faut plus y orienter personne. L'objectif de 150 000 logements sociaux ne sera évidemment pas atteint, ce sera au mieux 100 000, après deux années consécutives où la production a déjà chuté de manière dramatique. A Paris, le nombre de demandeurs de logement social est passé de 126 000 à 137 000 en un an .

Mais pour ce gouvernement, qui n'a plus que le mot «  logement intermédiaire  » à la bouche, le logement social, accessible pourtant à au moins 70% des Franciliens , est délaissé dans les faits malgré l'urgence.

En cette rentrée 2013 le gouvernement a bien crée un fonds d'urgence abondé par la Caisse des Dépôts   : entre l'apport initial et le prélèvement sur les livrets ensuite, c'est un milliard d'euros qui sera dépensé par le trésorier de l'Etat, pour 10 000 logements.... intermédiaires. Il s'agit de nouveaux logements privés, dont les propriétaires, la CNP et BNP Paribas, entre autres, devront simplement maintenir un niveau de loyer un peu inférieur à celui du marché pendant dix ans. En échange, outre l'aide directe de la Caisse des Dépôts, les gros investisseurs auront une TVA ramenée à 10% et une exonération de l'impôt sur le foncier.

C'est le monde à l'envers  : jamais les profits des propriétaires-bailleurs n'ont été aussi élevés, étant donné les montants vertigineux des loyers. Et jamais ils n'ont été autant aidés par l'Etat, que ce soit pour les travaux de rénovation qui augmentent la valeur de leurs biens, ou pour proposer des loyers à peine inférieurs à ceux du marché. Quant aux petits propriétaires-occupants, beaucoup n'ont de toute façon pas les moyens de rénover leurs logements, même avec une aide partielle.

 Ces cadeaux sont scandaleux quand on les compare à la manière dont est traité le logement social  : dans le budget 2013, l'investissement total de l'Etat se monte à 500 millions d'euros, 2500 euros par logement, soit une baisse de 54% en dix ans. Aujourd'hui, seuls 52% des fonds dégagés par la collecte sur le livret A sont disponibles pour le logement social .

 Cette bienveillance à l'égard des propriétaires contraste avec la dureté du gouvernement envers les mal-logés  : aucun plan d'urgence de relogement n'a été mis en œuvre, les expulsions locatives se poursuivent , même au sein du logement social. La loi DALO n'est plus qu'une cause d'engorgement des tribunaux administratifs franciliens, où chaque semaine , des matinées entières sont consacrées à faire défiler les prioritaires en attente, avec des audiences de moins de cinq minutes pour chaque dossier.

 Et les mal-logés en lutte ont plus souvent la police que la Ministre du Logement comme interlocuteur.

 Dans la journée organisée par l'ANAH aujourd'hui, il n'y a pas d'atelier «  Reloger maintenant «  : nous sommes donc venus l'imposer, par notre présence.


15:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : journée mondiale du refus de la misère, loi alur, cecile duflot, anah, logement intermédiaire, loyers maîtrisés | | |  Facebook

jeudi, 12 septembre 2013

Batigère: parc social insalubre, logements sociaux vendus, ça suffit

Mal logés et locataires sont venus ce matin dire leur ras le bol au siège du bailleur social Batigère.

D'un côté des locataires, qui payent leur loyer mais trouvent porte close pour régler les problèmes d'insalubrité de leurs logements , sous prétexte que ceux-ci sont sociaux, et qu'ils devraient déjà être bien contents d'avoir été relogés.

De l'autre des logements sociaux  en très bon état, mis en vente, dans des villes où les listes de demandeurs de logement social ne cessent de s'allonger.

Où va le logement social, dans ces conditions ? Le parc de logements est-il destiné à se racornir comme une peau de chagrin, et à être constitué d'appartements qu'on laisse se dégrader ?

Mal-logés et locataires, nous ne sommes pas prêts d'accepter ça, et c'est ce que nous sommes venus dire à la direction de Batigère ce matin.


Batigere: locataires et demandeurs ensemble... par HLMPOURTOUS


le logement social n'est pas un cadeau,

assez du mépris des bailleurs sociaux.

Un logement social n'est pas un logement gratuit, ce n'est pas non plus une aumône, c'est un droit : pourtant, non seulement ce droit est bafoué, non seulement les demandeurs éligibles au logement social sont de moins en moins satisfaits, mais les rares personnes en obtenant un sont sommés de se contenter de tout, même du pire.

Nous venons aujourd'hui chez Batigère pour plusieurs raisons : d'abord la situation inacceptable de locataires, anciens mal-logés , ayant fini par obtenir un appartement...infesté de nuisibles. La réponse de l'agence Batigère : ils devraient se montrer heureux d'avoir eu un appartement alors que d'autres attendent, et rien ne dit que les nuisibles en question n'ont pas été « apportés » par les nouveaux locataires.

Cette stigmatisation inacceptable des mal-logés n'est malheureusement pas un cas isolé : avoir été habitant d'un taudis, SDF ou en hébergement d'urgence est bien souvent un motif de suspicion avoué ou latent de la part des bailleurs sociaux. Cela se traduit notamment dans la sélection des candidats, et dans le rejet de leurs candidatures lorsqu'ils sont positionnés par les réservataires sur les logements de leur contingent.

Alors que le relogement des salariés modestes, des précaires, des familles monoparentales devrait être tout à fait normal, ceux-ci sont désormais cantonnés à des dispositifs spécifiques avec des relogements limités : les bailleurs sociaux présentent ainsi comme un progrès le fait de s'engager à reloger quelques centaines de DALO ou moins de cent bénéficiaires des accords collectifs par an, c'est le cas de Batigère. Or d'une part, ces dispositifs devraient aboutir de droit au relogement de TOUS ceux qui correspondent au critère, mais bien au delà, le droit au logement social est assuré à toute personne en fonction de simples critères de ressources. Le logement social n'est pas une aumône délivrée seulement en fonction de la plus extrême misère, mais un droit pour tous !

 Nous venons chez Batigère également parce que ce bailleur social vend actuellement des logements sociaux, notamment en petite couronne ( par exemple à Pantin, annonces sur son site internet) ou dans des départements franciliens ayant très peu de logements sociaux,  : alors que la pénurie de logements est invoqué pour laisser à la rue un nombre croissant d'expulsés, alors que le gouvernement se plaint du côut des hébergements d'urgence, comment expliquer que des appartements qui pourraient être loués immédiatement à des mal-logés soient remis dans le parc privé ?

 Nous sommes donc venus demander collectivement à Batigère de remplir pleinement son rôle de bailleur social et de reloger les demandeurs dans de bonnes conditions.

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT.

 

14:17 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : batigere, cilgere, action logement, insalubrité, vente logement social, loi alur | | |  Facebook

vendredi, 06 septembre 2013

Les mal-logés apportent les vrais chiffres du logement à NKM

Une quarantaine de mal-logés ont rendu ce matin une visite surprise au QG de Natalie Kosciusko-Morizet , rue de La Lune, dans le 2ème arrondissement.
 
Une manifestation destinée à remettre les pendules à l'heure en ce début de campagne pour les élections municipales: en effet, Mme Kosciusko-Morizet semble ne pas avoir les bonnes  informations sur le mal-logement à Paris.
 
A de nombreuses reprises , elle a en effet déclaré que la mairie avait privilégié le "logement très social dans la capitale" ne permettant qu'aux plus riches et aux plus pauvres de se loger. Pour les très riches, c'est vrai, pour les Parisiens modestes et pauvres, ces déclarations sont un comble, comme nous le démontrons, chiffres à l'appui dans le communiqué ci-dessous.
 
Manifestement embarrassé par la manifestation, le directeur de campagne de Mme Kosciusko-Morizet , , Jean-Didier Bertault, également conseiller de Paris et élu du 17ème nous a reçu très rapidement pour nous proposer un rendez-vous vendredi prochain.
 
Ce sera pour nous l'occasion d'évoquer la situation dans l'Ouest Parisien, où beaucoup d' d'arrondissements, gérés par des maires qui sont aussi des soutiens de Mme Kosciusko-Morizet ont moins de 10 , voire 5 % de logement sociaux, ce qui pénalise en premier lieu les habitants et salariés modestes de ces arrondissements. Nous comptons également y rappeler que les 126 000 demandeurs de logement social ne sont pas des Parisiens de seconde zone et que nous ne serons pas les otages de polémiques politiciennes entre candidats.
 
Le drame du mal-logement à Paris doit être une priorité de la campagne.

Un logement pour tous !


 Paris: visite surprise chez NKM par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

«  Une politique concentrée sur le logement très social à Paris » ? Où cela, Mme Kosciusko-Morizet ?

 

La campagne des élections municipales ne peut pas se faire sur le dos des 126 000 demandeurs de logement parisiens, ni sur l'ensemble des mal-logés. Voilà ce que nous sommes venus dire collectivement à la permanence publique de Mme Kosciusko- Morizet.

 Depuis le mois de juin et son premier déplacement de campagne , justement sur le thème du logement, les mêmes affirmations sont répétées encore et encore : la politique du logement à Paris ne serait utile qu'aux plus riches et aux « plus pauvres et aux plus aidées » . Mme Kosciusko-Morizet a aussi affirmé que la Mairie de Paris avait une politique « exclusivement concentrée sur le logement très social ».

 Aujourd'hui, à Paris, 70% au moins des 126 000 demandeurs de logement ( le délai moyen d'attente est de plus de dix ans ) ne peuvent accéder qu'à un logement très social ( PLA-I ). Or les PLA-I ne constituent que le quart de la production nouvelle entre 2001 et 2011, il y en a eu un peu plus de 13 000, et dans ce chiffre, il faut également comptabiliser les très nombreux hébergements temporaires.

 Dans ces conditions, présenter les salariés modestes, les précaires, les familles monoparentales, les retraités, brefs, toutes celles et ceux qui ont des ressources faibles, comme les privilégiés de la politique du logement, c'est un comble.

 La situation dramatique au niveau du logement touche certes des catégories sociales de plus en plus nombreuses et il ne s'agit pas de les opposer les unes aux autres : s'il y a besoin de logement intermédiaire, il faut en faire. Mais nous sommes venus rappeler à Mme Kosciusko-Morizet, ce qu'entraîne au quotidien le manque de logements très sociaux pour les Parisiens concernés : l'errance urbaine, l'insalubrité, la rue, les hébergements précaires, la suroccupation, et la privation du nécessaire pour pouvoir payer des loyers hors de prix. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas laisser dire que nous sommes des privilégiés de la politique du logement.

Rappelons notamment que dans les arrondissements contrôlés par les maires qui soutiennent la candidature de Mme Kosciusko-Morizet, le taux de logements sociaux , toutes catégories confondues ne dépasse jamais 15%, et qu'il inférieur à 10% dans 6 arrondissements sur 8, et inférieur à 5% dans 5 d'entre eux.

Nous sommes donc venus rappeler ces réalités à Mme Kosciusko Morizet, avec des mal-logés des quartiers concernés.

Le drame du mal-logement, vécu par des centaines de milliers de Parisiens devrait être au cœur de la campagne des municipales , mais pour trouver des solutions en urgence, pas pour servir de sujet de polémiques aux candidatEs . Cela fait déjà deux mandatures que les mal-logés sont pris en tenaille entre Bertrand Delanöe et les maires de l'Ouest Parisien, avec le blocage de toutes les opérations de logement pendant des années, parce que les uns et les autres en font un sujet d'opposition médiatique.

Mal-logés , nous n'en sommes pas moins des Parisiens comme les autres : et nous avons droit à des réponses concrètes à nos problèmes. Nous sommes venus demander à Mme Kosciusko-Morizet quelles étaient les siennes

13:42 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : nkm, municipales 2014, anne hidalgo, expulsions, dalo, blocage des loyers, loi alur | | |  Facebook

 
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