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mercredi, 01 avril 2015

Paris 13ème: la mixité sociale passe aussi par le logement très social.

Les mal-logés lisent la presse: voilà qui avait l'air de scandaliser le directeur de cabinet du maire du 13ème arrondissement, qui recevait une délégation du Collectif pendant notre manifestation improvisée devant la mairie.

Effectivement, nous avons lu l'article du Point consacré à l'attribution supposée de 9 logements sociaux, dont des PLI à des collaborateurs du maire. Et nous avons réagi par une manifestation: manifestation qui avait comme objectif , non pas de dénoncer ces attributions, mais de dénoncer une politique du logement qui laisse des centaines de milliers de demandeurs SANS attribution, parce que l'offre n'est pas adaptée à leurs revenus.

En effet, depuis onze ans, notre collectif lutte pour un logement décent pour tous et contre l'édiction permanente de critères restrictifs, hiérarchisant arbitrairement l'urgence sociale. Le logement social est un service public d'intérêt général, il n'y a rien d'anormal à ce que des cadres, des salariés municipaux ou des élus d'arrondissement en bénéficient.

La démagogie n'est donc pas du côté des mal-logés en lutte: par contre, nous dénonçons la démagogie de la prétendue "transparence" qui consiste à gérer la pénurie de logements sociaux pour les classes populaires plutôt qu'y remédier. La démagogie, c'est prétendre par exemple que les systèmes de scoring, qui trient les demandeurs entre eux sont justes et rétablissent l'égalité: car l'égalité, c'est le respect du droit au logement pour TOUS, pas une application de ce droit limitée par des critères arbitrairement fixés.

La démagogie, c'est aussi opposer la mixité sociale aux salariés modestes , aux précaires ou aux familles en difficulté pour ne pas faire correspondre la demande et l'offre de logement social.

Depuis des années, notre collectif dénonce la disproportion entre le nombre de logements vraiment sociaux et celui des loyers libres et des PLI gérés par les bailleurs sociaux de la Ville.

Le directeur de cabinet du maire du 13ème arrondissement nous a assuré que la plupart des logements attribués dont la presse avait fait état l'avaient été à des salariés modestes, et en tout cas dans le respect de la législation en vigueur.

Nous en prenons acte, mais le problème reste entier: car les parisiens modestes ont aussi le droit au respect de la "législation en vigueur" , c'est à dire au relogement immédiat: or lorsque nous venons exiger le respect de ce droit, à la mairie du 13ème comme ailleurs, on nous répond d'abord par une haie de policiers.

Mais qui est hors la loi ?

Le tract diffusé sur place

13ème arrondissement :

le scandale des PLI et loyers libres,

Encore et toujours !

 

Les mal logés en colère manifestent aujourd'hui à la mairie du 13ème arrondissement.

La presse s'est fait l'écho, il y a quelques jours , de la très grande chance des collaborateurs et adjoints du 13ème arrondissement. Neuf d'entre eux ont en effet réussi à obtenir un logement social par la commission de la mairie entre 2007 et aujourd'hui. Une situation enviable quand 150 000 demandeurs sont inscrits sur le fichier parisien, pour certains depuis dix, quinze ans ou plus.

 Mais l'immense majorité des demandeurs n'ont pas d'amertume à avoir : de toute façon, ces « logements sociaux » auraient été bien trop chers pour leurs revenus.

Selon le maire du 13ème, ces logements sont classés en PLI et assimilés : les fameux loyers libres du parc social parisien. Les PLI sont encore plus chers que le PLS , déjà inaccessible à 80 % des demandeurs de logement de la capitale. Or à Paris, les PLI et assimilés représentent 26 % du parc des bailleurs sociaux, soit 60 000 logements. Les logements très sociaux ( PLA-I) qui sont la seule solution vraiment accessible pour 80 % des demandeurs représentent eux 1,7 % et 3987 logements (1)

La disproportion phénoménale entre le parc disponible de logements vraiment sociaux et celui des logements intermédiaires PLI a une conséquence simple : les commissions d'attribution des mairies d'arrondissement et de la mairie centrale peuvent répondre à la demande des personnes pouvant acquitter des loyers un peu en dessous du marché privé. Mais ils n'ont que très rarement de propositions à faire aux Parisiens modestes.

Dans ces conditions , la transparence et l'égalité dans les attributions promises avec le fameux système de « cotation » sont un trompe l'oeil : la demande d'un salarié au SMIC, d'un retraité ou d'un chômeur peut être très bien côtée, son relogement n'avancera pas plus vite car la majorité des logements disponibles à l''attribution ont un niveau de loyer inaccessible. A l'inverse, la demande d'un cadre supérieur ou d'un élu municipal avancera très vite, sans aucune « fraude », puisque de nombreux logements «  sociaux » correspondent à ses ressources.

Une solution existe : reconventionner la plus grande partie des logements PLI et des loyers libres, pour que la nature de l'offre corresponde enfin à la demande. Il faut aussi équilibrer réellement la construction neuve : aujourd'hui, moins d'un tiers est du logement très social, alors alors que les logements aux loyers plus chers , PLS et PLI sont en surnombre. Beaucoup d'entre eux ( presque 78 % des PLS ) sont attribués à des foyers en dessous des plafonds de ressources, ce qui entraîne ensuite des difficultés à payer le loyer !

Année après année, scandale après scandale, les élus promettent la « transparence », comme si le problème était là : l'année dernière cela concernait le duplex au cœur d'un hôtel particulier attribué au directeur de la Fédération française de tennis dans le 3ème arrondissement.

 Mal-logés, nous ne sommes pas contre la mixité sociale même dans le parc des bailleurs sociaux : le logement social est un service public d'intérêt général , dont cadres et élus d'arrondissement peuvent aussi bénéficier.

Mais le vrai scandale, c'est l'absence de mixité sociale dans l'autre sens : ce qui est vraiment choquant c'est que le parc social parisien soit si peu accessible aux ouvriers, aux employés, aux chômeurs et précaires, aux retraités et aux familles modestes. Car la vocation première des HLM est bien de répondre à cette demande là, urgente au regard du mal-logement qui nous frappe.

 

(1)Source:APUR 

18:18 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pli, pls, pla-i, mixité sociale, loyers libres, rivp, ian brossat | | |  Facebook

vendredi, 11 avril 2014

ICF Novedis  : comment s'enrichir avec les loyers libres sur le dos du logement social et des parisiens modestes.

Les demandeurs de logement parisiens se sont invités aujourd'hui  chez ICF Novedis, la filiale de «  logement intermédiaire  » d'ICF Habitat.

Mme B., retraitée parisienne très modeste, avec de gros problèmes de santé a fait parvenir son témoignage à notre collectif. Mme B payait un loyer de 480 euros en 2005, pour un 4 pièces ordinaire, rue de Bercy, dans le 12ème arrondissement. Neuf ans plus tard, le même logement a vu son loyer passer à 1100 euros. A la gorge, Mme X ne peut aujourd'hui plus payer son loyer, et aucune proposition de relogement ne lui a jamais été faite.

Le propriétaire de Mme B. n'est pas un promoteur privé. Il s'agit d'ICF Habitat, la filiale logement de la SNCF, une holding qui se définit comme «  un bailleur au service des territoires pour un habitat responsable et durable  ». Plus concrètement, ICF Habitat est composée de filiales dont certaines font du logement social tandis que d'autres comme ICF Novedis (propriétaire du logement de Mme B ) se consacrent aux «  loyers libres  » ou «  logement intermédiaire  », cette formule tellement ressassée dans la récente campagne des municipales parisienne.

 Il y a trente ans, le patrimoine immobilier SNCF n'était pas divisé de cette manière, son objectif étant de loger l'ensemble des salariés à des loyers en rapport avec leurs revenus. Du logement social de fait donc. Mais au fil de la privatisation, la SNCF a transféré ses logements à la SFCI  , qui s'est elle-même transformée en ICF , puis ICF s'est divisée en filiales, dont certaines dites «  de loyers libres  »....et c'est ainsi que le logement de Mme X dont le loyer était de 667 F en 1984 est aujourd'hui de 1088 euros, soit une multiplication par dix en trente ans, et un doublement du loyer en neuf ans, sur la période la plus récente.

C'est donc bien un parc social de fait qui disparaît, l'exemple ci-dessous n'étant qu'un cas parmi d'autres sur Paris, et en France, où partout et notamment dans le Nord, les associations de locataires d'ICF dénoncent le sort terrible réservé notamment aux retraités de la SNCF qui ne peuvent plus acquitter les loyers.

ICF Habitat élude les effets dévastateurs de cette politique, notamment dans la capitale, en mettant en avant une politique de «  nouveaux  » logements sociaux, d'ailleurs comptabilisés au titre de la loi SRU.

Mais certains programmes comme celui de 2012 de la rue de Gergovie, dans le 14ème arrondissement cachent en fait un tour de passe-passe scandaleux  : ces 300 logements étaient au départ des logements sociaux de fait de la SNCF, transférés ensuite à la filiale «  loyers libres  » ICF Novedis. Et ICF Novedis les a revendus à la filiale logement social ICF Sablière. Il ne s'agit donc absolument pas de nouveaux logements , mais d'un transfert de fond au détriment du budget de la filiale sociale, et de l'Etat , puisqu'ICF Sablière a utilisé les prêts bonifiés de la Caisse des Dépôts. Mais ce n'est pas tout, l'Etat et la Ville ont également financé la rénovation de ces logements à hauteur de 3 millions d'euros....tout ça dans un immeuble qui ne comptait que 2 logements vacants au moment de l'opération. Pierre Blanchard, directeur d'ICF Novedis se félicitait d'ailleurs de cette opération et de sa rentabilité financière dans tous les magazines d'investissement immobilier en 2012.

 Voilà ce qui se cache souvent derrière les opérateurs de logement intermédiaires ou loyers libres  : d'un côté, du logement social de fait qui disparaît, des locataires pris à la gorge devant des hausses de loyers exorbitantes. De l'autre, des opérations de transfert de logements entre filiales d'une même holding, qui ne créent de nouveaux logements sociaux SRU que sur le papier, tout en vidant les caisses des bailleurs sociaux et des budgets de la Ville. Voilà qui explique aussi pourquoi le nombre de demandeurs de logement social augmente alors que les chiffres virtuels de la production de logement social semblent tellement satisfaisants à Paris.

Nous rencontrerons la semaine prochaine la direction générale d'ICF Novedis, à qui nous comptons bien demander des comptes sur le financement de ses opérations de loyer libres et ses hausses vertigineuses de loyers .


ICF Novedis: quand le "logement intermédiaire... par HLMPOURTOUS

18:47 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : icf sablière, sfci, icf habitat, icf novedis, loyers libres, logement intermédiaire | | |  Facebook

mercredi, 19 mars 2014

Les mal-logés chez la médiatrice de la Ville de Paris: les maires passent, le mal-logement reste !

Dans quelques semaines, Paris aura un nouveau maire, et elle s'appellera sans doute Anne Hidalgo: le changement ne sera donc que très limité pour les demandeurs de logement, puisqu'elle était déjà première adjointe notamment à l'urbanisme.

Durant toute la campagne, les Parisiens mal-logés se sont mobilisés pour faire entendre la voix des 140 000 demandeurs de logement social, qui ne semble guère compter pour les deux principales candidates.

Du riche 16ème arrondissement, à la fédération PS de Paris, du local de campagne de NKM à celui d'Anne Hidalgo, nous avons crié notre colère, et montré que si nous étions considérés comme des Parisiens de seconde zone, notre mobilisation, elle, était de la première importance : quel que soit la future occupante de l'Hôtel de Ville, elle devra compter avec la colère des mal-logés.

Aussi nous sommes nous invités aujourd'hui à la Mission de la Médiatrice de la Ville de Paris, parce que ses compétences, ou plutôt celle que la Ville ne veut pas lui donner sont très significatives. En effet l'accès au logement en est exclu, alors que même la présence de crottes de chiens sur les trottoirs ou la disposition des parterres de fleurs relèvent des sujets que les Parisiens peuvent lui soumettre !

Elle nous recevra quand même et nous lui parlerons logement quand même: car nous prenons un engagement pour la prochaine mandature, et il sera tenu comme il l'a été dans les deux précédentes: le logement est le principal problème des Parisiens, et nous irons le soumettre partout, à tous les adjoints, à tous les élus , à toutes les instances municipales, jusqu'à ce que nos droits fondamentaux soient respectés !


Les mal-logés chez la médiatrice de la Ville de... par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

PARIS  : Oser le relogement maintenant  !

 La campagne municipale se termine  : pendant des mois, 140 000 demandeurs de logements sociaux, et des centaines de milliers d'autres Parisiens touchés par la crise du logement ont attendu de l'actuelle première adjointe et future maire, Mme Hidalgo, un signal fort, un engagement concret et immédiat sur ce qui est la première préoccupation des Parisiens.

Pendant des mois, Mme Hidalgo et ses porte-parole de campagne ont simplement répété  qu'il y aurait 30% de logements sociaux...en 2030, comme si non seulement l'urgence du mal-logement n'appelait pas de solutions immédiates, mais qu'elle n'était même pas un sujet sur lequel on devait prendre des engagements forts sur la mandature à venir, mais seulement sur un horizon de quinze ans.

Quinze ans, c'est devenu une durée d'attente d'un logement assez courante à Paris. Quinze ans, c'est tout simplement un horizon inenvisageable pour tous les retraités qui survivent dans des logements minuscules ou insalubres, peinant à payer un loyer qui dévore leur petite retraite.

Quinze ans, c'est beaucoup plus long que le temps d'une scolarité ratée pour les centaines de milliers d'enfants qui grandissent sans espace pour faire leurs devoirs, ou baladés d'hébergement en hébergement, d'école en école.

Quinze jours, voilà l'horizon qui barre l'avenir de beaucoup de Parisiens: après un congé pour vente et la procédure d'expulsion qui va avec, ou quand le SAMU social aura moins de places à cause de la fin de la trève d'hiver, faute de relogement, pour beaucoup ce sera la rue.

Quinze jours à peine nous séparent aussi du départ de Bertrand Delanöe de l'Hôtel de Ville, lui , qui avait promis en 2001, l'éradication du mal-logement et qui laisse en partant 140 000 demandeurs de logement. Après quinze années où il aura opposé une fin de non-recevoir constante à la revendication des Parisiens mal-logés, mettre enfin l'offre de logement social en adéquation avec la demande, c'est à dire prendre en compte les besoins des demandeurs , dont 70% ne peuvent accéder qu'à un logement très social.

Seuls 20% des nouveaux logements sociaux construits depuis 2001sont du logement très social  : et encore, dans les chiffres de la Ville de Paris concernant cette catégorie, sont intégrées les places en hébergement d'urgence, les anciens logements loi de 48 reconventionnés mais qui avaient déjà ce niveau de loyer auparavant, les acquisitions d'appartements déjà occupés.

Dans son dernier meeting de campagne , Mme Hidalgo a déclaré qu'être maire de Paris, c'était ne pas opposer logement social et logement intermédiaire, classes populaires et classes moyennes. Pourtant pendant cette campagne, alors qu'elle prenait des engagements très concrets sur le logement intermédiaire, elle refusait de s'engager sur un chiffre de construction de logements très sociaux.

Parisiens modestes, nous ne comptons pas vivre avec le mal-logement jusqu'en 2030.

La question du logement a été totalement invisibilisée pendant cette campagne et Mme Hidalgo a refusé obstinément de recevoir les mal-logés en lutte, en tant que première adjointe ou en tant que candidate.

En occupant symboliquement les locaux de la Médiatrice de la Ville de Paris, censée être au service de tous les Parisiens, mais dont le champ de compétences exclut expressément les problèmes de relogement, nous, Parisiens mal-logés voulons signifier à nos élus, actuels et futurs que nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone et que le mal-logement est bien la question prioritaire dans la capitale.

18:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, ian brossat, paris2014, loyers libres, rivp, elogie, claire brisset, médiatrice ville de paris | | |  Facebook

mercredi, 05 mars 2014

Anne Hidalgo évacue les Parisiens mal-logés des locaux de la Federation PS

Anne Hidalgo évacue les Parisiens mal-logés des locaux de la Federation PS

Expulser plutôt que reloger, c'est ça "Oser paris ?"


Aujourd'hui le comité de suivi DALO rendait son rapport et constatait une nouvelle fois, sans surprise,  que la loi était ouvertement bafouée, les droits des mal-logés méprisés.
 
On aurait pu attendre de la candidate et première adjointe de la Ville de Paris, où le nombre de prioritaires DALO non-relogés est le plus élevé en France, au minimum de la considération et de l'écoute en ce jour bien particulier. Pourtant les 100 demandeurs de logement venus interpeller collectivement Anne Hidalgo et ses élus et équipes de campagne au siège de la Fédération du PS Parisien ( 32, rue Alexandre Dumas 75011) ont finalement été expulsés par la police, après une après-midi entière sans aucun autre interlocuteur que des militants de base présents sur place.
 
Si nous voulions rencontrer Anne Hidalgo, c'est que depuis des mois nous avons fait le tour des rencontres avec ses porte-parole, de Ian Brossat à Pascal Cherki, rencontres toutes similaires : nos revendications, on les écoute parfois très poliment, et puis on les oublie.
 
On nous promet des engagements précis sur le logement très social , et puis la candidate n'en prend que sur le logement intermédiaire, alors que 75% des demandeurs parisiens ne peuvent accéder qu'à un logement très social. On nous assure que la candidate est très attentive à l'urgence du mal-logement et "met tout en oeuvre pour le logement social" : mais même le reconventionnement en logements très sociaux d'une partie des loyers libres ( 35 000 en tout à Paris ) , c'est trop demander .
 
On nous demande des détails sur des dossiers manifestement en dessous du droit commun, mais rien n'avance jamais ensuite. On impute l'augmentation du nombre de demandeurs à de soit-disant arrivants de l'"extérieur", mais des dossiers de dix huit ans d'ancienneté s'accumulent dans l'indifférence totale.
 
A Paris, à en croire Anne Hidalgo, tout est possible pour rendre la ville plus belle, plus innovante, plus attractive, plus ouverte aux entreprises, plus verte, plus festive. TOUT est possible sauf répondre à l'urgence du mal-logement, sauf prendre les mesures nécessaires pour que les classes populaires ne soient plus les oubliés du droit au logement.
 
Année après année, le taux déjà très bas de relogements ne cesse de baisser à Paris. Ainsi 12 015 logements avaient été attribués en 2011, seulement 11836 en 2012. Il s'agit d'une baisse continue sur la durée : à titre d'exemple, au niveau des logements du contingent de la Ville, 6,7 % d'entre eux faisaient chaque année l'objet d'une attribution en 1997 , en 2012, le taux de nouveaux locataires est tombé à 4,7 % . Les élus, et au premier rang d'entre eux, Anne Hidalgo mettent en avant les chiffres des nouvelles productions de logements , mais jamais ceux des attributions. Et pour cause, ils sont tous en baisse , chez tous les bailleurs sociaux contrôlés par la mairie : en 2012, le premier d'entre eux Paris Habitat OPH a attribué 210 logements de moins qu'en 2011.
 
 A Paris, même un ancien combattant âgé de 93 ans , en fauteuil roulant peut être abandonné dans une chambre de bonne sans ascenseur et sans sanitaires. Quand même un cas aussi extrême n'est pas traité, que peuvent attendre les autres demandeurs ?
 
Mais la colère monte, et face à la lutte des mal-logés, les expulsions et la répression ne sont jamais la solution. Même Nicolas Sarkozy l'a appris à ses dépens.

La lutte continue.

LE LOGEMENT C'EST MAINTENANT!
 


Anne Hidalgo expulse les mal-logés de la... par HLMPOURTOUS

21:45 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, paris2014, elogie, loyers libres, paris habitat oph, rivp, expulsions, dalo | | |  Facebook

mercredi, 26 février 2014

Loyers libres des bailleurs sociaux: dans le 3ème comme ailleurs , assez d'opacité et d'injustice

2014-02-26 15.18.41.jpgSoixante dix demandeurs de logement parisiens ont occupé aujourd'hui la mairie du 3ème arrondissement pour manifester leur colère et leur ecoeurement devant une énième affaire , concernant les logements à loyer libres des bailleurs sociaux parisiens: combien de temps encore, les mal-logés de la capitale devront-ils entendre leurs élus parler de "transparence" et d'"égalité" , alors qu'on ne cesse d'apprendre l'existence de logements de luxe loués à des prix bien inférieurs à ceux du marché à des personnes dont les revenus élevés ne justifient pas de telles "ristournes ". Suite à l'occupation, Mr Aidenbaum, maire du 3ème arrondissement et président de la RIVP, nous recevra dans les jours qui viennent.

La plupart des gens pensent qu'un bailleur social fait uniquement du logement social. Ce n'est malheureusement pas une réalité à Paris. Le sujet des « loyers libres » refait surface régulièrement, en période d'élections où l'on apprend par les médias que telle ou telle personnalité vit dans un logement de prestige, avec un loyer défiant toute concurrence, dans un beau quartier de la capitale...et que ce logement appartient à un bailleur social, parisien, souvent la RIVP ou ELOGIE récemment épinglée dans l'affaire du duplex attribué du directeur de la Fédération de Tennis, dans un hôtel prestigieux du Marais.

Puis après la vague d'indignation et les dénégations des élus sur toute responsabilité dans ce cas particulier, le silence se fait jusqu'à la prochaine « affaire ». Et les 140 000 demandeurs de logement parisiens restent seuls à se demander pourquoi les bailleurs sociaux n'ont pas d'appartement décent à leur proposer, mais gardent dans leur patrimoine des biens immobiliers de luxe .

La plupart ignorent l'ampleur réelle du problème : ainsi la moitié du parc d'ELOGIE est composé de « logements non-conventionnés ». En ce qui concerne la RIVP, c'est 35 % du parc qui n'est pas conventionné, dont 13 562 loyers libres...A titre de comparaison, la RIVP compte 588 logements PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 70% des demandeurs de logements ! Résultat : en 2012, sur les 4000 logements attribués par la commission de la mairie centrale, plus de 1500 étaient des logements non conventionnés

Ces chiffres mettent en avant une évidence : le conventionnement de ces « loyers libres » désengorgerait immédiatement les files d'attente des demandeurs, et offriraient une solution à une partie des Parisiens aux revenus modestes, qui sont écartés des commissions d'attribution! Dans la situation actuelle, au contraire, les 70% de demandeurs de logement issus des classes populaires sont forcément condamnés à attendre beaucoup plus longtemps que les autres, puisque les logements disponibles en commission sont si peu nombreux à correspondre à leurs revenus !

Le conventionnement offrirait également une bonne manière de réaliser cet objectif de mixité sociale mis en avant dans le discours des élus : dans le 16ème arrondissement, 48% des logements des bailleurs sociaux sont non conventionnés. Pourquoi acheter à prix d'or au privé des immeubles déjà occupés dans ces quartiers, quand le parc public en compte déjà tellement, qui pourraient être reconventionnés en logements sociaux PLA-I ?

A ces questions, les élus de la Ville ne donnent jamais de réponse claire : à chaque nouvelle polémique sur un appartement en loyer libre, la réponse est qu'il s'agit d'une survivance de l' « ère Tibéri », et que tout est en ordre sur le « reste » du parc..Ces affirmations sont totalement invérifiables, puisque ces logements sont au nombre de 37 000, et que leur attribution est éparpillée entre les différents contingents ( mairie centrale, mairies d'arrondissement, 1% patronal).

« Transparence » et « égalité » sont pourtant les maîtres mots des discours de nos élus depuis deux mandatures : malheureusement, ces mots-là, les mal-logés de la capitale les entendent surtout quand il s'agit de justifier le non-relogement, et de faire passer la colère légitime de celles et ceux qui vivent dans les pires conditions pour une volonté de « passer avant tout le monde pour avoir son HLM ».

Mais c'est bien parce que le parc des bailleurs sociaux comporte une masse de logements qui ne sont pas des HLM,que les demandeurs des classes populaires , loin de « passer devant tout le monde », sont les grands oubliés , les Parisiens de seconde zone, dont les droits sont bafoués, année après année, et même décennie après décennie, puisque le nombre de demandes de logement vieilles de plus de dix ans ne cesse de s'accroitre ?

Alors, en cette période de campagne électorale, où Anne Hidalgo promet un « choc » sur le logement, nous sommes venus exiger qu'on commence, tout de suite, par en finir avec les « loyers libres ». 

 

Note : les chiffres cités dans notre communiqué sont tous issus des documents de l'APUR, organisme sous contrôle de la Ville de Paris.

17:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pierre aidenbaum, rivp, loyers libres, elogie, ian brossat, anne hidalgo | | |  Facebook

vendredi, 21 février 2014

Logements municipaux de luxe dans le 3ème arrondissement de Paris : le vrai scandale est celui des loyers libres.

 C'est sans étonnement que notre collectif prend connaissance des articles de presse consacrés au logement à loyer libre du bailleur Elogie de la rue du Parc Royal, actuellement occupé par une personne dont les revenus sont de l'ordre de 9000 euros mensuels.

 Depuis de nombreuses années, les mal-logés exigent la transparence concernant les logements dits à loyer libre détenus par les bailleurs sociaux parisiens : le 8 janvier dernier , nous étions une centaine à manifester devant le siège social d'Elogie ( ex-SGIM) pour dénoncer le fait que plus de la moitié des logements de ce bailleur sont justement des « loyers libres », sur lesquels l'opacité est de mise.

A cette occasion, nous dénoncions le fait de n'avoir jamais eu aucune réponse , malgré de précédents entretiens avec la direction du bailleur , « sur ce parc non conventionné et notamment sur plusieurs centaines de logements, tous situés dans des quartiers prestigieux ».

En effet, ELOGIE possède des appartements de ce type un peu partout dans les zones les plus côtées de la capitale.

Lors de notre entretien avec Mr Louis Marie Lance, quelques jours après la manifestation du 8 janvier, nous avions de nouveau posé la question de ces logements et de leur devenir : en effet, on peut raisonnablement se demander quel est l'intérêt pour un bailleur social, de conserver des immeubles de très grande valeur immobilière, dès lors que ce ne sont pas des logements sociaux , dont la Ville manque cruellement. La vente d'un seul de ces logements peut permettre d'en acheter au moins deux autres ailleurs !

Mr Louis Marie Lance n'avait que deux mots en réponse à nos interrogations : « mixité sociale ». Selon lui, ce parc prestigieux permet justement de loger les fameuses « classes moyennes », sur la définition desquelles le secrétaire général d'Elogie était resté extrêmement vague, suivant en cela le flou de rigueur chez tous les candidats à la mairie de Paris.

Avec des appartements attribués à des personnes qui gagnent à elles seules 9000 euros par mois, les Parisiens ont une réponse claire : il ne s'agit manifestement pas des cadres moyens, des infirmières, ou des professeurs de l'enseignement supérieur donnés en exemple dans les discours électoraux.

Demandeurs de logement en lutte, nous n'entendons pas tomber dans la démagogie : il ne s'agit pas pour nous de pointer tel ou tel chanceux locataire, quels que soient ses revenus. Ni d'aller chercher quel responsable ou élu aurait attribué tel ou tel logement.

Le vrai scandale , c'est l'existence même de ces logements au sein du parc des bailleurs sociaux parisiens : depuis longtemps, le statut de « loyer libre » aurait dû disparaître. Ces appartements auraient dû être reconventionnés en logements sociaux, avec des plafonds de loyers et de ressources correspondant à la demande : c'est à dire une majorité de PLA-I et une partie de PLS, pour accueillir les classes moyennes. Et dans les immeubles, où il s'avérait légalement impossible de libérer les lieux de leurs locataires plus fortunés, il fallait tout simplement vendre et ainsi dégager des fonds pour la construction ou l'achat de nouveaux logements.

Rappelons que les Parisiens mal-logés n'exigent pas d'être relogés dans les hôtels particuliers des rues les plus courues de la capitale, mais plus prosaïquement de vivre décemment dans un logement ordinaire et adapté à leur composition familiale.

Si chaque campagne électorale a son lot d'anecdotes croustillantes sur les locataires people du parc public parisien, les mal-logés attendent de leurs élus autre chose que des indignations de surface sur le scandale des loyers libres, qui représentent au moins 34 000 logements à Paris.

Voir aussi:

Le 8 janvier dernier, le Collectif des Mal Logés en Colère dénonce le scandale des loyers libres chez le bailleur social ELOGIE

En 2009, déjà le Collectif des Mal Logés en Colère posait des questions très précises sur ces prestigieux logements du centre de Paris au directeur général de la SGIM ( aujourd'hui ELOGIE), les réponses apportées restant elle, très floues, et pour cause...

 

16:32 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : elogie, sgim, loyers libres, pierre aidenbaum, transparence, municipales 2014, yves contassot, mixité sociale, rue du parc royal | | |  Facebook

vendredi, 22 février 2008

Occupation de la RIVP par une centaine de Mal-logés en Colère !

2fa5b1db1958b63387879dfdb5569fe9.jpgLA RIVP EST UN BAILLEUR SOCIAL…
NOUS EXIGEONS DES LOGEMENTS !


La RIVP est aujourd’hui le deuxième bailleur social parisien contrôlé par la Ville de Paris, après l’OPAC. Sur les 56 000 logements de son parc immobilier, plus de 18 000 sont en loyer libre, c'est-à-dire totalement inaccessibles à l’immense majorité des demandeurs de logement parisiens.

Le scandale autour du directeur de cabinet de Christine Boutin, logé dans l’un de ces appartements n’a pas seulement mis en lumière le clientélisme et le double discours politique.

Il a surtout fait éclater une réalité intolérable pour les mal logés : les collectivités publiques gèrent des logements de luxe, des logements dont les loyers n’ont rien à voir avec ceux d’un bailleur social.

Aujourd’hui, à quelques semaines des élections, Pierre Castagnou, président de la RIVP et maire du 14ème arrondissement fait une annonce pour le moins contradictoire avec les ambitions affichées de l’équipe municipale sortante pour la prochaine mandature : d’un côté la promesse d’un effort sans précédent sur le logement social. De l’autre, les 18 000 logements de la RIVP vont, selon Pierre Castagnou garder leur statuts et donc rester inaccessibles aux Parisiens précaires et modestes. Pire certains vont voir leurs loyers s’aligner progressivement sur les prix du marché privé !

Comment les promesses de Bertrand Delanöe peuvent elles se réaliser concrètement ?, comment la production de vrais logements sociaux va pouvoir augmenter de manière significative, si la politique d’un des principaux bailleurs sociaux consiste à maintenir des loyers libres ? Même en cas de départ des occupants actuels, sur le tiers de son parc immobilier

La RIVP est elle un bailleur social destiné à répondre à la demande de logements à bon marché ou un propriétaire privé ? Un outil au service du logement social financé par l’argent public ou un vulgaire promoteur ? Car les logements à loyer libre ne sont pas le seul secteur ou l’activité de la RIVP ressemble étrangement à celle de n’importe quel investisseur immobilier : ainsi dans le 19ème arrondissement, l’un de ceux qui compte le plus de mal logés à Paris, dans un quartier ou les habitants pauvres ou modestes sont chassés par la flambée des prix , la RIVP achète 7000 m2 pour créer, des locaux commerciaux. Sur l’ensemble de l’opération, seuls 130 logements sociaux sont prévus contre 230 pour du privé ( Axentia et BNP Paribas ).

Il y a un an, lors de la prise de contrôle de la RIVP par la Mairie de Paris, les élus parisiens et le nouveau président de la société annonçaient leur intention de développer son rôle « d’acteur majeur du logement social » ( communiqué de la Ville du 19 septembre 2006 ). Plus d’un an après, on est loin du compte. D’ailleurs , le nouveau directeur du logement social , Serge Contat, exerçait anciennement la même fonction à l’ANAH ( Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat ) dont le rôle principal consiste à organiser le financement des propriétaires privés, grands ou petits, sans contreparties sur la durée en termes de niveau de loyers.

Si la politique pratiquée par la RIVP lui permet réellement de répondre aux besoins des mal logés, fonction première des bailleurs sociaux, alors nous demandons à Mr Castagnou et à Mr Contat de le prouver en répondant immédiatement à nos besoins.


Collectif « Mal-Logés en Colère »

 

18:15 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal-logés, paris, rivp, loyers libres, hlm, castagnou, bolufer | | |  Facebook

 
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