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jeudi, 17 octobre 2013

Ateliers de l'ANAH: Cecile Duflot interdit l'accès aux premiers concernés, les mal-logés

Ce 17 octobre, Cecile Duflot compte se rendre à la manifestation organisée pour les Journées Mondiales du Refus de la Misère, place du Trocadéro....et ce après avoir envoyé la police à des mal-logés venus manifester aux Ateliers de l'ANAH ( Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat), organisés ce matin dans les luxueux salons de l'Espace 15, à deux pas de la Tour Eiffel.

Mme Duflot s'obstine effectivement à refuser la misère...au Ministère, où les demandeurs de logement pauvres ne sont décidément pas les bienvenus , parce qu'ils ont le mauvais goût de lui demander une vraie politique du logement social, désespérément absente. En un an la Ministre du Logement a jeté ses engagements à la poubelle les uns après les autres. Pas de réquisitions, pas d'hébergement inconditionnel même en cas d'extrême-urgence, pas d'arrêt global des expulsions locatives. Elle a aussi renoncé à l'objectif de 150 000 logements sociaux cette année.

Une nouvelle fois, seuls les propriétaires-bailleurs verront les promesses tenues, comme en témoigne le déblocage de fonds en urgence pour 10 000 logements intermédiaires par la Caisse des Dépôts.

La misère, les mal-logés en lutte refusent d'y rester, ce 17 octobre comme tous les autres jours de l'année.

Aujourd'hui, apparemment très énervé par la venue de mal-logés dans un évènement qui pourtant les concernait pleinement, Mr Dominique Braye, président de l'ANAH et élu UMP s'est fait le porte-parole de la Ministre pour nous informer que "les manifestations étaient l'arme des faibles".

La remarque était faite avec mépris, mais nous la prenons comme un conseil avisé: la lutte continue !


Journée Mondiale du Refus de la Misère: Cecile... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

Mal-logement  : financer les bailleurs privés,

réprimer les mal-logés, il y en a assez.

 

Les mal-logés en colère manifestent aujourd'hui à l'occasion des ateliers de l'ANAH ( Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat ) où Cecile Duflot doit intervenir, et où sont également présents de nombreux représentants des collectivités territoriales et des services de l'Etat.

Sur le front du mal-logement, la situation ne cesse de se dégrader, la tension ne cesse de monter  :Le SAMU social ne répond plus à 75% des demandes d'hébergement. En Seine Saint Denis, les services sociaux viennent d'être informés que le dispositif Solibail , alternative à l'hôtel , est saturé, et qu'il ne faut plus y orienter personne. L'objectif de 150 000 logements sociaux ne sera évidemment pas atteint, ce sera au mieux 100 000, après deux années consécutives où la production a déjà chuté de manière dramatique. A Paris, le nombre de demandeurs de logement social est passé de 126 000 à 137 000 en un an .

Mais pour ce gouvernement, qui n'a plus que le mot «  logement intermédiaire  » à la bouche, le logement social, accessible pourtant à au moins 70% des Franciliens , est délaissé dans les faits malgré l'urgence.

En cette rentrée 2013 le gouvernement a bien crée un fonds d'urgence abondé par la Caisse des Dépôts   : entre l'apport initial et le prélèvement sur les livrets ensuite, c'est un milliard d'euros qui sera dépensé par le trésorier de l'Etat, pour 10 000 logements.... intermédiaires. Il s'agit de nouveaux logements privés, dont les propriétaires, la CNP et BNP Paribas, entre autres, devront simplement maintenir un niveau de loyer un peu inférieur à celui du marché pendant dix ans. En échange, outre l'aide directe de la Caisse des Dépôts, les gros investisseurs auront une TVA ramenée à 10% et une exonération de l'impôt sur le foncier.

C'est le monde à l'envers  : jamais les profits des propriétaires-bailleurs n'ont été aussi élevés, étant donné les montants vertigineux des loyers. Et jamais ils n'ont été autant aidés par l'Etat, que ce soit pour les travaux de rénovation qui augmentent la valeur de leurs biens, ou pour proposer des loyers à peine inférieurs à ceux du marché. Quant aux petits propriétaires-occupants, beaucoup n'ont de toute façon pas les moyens de rénover leurs logements, même avec une aide partielle.

 Ces cadeaux sont scandaleux quand on les compare à la manière dont est traité le logement social  : dans le budget 2013, l'investissement total de l'Etat se monte à 500 millions d'euros, 2500 euros par logement, soit une baisse de 54% en dix ans. Aujourd'hui, seuls 52% des fonds dégagés par la collecte sur le livret A sont disponibles pour le logement social .

 Cette bienveillance à l'égard des propriétaires contraste avec la dureté du gouvernement envers les mal-logés  : aucun plan d'urgence de relogement n'a été mis en œuvre, les expulsions locatives se poursuivent , même au sein du logement social. La loi DALO n'est plus qu'une cause d'engorgement des tribunaux administratifs franciliens, où chaque semaine , des matinées entières sont consacrées à faire défiler les prioritaires en attente, avec des audiences de moins de cinq minutes pour chaque dossier.

 Et les mal-logés en lutte ont plus souvent la police que la Ministre du Logement comme interlocuteur.

 Dans la journée organisée par l'ANAH aujourd'hui, il n'y a pas d'atelier «  Reloger maintenant «  : nous sommes donc venus l'imposer, par notre présence.


15:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : journée mondiale du refus de la misère, loi alur, cecile duflot, anah, logement intermédiaire, loyers maîtrisés | | |  Facebook

vendredi, 08 février 2013

Occupation de l'ANAH: les "loyers maîtrisés" ne sont pas du logement social

2013-02-08 13.04.29.jpg70 mal-logés ont été évacués de l'Agence Nationale pour l'Amélioriation de l'Habitat ( 8, avenue de l'Opéra ) après plusieurs heures d'occupation, par un dispositif policier démesuré.

L'Anah fait partie des rares opérateurs publics du logement qui ont vu leur budget augmenter considérablement cette année. Mais pour quoi faire ?

Pas du logement à bon marché, puisque jusqu'ici les deux tiers des logements à loyer soit-disant "maîtrisés" sont des loyers intermédiaires accessibles à des personnes ayant jusqu'à 4000 euros mensuels de revenus.

En pleine pénurie de logement à bon marché, François Hollande a annoncé le renforcement de ce type de dispositifs !

La directrice adjointe de l'ANAH a bien évoqué "quelques arbitrages en cours" pour augmenter un peu le nombre de logements à loyer social de l'ANAH, mais évidemment sans s'engager sur le résultat de ces arbitrages.

Le Ministère du Logement ne s'engage pas non plus, et face à nos demandes, c'est une nouvelle fois un dispositif policier démesuré qui a été envoyé pour l'évacuation.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que la Préfecture de Paris que nous avons saisi pour des dossiers d'expulsion et de ruptures d'hébergement soit aux abonnés absents et incapable de nous proposer autre chose que des rendez-vous dans un mois, soit quelques jours avant la fin de la trève d'hiver !

Les mal-logés ne se laisseront pas faire, la lutte continue !

 


Des mal-logés évacués de l'Agence Nationale de... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place:

OCCUPATION DE L'ANAH :

le loyer maîtrisé ce n'est pas du logement social

 

Parmi les opérateurs publics du logement, l'ANAH ( Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat ) a fait partie des rares qui ont obtenu une hausse très importante de leur budget. Alors que l'aide directe à la construction de logements sociaux reste très largement insuffisante et que le montant du financement étatique par logement baisse, le gouvernement a donc fait le choix d'investir encore plus d'argent public dans ce qui est appelé le « loyer maîtrisé », comme l'a confirmé François Hollande lors d'une intervention à Ermont Eaubonne.

Dans ce dispositif, le propriétaire-bailleur reçoit des subventions pouvant aller jusqu'à la 25% du montant de travaux réalisés pour améliorer ses logements : à ceci s'ajoutera une déduction fiscale allant de 30 0 60% sur les revenus fonciers bruts, et une subvention au loyer, sous forme de prime allant jusqu'à 100 euros par m2.

 Ce choix ne correspond pas à la demande criante en logement qui émane en grande partie des personnes à revenus modestes : les « loyers maîtrisés » dans leurs formules actuelles sont surtout une aide aux propriétaires privés, même ayant un patrimoine important, ils coûtent cher, et constituent de toute façon une solution temporaire.

Sur la période 2007-2009, 65 748 logements ont été conventionnés avec l’Anah : 4 134 avec un loyer très social, 21 403 avec un loyer social et 40 211 avec un loyer intermédiaire.

Le constat est sans appel : deux tiers des logements subventionnés par l'Anah ne sont pas du logement à loyer social. Pour les 40 200 logements à loyer intermédiaires, les propriétaires peuvent louer à des personnes gagnant jusqu'à 44 000 euros par an, pour un foyer composé d'une seule personne !

 Même pour les logements conventionnés en social ou très social, l'argent public aura été investi pour une solution temporaire : les conventionnements de l'ANAH n'engagent le propriétaire que sur 9 ans, ensuite le logement est à nouveau loué aux prix du marché si le propriétaire le souhaite.

 Certes une partie des travaux subventionnés par l'ANAH concerne les situations d'habitat indigne : mais dans ce domaine aussi, la politique menée profite surtout aux propriétaires-bailleurs à qui l'ANAH octroie toutes ces aides financières sans conditions de ressources, alors que les propriétaires-occupants, eux, y sont soumis. Est-il normal que des bailleurs à l'aise financièrement qui n'ont pas respecté leurs obligations d'entretien et de rénovation soient financés par l'Etat ? De plus, les aides octroyées par l'ANAH ne tiennent aucun compte de l'occupation réelle du logement, et par exemple de la suroccupation : aucun dispositif de relogement des locataires n'est prévu pour les logements soumis à travaux , et ceux-ci s'ils améliorent la valeur du bien loué, ne règlent pas la situation de mal-logement.

 Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre formule un constat sans appel : les aides publiques doivent être tournées vers le logement très social si l'on veut résorber la crise du logement. Or depuis des années, ce sont les loyers intermédiaires qui sont privilégiés dans la production des bailleurs sociaux ( 51% des nouveaux logements construits entre 2001 et 2012 étaient des PLS), mais aussi au travers des loyers maîtrisés. Dans ce dernier cas, c'est encore plus scandaleux, dans la mesure où il s'agit d'aides financières à des propriétaires privés , pour des logements qui n'augmenteront pas , à terme, la proportion du parc social.

 Nous sommes donc à l'ANAH pour exiger que le budget de 508 millions d'euros, alimenté notamment par le 1% Logement et donc par nos salaires soit utilisé pour faire du logement vraiment social !

 

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT !

15:39 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anah, loyers maîtrisés, logement intermédiaire, pls | | |  Facebook

 
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