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jeudi, 06 mars 2008

Paris:Les mal logés en colère s'invitent à la direction de la Politique de la Ville

Ce jour, environ soixante dix mal logés ont occupé pendant tout l'après midi la direction de la Politique de la Ville et de l'Intégration de la Mairie de Paris

Quelques jours avant les élections municipales, nous voulons rappeler  la réalité du mal logement à Paris, souvent éludée pendant cette campagne, où le bilan du maire sortant s'est résumé à répéter en boucles quelques chiffres, en en oubliant un, celui du nombre de demandeurs de logement qui a augmenté depuis 2001.

De fait des milliers de Parisiens, sont non seulement privés d'un logement décent, mais aussi de l'ensemble de leurs droits à cause de la politique sociale de Bertrand Delanoé


La politique de la Ville à Paris, ce sont par exemple les familles hébergées à l'hôtel qui doivent en permanence passer d'un hôtel à un autre, au gré des ruptures de financement décidés par les services sociaux selon l'état des hébergements, des familles où les enfants ne cessent de changer d'école, où la place en crèche quand il y en avait
une est perdue du fait des déménagements incessants.

La politique de la Ville, c'est aussi une bonne dose de poudre aux yeux: Bertrand Delanoé et son équipe n'ont cessé de mettre en avant l'avancée considérable constituée par les sous locations dans le privé mises en place avec des associations et censées remplacer les hôtels, mais pour l'instant cette expérience se résume à quelques dizaines
d'appartements, et en réalité,  ces sous locations , dans lesquelles on investit l'argent du logement social pour financer des locations privées ne remplacent pas les places en hôtel mais les vrais logements auxquelles les mal logés devraient normalement accéder.

La Politique de la Ville, c'est cette déclaration scandaleuse de Jean Yves Mano dans "Métro" il y a quelques jours: " Nous ne pourrons pas loger tout le monde " prévient l'adjoint au Logement. Qu'est ce que cela signifie ? Que les Parisiens modestes, qui n'ont d'autre solution que le logement social devront quitter leur ville ? La politique de la Ville, est donc faite d'exclusion des plus pauvres ?

Toutes ces questions, nous les avons posées pendant l'occupation à l'adjoint de Mr Lanvers, directeur de la structure. Celui-ci nous a donné une bien étrange réponse: tout ceci n'aurait rien à voir avec la Politique de la Ville ou l'Intégration.....A quoi sert donc cette direction, installée en grande pompe au coeur de la partie la plus pauvre du 19ème arrondissement si elle n'est pas là pour répondre aux problèmes des habitants de l'arrondissement qui compte le plus de mal logés dans tout Paris.

Elections oblige, nous sommes repartis avec une kyrielle de rendez-vous avec les interlocuteurs du logement et de l'action sociale ( a la direction de la politique de la Ville et de l'integration, ainsi qu'a la DASES)

Mais élections ou pas, nous resterons mobilisés et actifs pour que la future équipe municipale construise enfin les logements dont nous avons besoin!

19:16 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : mal logés, Logement social, hôtels, municipales, Paris, Delanoe, action sociale | | |  Facebook

vendredi, 08 février 2008

Delanoe en campagne, les mal logés en galère !

Jeudi 7 février, Bertrand Delanoe animait deux réunions de campagne, l'une dans le 19ème, avec le maire sortant et candidat à sa propre succession, Roger Madec, l'autre dans un hôtel de luxe de 10ème, avec Rémi Ferraud, candidat dans le 10ème arrondissement.

Bientôt expulsés de leurs hôtels ou de leurs logements, bloqués depuis des années dans des appartements trop petits et insablubres, les mal logés des deux arrondissements avaient décidé de venir à là rencontre de leurs élus et de leur rappeler, en manifestant devant leurs réunions, que rien n'est réglé à Paris sur le front du logement.

Parmi nous, les habitants des hôtels de la rue Jarry ( 75010) : après des mois d'interruption du financement des hébergements par la Ville, et une lutte très dure pour pouvoir rester dans les lieux à défaut d'un relogement, ils viennent d'apprendre que l'hôtel va fermer définitivement. Après un hiver ponctué par les coupures d'électricité, les tentatives d'expulsions sauvages, doivent-ils se résigner à finir à la rue ou dans un autre hôtel pourri au printemps ?

Parmi ces Parisiens que le Maire n'a pas voulu rencontrer, préférant barrer l'entrer de ses réunions publiques avec un cordon de CRS, beaucoup de grandes familles entassées dans des logements minuscules au loyer hors de prix, mais aussi des retraités, à qui leurs faibles revenus ne permettent pas d'accéder à un autre type de logement que les HLM.

Les demandeurs de logement sont 109 000 à Paris, donc plus nombreux qu'en 2001. En plus de l'attente, ceux des quartiers populaires sont confrontés à des maires d'arrondissement qui refusent de construire de nouveaux logements sous prétexte qu'il y en aurait déjà trop.

En tout cas, dans la mesure ou Bertrand Delanoe leur en interdit l'accès, il ne risque pas d'y avoir trop de mal logés dans les réunions de campagne, ce qui permet ainsi d'éviter le sujet du nombre scandaleusement bas de logements bon marché comparé à celui en hausse constante des logements sociaux pour classes moyennes supérieures!

 

 

Voici les deux tracts diffusés au public des deux réunions lors de ces manifestations qui ont réuni une centaine de mal logés.

 

Le texte diffusé dans le10ème

 

Hôtels de la Rue Jarry : les occupants toujours menacés d’expulsion.

 

Depuis les incendies en 2005, les fermetures d’hôtel se multiplient. La liste noire des hébergements que la Ville de Paris refuse de financer s’allonge. Pour autant, si la Ville et la Préfecture se protègent ainsi de toute mise en cause en cas d’accident lié à l’insalubrité, dans les faits, personne ne protège les mal logés en les relogeant, ni même en leur garantissant l’accès à un hébergement stable

Depuis le 11 octobre, par exemple, plus aucun financement n’est assuré par les services sociaux de la Ville de Paris, pour les familles de l’hôtel Crystal ( 75010) .

La cause : un arrêté de péril, lié à l’état des façades, pris par la Préfecture le 11 août. C’est seulement fin septembre que les habitants auront connaissance de l’existence de cette mesure, ni les services préfectoraux , ni la Ville n’ayant jugé bon de les en informer jusqu’à cette date, ou les travailleurs sociaux leur apprennent que le paiement de leurs hébergements va être interrompu, sans qu’aucune solution, ni de relogement, ni d’hébergement ne leur soit proposée.

Les habitants s’organisent , occupent la mairie du 10ème, interpellent Olga Trotsiansky, adjointe à la Petite Enfance , et candidate à la succession de l’actuel Maire du 10ème, Tony Dreyfus. Celui s’engage à débloquer des hébergements stables rapidement, mais à ce jour, rien n’a bougé. Il a été expliqué aux résidents qu’ils pouvaient pour l’instant de maintenir dans l’hôtel sans payer, à cause de l’arrêté de péril

Comment la Ville de Paris peut-elle simultanément refuser de financer les hébergements au prétexte que les hôtels sont dangereux, et dans le même temps enjoindre aux familles de rester sur place et ne faire aucune proposition de relogement dans l’urgence.

Comment Bertrand Delanöe peut-il vanter l’exemplarité de sa politique du logement ? Dans le seul 10ème arrondissement, les habitants des innombrables hôtels meublés, qui y attendent depuis des années un relogement qui ne vient pas sont la preuve que l’éradication de l’insalubrité et du mal logement n’a pas eu lieu.

Une nouvelle fois, des discours d’un côté, sur la qualité de la politique du logement menée par la Ville, sur l’augmentation du nombre d’hébergements « de stabilisation « par le Ministère et de l’autre une réalité qui s’aggrave de jour en jour. Des Parisiens livrés aux pressions des marchands de sommeil ou à la rue.

Ne reste donc aux habitants des hôtels de la rue Jarry, comme à tous les mal logés, que la pression des actions collectives pour contraindre la Ville et la Préfecture à assumer leurs responsabilités et à trouver rapidement de vraies solutions.

 

 

Le texte diffusé dans le 19ème

 

 

Aujourd’hui 80 pour cent des Parisiens pensent que la politique du logement de la Ville de Paris n’a pas permis d’améliorer la situation en général, et 63 pour cent que la politique en matière de logement social n’a pas changé les choses.

 

De fait, nous sommes plus nombreux à attendre un logement social qu’il y a dix ans.

 

Et les demandeurs sont majoritairement issus des quartiers populaires, notamment du 19ème.

Et pour cause : l’augmentation des loyers privés, et celle des prix à la vente est une des plus fortes de tout Paris. Les personnes, les familles qui avaient une location dans le privé se voient expulser par des propriétaires qui vendent leur bien. Elles n’ont aucune chance de retrouver un appartement dans le privé, pas plus que celles qui n’ont déjà pas de logement et sont hébergées chez des proches ou à l’hôtel.

 

Effectivement, des taudis sont détruits, des hôtels interdits à la location ; mais dans la réalité, les arrêtés de péril, les constats d’indécence ou de sur-occupation du logement ne suffisent pas à l’obtention d’un relogement. Pire, dans les hôtels, ils aboutissent à une fin de la prise en charge du loyer par les services sociaux, sans solution alternative acceptable. Au mieux, c’est un hébergement en banlieue, dans des villes ou personne ne veut de ces mal logés, au pire, aucune proposition n’est faite.

 

Et pour cause : les quartiers riches de la capitale n’accueillent pas beaucoup plus de logements sociaux qu’en 2001. Mais dans le 19ème, la mixité sociale est pour les élus plus importante que le relogement des habitants pauvres. Les nouvelles constructions qui remplacent les taudis sont soit du privé hors de prix, soit une immense majorité de PLS, c'est-à-dire des logements publics pour classes moyennes, mais pas pour les plus modestes.

 

En 2004, face à cette situation, le Collectif Mal Logés en Colère est né : un collectif de lutte regroupant des demandeurs de logement de toutes conditions, de toutes origines, de tous statuts. Parce que nos souffrances sont ignorées quand elles sont subies en silence, nous avons choisi de montrer la réalité des mal logés sur la place publique. Non seulement en nous en prenant à la politique menée par l’Etat mais aussi en allant à la rencontre des élus de la Ville, dans leurs interventions publique : nous étions là à l’inauguration du 104, rue d’Aubervilliers, à celle du Jardin d’Eole, à celle de Paris Plage. Pas parce que nous n’aimons pas les musées, les jardins ou les fêtes, mais parce que sans une vraie politique de logement social, une partie des Parisiens sera toujours exclue de fait de la vie économique et culturelle.

 

Manifestement, la majorité des Parisiens partagent ce constat : pourtant le maire du 19ème, et la Mairie de Paris semblent vouloir cacher la réalité au lieu de la changer. Nous avons été violemment évacués de Paris Plage cet été, notre local de la rue Mathis a été expulsé, et nos demandes de rendez-vous restent vaines.Roger Madec, affirme que le nombre de logements sociaux dans le 19ème est suffisant, alors que le nombre de demandes n’y a jamais été aussi élevé.

Ce soir, nous manifestons donc devant le gymnase Jaurès ou, Bertrand Delanoe et Roger Madec présentent leur programme. En effet, les mal logés revendicatifs ne sont pas les bienvenus dans les réunions publiques.

 

 

UN LOGEMENT POUR TOUS !


 

 

 

 

 

 

 

14:29 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : delanoe, madec, logement, municipales, paris, bilan, hlm | | |  Facebook

 
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