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mercredi, 09 juillet 2014

Ian Brossat, l'adjoint au Logement construit des bureaux "sociaux" et expulse les mal-logés

Ian Brossat est adjoint au Logement d'Anne Hidalgo depuis cent jours.Cent jours pendant lesquels les mots contre le mal-logement ont été forts: à écouter Ian Brossat, la Ville de Paris mène désormais une politique plus volontariste que jamais. Une des mesures les plus mises en avant, c'est la transformation promise de bureaux en logements, que les élus ont illustrée en inaugurant en grande pompe UN immeuble du privé , où 17 logements sociaux ont remplacé des locaux d'entreprises.

Le symbole est joli...mais il perd beaucoup de son sens lorsqu'on sait que le deuxième bailleur social de la Ville de Paris, la RIVP construit depuis des années des bureaux à loyer social pour les entreprises, alors que sa production de vrais logements sociaux est scandaleusement basse ( voir le détail plus bas).

Les mal-logés se sont donc invités ce matin dans les locaux spacieux et flambants neufs de la Pépinière Innovation de la Rue Lourmel ( 75015): 75 lots de 25 à 172 m2, des équipements derniers cris, une déco high tech, le tout financé par la Ville et son bailleur, et très franchement sous-occupé, de surcroit.

En ce début d'été, la situation est plus que jamais tendue à Paris: les bailleurs sociaux sont dans l'incapacité de proposer des logements adaptés aux revenus des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes actifs ou des familles nombreuses. Résultat, les demandes de logement de plus de quinze ans deviennent monnaie courante, les marchands de sommeil proposent à prix d'or des caves ou des garages à des personnes à la gorge à cause d'une expulsion programmée.

Ian Brossat  avait promis aux mal-logés en lutte un dialogue renouvelé et efficace, sans langue de bois: mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient, et les mal-logés ont pris depuis longtemps l'habitude de voir les candidats généreux en promesses se transformer en élus pas avares d'expulsions policières.

Nous n'avons donc pas été étonnés outre mesure de la quinzaine de camions de gardes mobiles mobilisée pour évacuer soixante mal-logés venus simplement demander qu'un bailleur social municipal s'occupe d'abord des Parisiens mal-logés et pas seulement des entreprises.

Notre collectif lutte depuis dix ans, dix ans pendant lesquels le prédécesseur de Mr Brossat n'a eu de cesse de dépenser l'argent public pour envoyer les forces de l'ordre aux mal-logés qui osaient demander leurs droits.

Nous sommes toujours là:  tant qu'il y aura des mal-logés , il y aura des luttes de mal-logés. A Paris comme ailleurs.

UN LOGEMENT POUR TOUS, MAINTENANT


Paris : Ian Brossat fait évacuer les mal-logés... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

 

RIVP  : loyers libres, loyers chers, il faut que ça change.

 Anne Hidalgo, pour ses cent premiers jours de mandat a choisi de mettre l'accent sur son programme en manière de logement : annonces en conseil de Paris, et inauguration de programmes symboliques se sont en effet succédés ces trois derniers mois. Nous occupons aujourd'hui un autre lieu « symbolique » : la pépinière d'entreprises de la RIVP «  Paris Innovation » inaugurée cet hiver, au cœur de la ZAC Boucicaut .

Cette pépinière  offre des bas loyers à des entreprises parisiennes : les demandeurs de logement, eux, sont bien loin de se voir proposer de telles opportunités par le deuxième bailleur social de la Ville.

Les trois quarts des demandeurs ont des revenus qui les rendent éligibles à l'attribution d'un PLA-I, la catégorie des logements très sociaux. Or sur l'ensemble du patrimoine RIVP, seuls 588 logements correspondent à ces niveaux de loyers.....pour 13 000 PLS, les plus chers des HLM, accessibles à 15% des demandeurs de logement à Paris. Où est la mixité sociale, chez un bailleur qui possède également 11 000 logements non conventionnés dont le loyer moyen est encore  supérieur au PLS  ?( 9,10 le m2 contre 8 euros pour les PLS).

Ces fameux «  loyers libres  » sont de plus un parc totalement opaque, dont il est impossible de connaître le détail, ce qui donne lieu régulièrement à tel ou tel « scandale » : c'est un de ces logements que la vice présidente du Conseil Régional, Michèle Saban  avait obtenu, situé dans un immeuble où le loyer avoisine 14 euros le m2. Combien de demandeurs de logement à Paris peuvent payer des loyers aussi chers ?

Si le patrimoine existant est cher et inaccessible aux classes populaires, malheureusement les nouvelles productions ne sont pas plus équilibrées  : si  Anne Hidalgo annonce un strict équilibre entre différentes catégories de logement social  pour toutes les opérations  , manifestement chez le deuxième bailleur social de la Ville, on n'a pas la même conception des choses  . D'année en année, le nombre de  logements très sociaux diminue, tandis que le nombre de PLS augmente .

 Promettre 10 000 « nouveaux » logements par an ne suffit pas : les engagements concrets sur le nombre de logements sociaux et très sociaux sont déjà très bas, sans aucun rapport avec la demande, année après année , ils ne sont même pas tenus. De plus, dans les immeubles rachetés par la Ville, les nouveaux logements sont de plus en plus petits : la taille moyenne d'un logement social dans la capitale est passée de 80m2 à 60m2 en dix ans, à cause de la faible production de logements familiaux.

L'effort consenti pour les entreprises doit l'être pour les Parisiens mal-logés : comment accepter qu'un bailleur social dont la vocation première est de loger les personnes modestes ne le fasse pas, alors qu'il a les fonds pour faire de l'hébergement d'entreprises à bon marché ?

Les déclarations d'intention ne suffisent pas , les inaugurations symboliques non plus : si Ian Brossat a un discours plus volontariste que son prédécesseur, dans les faits même les demandes de plus de quinze ans ne  sont pas traitées, et l'urgence sociale des familles vivant en chambre de bonne, celle des expulsions qui recommencent n'est toujours pas prise en compte.

On ne loge pas les gens avec des mots, mais avec des actes !

NB  : tous les chiffres cités sont issus du dernier rapport d'activité de la RIVP, disponible sur son site.

 

 

 

14:55 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rivp, paris innovation, pépinière, le richemont, ian brossat, anne hidalgo, plu, bureaux vides, loi alur, foncier public, loi sru | | |  Facebook

mercredi, 09 juin 2010

Paris Lab: les mal logés face à Delanoe

Ce mercredi, Bertrand Delanoe, maire de Paris, Jean Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile de France, Serge Contat, directeur de la RIVP et d'autres élus, inauguraient une nouvelle pépinière d'entreprises, Paris Lab, dans le 20ème arrondissement.

Le Collectif des Mal Logés en Colère a manifesté devant l'immeuble flambant neuf, encerclé par d'importantes forces de police: une nouvelle fois, nous avons rappelé que les Parisiens demandeurs de logement n'accepteront pas de quitter la capitale et sa proche couronne pour faire place aux bureaux et aux entreprises.

Voir une autre vidéo, tournée par le collectif en clickant ici

 

 

Ci dessous le communiqué diffusé sur place.

Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite une nouvelle fois à un événement qui le concerne, puisqu'il s'agit de l'inauguration d'un bâtiment flambant neuf réhabilité par la RIVP, le second bailleur social parisien.

Vingt sept lots, des surfaces allant de 40 à 120 m2 , des espaces collectifs en libre accès, en plein vingtième arrondissement, un quartier en plein développement.

De quoi satisfaire quelques uns des demandeurs de logement sociaux de la capitale en attente dans leurs taudis ou leurs appartements exigus et hors de prix, à l'hôtel ou hébergés chez des proches ?

Pas vraiment, puisqu'il s'agit en fait d'une nouvelle pépinière d'entreprises, dénommée « Paris Lab », une initiative conjointe de la Ville de Paris et du Conseil Régional.

Une structure destinée à être un tremplin pour les jeunes entrepreneurs innovants , une de plus...

Au mois d'avril 2009, nous occupions une autre structure semblable et également financée par la RIVP, non loin de là, rue des Haies. Nous étions notamment venus avec des locataires d'un hôtel de la RIVP qui payent une chambre aussi chère que le loyer des entreprises hébergées dans les pépinières, avec des surfaces beaucoup plus petites.

Au mois de juillet 2009, Bertrand Delanoe reportait l'inauguration d'une autre pépinière financée par la Ville, « La Ruche » dans le dixième arrondissement. Nous étions venus pour exiger qu'on s'occupe des mal logés des immeubles insalubres de l'arrondissement avec autant d'attention que celle allouée aux entrepreneurs.

Aujourd'hui,nous sommes présents en nombre pour les mêmes raisons. « Paris Lab » est financée à 90% par des fonds publics, deux millions d'euros en tout.

A titre de comparaison, l'ensemble du dispositif Louez Solidaire, présenté comme une initiative majeure pour lutter contre le mal logement n'avait bénéficié en 2008 que d'un investissement de 1, 7 millions d'euros pour l'ensemble de la capitale.

Certes le 20ème arrondissement compte 26% de logements sociaux. Mais ces dernières années, l'augmentation des prix à la location dans le privé a réduit l'accès au logement décent des salariés, des précaires, des familles aux revenus modestes, dans cet arrondissement comme ailleurs, et la politique actuelle des bailleurs sociaux parisiens ne permet pas de répondre à la demande !

Lors de notre rencontre récente à l'Hôtel de Ville, avec les représentants du Maire de Paris et de l'adjoint au Logement, on nous a répondu que les élus faisaient tout leur possible pour prendre en compte 120 000 demandeurs de logement parisiens

Mais en une mandature et deux années de la seconde, la « prise en compte » s'est traduit par l'augmentation de plus de dix mille demandeurs sur cette liste. Les élus nous affirment qu'une partie vient de la banlieue, mais nous, nous sommes en partie des Parisiens déplacés « provisoirement » dans des hébergements d'autres départements.

Nous exigeons toujours:

UN LOGEMENT POUR TOUS TOUT DE SUITE

 

19:03 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris lab, pépinière, mal logés, sru, delanoe, huchon, dalo, immobilier | | |  Facebook

jeudi, 09 juillet 2009

Paris : Les Mal-logés occupent la Ruche

UNE PEPINIERE D’ENTREPRISES ?

ET LES LOGEMENTS C’EST POUR QUAND ?

 

Le Collectif Mal Logés en Colère s’invite aujourd’hui à « la Ruche », pépinière d’entreprises, à l’occasion de la visite du Maire de Paris dans cette structure du 10ème arrondissement, située au 84, quai de Jemmapes.

 

Comme à son habitude, Bertrand Delanoë choisit soigneusement ses visites dans la capitale qu’il administre depuis maintenant huit ans.

 

Les locaux spacieux de la Ruche, rénovés notamment avec des subventions de la Ville, donnent évidemment une image du 10ème arrondissement plus agréable à regarder que les lieux où nous vivons, parce qu’il n’y a pas assez de logements sociaux à bon marché, et 110 000 demandeurs en attente.

 

Bertrand Delanoe n’ira pas visiter les chambres d’hôtel insalubres de la rue Jarry, ou de la rue d’Aix, ou les mal logés continuent à croupir, puisque même l’accès à une résidence sociale nécessite désormais plusieurs années d’attente.

 

Bertrand Delanoe ne fera pas de détour par les taudis insalubres où vivent des mal logés du collectif, en suroccupation manifeste, pour qui la loi DALO n’a rien changé, tout simplement parce que les grandes surfaces sont réservées aux entreprises, et que la Ville se refuse à construire le nombre de grands logements sociaux nécessaires.

 

A la Ruche, un entrepreneur peut louer un bureau pour 429 euros par mois. Dans le 10ème, la moindre chambre d’hôtel a un loyer trois fois plus élevé, et aucun propriétaire privé n’accepte de toute façon de louer aux ménages modestes, au contraire, les congés pour vente et les expulsions en conséquence se multiplient sans qu’aucune solution de relogement dans le parc social ne soit proposée.

Comme l’a dit Jean Yves Mano , l’adjoint au Logement , au début de la deuxième mandature, «  Tout le monde ne pourra être logé à Paris ». Ce « tout le monde »  concerne évidemment uniquement les demandeurs de logement social, dans le même temps, les efforts financiers et la recherche de foncier disponible pour accueillir les entreprises sont une priorité municipale.

 

Nous nous invitons donc à La Ruche, pour y attendre le Maire de Paris, car nous sommes aussi des Parisiens, même si nous ne sommes pas de ceux que Bertrand Delanoë a envie de rencontrer, au point de nous envoyer régulièrement des CRS en réponse à nos exigences de relogement .

 

UN LOGEMENT POUR TOUS, TOUT DE SUITE !


13:47 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : collectif des mal-logés, delanoe, pépinière, sdf, dalo; hlm | | |  Facebook

 
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