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mercredi, 24 février 2016

Manifestation à "Paris, cité des Makers"

 Le Collectif des Mal-Logés en Colère s'est invité une nouvelle fois au Pavillon Circulaire, installation temporaire sur le parvis de l'Hôtel de Ville, que nous avions déjà visité au mois de janvier: s'y tenait aujourd'hui une partie des animations de l'évènement "Paris Cité des Makers", une énième opération de soutien de la Ville aux "Entreprises du 21ème siècle

Voir la vidéo et le récit de l'action sur notre nouveau blog:

http://www.logement-grand-paris.fr/2016/02/paris-cite-des...

18:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : makers, anne hidalgo, incubateurs, jean-louis missika, mal-logement | | |  Facebook

mercredi, 24 juin 2015

Objectif logement tenu ? Les mal-logés contestent les chiffres d'Anne Hidalgo

Les mal-logés n'ont pas d'autre choix que se montrer pour exister. Là où l'on ne nous attend pas, là où se construit la ville du futur dont nous ne voulons pas être exclus: c'est pourquoi nous avons rendu visite ce matin à la réunion d'aménagement de la Gare du Nord, où devait intervenir Anne Hidalgo, après avoir, ces dernières semaines occupé une pépinière d'entreprises  high tech , ou "participé" à l'inauguration de Sense Cube, un autre incubateur public.

Etre mal-logé c'est déjà difficile. Mais à Paris, s'ajoute à cela l'invisibilisation croissante de nos problèmes. Toutes les semaines, Anne Hidalgo et Ian Brossat font une inauguration presse: quelques logements sociaux neufs font l'évènement quand 76% de la production 2014 est en fait du diffus, c'est à dire majoritairement le rachat d'appartements déjà occupés.

Mais les photos de logements neufs dans la presse remplacent avantageusement la description de la réalité du mal-logement: plus de 138 000 parisiens demandeurs de logement inscrits au fichier central sont quasi-rayés de la carte postale avantageuse d'une capitale accueillante pour tous.


Réunion sur l'aménagement de la Gare du Nord... par HLMPOURTOUS

Le combat des ex-habitants du bidonville de la Chapelle, exemplaire, a démontré une triste réalité : dans la capitale, pour exister il faut lutter. Chaque soir, des mal-logés isolés et à la rue ne trouvent aucune réponse , même en appelant le 115. Non seulement, le relogement serait impossible, mais l'hébergement serait saturé, « malgré tous les efforts de la municipalité », comme le répètent Anne Hidalgo et Ian Brossat.

Mais la lutte des migrants a contraint la Ville à ré-ouvrir en urgence des hébergements fermés après l'hiver.

Ceci appelle une question, à laquelle notre maire doit répondre : combien d'hébergements de ce type, utilisables immédiatement sont-ils vides actuellement dans la capitale, et jusqu'à l'hiver prochain , alors que les besoins sont criants ? Combien d'hébergements pourraient-ils être assurés dans la capitale au lieu d'envoyer des familles entières dans des hôtels de banlieue lointaine, alors que les enfants sont scolarisés sur Paris ?

Ces questions ne touchent pas seulement à la question de l'hébergement. Il y a quelques jours, la majorité municipale annonçait que les objectifs en matière de « production de LOGEMENTS » étaient tenus, annonçant 7200 nouvelles productions en 2014. Mais comme le reconnaît la Ville, le quart de ces « logements » sont en fait des foyers et des hébergements. En réalité, il y a donc eu en 2014 seulement 5400 vrais logements et 1800 places d'hébergements , qui comptent cependant comme logements au titre de la loi SRU, deux hébergements équivalant à un logement très social ( PLA-I). Et la Ville annonce en tout, 28 % de PLA-I sur les 7200 logements sociaux, soit au mieux 2000 PLA-I, hébergements compris.

Calculs faits, il n'y aurait donc que quelques centaines de logements très sociaux, les seuls accessibles à la majorité des demandeurs de logements , produits en 2014 à Paris. Le reste serait de l'hébergement. Et dans ces hébergements, quelle proportion sera réservée à un usage hivernal ?

Ces questions et ces calculs agacent toujours à la Mairie, où les mal-logés en lutte s'entendent toujours rétorquer que Paris est de toute façon beaucoup mieux que les autres villes en matière de logement social, et que s'en prendre à une politique comparativement meilleure est vraiment contre-productif.

Mais plus de 138 000 demandeurs de logement ont besoin d'un logement social à Paris, parce qu'ils y vivent dans le mal-logement, parce qu'ils y travaillent, parce que leurs enfants y sont scolarisés. Et c'est en fonction du respect d'un droit fondamental pour tous qu'on juge une politique, pas selon la situation ailleurs.

 A Paris ce droit est bafoué en permanence, et maintenant soumis à un processus de « notation » du mal-logement, qui aboutit à de nouvelles justifications pour ne pas respecter immédiatement le droit. Les « mauvaises notes » de certains dossiers constituent ainsi une grande partie des discours qui sont tenus en rendez-vous par l'Ajoint au Logement lorsqu'il reçoit les organisations de mal-logés. Il paraît donc qu'une partie des demandeurs de logement pourrait mieux faire en matière de mal-logement, pour améliorer ses chances de relogement.

 Plutôt que suivre ce conseil, nous préférons lutter, et rappeler nos besoins à notre maire chaque fois que nous le pouvons, chaque fois qu'il est question d'urbanisme et de la Ville du futur. Un plan de relogement massif en urgence est possible , il est nécessaire, il est légitime.

 

13:35 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, ian brossat, jean-louis missika, aménagement urbain, logement social, mal-logement | | |  Facebook

mardi, 10 mars 2015

Foncier public: les décideurs débattent, les mal-logés se battent

Une mobilisation du foncier public sans précédent et en urgence pour construire du logement social, c’est ce qu’annonçait la Ministre du Logement Cecile Duflot en juillet 2012. L’urgence a fait long feu, de même que la longue liste des terrains immédiatement mobilisables qui avait été présentée à l’époque.

Deux ans et demi plus tard, élus franciliens et décideurs institutionnels participaient ce soir un débat organisé à par l’Ordre des Architectes intitulé : « Crises du logement : quelles voies pour le foncier ». Demandeurs de logement et victimes de cette crise, nous sommes venus demander collectivement au directeur de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France, au directeur adjoint de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris et à l’ensemble des élus présents à quoi servaient les mêmes débats organisés il y a des années par ces mêmes décideurs. A quoi ont servie ensuite ceux qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale et au Sénat, puis le vote d’une loi sur le foncier public, puis les décrets d’application de cette même loi. …pour recommencer aujourd’hui à débattre.

Finalement, il n'y avait pas de place pour les mal-logés à ce débat sur la "crise du logement"....Les CRS nous attendaient devant l'entrée de la Chapelle du Couvent des Récollets, et des renforts policiers absurdement nombreux sont arrivés tandis que Jacques Baudrier , adjoint à la Ville chargé du Renouvellement Urbain, et président de la SemPariSeine se décidait à venir à notre rencontre.

En deux ans et demi, le nombre de demandeurs de logement franciliens a nettement augmenté, nous sommes aujourd’hui un demi-million d’inscrits dans les fichiers. La production nationale de logement social a baissé de 9% cette année : le nombre de logements très sociaux aussi, en Ile de France, seules 9500 unités ont été comptabilisées cette année, et ce chiffre inclut les hébergements. Les mêmes communes bafouent impunément la loi SRU, votée il y a quinze ans. Les bailleurs sociaux évoquent 10 000 logements HLM déprogrammés par les collectivités territoriales depuis les municipales. Chaque soir, en Ile de France, le SAMU social laisse à la rue même des enfants. Le financement étatique des logements sociaux ne cesse de baisser, ce qui a des conséquences surtout pour le logement très social, les bailleurs privilégiant le logement intermédiaire ou les PLS, les plus chers des logements sociaux, plus rentables pour leurs budgets.

Mal-logés, nous n’avons pas la prétention d’être des spécialistes de l’action foncière et du renouvellement urbain : cependant, nous avons des yeux pour voir, et faire des constats simples. Partout en Ile de France, sans débats interminables, ni nouvelles lois, on a beaucoup construit ces deux dernières années : des zones d’activité commerciale, des centaines d’immeubles de bureaux et même une nouvelle tour à La Défense. A Paris, le Balardgone, le nouveau Forum des Halles, l’immense parc du Millénaire , le nouveau Palais de Justice et autres constructions massives se font sans difficultés.

Ce soir étaient annoncés comme thèmes de débat : «  Où construire en Ile de France », « Comment innover sur le foncier ». Notre manifestation est en tout cas venue combler un manque dans les sujets abordés : la question que nous sommes venus poser, c’est «  La volonté politique et publique, un levier nécessaire, mais souvent oublié ?

22:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : epfif, foncier public, loi alur, jacques baudrier, ian brossat, grand paris aménagement, loi sru, mal-logement | | |  Facebook

jeudi, 12 février 2015

Centenaire de Paris Habitat OPH: les mal-logés y étaient

paris habitat logo.jpgDemandeurs de logement et locataires, nous avons choisi de célébrer le centenaire du premier bailleur social européen en manifestant ce soir devant l'inauguration de l'exposition qui lui est consacrée au Pavillon de l'Arsenal. A cette occasion, nous invitons la direction actuelle à se souvenir et à méditer sur l'appellation initiale de l'Office  : Office PUBLIC d'Habitation A BON MARCHE.

Nous manifestons parce que derrière le symbole des cent ans, il y a la dégradation, depuis dix ans, de la vocation première du bailleur public  : permettre aux salariés modestes, aux retraités, aux précaires, aux familles d'ouvriers et d'employés de se loger dans de bonnes conditions.

Paris Habitat OPH a cent ans. Une belle longévité, un beau patrimoine, un symbole concret d'un acquis social majeur  : les HLM sans lesquels il n'y aurait jamais eu de droit au logement pour les classes populaires.

L'écart entre l'offre et la demande ne cesse de se creuser  : 80% des Parisiens demandeurs de logement ne peuvent accéder qu'à un PLA-I, la catégorie de logement social aux loyers les plus abordables. Depuis des années, moins de 30% des nouveaux logements relèvent de cette catégorie. Aujourd'hui Paris Habitat OPH , comme les autres bailleurs parisiens sur-produit du PLS , la catégorie aux loyers les plus chers. La majorité de ces logements sont attribués à des foyers en dessous des plafonds qui ont ensuite des difficultés à payer leur loyer.Mécaniquement les loyers deviennent de plus en plus chers dans le parc de Paris Habitat OPH.

 

L'offre pour les foyers modestes se réduit : le bailleur ne peut faire face à ses obligations de relogement , même lorsqu'ils sont imposés par la loi DALO et recourt à des expédients peu honorables. Aujourd'hui, entre une «  proposition de logement  » et un relogement effectif, il peut s'écouler six mois  : pour compenser une réduction de l'offre et maintenir sur le papier un nombre important de propositions annuelles, Paris Habitat OPH propose des logements en travaux longs, ou encore occupés. Quant aux locataires qui souhaitent une mutation, les délais ne cessent de s'allonger  : certains sont désormais en demande depuis dix ou quinze ans, sans proposition.

Depuis des années, la production nouvelle est constituée en grande partie d'achats d'immeubles au privé et non de constructions neuves  : cette politique a un coût énorme, au vu du marché de l'immobilier, surtout pour les achats dans les beaux quartiers. Les logements achetés sont souvent occupés, le restent pendant des années, et cette politique ne répond donc pas à la demande de logement sur le court et le moyen terme. En 2010, à cause de cette politique très couteuse, la production globale du bailleur chutait de 80%

 Si la production neuve présente des garanties de confort et de bas coût énergétique, ce n'est pas le cas des logements rachetés dans le parc ancien  : souvent les travaux de réhabilitation sont faits à minima dans des immeubles présentant des problèmes de bâti et très énergivores en chauffage. D'ailleurs, le dossier de presse de l'exposition des cent ans présente uniquement des photos d'immeubles neufs pour illustrer la production récente du bailleur, et pour cause, les logements rachetés sont souvent beaucoup moins photogéniques.

Cette politique va être amplifiée  : en sus des immeubles, des appartements isolés dans des copropriétés privées vont être acquis par l'office . Rien n'est dit sur le coût à long terme de cette politique  : Paris Habitat OPH sera forcément amené à financer en partie l'entretien, les charges, la réhabilitation d'immeubles qui resteront dans le secteur privé, et ce sera autant d'argent en moins pour le logement social  !

 Paris Habitat OPH est notre bien commun, et quasiment le seul espoir de logement décent , à prix abordable pour les mal-logés de la capitale car même les autres bailleurs de la Ville de Paris ont des loyers beaucoup plus chers. Nous sommes là pour défendre notre patrimoine social et son avenir, même si sa direction actuelle estime que les mal-logés n'ont pas leur mot à dire et nous refuse toute possibilité de dialogue.

Notre dossier Paris Habitat OPH


Les mal-logés fêtent le centenaire de Paris... par HLMPOURTOUS

00:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris habitat oph, stephane dambrine, anne hidalo, mal-logement, ian brossat, mixité sociale, pla-i, pls | | |  Facebook

jeudi, 02 octobre 2014

Dans le 15ème comme ailleurs, le mal-logement n'est pas une fatalité.

Au moins dix mille foyers sont en situation de mal-logement dans le 15ème, sans doute beaucoup plus car ce chiffre ne recense que les personnes qui renouvellent chaque année leur demande de logement.

Pourtant, il suffit de taper un mot clé comme "logement social" dans Google, pour se rendre compte qu'il n'est pas associé à un besoin essentiel pour de nombreux habitants, mais à un problème. En effet, on trouve immédiatement des articles intitulés " Logement social: les habitants du 15ème arrondissement échaudés" ou pire " Logements sociaux et insécurité dans le 15ème".

D'emblée les Parisiens en attente d'une solution à leurs problèmes sont donc stigmatisés.

Mais dans le 15ème comme ailleurs, ce ne sont pas les mal-logés qui doivent avoir honte, mais l'ensemble des responsables qui depuis des années se contentent de déplorer la "crise", sans jamais y répondre.

C'est pourquoi pour la seconde fois en quelque mois, une soixantaine de mal-logés ont organisé une manifestation déterminée et revendicative devant les fenêtres de la mairie. En effet, pour faire cesser le premier rassemblement, le collectif avait été rapidement reçu par le directeur de cabinet du maire, qui nous promettait un "dialogue constructif" pour la suite.....Suite qui s'est concrétisée par une méthode malheureusement commune chez les interlocuteurs des mal-logés: observer un silence total aux demandes ultérieures de tenue des engagements.

Mais cette méthode a ses inconvénients, surtout face à des collectifs qui ne s'arrêtent pas d'exister parce que les élus les ignorent: les demandeurs de logement sont donc revenus aujourd'hui devant la mairie du 15ème, plus nombreux que la fois précédente.


Mal-logement: nouvelle manifestation dans le... par HLMPOURTOUS

Le tract diffusé sur place

Mairie du 15ème: quand les mal-logés se rendent visibles...

A Paris on entend souvent dire que la mixité sociale est absente de l'Ouest parisien. En réalité , les très riches y côtoient bien les catégories sociales plus modestes...mais le vrai problème, c'est qu'elles vivent dans des conditions de logement inacceptables et pourtant peu visibles.

Ainsi, le 15ème arrondissement compte 10 000 demandeurs de logement, soit autant que des arrondissements populaires de l'Est. Derrière les façades impeccables de beaucoup d'immeubles, se cachent des logements sur-occupés, où les générations s'entassent, de toutes petites surfaces insalubres où vivent des familles entières, mais aussi des foyers d'hébergement d'urgence où des structures assurant la domiciliation des personnes à la rue, mais pas leur accès au logement.

En manifestant aujourd'hui devant la mairie, nous voulons rendre visible cette réalité.

Nous voulons aussi montrer que les demandeurs de logement n'ont pas à se cacher : en effet dans le 15ème, comme dans d'autres arrondissements, dès qu'un programme de logement social est évoqué, il donne lieu à la stigmatisation des mal-logés. Insécurité, drogue, saleté, laideur architecturale, voilà ce qu'on entend contre le logement social, comme si les Parisiens ouvriers, employés, retraités modestes , qu'on supporte très bien quand ils font vivre la capitale notamment par leurs emplois, devenaient indésirables dès qu'ils exigent un logement décent.

A l'Assemblée Nationale, le maire de l'arrondissement défend le « relogement des DALO près de leur ancien domicile ». Mais dans son arrondissement, alors que la majorité des demandeurs de logements a besoin d'un vrai logement social, il prône le « recentrage » sur les « classes moyennes », et surtout le développement du logement privé. Les 10 000 demandeurs de logement social sont-ils pour lui des administrés de seconde zone ?

Dans le même temps, le 15ème se peuple de bureaux : le Balardgone, mais aussi la future Tour Triangle, un édifice colossal , dédié aux très grosses entreprises, et ce alors que la capitale est déjà pleine de bureaux vides.

En avril dernier, suite à une manifestation, le directeur de cabinet du maire Philippe Goujon s'était engagé à des échanges réguliers, mais n'a plus donné suite. Nos problèmes sont toujours là, nous aussi !

 Dans le 15ème comme ailleurs, tout le monde a droit à un logement !

 

19:06 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : tour triangle, philippe goujon, mal-logement, loi sru, mixité sociale | | |  Facebook

mardi, 20 mars 2012

Suppression des allocations logement: réaction suite au communiqué de la CAF de Paris

Suite à la diffusion d'un communiqué de presse de la direction de la CAF de Paris (visible ici: http://www.annuaire-secu.com/pdf/CP-CAF75-160312.pdf) accusant notre collectif d'allégations mensongères concernant la prochaine suspension de l'allocation logement pour les foyers parisiens victimes de sur-occupation, voici notre réponse.

Tout d'abord et pour couper court à toute polémique sur l'état de la procédure pour certains allocataires, pour qui la rupture d'allocations était annoncée en mai, nous reproduisons ci-dessousun exemple de courrier reçu, qui informe l'allocataire que son logement ne remplit pas les conditions pour percevoir l'allocation et qu'en conséquence son allocation ne sera prolongée "EXCEPTIONNELLEMENT" que jusqu'à mai 2012. Chacun pourra constater que le courrier ne mentionne aucune possibilité de prolongation et encore moins les moyens de l'obtenir ou les recours possibles. Les allocataires qui se sont déplacés au guichet de leur CAF se sont vu confirmer cette date butoir.

La version de la direction de la CAF, en dehors de ce déni de la réalité des courriers envoyés pose beaucoup de questions : s'il n'y a pas eu de directives particulières du Ministère ou en tout cas de la direction de CAF, alors à quoi est due la convocation simultanée de nombreuses réunions collectives dans tous les quartiers parisiens depuis le début de l'hiver ? Le travail d'information et d'accès aux droits est un travail quotidien , qui figure parmi les tâches de la CAF, pourquoi brusquement les foyers victimes de sur-occupation auraient-ils vu leurs dossiers sélectionnés pour faire l'objet d'un suivi particulier, par rapport à d'autres catégories d'allocataires subissant également des problèmes de logement, notamment en matière d'insalubrité ?

La direction de la CAF affirme ne pas avoir accès directement aux dossiers DALO : elle oublie cependant de mentionner qu'elle travaille avec la Préfecture et l’État dans de nombreux domaines et échange des informations sur les allocataires et leur situation locative. Par exemple, concernant les procédures d'insalubrité ou d'expulsion qui peuvent entraîner des ruptures d'allocation logement. L'hypothèse d'un échange d'informations concernant la sur-occupation repérée par le biais du DALO est donc une possibilité .En tout état de cause la direction de la CAF , dans son communiqué ne dément à aucun moment les faits que nous rapportons, à savoir la concomitance de l'obtention du label DALO et les convocations à ces réunions collectives aboutissant à la remise en cause du maintien de l'allocation logement, et ne donne aucune explication à ce sujet.

Par ailleurs, nous tenons à rappeler que notre qualité de mal-logés n'autorise aucune institution à porter un jugement spécifique sur l'éducation de nos enfants : le communiqué de la direction de la CAF est particulièrement choquant sur ce sujet, notamment lorsqu'il parle d'apprendre aux concernés à « sortir de chez eux », ou à développer « leur réseau relationnel », sans parler du passage effarant sur le « réaménagement pour optimiser l'espace », comme si l'on pouvait atténuer le mal-logement en poussant quelques meubles...

Suite à notre occupation, trois demandeurs de logement ont fait l'objet d'une garde à vue. L'une des personnes a été libérée pour être emmenée en urgence à l'hôpital en pleine nuit. Les deux autres sont traînées au tribunal le 9 mai pour des violences imaginaires.

Le soir même de l'occupation, la direction nationale de la CNAF répondait par ailleurs positivement et par écrit à notre demande de rendez-vous formulée pendant l'occupation , ne niant à aucun moment l'existence des menaces de suspension. Dans le même temps, ainsi que le relate le communiqué AFP, les responsables de la CAF déclaraient "n'infirmer ni ne confirmer" nos informations, manifestement embarrassés...

Malgré la répression dont nous sommes victimes, si ce communiqué de la CNAF signifie le maintien des allocations logement pour tous et toutes, contrairement à ce qui était prévu, nous nous réjouirons du résultat de la mobilisation. Reste que pour le moment, aucune des personnes concernées n'a reçu de courrier de la CAF l'informant de ce maintien.

Dans l'attente, nous continuerons pour notre part à communiquer en toute transparence sur les informations en notre possession, et évidemment à nous mobiliser.

 Un exemple des courriers envoyés par les CAF parisiennes (cliquez sur l'image pour agrandir)

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14:15 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : caf, dalo, allocation logement, paris, mal-logement | | |  Facebook

jeudi, 02 février 2012

Discours de Longjumeau : des mal-logés occupent l'ANIL

Comme en 2007, deux mois et demi avant les élections, le gouvernement fait brusquement mine de prendre en considération les millions de personnes qui ne peuvent plus se loger décemment.

Mais comme en 2007, derrière les effets d'annonce , il n'y a que le mépris des problèmes que nous rencontrons tous: que reste-t-il des promesses faites au moment du vote de la loi DALO, qui devait résoudre la crise du logement ?

Aujourd'hui, comme hier, le gouvernement et le Président reconnaissent la situation, mais leurs soi-disant solutions ne sont qu'encouragement à la spéculation immobilière et avantages pour les gros propriétaires.

L'augmentation de 30% de la constructibilité actuelle des terrains ? Elle n'aura aucun effet sur la construction de logements sociaux, qui en bénéficiait déjà. Par contre elle augmentera les bénéfices des promoteurs.

Le blocage des loyers "abusifs" ? Le président a évoqué les loyers qui seraient supérieurs de 20% à ceux du marché...mais le problème ce sont les prix actuels du marché , pas leur dépassement, notamment en petite couronne parisienne ou la hausse se poursuit!

La baisse des droits de mutation en cas de vente ? Elle diminuera encore le budget des collectivités locales et donc les crédits du logement social, et enrichira encore un peu plus les gros propriétaires.

La production de logements sociaux en masse est la seule solution permettant de faire baisser les loyers du privé, parce qu'elle constitue une offre alternative qui régule le marché. Mais aujourd'hui dans les constructions récentes, le vrai logement social est remplacé de plus en plus souvent par du PLS inaccessibles aux salariés ordinaires et aux ménages modestes. Il constitue un tiers des nouvelles constructions alors que 80 pour cent des demandeurs de logement ne peuvent y accéder. Dans le même temps, les logements sociaux bon marché sont vendus par milliers chaque année !

La crise du logement est due à ces politiques pas au hasard.
Les mal-logés continueront à les combattre.

Un logement pour tous maintenant !


Mal-logement : occupation du siège de l'ANIL par HLMPOURTOUS

19:55 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adil, benoist apparu, mal-logement, blocage des loyers | | |  Facebook

vendredi, 07 octobre 2011

NON ! L'insalubrité n'a pas disparu à Paris

Une centaine de mal-logés ont occupé ce matin le siège parisien de la SIEMP, société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée depuis 2001 de l’éradication de l’insalubrité dans la capitale.

Cette occupation faisait suite à la communication récente de Jean-Yves Mano , adjoint au Logement et de Romain Levy, président de la Siemp sur le sujet des taudis : selon leurs déclarations dans la presse, l’essentiel a été fait, l’insalubrité est quasiment résorbée et ce qui reste de taudis ne concernerait pas la Ville, qui en a déjà assez fait.

Les conditions de vie de dizaines de milliers de mal-logés sont pourtant toujours aussi infectes, et nous ne nous ne nous laisserons pas invisibiliser : nos taudis sont moins voyants qu’autrefois, certes, situés dans des immeubles dont la façade a souvent été refaite, et surtout la définition légale de l’insalubrité a été revue à la baisse, désormais l’humidité, les cafards, les champignons, l’amiante, les sanitaires dégradés sont « juste » de l’ « indécence » selon le terme institutionnel.

Pour nous l’ « indécence », c’est celle qui consiste à laisser perdurer pour des dizaines de milliers de personnes de tous âges, des conditions de vie dignes du siècle dernier pendant des années, pour nous l’indécence c’est de prétendre que rien ne peut être fait de plus en termes de production de logement social, pour nous l’ « indécence » , c’est se féliciter des politiques menées quand elles laissent des dizaines de milliers de Parisiens de côté.

Nous avons donc exigé et obtenu un rendez-vous avec le président de la SIEMP, le cabinet de Bertrand Delanöe, et celui de Jean-Yves Mano, pendant lequel il leur sera sans doute plus difficile d’expliquer aux premiers concernés qu’à la presse que le problème de l’insalubrité est réglé.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Communiqué diffusé sur place ci dessous


Insalubrité à Paris : des mal-logés occupent la... par HLMPOURTOUS


Insalubre, indécent, indigne, en diffus ou pas,
un taudis, est un taudis !


Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui collectivement à la direction parisienne de la SIEMP , société d'économie mixte chargée par la Ville de Paris d'éradiquer l'insalubrité .

Nous sommes ici , parce que nous sommes inquiets et révoltés de la communication globale faites par les élus parisiens, mais aussi par le gouvernement sur l'insalubrité et son traitement : ces dernières semaines, en se focalisant sur mille immeubles parisiens, dont la liste a été faite il y a des années, Jean Yves Mano, adjoint au Logement de la Ville, mais aussi Romain Levy, le président de la SIEMP ont affirmé à de nombreuses reprises que l' « insalubrité était quasi-résorbée à Paris ». Dans certains entretiens donnés à la presse, Jean Yves Mano a certes reconnu que subsistait un problème sur l'insalubrité en diffus, c'est à dire des logements isolés dans des immeubles, mais que « La Ville ne pouvait se substituer aux propriétaires privés ».

Les mal-logés savent ce que signifie au quotidien ces affirmations : un délaissement de plus en plus important des problèmes vécus par des dizaines de milliers d'entre nous.

Ce délaissement se fonde sur la distinction entre habitat « insalubre et impropre à l'habitation » et habitat « indécent ».

Concrètement, l'humidité, les infestations récurrentes de nuisibles, la présence de champignons, la mauvaise aération, l'état dégradé des installations électriques, des sanitaires, des fenêtres, de l'isolation, même cumulés ne sont plus de l'insalubrité : il faut que la dégradation en arrive au point de mettre directement et immédiatement la vie en danger pour que l'action des pouvoirs publics se déclenche enfin sous une autre forme que des injonctions de travaux inopérantes.

Concrètement, on peut très bien vivre dans un logement pourri, souffrir de pathologies récurrentes liées au mal-logement, sans pouvoir prétendre à un quelconque droit au relogement immédiat. Pire le soupçon pèse sans arrêt sur nous, les mal-logés sont très souvent accusés de « noircir le tableau » pour « extorquer un logement social. »

Les propriétaires privés, eux, bénéficient d'une considération bien plus grande, on subventionne leurs travaux, on ne recourt quasiment jamais à la suspension du loyer, on leur laisse des délais. Juridiquement plus accompagnés que les mal-logés, ils parviennent à faire financer la remise en état des logements pour ensuite congédier leur locataire et revendre en réalisant d'importantes plus-values. Ils ont à leur disposition des services d'information et d'aide immédiate et centralisée, notamment à la SIEMP, quand les mal-logés doivent attendre parfois six mois ou plus pour une visite de constat dans un appartement, et multiplier les démarches auprès de services différents pour chaque problème spécifique.

Non, le problème de l'insalubrité et des taudis n'est pas réglé à Paris, il prend simplement des formes plus discrètes, et ce d'autant plus que les mal-logés osent de moins en moins souvent le dénoncer : face à la pénurie de logements, face au peu de chances d'obtenir un logement social, s'attaquer à son propriétaire, c'est prendre le risque de l'expulsion sèche à brève échéance.

Un logement décent, c'est le minimum pour tous, il n'y pas d'insalubrité « relative » et supportable !

15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, pascale dietrich-ragon, mal-logement, siemp, insalubrité, jean yves mano | | |  Facebook

vendredi, 26 août 2011

A propos du Collectif des Mal-logés en Colère

Depuis 2004, le Collectif Mal Logés en Colère regroupe des mal-logés, demandeurs de logement social, quelle que soit leur situation particulière, qui souhaitent agir ensemble pour la résolution de leurs problèmes.

Nous ne bénéficions, ni ne sollicitons quelque subvention que ce soit auprès des pouvoirs publics. De même, nous ne disposons d'aucun soutien en nature de ces mêmes pouvoirs publics, du type local ou autre.

Nous ne demandons aucun frais d'adhésion, ni cotisation comme préalable à la participation au collectif, est membre celui qui s'investit dans nos mobilisations et respecte un fonctionnement collectif. Chacun peut contribuer ou pas aux quelques dépenses occasionnées par ces activités.

15:37 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : subventions, paris-habitat oph, mal-logement, conseil de paris, association, conseil régional, bailleur social | | |  Facebook

mardi, 07 juin 2011

Benoist Apparu à Paris : Une résidence sociale inaugurée, 4000 hébergements supprimés

80 mal-logés attendaient cet après-midi Benoist Apparu, Secrétaire d'Etat au Logement devant la résidence sociale du Secours Catholique qu'il venait inaugurer , au 4, rue Edgar Quinet dans le 14ème arrondissement.

Ces quelques places supplémentaires sont manifestement chose si rare, que tous les responsables du logement social en Ile de France se pressaient pour être pris en photo lors de cet événement exceptionnel : outre le Ministre, le Préfet National délégué à l'Hébergement et au Logement, Alain Regnier était également présent, entouré de nombreux élus parisiens.

Il est certain que les inaugurations vont se faire rares puisque le Secrétaire d'Etat au Logement a annoncé la réduction de 25 pour cent du budget du SAMU social, soit 4000 places en moins dès maintenant. Ceci s'ajoute à la baisse des crédits de l'Etat de plus de 20 millions d'euros pour la construction de nouveaux logements dans la capitale.

Malgré les effets d'annonce, lorsque les demandeurs de logement sont là en chair et en os, la politique actuellement menée montre son visage : nous nous sommes très vite retrouvés entourés par des dizaines de CRS, qui ont tenté de nous repousser loin de la résidence sociale.

Finalement, la présidente de l'Association des Cités du Secours Catholique, Maryse Lepee nous a assuré que le Ministère nous contacterait sous 48 heures pour nous fixer un rendez-vous.

Quoi qu'il en soit, les mal-logés ne se laisseront pas mettre à la rue en silence : d'autres actions auront lieu ces prochains jours.

( Communiqué diffusé sur place ci dessous )

 


Des Mal-logés interpellent Benoist Apparu lors... par HLMPOURTOUS

 

Une résidence sociale inaugurée, 4000 hébergements supprimés


Mr Benoist Apparu inaugure aujourd'hui un hébergement d'urgence dans le 14ème arrondissement, une maison relais du Secours Catholique.
Les demandeurs de logement franciliens s'apprêtent eux à inaugurer le trottoir : l'Etat vient en effet d'annoncer la réduction du financement du SAMU social de plus de 25 pour cent de son budget.



Concrètement, les mal-logés se voient signifier en masse depuis des semaines, la rupture brutale de leur prise en charge dans des hôtels. D'autres en errance urbaine se voient refuser toute aide d'urgence.
Mr Apparu déclare vouloir ainsi favoriser le recours à des hébergements plus adaptés et à des vrais relogements, et éviter l'installation dans des structures hôtelières inadaptées et coûteuses. Mais tout le monde sait que la chaîne du relogement est totalement bloquée : et ce n'est pas l'inauguration de quelques nouvelles structures qui va masquer cette réalité.

A Paris, il y a 120 000 demandeurs de logement : en 2009, quasiment 40% de ces demandeurs étaient soit hébergés chez des tiers de manière précaire, soit en hébergement d'urgence, soit sans domicile fixe. Environ 13 000 foyers dépendent d'un foyer, d'un hôtel ou d'une résidence sociale/appartement relais. (selon les chiffres de l’APUR novembre 2010)

A Paris, l’Etat propose seulement 1000 relogements par an sur son contingent à l'ensemble des demandeurs.

Le calcul est vite fait et les conséquences évidentes : ceux qui sont dans des « hébergements stables » y restent coincés pendant des années.

Ceux qui sont à l'hôtel n'ont aucun autre choix que d'y rester la majeure partie du temps.
Ceux qui perdent leur hébergement chez des tiers, ou sont expulsés ont toutes les chances de finir à la rue, puisque chaque année au moins 13 000 demandes d'hébergement ne sont pas satisfaites.
La rupture d'hébergement n'est que la conséquence visible du problème : la réalité, c'est aussi la sur-occupation des logements, la solidarité familiale qui aboutit à l'entassement de plusieurs générations dans un même appartement.

Dépendre du SAMU social, vivre à l'hôtel, c'est déjà une vie quotidienne insupportable : aujourd'hui, au lieu de résoudre nos problèmes, on nous enfonce la tête sous l'eau.

Nous ne l'accepterons pas : nous ne nous laisserons pas réduire au silence par des arguments destinés à nous faire honte, comme le coût de ces hôtels pour la collectivité, ou les charges contre les « assistés ».

Nous sommes demandeurs de logement, et nous ne sommes pas responsables, si tout ce qu'on nous propose, se résume à de l'hébergement précaire qui coûte cher à tout le monde.

Ni la rue, ni la honte.

Nous exigeons un logement pour tous, maintenant.

19:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : benoist apparu, samu social, secours catholique, la clef des champs, sdf, expulsion, sans abris, mal-logement | | |  Facebook

 
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