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lundi, 28 janvier 2013

Logement social abusif ? Quand un appartement de Paris Habitat OPH est insalubre et contaminé au plomb....

Ces derniers jours, les médias se sont fait l'écho des taudis dans lesquels vivent de plus en plus de personnes condamnées à l'insalubrité et à la suroccupation, du fait du manque de logements sociaux. La Ministre du Logement a fort justement parlé, à propos de  ces situations de "logement abusif"

Mais l'état du parc de logements sociaux notamment à Paris aboutit aujourd'hui à des situations similaires pour des foyers ayant cru échapper définitivement à l'enfer du mal-logement.

 170120131193.jpgLes photos de murs recouverts par les moisissures que nous reproduisons ci-dessous ne sont pas celle d'un logement du parc privé, mais celles d'un appartement de Paris Habitat OPH situé dans l'Est parisien.

Le locataire de cet appartement avait connu l'errance et l'enfer du mal-logement, avant d'obtenir enfin ce logement social en 2010.

Mais très vite, les peintures commencent à noircir tandis que l'humidité affleure sur les murs. Comme dans tous les immeubles non entretenus correctement à Paris, les problèmes liés au bâti ne peuvent pas se régler juste en aérant au maximum ou en changeant le papier peint, et la couche de moisissures ne cesse de s'épaissir.

Entre temps, le locataire est devenu père de famille, il a effectué une demande de mutation et signalé à de nombreuses reprises les problèmes d'humidité qu'il rencontre à son agence Paris Habitat OPH locale mais aussi au siège...Inquiet pour la santé de son enfant, ses réclamations lui vaudront simplement une lettre du bailleur lui reprochant de soit-disant insultes et le menaçant d'une plainte s'il venait à nouveau dénoncer sa situation.

Mais le pire est à venir : au mois de juillet 2012, alors que le bailleur n'a toujours pas répondu à ses demandes, ce sont les services de lutte contre le saturnisme de l'Etat qui lui envoient un courrier. Il apprend ainsi que son appartement est contaminé au plomb, dans des proportions bien au dessus des seuils légaux. Les conséquences immédiates pour la santé de la famille sont clairement exposées dans ce courrier, reproduit ci-dessous « l'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique et provoque des effets réversibles ( anémie, troubles digestifs) , ou irréversibles ( atteinte du système nerveux) », «  l'humidité des parois devra être surveillée ».

mail.jpgLe saturnisme a d'autant plus de chances de se développer chez les enfants en bas âge et toutes les études scientifiques validées par les autorités publiques montrent que la contamination se fait notamment par l'inhalation des poussières en suspension dans l'air dans les appartements où le bâti cause un problème d'humidité.La famille locataire de ce logement social a un enfant de 20 mois. Chaque mois qui passe, la contamination se poursuit, et pour le moment, depuis ce courrier du mois de juillet, aucune proposition de relogement n'a été faite .

Le logement en question fait partie de l'ancien patrimoine de la SAGI, racheté par Paris Habitat OPH en 2005. Nous avions, déjà, il y a quelques années, dénoncé les risques de ce rachat d'un parc en mauvais état non rénové pour Paris Habitat OPH. Il s'avère aujourd'hui que les risques sont supportés par les locataires.

Plus globalement, cet exemple extrême mais non isolé de logement social en mauvais état traduit les problèmes posés par les choix faits en matière de production de logement par Paris Habitat OPH et la Ville de Paris : en privilégiant le rachat d'immeubles anciens et occupés, mais aussi en rachetant à d'autres sociétés de la Ville un parc en mauvais état, le nombre de « nouveaux » logements sociaux a certes été accru sur le papier dans un premier temps. Mais qu'il s'agisse de problèmes d'isolation thermique ( logements mansardés rachetés par la SIEMP), de vétusté des installations électriques, de problèmes d'accessibilité ( immeubles sans ascenseur ), les nouveaux relogés paient souvent le prix fort de cette politique, et la rénovation nécessaire sera un impact de plus sur le budget des bailleurs et du nouveau logement social en moins. D'ailleurs, cette politique a trouvé ses limites dès 2010, où la production de logements sociaux du premier bailleur francilien a brutalement chuté de presque 80%, la politique d'acquisition en milieu occupé jointe au cout du rachat du parc de la SAGI ayant épuisé les fonds propres de Paris Habitat OPH au fil des années.

 

170120131195.jpgNotre collectif a alerté récemment la direction de l'Union Sociale de l'Habitat sur l'état d'une partie du parc de logements sociaux parisiens. Thierry Bert délégué général de l'USH , nous a informés que le cas précis de cet appartement ( qui n'est probablement pas un cas isolé ) a été transmis directement à Stéphane Dambrine , président de Paris Habitat OPH .

 

Nous attendons donc une réaction rapide et un relogement immédiat de cette famille, au regard du danger sanitaire auquel elle est confrontée. Mais au delà, la question se pose de l'état du parc social parisien en général et de celui de l'ancien patrimoine de la SAGI en particulier.

Même si la situation de cette famille vient à évoluer, parce qu'elle n'est pas restée isolée et a contacté un collectif de lutte, il n'est pas acceptable que des locataires se retrouvent en situation d'insalubrité dangereuse au sein du logement social, sans possibilité individuelle d'être écoutés par leurs bailleurs.

 

Le courrier envoyé par le service saturnisme de la DRIHL au locataire


Clickez sur l'image pour lire le courrier Heberger image

16:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, insalubrité, marchand de sommeil | | |  Facebook

jeudi, 15 décembre 2011

Saint-Denis : les marchands de sommeil expulsent, la mairie s'en prend aux mal-logés.

Depuis quelques jours une centaine de familles hébergées dans deux hôtels de la Rue Jesse Owens, à Saint-Denis sont confrontées à une énième tentative d'expulsion illégale de la part de l'hôtelier. Celui-ci tente de leur extorquer des sommes invraisemblables pour le paiement des chambres.

 Dans ces deux hôtels, depuis des années , une partie des habitants est totalement abandonnée à son sort par l'Etat et les mairies : la Ville de Paris refuse de les prendre en charge, bien que les enfants soient scolarisés dans la capitale et qu'elles en soient originaires. Les services sociaux de la Seine Saint Denis , eux , les considèrent parisiennes et leur refusent également tous leurs droits.

 Du coté de l'Etat, le SAMU social qui était censé assurer un suivi les a laissés sans nouvelles pendant des mois, parfois des années, refusant notamment de leur délivrer des attestations d'hébergement nécessaires à leurs démarches. Récemment des travailleurs sociaux mandatés par la Préfecture sont venus faire remplir de longs questionnaires : parmi les demandes, certaines concernaient la vie privée des familles et n'avaient d'ailleurs rien à voir avec une procédure de relogement.

 Les travailleurs sociaux sont repartis, sans proposer aucune solution concrète. Aujourd'hui, les mal-logés des deux hôtels sont seuls face aux pressions du propriétaire.

 Notre collectif avait saisi Mr Stéphane Peu, maire adjoint de Saint-Denis et président de Plaine Commune Habitat de cette situation intenable dès le mois de janvier dernier. Au mois de mai, rien n'ayant avancé, nous sommes revenus collectivement en Mairie de Saint Denis. Mr Peu s'engagea alors à nous recevoir mais ne donna pas suite.

 Aujourd'hui, soit 7 mois plus tard, nous sommes revenus à une centaine témoigner de notre solidarité aux familles menacées d'expulsion et méprisées par les élus.

 Les élus de Saint-Denis ont fait procéder à une évacuation policière de la mairie et à un contrôle d'identité pour quelques uns d'entre nous. A Saint-Denis, manifestement, il vaut mieux être marchand de sommeil que mal-logé en lutte.

 Cela ne nous a pas empêché de continuer la manifestation à l'extérieur de la mairie, et de témoigner notre solidarité aux mal-logés expulsés d'immeubles insalubres rue Gabriel Péri, et qui campent dehors non loin de la mairie, puisqu'à eux non plus, aucune solution de logement n'a été proposée.

 La lutte continue, et nous ne laisserons pas expulser en silence.




Saint Denis : des mal-logés expulsés de la... par HLMPOURTOUS

16:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saint denis, mal-logés, stéphane peu, didier paillard, expulsion, logement d'abord, dalo, marchand de sommeil | | |  Facebook

 
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