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vendredi, 17 avril 2015

Loc' Annonces : la Ville vend très cher le rêve d'un logement social.

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Des appartements HLM en ligne ? Depuis des mois, Ian Brossat et Anne Hidalgo nous avaient vendu le teaser de cette nouvelle opération : dans l'esprit de « simplification » et de  « transparence » cher aux élus parisiens, les « demandeurs de logement » pourraient désormais se positionner directement sur des propositions de « logement social ».

Beaucoup de Parisiens parmi les 150 000 demandeurs recensés au fichier de la Ville n'ont jamais eu, ne serait-ce qu'une proposition ou un contact pour un éventuel parcours de relogement après des années d'inscription. Beaucoup s'imaginent donc que le problème est l'injustice des attributions et que leur dossier serait pris si seulement il était présenté. Loc'Annonces représentait donc un espoir.

Depuis hier, l'espoir est aux oubliettes pour la majorité des demandeurs de logement social : tous les logements mis en ligne ce jeudi sont des PLS, les plus chers des logements sociaux. Les 2 pièces proposés ont un loyer entre 850 et 1000 euros, les 4 pièces montent jusqu'à 1800 euros. Certains logements affichent en plus un chauffage individuel, électrique, ce qui majore encore le budget réel qui  pour les futurs locataires.

De toute façon, 85 % des Parisiens demandant un logement social sont exclus d'emblée : en effet, d'après les statistiques de la Ville elle-même, seuls 15 % des demandeurs peuvent accéder à un PLS.

loc annonces 2.PNGLes logements mis en ligne par Loc'Annonces démontrent que la prétendue égalité des demandeurs entre eux mise en place avec le fameux système de « scoring » n'existe pas : aussi élevée que soit la « note » d'un demandeur , l'accès au logement dépendra de ses revenus. Un employé, un précaire, une mère isolée en emploi à temps partiel pourra bien être à la rue, dans un logement insalubre, à l'hôtel ou hébergée chez des tiers, elle ne pourra pourtant prétendre à aucun des beaux logements mis en ligne par la Ville.

Pour 8 demandeurs de logement sur 10, la seule solution accessible c'est un PLA-I : or en quinze ans, seuls 22 % des logements produits à Paris relèvent de cette catégorie, et encore ce chiffre inclut une bonne part d'hébergements.

Où est la mixité sociale promise par nos élus ? La plupart des logements proposés par Loc'Annonces se situent certes dans les quartiers populaires de la capitale, et sera donc attribuée à des « classes moyennes ». Mais où sont les logements accessibles aux ménages modestes qu'on nous promet depuis quinze ans dans les beaux quartiers ?

Loc'Annonces démontre par l'exemple qu'ils ne sont qu'une infime minorité, un affichage sans portée réelle : la mixité sociale n'existe pas, par contre l'exclusion du logement social pour les catégories populaires est une réalité massive.

loc annonces 3.PNGIl suffit d'ailleurs de consulter le nombre de candidatures pour chaque logement proposé par le site de la Ville : les logements proposés dans les quartiers populaires là où la demande est la plus forte ont pour la plupart moins de 3 candidatures. Seuls les rares logements proposés à des loyers exorbitants dans le 16ème ou dans le 17ème ont des candidatures nombreuses, parce qu'ils correspondent à un vrai gain de loyer par rapport au privé. Mais ce gain n'est accessible qu'à la minorité de demandeurs qui peuvent payer ces loyers conséquents.

La mise en ligne de Loc'Annonces est bien une réponse aux Parisiens mal-logés : un refus d'accès au logement social, résultat d'une politique qui a privilégié des loyers élevés et inaccessibles à la majorité des demandeurs.

En un an de mandature, Anne Hidalgo a lancé une agence immobilière publique pour les "classes moyennes exclues du logement social", Multiloc, annoncé de grandes initiatives pour le "logement intermédiaire", aujourd'hui voici donc un site de location de "logements sociaux" excluant l'immense majorité des demandeurs de logement social....

Décidément le changement , ce n'est pas maintenant: à moins de considérer que la visite virtuelle des appartements que les mal-logés n'auront pas soient un progrès, et que la transparence consiste à afficher les loyers hors de prix des nouvelles constructions dont les Parisiens modestes imaginaient qu'elles leur étaient destinées.

12:27 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : ian brossat, pls, mixité sociale, loc'annonces, ville de paris, anne hidalgo, paris habitat oph, rivp | | |  Facebook

mercredi, 01 avril 2015

Paris 13ème: la mixité sociale passe aussi par le logement très social.

Les mal-logés lisent la presse: voilà qui avait l'air de scandaliser le directeur de cabinet du maire du 13ème arrondissement, qui recevait une délégation du Collectif pendant notre manifestation improvisée devant la mairie.

Effectivement, nous avons lu l'article du Point consacré à l'attribution supposée de 9 logements sociaux, dont des PLI à des collaborateurs du maire. Et nous avons réagi par une manifestation: manifestation qui avait comme objectif , non pas de dénoncer ces attributions, mais de dénoncer une politique du logement qui laisse des centaines de milliers de demandeurs SANS attribution, parce que l'offre n'est pas adaptée à leurs revenus.

En effet, depuis onze ans, notre collectif lutte pour un logement décent pour tous et contre l'édiction permanente de critères restrictifs, hiérarchisant arbitrairement l'urgence sociale. Le logement social est un service public d'intérêt général, il n'y a rien d'anormal à ce que des cadres, des salariés municipaux ou des élus d'arrondissement en bénéficient.

La démagogie n'est donc pas du côté des mal-logés en lutte: par contre, nous dénonçons la démagogie de la prétendue "transparence" qui consiste à gérer la pénurie de logements sociaux pour les classes populaires plutôt qu'y remédier. La démagogie, c'est prétendre par exemple que les systèmes de scoring, qui trient les demandeurs entre eux sont justes et rétablissent l'égalité: car l'égalité, c'est le respect du droit au logement pour TOUS, pas une application de ce droit limitée par des critères arbitrairement fixés.

La démagogie, c'est aussi opposer la mixité sociale aux salariés modestes , aux précaires ou aux familles en difficulté pour ne pas faire correspondre la demande et l'offre de logement social.

Depuis des années, notre collectif dénonce la disproportion entre le nombre de logements vraiment sociaux et celui des loyers libres et des PLI gérés par les bailleurs sociaux de la Ville.

Le directeur de cabinet du maire du 13ème arrondissement nous a assuré que la plupart des logements attribués dont la presse avait fait état l'avaient été à des salariés modestes, et en tout cas dans le respect de la législation en vigueur.

Nous en prenons acte, mais le problème reste entier: car les parisiens modestes ont aussi le droit au respect de la "législation en vigueur" , c'est à dire au relogement immédiat: or lorsque nous venons exiger le respect de ce droit, à la mairie du 13ème comme ailleurs, on nous répond d'abord par une haie de policiers.

Mais qui est hors la loi ?

Le tract diffusé sur place

13ème arrondissement :

le scandale des PLI et loyers libres,

Encore et toujours !

 

Les mal logés en colère manifestent aujourd'hui à la mairie du 13ème arrondissement.

La presse s'est fait l'écho, il y a quelques jours , de la très grande chance des collaborateurs et adjoints du 13ème arrondissement. Neuf d'entre eux ont en effet réussi à obtenir un logement social par la commission de la mairie entre 2007 et aujourd'hui. Une situation enviable quand 150 000 demandeurs sont inscrits sur le fichier parisien, pour certains depuis dix, quinze ans ou plus.

 Mais l'immense majorité des demandeurs n'ont pas d'amertume à avoir : de toute façon, ces « logements sociaux » auraient été bien trop chers pour leurs revenus.

Selon le maire du 13ème, ces logements sont classés en PLI et assimilés : les fameux loyers libres du parc social parisien. Les PLI sont encore plus chers que le PLS , déjà inaccessible à 80 % des demandeurs de logement de la capitale. Or à Paris, les PLI et assimilés représentent 26 % du parc des bailleurs sociaux, soit 60 000 logements. Les logements très sociaux ( PLA-I) qui sont la seule solution vraiment accessible pour 80 % des demandeurs représentent eux 1,7 % et 3987 logements (1)

La disproportion phénoménale entre le parc disponible de logements vraiment sociaux et celui des logements intermédiaires PLI a une conséquence simple : les commissions d'attribution des mairies d'arrondissement et de la mairie centrale peuvent répondre à la demande des personnes pouvant acquitter des loyers un peu en dessous du marché privé. Mais ils n'ont que très rarement de propositions à faire aux Parisiens modestes.

Dans ces conditions , la transparence et l'égalité dans les attributions promises avec le fameux système de « cotation » sont un trompe l'oeil : la demande d'un salarié au SMIC, d'un retraité ou d'un chômeur peut être très bien côtée, son relogement n'avancera pas plus vite car la majorité des logements disponibles à l''attribution ont un niveau de loyer inaccessible. A l'inverse, la demande d'un cadre supérieur ou d'un élu municipal avancera très vite, sans aucune « fraude », puisque de nombreux logements «  sociaux » correspondent à ses ressources.

Une solution existe : reconventionner la plus grande partie des logements PLI et des loyers libres, pour que la nature de l'offre corresponde enfin à la demande. Il faut aussi équilibrer réellement la construction neuve : aujourd'hui, moins d'un tiers est du logement très social, alors alors que les logements aux loyers plus chers , PLS et PLI sont en surnombre. Beaucoup d'entre eux ( presque 78 % des PLS ) sont attribués à des foyers en dessous des plafonds de ressources, ce qui entraîne ensuite des difficultés à payer le loyer !

Année après année, scandale après scandale, les élus promettent la « transparence », comme si le problème était là : l'année dernière cela concernait le duplex au cœur d'un hôtel particulier attribué au directeur de la Fédération française de tennis dans le 3ème arrondissement.

 Mal-logés, nous ne sommes pas contre la mixité sociale même dans le parc des bailleurs sociaux : le logement social est un service public d'intérêt général , dont cadres et élus d'arrondissement peuvent aussi bénéficier.

Mais le vrai scandale, c'est l'absence de mixité sociale dans l'autre sens : ce qui est vraiment choquant c'est que le parc social parisien soit si peu accessible aux ouvriers, aux employés, aux chômeurs et précaires, aux retraités et aux familles modestes. Car la vocation première des HLM est bien de répondre à cette demande là, urgente au regard du mal-logement qui nous frappe.

 

(1)Source:APUR 

18:18 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pli, pls, pla-i, mixité sociale, loyers libres, rivp, ian brossat | | |  Facebook

mercredi, 09 juillet 2014

Ian Brossat, l'adjoint au Logement construit des bureaux "sociaux" et expulse les mal-logés

Ian Brossat est adjoint au Logement d'Anne Hidalgo depuis cent jours.Cent jours pendant lesquels les mots contre le mal-logement ont été forts: à écouter Ian Brossat, la Ville de Paris mène désormais une politique plus volontariste que jamais. Une des mesures les plus mises en avant, c'est la transformation promise de bureaux en logements, que les élus ont illustrée en inaugurant en grande pompe UN immeuble du privé , où 17 logements sociaux ont remplacé des locaux d'entreprises.

Le symbole est joli...mais il perd beaucoup de son sens lorsqu'on sait que le deuxième bailleur social de la Ville de Paris, la RIVP construit depuis des années des bureaux à loyer social pour les entreprises, alors que sa production de vrais logements sociaux est scandaleusement basse ( voir le détail plus bas).

Les mal-logés se sont donc invités ce matin dans les locaux spacieux et flambants neufs de la Pépinière Innovation de la Rue Lourmel ( 75015): 75 lots de 25 à 172 m2, des équipements derniers cris, une déco high tech, le tout financé par la Ville et son bailleur, et très franchement sous-occupé, de surcroit.

En ce début d'été, la situation est plus que jamais tendue à Paris: les bailleurs sociaux sont dans l'incapacité de proposer des logements adaptés aux revenus des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes actifs ou des familles nombreuses. Résultat, les demandes de logement de plus de quinze ans deviennent monnaie courante, les marchands de sommeil proposent à prix d'or des caves ou des garages à des personnes à la gorge à cause d'une expulsion programmée.

Ian Brossat  avait promis aux mal-logés en lutte un dialogue renouvelé et efficace, sans langue de bois: mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient, et les mal-logés ont pris depuis longtemps l'habitude de voir les candidats généreux en promesses se transformer en élus pas avares d'expulsions policières.

Nous n'avons donc pas été étonnés outre mesure de la quinzaine de camions de gardes mobiles mobilisée pour évacuer soixante mal-logés venus simplement demander qu'un bailleur social municipal s'occupe d'abord des Parisiens mal-logés et pas seulement des entreprises.

Notre collectif lutte depuis dix ans, dix ans pendant lesquels le prédécesseur de Mr Brossat n'a eu de cesse de dépenser l'argent public pour envoyer les forces de l'ordre aux mal-logés qui osaient demander leurs droits.

Nous sommes toujours là:  tant qu'il y aura des mal-logés , il y aura des luttes de mal-logés. A Paris comme ailleurs.

UN LOGEMENT POUR TOUS, MAINTENANT


Paris : Ian Brossat fait évacuer les mal-logés... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

 

RIVP  : loyers libres, loyers chers, il faut que ça change.

 Anne Hidalgo, pour ses cent premiers jours de mandat a choisi de mettre l'accent sur son programme en manière de logement : annonces en conseil de Paris, et inauguration de programmes symboliques se sont en effet succédés ces trois derniers mois. Nous occupons aujourd'hui un autre lieu « symbolique » : la pépinière d'entreprises de la RIVP «  Paris Innovation » inaugurée cet hiver, au cœur de la ZAC Boucicaut .

Cette pépinière  offre des bas loyers à des entreprises parisiennes : les demandeurs de logement, eux, sont bien loin de se voir proposer de telles opportunités par le deuxième bailleur social de la Ville.

Les trois quarts des demandeurs ont des revenus qui les rendent éligibles à l'attribution d'un PLA-I, la catégorie des logements très sociaux. Or sur l'ensemble du patrimoine RIVP, seuls 588 logements correspondent à ces niveaux de loyers.....pour 13 000 PLS, les plus chers des HLM, accessibles à 15% des demandeurs de logement à Paris. Où est la mixité sociale, chez un bailleur qui possède également 11 000 logements non conventionnés dont le loyer moyen est encore  supérieur au PLS  ?( 9,10 le m2 contre 8 euros pour les PLS).

Ces fameux «  loyers libres  » sont de plus un parc totalement opaque, dont il est impossible de connaître le détail, ce qui donne lieu régulièrement à tel ou tel « scandale » : c'est un de ces logements que la vice présidente du Conseil Régional, Michèle Saban  avait obtenu, situé dans un immeuble où le loyer avoisine 14 euros le m2. Combien de demandeurs de logement à Paris peuvent payer des loyers aussi chers ?

Si le patrimoine existant est cher et inaccessible aux classes populaires, malheureusement les nouvelles productions ne sont pas plus équilibrées  : si  Anne Hidalgo annonce un strict équilibre entre différentes catégories de logement social  pour toutes les opérations  , manifestement chez le deuxième bailleur social de la Ville, on n'a pas la même conception des choses  . D'année en année, le nombre de  logements très sociaux diminue, tandis que le nombre de PLS augmente .

 Promettre 10 000 « nouveaux » logements par an ne suffit pas : les engagements concrets sur le nombre de logements sociaux et très sociaux sont déjà très bas, sans aucun rapport avec la demande, année après année , ils ne sont même pas tenus. De plus, dans les immeubles rachetés par la Ville, les nouveaux logements sont de plus en plus petits : la taille moyenne d'un logement social dans la capitale est passée de 80m2 à 60m2 en dix ans, à cause de la faible production de logements familiaux.

L'effort consenti pour les entreprises doit l'être pour les Parisiens mal-logés : comment accepter qu'un bailleur social dont la vocation première est de loger les personnes modestes ne le fasse pas, alors qu'il a les fonds pour faire de l'hébergement d'entreprises à bon marché ?

Les déclarations d'intention ne suffisent pas , les inaugurations symboliques non plus : si Ian Brossat a un discours plus volontariste que son prédécesseur, dans les faits même les demandes de plus de quinze ans ne  sont pas traitées, et l'urgence sociale des familles vivant en chambre de bonne, celle des expulsions qui recommencent n'est toujours pas prise en compte.

On ne loge pas les gens avec des mots, mais avec des actes !

NB  : tous les chiffres cités sont issus du dernier rapport d'activité de la RIVP, disponible sur son site.

 

 

 

14:55 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rivp, paris innovation, pépinière, le richemont, ian brossat, anne hidalgo, plu, bureaux vides, loi alur, foncier public, loi sru | | |  Facebook

mercredi, 19 mars 2014

Les mal-logés chez la médiatrice de la Ville de Paris: les maires passent, le mal-logement reste !

Dans quelques semaines, Paris aura un nouveau maire, et elle s'appellera sans doute Anne Hidalgo: le changement ne sera donc que très limité pour les demandeurs de logement, puisqu'elle était déjà première adjointe notamment à l'urbanisme.

Durant toute la campagne, les Parisiens mal-logés se sont mobilisés pour faire entendre la voix des 140 000 demandeurs de logement social, qui ne semble guère compter pour les deux principales candidates.

Du riche 16ème arrondissement, à la fédération PS de Paris, du local de campagne de NKM à celui d'Anne Hidalgo, nous avons crié notre colère, et montré que si nous étions considérés comme des Parisiens de seconde zone, notre mobilisation, elle, était de la première importance : quel que soit la future occupante de l'Hôtel de Ville, elle devra compter avec la colère des mal-logés.

Aussi nous sommes nous invités aujourd'hui à la Mission de la Médiatrice de la Ville de Paris, parce que ses compétences, ou plutôt celle que la Ville ne veut pas lui donner sont très significatives. En effet l'accès au logement en est exclu, alors que même la présence de crottes de chiens sur les trottoirs ou la disposition des parterres de fleurs relèvent des sujets que les Parisiens peuvent lui soumettre !

Elle nous recevra quand même et nous lui parlerons logement quand même: car nous prenons un engagement pour la prochaine mandature, et il sera tenu comme il l'a été dans les deux précédentes: le logement est le principal problème des Parisiens, et nous irons le soumettre partout, à tous les adjoints, à tous les élus , à toutes les instances municipales, jusqu'à ce que nos droits fondamentaux soient respectés !


Les mal-logés chez la médiatrice de la Ville de... par HLMPOURTOUS

 

Le tract diffusé sur place

PARIS  : Oser le relogement maintenant  !

 La campagne municipale se termine  : pendant des mois, 140 000 demandeurs de logements sociaux, et des centaines de milliers d'autres Parisiens touchés par la crise du logement ont attendu de l'actuelle première adjointe et future maire, Mme Hidalgo, un signal fort, un engagement concret et immédiat sur ce qui est la première préoccupation des Parisiens.

Pendant des mois, Mme Hidalgo et ses porte-parole de campagne ont simplement répété  qu'il y aurait 30% de logements sociaux...en 2030, comme si non seulement l'urgence du mal-logement n'appelait pas de solutions immédiates, mais qu'elle n'était même pas un sujet sur lequel on devait prendre des engagements forts sur la mandature à venir, mais seulement sur un horizon de quinze ans.

Quinze ans, c'est devenu une durée d'attente d'un logement assez courante à Paris. Quinze ans, c'est tout simplement un horizon inenvisageable pour tous les retraités qui survivent dans des logements minuscules ou insalubres, peinant à payer un loyer qui dévore leur petite retraite.

Quinze ans, c'est beaucoup plus long que le temps d'une scolarité ratée pour les centaines de milliers d'enfants qui grandissent sans espace pour faire leurs devoirs, ou baladés d'hébergement en hébergement, d'école en école.

Quinze jours, voilà l'horizon qui barre l'avenir de beaucoup de Parisiens: après un congé pour vente et la procédure d'expulsion qui va avec, ou quand le SAMU social aura moins de places à cause de la fin de la trève d'hiver, faute de relogement, pour beaucoup ce sera la rue.

Quinze jours à peine nous séparent aussi du départ de Bertrand Delanöe de l'Hôtel de Ville, lui , qui avait promis en 2001, l'éradication du mal-logement et qui laisse en partant 140 000 demandeurs de logement. Après quinze années où il aura opposé une fin de non-recevoir constante à la revendication des Parisiens mal-logés, mettre enfin l'offre de logement social en adéquation avec la demande, c'est à dire prendre en compte les besoins des demandeurs , dont 70% ne peuvent accéder qu'à un logement très social.

Seuls 20% des nouveaux logements sociaux construits depuis 2001sont du logement très social  : et encore, dans les chiffres de la Ville de Paris concernant cette catégorie, sont intégrées les places en hébergement d'urgence, les anciens logements loi de 48 reconventionnés mais qui avaient déjà ce niveau de loyer auparavant, les acquisitions d'appartements déjà occupés.

Dans son dernier meeting de campagne , Mme Hidalgo a déclaré qu'être maire de Paris, c'était ne pas opposer logement social et logement intermédiaire, classes populaires et classes moyennes. Pourtant pendant cette campagne, alors qu'elle prenait des engagements très concrets sur le logement intermédiaire, elle refusait de s'engager sur un chiffre de construction de logements très sociaux.

Parisiens modestes, nous ne comptons pas vivre avec le mal-logement jusqu'en 2030.

La question du logement a été totalement invisibilisée pendant cette campagne et Mme Hidalgo a refusé obstinément de recevoir les mal-logés en lutte, en tant que première adjointe ou en tant que candidate.

En occupant symboliquement les locaux de la Médiatrice de la Ville de Paris, censée être au service de tous les Parisiens, mais dont le champ de compétences exclut expressément les problèmes de relogement, nous, Parisiens mal-logés voulons signifier à nos élus, actuels et futurs que nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone et que le mal-logement est bien la question prioritaire dans la capitale.

18:07 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, ian brossat, paris2014, loyers libres, rivp, elogie, claire brisset, médiatrice ville de paris | | |  Facebook

mercredi, 05 mars 2014

Anne Hidalgo évacue les Parisiens mal-logés des locaux de la Federation PS

Anne Hidalgo évacue les Parisiens mal-logés des locaux de la Federation PS

Expulser plutôt que reloger, c'est ça "Oser paris ?"


Aujourd'hui le comité de suivi DALO rendait son rapport et constatait une nouvelle fois, sans surprise,  que la loi était ouvertement bafouée, les droits des mal-logés méprisés.
 
On aurait pu attendre de la candidate et première adjointe de la Ville de Paris, où le nombre de prioritaires DALO non-relogés est le plus élevé en France, au minimum de la considération et de l'écoute en ce jour bien particulier. Pourtant les 100 demandeurs de logement venus interpeller collectivement Anne Hidalgo et ses élus et équipes de campagne au siège de la Fédération du PS Parisien ( 32, rue Alexandre Dumas 75011) ont finalement été expulsés par la police, après une après-midi entière sans aucun autre interlocuteur que des militants de base présents sur place.
 
Si nous voulions rencontrer Anne Hidalgo, c'est que depuis des mois nous avons fait le tour des rencontres avec ses porte-parole, de Ian Brossat à Pascal Cherki, rencontres toutes similaires : nos revendications, on les écoute parfois très poliment, et puis on les oublie.
 
On nous promet des engagements précis sur le logement très social , et puis la candidate n'en prend que sur le logement intermédiaire, alors que 75% des demandeurs parisiens ne peuvent accéder qu'à un logement très social. On nous assure que la candidate est très attentive à l'urgence du mal-logement et "met tout en oeuvre pour le logement social" : mais même le reconventionnement en logements très sociaux d'une partie des loyers libres ( 35 000 en tout à Paris ) , c'est trop demander .
 
On nous demande des détails sur des dossiers manifestement en dessous du droit commun, mais rien n'avance jamais ensuite. On impute l'augmentation du nombre de demandeurs à de soit-disant arrivants de l'"extérieur", mais des dossiers de dix huit ans d'ancienneté s'accumulent dans l'indifférence totale.
 
A Paris, à en croire Anne Hidalgo, tout est possible pour rendre la ville plus belle, plus innovante, plus attractive, plus ouverte aux entreprises, plus verte, plus festive. TOUT est possible sauf répondre à l'urgence du mal-logement, sauf prendre les mesures nécessaires pour que les classes populaires ne soient plus les oubliés du droit au logement.
 
Année après année, le taux déjà très bas de relogements ne cesse de baisser à Paris. Ainsi 12 015 logements avaient été attribués en 2011, seulement 11836 en 2012. Il s'agit d'une baisse continue sur la durée : à titre d'exemple, au niveau des logements du contingent de la Ville, 6,7 % d'entre eux faisaient chaque année l'objet d'une attribution en 1997 , en 2012, le taux de nouveaux locataires est tombé à 4,7 % . Les élus, et au premier rang d'entre eux, Anne Hidalgo mettent en avant les chiffres des nouvelles productions de logements , mais jamais ceux des attributions. Et pour cause, ils sont tous en baisse , chez tous les bailleurs sociaux contrôlés par la mairie : en 2012, le premier d'entre eux Paris Habitat OPH a attribué 210 logements de moins qu'en 2011.
 
 A Paris, même un ancien combattant âgé de 93 ans , en fauteuil roulant peut être abandonné dans une chambre de bonne sans ascenseur et sans sanitaires. Quand même un cas aussi extrême n'est pas traité, que peuvent attendre les autres demandeurs ?
 
Mais la colère monte, et face à la lutte des mal-logés, les expulsions et la répression ne sont jamais la solution. Même Nicolas Sarkozy l'a appris à ses dépens.

La lutte continue.

LE LOGEMENT C'EST MAINTENANT!
 


Anne Hidalgo expulse les mal-logés de la... par HLMPOURTOUS

21:45 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, paris2014, elogie, loyers libres, paris habitat oph, rivp, expulsions, dalo | | |  Facebook

mercredi, 26 février 2014

Loyers libres des bailleurs sociaux: dans le 3ème comme ailleurs , assez d'opacité et d'injustice

2014-02-26 15.18.41.jpgSoixante dix demandeurs de logement parisiens ont occupé aujourd'hui la mairie du 3ème arrondissement pour manifester leur colère et leur ecoeurement devant une énième affaire , concernant les logements à loyer libres des bailleurs sociaux parisiens: combien de temps encore, les mal-logés de la capitale devront-ils entendre leurs élus parler de "transparence" et d'"égalité" , alors qu'on ne cesse d'apprendre l'existence de logements de luxe loués à des prix bien inférieurs à ceux du marché à des personnes dont les revenus élevés ne justifient pas de telles "ristournes ". Suite à l'occupation, Mr Aidenbaum, maire du 3ème arrondissement et président de la RIVP, nous recevra dans les jours qui viennent.

La plupart des gens pensent qu'un bailleur social fait uniquement du logement social. Ce n'est malheureusement pas une réalité à Paris. Le sujet des « loyers libres » refait surface régulièrement, en période d'élections où l'on apprend par les médias que telle ou telle personnalité vit dans un logement de prestige, avec un loyer défiant toute concurrence, dans un beau quartier de la capitale...et que ce logement appartient à un bailleur social, parisien, souvent la RIVP ou ELOGIE récemment épinglée dans l'affaire du duplex attribué du directeur de la Fédération de Tennis, dans un hôtel prestigieux du Marais.

Puis après la vague d'indignation et les dénégations des élus sur toute responsabilité dans ce cas particulier, le silence se fait jusqu'à la prochaine « affaire ». Et les 140 000 demandeurs de logement parisiens restent seuls à se demander pourquoi les bailleurs sociaux n'ont pas d'appartement décent à leur proposer, mais gardent dans leur patrimoine des biens immobiliers de luxe .

La plupart ignorent l'ampleur réelle du problème : ainsi la moitié du parc d'ELOGIE est composé de « logements non-conventionnés ». En ce qui concerne la RIVP, c'est 35 % du parc qui n'est pas conventionné, dont 13 562 loyers libres...A titre de comparaison, la RIVP compte 588 logements PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 70% des demandeurs de logements ! Résultat : en 2012, sur les 4000 logements attribués par la commission de la mairie centrale, plus de 1500 étaient des logements non conventionnés

Ces chiffres mettent en avant une évidence : le conventionnement de ces « loyers libres » désengorgerait immédiatement les files d'attente des demandeurs, et offriraient une solution à une partie des Parisiens aux revenus modestes, qui sont écartés des commissions d'attribution! Dans la situation actuelle, au contraire, les 70% de demandeurs de logement issus des classes populaires sont forcément condamnés à attendre beaucoup plus longtemps que les autres, puisque les logements disponibles en commission sont si peu nombreux à correspondre à leurs revenus !

Le conventionnement offrirait également une bonne manière de réaliser cet objectif de mixité sociale mis en avant dans le discours des élus : dans le 16ème arrondissement, 48% des logements des bailleurs sociaux sont non conventionnés. Pourquoi acheter à prix d'or au privé des immeubles déjà occupés dans ces quartiers, quand le parc public en compte déjà tellement, qui pourraient être reconventionnés en logements sociaux PLA-I ?

A ces questions, les élus de la Ville ne donnent jamais de réponse claire : à chaque nouvelle polémique sur un appartement en loyer libre, la réponse est qu'il s'agit d'une survivance de l' « ère Tibéri », et que tout est en ordre sur le « reste » du parc..Ces affirmations sont totalement invérifiables, puisque ces logements sont au nombre de 37 000, et que leur attribution est éparpillée entre les différents contingents ( mairie centrale, mairies d'arrondissement, 1% patronal).

« Transparence » et « égalité » sont pourtant les maîtres mots des discours de nos élus depuis deux mandatures : malheureusement, ces mots-là, les mal-logés de la capitale les entendent surtout quand il s'agit de justifier le non-relogement, et de faire passer la colère légitime de celles et ceux qui vivent dans les pires conditions pour une volonté de « passer avant tout le monde pour avoir son HLM ».

Mais c'est bien parce que le parc des bailleurs sociaux comporte une masse de logements qui ne sont pas des HLM,que les demandeurs des classes populaires , loin de « passer devant tout le monde », sont les grands oubliés , les Parisiens de seconde zone, dont les droits sont bafoués, année après année, et même décennie après décennie, puisque le nombre de demandes de logement vieilles de plus de dix ans ne cesse de s'accroitre ?

Alors, en cette période de campagne électorale, où Anne Hidalgo promet un « choc » sur le logement, nous sommes venus exiger qu'on commence, tout de suite, par en finir avec les « loyers libres ». 

 

Note : les chiffres cités dans notre communiqué sont tous issus des documents de l'APUR, organisme sous contrôle de la Ville de Paris.

17:26 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pierre aidenbaum, rivp, loyers libres, elogie, ian brossat, anne hidalgo | | |  Facebook

mercredi, 12 février 2014

Paris: Anne Hidalgo, osez le relogement maintenant !

A six semaines du premier tour, la campagne municipale s'accélère, les mal-logés ne comptent pas rester en arrière.

C'est au local d'Anne Hidalgo que plus de 70 demandeurs de logement parisiens ont manifesté sans trêve cet après-midi jusqu'à obtention d'une rencontre  avec deux porte-paroles de la candidate, dont Ian Brossat.

Cette manifestation aura lieu chaque semaine, s'il le faut.

Les mal-logés ne peuvent se satisfaire d'un programme qui reste vague sur l'essentiel.

L'urgence, c'est la mise en œuvre d'un vaste programme de relogements par tous les moyens nécessaires . Année après année, le taux déjà très bas de relogements ne cesse de baisser à Paris. Ainsi 12 015 logements avaient été attribués en 2011, seulement 11836 en 2012. Il s'agit d'une baisse continue sur la durée : à titre d'exemple, au niveau des logements du contingent de la Ville, 6,7 % d'entre eux faisaient chaque année l'objet d'une attribution en 1997 , en 2012, le taux de nouveaux locataires est tombé à 4,7 % . Les élus, et au premier rang d'entre eux, Anne Hidalgo mettent en avant les chiffres des nouvelles productions de logements , mais jamais ceux des attributions. Et pour cause, ils sont tous en baisse , chez tous les bailleurs sociaux contrôlés par la mairie : en 2012, le premier d'entre eux Paris Habitat OPH a attribué 210 logements de moins qu'en 2011.

La vraie raison de l'augmentation du nombre de demandeurs est là, et pas dans l'invasion fantasmée de mal-logés venus de banlieue : ceux qui sont classés ainsi sont majoritairement des Parisiens contraints de partir dans des hébergements d'urgence ou chez des tiers et des marchands de sommeil de la petite ou grande couronne, mais qui gardent leurs attaches à Paris.

Le changement ne peut reposer sur une production neuve faite à seulement 20% de PLA-I, les seuls logements accessibles à 75% des demandeurs. Et des solutions immédiates pourraient être mises en œuvre directement dans le parc de la Ville : celle-ci a décidé il y a deux ans de classer les 35 000 logements « non-conventionnés » des bailleurs parisiens en PLS, les plus chers des logements sociaux, correspondant aux revenus d'à peine 15% des demandeurs et largement surnuméraires dans la production actuelle. S'ils l'avaient été en PLA-I, chaque logement libéré aurait pu accueillir ceux dont les demandes croupissent depuis des années, à cause de leurs revenus modestes.

De plus, beaucoup de PLA-I sont désormais des appartements mal rénovés après avoir été achetés dans des immeubles anciens : une part grandissante des nouveaux locataires relogés subit donc d'emblée des problèmes d'insalubrité non reconnus par les bailleurs sociaux.

Anne Hidalgo n'a pris aucun engagement chiffré sur la production de logements très sociaux , alors qu'elle propose de remplacer le logement social par du logement intermédiaire dans les constructions neuves des quartiers populaires de la capitale.

Les mal-logés, les demandeurs de logement social, sont des Parisiens comme les autres : ils ont le droit à des réponses claires à leurs problèmes, à la prise en charge en urgence de leur situation qui se dégrade d'année en année et pas seulement à des discours toujours très vagues, évoquant le logement comme une « priorité » sans définir la manière concrète de traiter cette priorité.

Nous voulons qu'Anne Hidalgo nous réponde , maintenant.


Oser Paris ? Les mal-logés manifestent devant... par HLMPOURTOUS

18:31 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, ian brossat, siemp, rivp, elogie, pla-i, pls, mixité sociale, zac pajol, zac boucicaut | | |  Facebook

mercredi, 11 décembre 2013

Aubervilliers: manifestation des habitants mal-logés à la mairie


 Aubervilliers: les mal-logés s'invitent dans la... par HLMPOURTOUS

18:55 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : jacques salvator, aubervilliers, insalubrité, marchands de sommeil, plaine commune habitat, immobilière 3f, rivp | | |  Facebook

jeudi, 13 septembre 2012

Anne Hidalgo, une candidate à la mairie de Paris qui fuit les mal-logés...

Anne Hidalgo inaugurait ce matin une exposition à la mairie du 18ème arrondissement.

Dans une ville qui compte désormais plus de 120 000 demandeurs de logement, survivant dans les pires conditions, une candidate au poste de maire devrait en premier lieu avoir des solutions à apporter aux mal-logés surtout lorsqu'elle est aussi première adjointe de Bertrand Delanöe à l'urbanisme.

Ce n'est manifestement pas le cas , puisque devant une manifestation d'une centaine de personnes venues à sa rencontre, elle a préféré se calfeutrer dans la mairie , sous bonne protection policière.

Son véhicule a cependant été brièvement bloqué par ces mêmes mal-logés.

A l'heure actuelle  la production des deux premiers bailleurs parisiens, Paris Habitat OPH et la RIVP correspond de moins en moins, en nombre et en type de loyers , aux besoins et aux ressources des demandeurs de logement : les PLA-I, les seuls vrais logements sociaux sont construits en quantité dérisoire, alors que les PLS, les plus chers des HLM sont réalisés en surnombre !

Nous ne comptons pas nous satisfaire de cet état de fait qui nous condamne à rester dans le mal-logement et continuerons à interpeller collectivement Mme Hidalgo et les autres élus parisiens.


Le véhicule d'Anne Hidalgo bloqué par des... par HLMPOURTOUS


Le tract diffusé sur place


Demandeurs de logement social et locataires de HLM nous sommes venus à la mairie du 18ème arrondissement à la rencontre d'Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire de Paris , chargée notamment de l'urbanisme, et officiellement candidate au poste de maire pour 2014.

A Paris, la crise du logement s'aggrave à une vitesse exponentielle. Les urgences s'ajoutent aux urgence et la mairie en est réduite à proposer une réforme des procédures d'attribution... qui consiste à gérer la pénurie en ajoutant encore de nouveaux critères de priorité, alors qu'il y en avait plus d'une douzaine.

Le gouvernement vient d'annoncer la mise à disposition de dizaines de terrains publics pour faire du logement ; c'est une bonne nouvelle et au passage cela confirme ce que notre collectif dit à la mairie de Paris depuis des années , à savoir que l'argument du peu de foncier physiquement disponible est faux.

Mais si les terrains sont là, encore faut-il bien les utiliser et y faire du vrai logement social. Nous sommes venus demander des engagements nets et précis à ce sujet à Anne Hidalgo, car ce n'est pas la tendance actuelle.

Par exemple Paris Habitat OPH le premier bailleur social parisien affiche des résultats catastrophiques en la matière. Alors que plus de 70 % des demandeurs parisiens ne peuvent en théorie accéder qu'à un PLA-I , seuls 22 ont été produits en 2011, contre 131 PLS, qui correspondent à 15% de la demande à peine (source : rapport d'activité 2011) ! En ce qui concerne le deuxième bailleur de la Ville, la RIVP, son parc ne comporte que 506 PLA-I sur plus de 50 000 logements.

Autre élément particulièrement inquiétant : malgré les engagements pris en 2011 par Jean Yves Mano de ne pas utiliser ce dispositif, l'Usufruit Locatif Social a été validé concernant 80 nouveaux logements sur la ZAC Boucicaut dans le 15ème arrondissement. Il s'agit de logements en PLS, mais qui en plus ne sont que temporairement dans le domaine public, puisque le propriétaire, un investisseur privé, en cède l'usage pour une durée maximum de 15 ans, en échange d'exonérations d'impôts coûteuses pour la collectivité. Il s'agit donc de faux logements sociaux, inaccessibles à l'immense majorité des Parisiens. Jusqu'ici, il était utilisé par les mairies des Hauts de Seine soucieuses de contourner la loi SRU !

Paris a besoin de vrais logements sociaux en masse ! Et en attendant de nouvelles constructions, des solutions d'urgence doivent être mises en œuvre pour les mal-logés, comme le reconventionnement en PLA-I des loyers intermédiaires ...La RIVP l'a fait symboliquement pour une toute petite partie de son parc, suite à la mise en lumière par la presse des logements aux loyers très haut occupés par des personnalités, c'est donc possible de manière massive !



15:13 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : anne hidalgo, paris municipales 2014, zac boucicaut, caserne de reuilly, pls, paris habitat oph, rivp | | |  Facebook

jeudi, 24 novembre 2011

RIVP : scandale des loyers libres, les mal-logés occupent le nouveau Siège du bailleur

Une centaine de mal-logés ont été évacués par d'importantes forces de police du futur siège social de la RIVP, 13, avenue de la Porte d'Italie. Nous occupions les lieux depuis 11H ce matin.

La récente mise en lumière des conditions de logement de Jean-Pierre Chevènement, locataire du bailleur social contrôlé par la Ville de Paris illustre une nouvelle fois le scandale des 14 000 logements à loyer libres détenus par la RIVP: ces 14 000 logements échappent totalement aux règles du logement social, avec des loyers élevés, des conditions d'attribution jamais explicitées par la RIVP, qui n'a même pas pu communiquer à la Cour des Comptes, les ressources des occupants de ces logements.

Il y a des années déjà que les élus de la Ville et la direction de la RIVP se sont engagés à résoudre la question des loyers libres, qui pourraient très bien être conventionnés en vrais logements sociaux: mais la situation est toujours la même, et le nombre de ces logements a même augmenté entre 2009 et 2011, selon le rapport d'activité du bailleur.

Pendant ce temps, 120 000 demandeurs de logement attendent toujours, et la RIVP n'est même pas en mesure de proposer une solution de logement aux occupants des hébergements d'urgence qu'elle gère.

Les mal-logés n'ont pas l'intention de se contenter des déclarations de principe en faveur du logement social faites par les élus et le Maire de Paris: dans la réalité, entre 2009 et 2010, la production de logements de Paris Habitat OPH a diminué de près de 78%, et la RIVP refuse de rendre ses logements à loyers libres accessibles aux demandeurs à faibles revenus.
Bref la politique menée par les deux principaux bailleurs de la Ville ne correspond en rien à l'urgence de la situation.

Les bailleurs sociaux et la Ville n'ont que des évacuations policières à proposer aux mal-logés, notre lutte ne peut donc que s'intensifier.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT


Communiqué diffusé sur place ci dessous :



Scandale de la RIVP : les mal-logés occupent le... par HLMPOURTOUS


Derrière l’anecdote du logement de Chevènement,

 le vrai scandale de la politique de la RIVP.

 

Une centaine de mal-logés s’invitent aujourd’hui au futur nouveau siège social de la RIVP , avenue de la Porte d’Italie.

Une nouvelle fois, la question de la politique du logement social menée à Paris est évoquée à travers une « affaire », celle du logement de Jean-Pierre Chevènement à 1500 euros de loyer, situé dans un très beau quartier de la capitale. Ces « affaires » sont récurrentes, mais les mal-logés ne peuvent se satisfaire de la simple dénonciation d’une situation scandaleuse, si les causes n’en sont jamais évoquées.

Près de 30 % du parc de la RIVP est constitué de logements non conventionnés à loyers libres : si la part de ces logements a proportionnellement diminué, par rapport au patrimoine global du bailleur social, en valeurs absolues, le nombre total de ces logements a pourtant augmenté ces dernières années. Il ne s’agit donc pas d’une politique révolue, mais d’une extension de l’offre sur ce type de logements.

Or, la RIVP est un bailleur social, incapable de répondre à la demande et de remplir son rôle, celui du relogement des mal-logés. La situation est à ce point catastrophique, que le bailleur ne satisfait même pas les demandes de changement de ses propres locataires. Et les foyers qui occupent les hébergements d’urgence gérés par ce bailleur, dont des hôtels sociaux,  y croupissent en sur-occupation pendant des années.

Dans ce contexte, comment expliquer que le bailleur maintienne tels quels, dans son parc, des logements souvent situés dans des quartiers de prestige, à Paris et en banlieue, avec des niveaux de loyers de toute façon beaucoup trop chers pour les demandeurs de logement ordinaires, quand bien même les occupants de ces logements actuels les libéreraient ? Comment ces logements sont-ils attribués ? A qui ?

A ces questions la RIVP ne répond jamais,  sa direction a été incapable de communiquer les ressources des occupants de ces milliers de logement à la Cour Régionale des Comptes pour son précédent rapport.

A chaque évocation du scandale de ces logements, au travers d’un locataire médiatisé, la direction de la RIVP affirme «  ne pouvoir rien faire » concernant ce parc.

 Pourtant, afin d’augmenter sur le papier le nombre de nouveaux logements sociaux à Paris, le bailleur a bien conventionné 7000 logements « ILM 28 » en logements sociaux PLS, ce qui ne change rien dans le réel, puisque ces logements, les briques rouges de la petite ceinture, avaient déjà des niveaux de loyer proches de ceux du logement social.

Ce que la RIVP peut faire pour les ILM 28, pourquoi ne le fait-elle pas pour les loyers libres, permettant enfin à ces dizaines de milliers de logements d’entrer dans le cadre du logement social, et d’être transformés à terme en vrais HLM, attribués à des demandeurs ayant les plafonds de ressources correspondants ?

Où est la transparence tant vantée par la Ville de Paris dans cette affaire ?

Si à côté des 14 276 logements en loyers libres, la RIVP avait une offre adaptée à l’urgence de la situation en matière de mal-logement, il n’y aurait pas de problème : mais aujourd’hui, les logements PLA-I, correspondant aux revenus de 70% des demandeurs de logement parisiens ne représentent que 2% du parc total du bailleur.  Et lorsque la RIVP annonce fièrement la mise sur le financement de 670 nouveaux PLA-I pour 2011, elle oublie de préciser que la majorité d’entre eux sont des places de foyers ou des hébergements temporaires.

La RIVP est un bailleur social, son parc doit immédiatement s‘adapter à la demande de logements sociaux !

16:27 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : rivp, chevenement, delanoe, mairie, paris, logement social | | |  Facebook

 
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