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mercredi, 12 novembre 2014

Sylvain Mathieu, directeur de la DIHAL reçoit la visite des mal-logés au Ministère

sylvain mathieu,dihal,hébergement d'urgence,samu social,plan grand froid,dalo,115,décrets alur,péril,insalubrité,saturnisme,anah,sylvia pinel,accueil inconditionnel,errance urbaine70 mal-logés ont fait irruption cet après-midi dans les locaux fraîchement rénovés du Ministère de l'Ecologie, boulevard Saint Germain. C'est désormais ici que siège le nouveau délégué à l'Hébergement et au Logement, Sylvain Mathieu. Celui-ci a remplacé Alain Régnier, dont les positions contre les expulsions avaient déplu.
 
En ce début d'hiver, nous sommes venus montrer la réalité en face au nouveau délégué: celles de tous les hébergés, de toutes les victimes d'insalubrité , de toutes les personnes en errance urbaine qui vont passer une nouvelle saison dans des hôtels pourris aux quatre coins de l'Ile de France, dans des logements ultra-humides avec des chauffages d'appoint chers et dangereux. Celle de foyers qui attendent un logement depuis dix ans, depuis vingt ans, à qui l'on demande sans cesse de faire des nouvelles procédures, de nouveaux dossiers qui n'aboutissent jamais à rien.
 
Reçus par le directeur de cabinet de Sylvain Mathieu, qui était en réunion à Matignon, nous avons exigé et obtenu l'engagement d'un rendez-vous avec le délégué lui-même. Cet hiver nous ne souffrirons pas en silence, et nous comptons bien multiplier les actions pour le respect d'un droit minimum et élémentaire, le logement.

 


Le Ministère de l'Ecologie (DIHAL) occupé par... par HLMPOURTOUS

Communiqué diffusé sur place
 
Plan Grand Froid  : le mal-logement n’est pas un accident climatique, l’urgence sociale ne dépend pas du thermomètre.


Depuis des années, les gouvernements successifs promettent d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence. Mais chaque année, dans le plan Grand Froid hivernal, il faut bien inclure des mesures concernant les sans abri et les mal-logés. Tout simplement, parce que le problème de fond du mal-logement n’est pas traité.


En ce début d’hiver 2014, la situation s’aggrave. En Ile de France, la majorité des appels d’urgence au SAMU social ne débouche sur rien  : à Paris, ce sont 205 personnes en famille, qui chaque soir  n’avaient aucune solution cet automne.
Le nombre de refus de prises en charges par le SAMU social, qui est pourtant le dernier recours, n’a fait qu’augmenter ces dernières années  : au lieu d’agir en amont, cet automne, les Préfectures ont aggravé la situation, en donnant le feu vert même pour les expulsions des prioritaires DALO, les seuls mal-logés à être protégés par une circulaire précédente

.
La saturation de l’hébergement d’urgence fabrique l’errance urbaine, crée et aggrave la précarité sociale et professionnelle  : aujourd’hui 70% des familles hébergées en hôtel en Seine Saint Denis ou dans le Val d’Oise viennent de la capitale et y ont leurs enfants scolarisés. Pour ces familles, garder un emploi ou en retrouver un, mettre à jour sa situation administrative, avoir accès aux soins, à une scolarité normale est impossible ou rendu terriblement difficile .Et à ces  mêmes familles, les bailleurs sociaux opposeront des refus de relogement parce que leur dossier est trop précaire.


L’hiver 2014, comme les précédents sera marqué par les conséquences d’une autre forme de mal-logement. Parmi les victimes du fléau des intoxications au monoxyde de carbone, beaucoup le sont à cause de l’insalubrité des logements qui obligent à utiliser des chauffages d’appoint pour moins souffrir du froid. Beaucoup de ménages finissent avec des dettes de loyer et du surendettement à cause des factures énormes pour simplement chauffer des taudis mal isolés.


Dans ce domaine là aussi, l’attentisme est de rigueur  . Confronté à l’habitat indigne, les mal-logés subissent aussi les aléas de l’usine à gaz censée le traiter. Derrière les cas symboliques de marchands de sommeil mis hors d’état de nuire se cache la réalité des centaines de milliers de logement dégradés où le locataire, renvoyé de sa mairie à sa Préfecture, doit attendre que les pouvoirs publics aient classé son problème dans une des innombrables catégories légales qui déclenchent chacune des procédures distinctes et interminables. C’est ainsi que les affections respiratoires graves et chroniques se répandent chez une partie de la population qui passe des hivers sans fin dans des logements pourris par l’humidité , pendant que des propriétaires très au fait des moyens de se protéger encaissent les loyers.


La solution chacun la connaît  : reloger décemment. Seulement, chaque année, les Ministres réaffirment qu’il faut réellement mobiliser le contingent du 1% patronal. Chaque année, on constate l’insuffisance de la production de logements très sociaux, la nécessité d’imposer le respect de la loi SRU, ou d’en finir avec la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence.Et chaque année, on ouvre des gymnases et les salles d’attente des hôpitaux après avoir constaté que les objectifs de construction n’étaient pas remplis, que les hébergements d’urgence comme l’hôtel ou les foyers sont devenus un piège dont les mal-logés ne sortent pas.


Nous sommes venus dire la colère des demandeurs de logement au nouveau Préfet National chargé de l’Hébergement et du Logement, Sylvain Mathieu. Nous sommes venus lui rappeler nos attentes sur son rôle  : pas la distribution de miettes de droit, de nuitées d’hôtel au compte gouttes, ou d’un coup de peinture pour cacher la misère dans nos taudis, mais le respect du droit au logement pour tous, et un vrai plan d’urgence pour le logement.
 

17:53 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : sylvain mathieu, dihal, hébergement d'urgence, samu social, plan grand froid, dalo, 115, décrets alur, péril, insalubrité, saturnisme, anah, sylvia pinel, accueil inconditionnel, errance urbaine | | |  Facebook

mercredi, 15 mai 2013

Appartements insalubres à Paris Habitat OPH: le Préfet interpellé par les mal-logés

Demandeurs d'un logement HLM et locataires du parc social ont manifesté une nouvelle fois ensemble devant le siège du premier bailleur social parisien Paris Habitat OPH pendant la signature d'une convention pour l'embauche de contrats d'avenir entre l'USH-Ile de France ( AORIF), et la préfecture de région, en présence du préfet Jean Daubigny.

C'était l'occasion pour nous d'interpeller simultanément des interlocuteurs, qui en temps normal, se renvoient la balle mutuellement sur les problèmes d'insalubrité du parc social.

Ceux-ci deviennent récurrents en Ile de France, pour plusieurs raisons : le manque de budget alloué à la rénovation, le rachat d'immeubles anciens , sans remise à neuf du bâti. Désormais les nouveaux entrants dans le parc social se voient ainsi confrontés à des problèmes d'installations électriques , à des infestations de nuisibles non traitées, à des carences graves en matière d'isolation thermique.

Mais aussi et c'est un comble, à la présence de peintures au plomb, et donc au risque de saturnisme : c'est le cas pour un immeuble de Paris Habitat du 10ème arrondissement, où la Préfecture a reconnu ce critère d'insalubrité grave ( voire notre article précédent avec le courrier préfectoral )...mais où l'attribution du label DALO aux personnes concernées est rejeté au motif que «  le bailleur social ne reconnaît pas l'insalubrité » (clickez sur l'image ci-dessous pour afficher le courrier de la commission DALo reçu par le demandeur concerné).

 

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En clair, là où un propriétaire privé se verrait taxé de « marchand de sommeil », un bailleur social peut non seulement se permettre de ne pas reloger son locataire et de le laisser exposé au danger du plomb, mais son avis détermine également le refus du label DALO qui pourrait permettre un relogement préfectoral.

Globalement , aujourd'hui 30% des demandes de logement sont des demandes de mutation au sein du parc social ; motivées aussi par la suroccupation. Or si les bailleurs sociaux se plaignent sans arrêt du faible taux de rotation au sein du parc social, ils ne font rien pour l'améliorer : ainsi nombre de petits logements pourraient être libérés en accordant des logements de taille adaptée aux familles qui galèrent depuis des années dans un appartement devenu trop exigu. Au lieu de ça, certains bailleurs , notamment à Paris envisagent notamment de créer des « colocations » pour célibataires au sein de logements familiaux !

Aujourd'hui la Préfecture, les bailleurs sociaux et notamment Paris Habitat vont donc signer une convention pour embaucher des précaires en contrat d'avenir : mais vont-ils les loger ? Probablement pas, puisque toutes ces institutions pointent sans cesse le manque de ressources suffisantes pour attribuer des logements sociaux aux salariés en CDD, en temps partiel , au SMIC mensuel, ou en dessous et continuent à ne pas prendre en compte le besoin réel en PLA-I et à faire du PLS dans leurs nouvelles constructions.

 La précarité du logement et la dégradation du parc social ça suffit


 Insalubrité à Paris Habitat OPH: les mal-logés... par HLMPOURTOUS

21:43 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : paris habitat oph, insalubrité, saturnisme, dégradation du parc social, rénovation urbaine acquisition-réhabilitation, dalo | | |  Facebook

jeudi, 31 janvier 2013

Entre production qui chute et parc social dégradé, où va Paris Habitat OPH ?

Paris Habitat OPH, il y a encore quelques années était réputé pour la qualité globale de son parc, et comparé aux loyers élevés pratiqués par d'autres bailleurs parisiens comme la RIVP et les 3F, ceux du premier bailleur social de la Ville de Paris correspondaient mieux aux revenus réels des demandeurs de logement.

Mais les choses ont bien changé : depuis le milieu des années 2000 , Paris Habitat OPH a priorisé l'achat d'immeubles occupés et à réhabiliter et a racheté le parc en mauvais état d'autres bailleurs, dont la SAGI.

Résultat : la production s'est dramatiquement effondrée en 2010, et le prix de rachat élevé d'immeubles occupés a grevé le budget de la construction neuve. Le nombre d'attributions à des foyers modestes ne cesse donc de baisser, et le nombre de demandeurs de logement, ne cesse lui d'augmenter.

Mais la situation empire aussi au sein du parc : et être relogé ne signifie plus forcément sortir de la galère du mal-logement, comme en atteste la situation de ce foyer dont l'appartement est contaminé au plomb , que nous avons dénoncé récemment ( voir notre article).

Et plus « banalement », les logements livrés avec des sanitaires totalement à refaire , une isolation défectueuse ou une installation électrique précaire sont désormais le lot commun pour de nombreux nouveaux locataires à qui il est sèchement signifié en cas de réclamation, qu'ils doivent se débrouiller eux même pour les travaux de remise en état du logement, en infraction avec la loi qui impose cette obligation au propriétaire.

Comme les démarches individuelles restent sans réponse, nous nous sommes une nouvelle fois rassemblées devant le siège de Paris Habitat. Mais, malgré les situations graves évoqués ci-dessus, la direction nous a fait savoir qu'elle refusait de nous entendre.

Rappelons le , le logement social n'est pas une aumône mais un droit. Et la démarche cynique consistant à opposer les demandeurs qui attendent en vain un logement et les locataires qui vivent dans de mauvaises conditions dans le parc social ne marchera pas.

Tous mal-logés, tous en colère !

Un logement décent pour tous maintenant !


                        Paris-Habitat OPH : Locataires et mal-logés... par HLMPOURTOUS


Le tract diffusé lors du rassemblement


PARIS HABITAT-OPH, premier bailleur social parisien et européen

doit donner l'exemple !

 Paris Habitat OPH, premier bailleur social européen n'aura produit que 543 logements sociaux en 2011.

 Après la chute abyssale de 2010 ( 520 logements pour 2606 en 2009), c'est donc la deuxième année consécutive de sous-production massive pour l'Office, alors que le rythme annoncé en 2008 par la Ville, pendant les élections municipales, était de 1500 à 2000 nouveaux logements par an pendant toute la mandature.

 Et les annonces pour 2012 et 2013 sont malheureusement très décevantes : au mieux un retour à 1700 logements par an, sans rattrapage des objectifs non tenus pour2011 et 2010. Le changement, ce n'est pas encore maintenant pour les mal-logés parisiens.

 Cet effondrement de la production sur deux années a des conséquences dramatiques pour les mal-logés, parce que la production antérieure était déjà très inférieure aux besoins.

 Et même ceux qui se voient proposer un logement ne sont pas toujours sortis d'affaire : depuis des années , sous couvert de mixité sociale, les pouvoirs publics refusent de prendre en compte les ressources réelles des demandeurs pour fixer le type de logements sociaux produits. Alors que plus de 70 % des demandeurs parisiens ne peuvent en théorie accéder qu'à un PLA-I , seuls 22 unités ont été produites en 2011, contre 131 PLS, qui correspondent à 15% de la demande !

 Résultat, on propose des PLS à des personnes qui n'ont pas les moyens d'en acquitter le loyer, et se retrouveront donc rapidement en très grande difficulté budgétaire.

 Paris Habitat OPH rogne aussi sur les fonds nécessaires à la remise en état des logements : des locataires récemment installés se retrouvent avec des lettres de la Préfecture les informant que leur logement est contaminé au plomb par exemple ! De l'insalubrité dans les logements sociaux, voilà la conséquence de la politique menée depuis des années : des immeubles privés ou l'ensemble du parc de la SAGI ont été rachetés en mauvais état, et les locataires en payent aujourd'hui le prix.

 Et même devant ces situations extrêmes, il est impossible aux mal-logés d'être reçus et écoutés par la direction.

 Nous voulons un vrai changement dès maintenant, une production en masse et adaptée à nos besoins.


15:08 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : insalubrité, pla-i, réhabilitation, saturnisme | | |  Facebook

lundi, 28 janvier 2013

Logement social abusif ? Quand un appartement de Paris Habitat OPH est insalubre et contaminé au plomb....

Ces derniers jours, les médias se sont fait l'écho des taudis dans lesquels vivent de plus en plus de personnes condamnées à l'insalubrité et à la suroccupation, du fait du manque de logements sociaux. La Ministre du Logement a fort justement parlé, à propos de  ces situations de "logement abusif"

Mais l'état du parc de logements sociaux notamment à Paris aboutit aujourd'hui à des situations similaires pour des foyers ayant cru échapper définitivement à l'enfer du mal-logement.

 170120131193.jpgLes photos de murs recouverts par les moisissures que nous reproduisons ci-dessous ne sont pas celle d'un logement du parc privé, mais celles d'un appartement de Paris Habitat OPH situé dans l'Est parisien.

Le locataire de cet appartement avait connu l'errance et l'enfer du mal-logement, avant d'obtenir enfin ce logement social en 2010.

Mais très vite, les peintures commencent à noircir tandis que l'humidité affleure sur les murs. Comme dans tous les immeubles non entretenus correctement à Paris, les problèmes liés au bâti ne peuvent pas se régler juste en aérant au maximum ou en changeant le papier peint, et la couche de moisissures ne cesse de s'épaissir.

Entre temps, le locataire est devenu père de famille, il a effectué une demande de mutation et signalé à de nombreuses reprises les problèmes d'humidité qu'il rencontre à son agence Paris Habitat OPH locale mais aussi au siège...Inquiet pour la santé de son enfant, ses réclamations lui vaudront simplement une lettre du bailleur lui reprochant de soit-disant insultes et le menaçant d'une plainte s'il venait à nouveau dénoncer sa situation.

Mais le pire est à venir : au mois de juillet 2012, alors que le bailleur n'a toujours pas répondu à ses demandes, ce sont les services de lutte contre le saturnisme de l'Etat qui lui envoient un courrier. Il apprend ainsi que son appartement est contaminé au plomb, dans des proportions bien au dessus des seuils légaux. Les conséquences immédiates pour la santé de la famille sont clairement exposées dans ce courrier, reproduit ci-dessous « l'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique et provoque des effets réversibles ( anémie, troubles digestifs) , ou irréversibles ( atteinte du système nerveux) », «  l'humidité des parois devra être surveillée ».

mail.jpgLe saturnisme a d'autant plus de chances de se développer chez les enfants en bas âge et toutes les études scientifiques validées par les autorités publiques montrent que la contamination se fait notamment par l'inhalation des poussières en suspension dans l'air dans les appartements où le bâti cause un problème d'humidité.La famille locataire de ce logement social a un enfant de 20 mois. Chaque mois qui passe, la contamination se poursuit, et pour le moment, depuis ce courrier du mois de juillet, aucune proposition de relogement n'a été faite .

Le logement en question fait partie de l'ancien patrimoine de la SAGI, racheté par Paris Habitat OPH en 2005. Nous avions, déjà, il y a quelques années, dénoncé les risques de ce rachat d'un parc en mauvais état non rénové pour Paris Habitat OPH. Il s'avère aujourd'hui que les risques sont supportés par les locataires.

Plus globalement, cet exemple extrême mais non isolé de logement social en mauvais état traduit les problèmes posés par les choix faits en matière de production de logement par Paris Habitat OPH et la Ville de Paris : en privilégiant le rachat d'immeubles anciens et occupés, mais aussi en rachetant à d'autres sociétés de la Ville un parc en mauvais état, le nombre de « nouveaux » logements sociaux a certes été accru sur le papier dans un premier temps. Mais qu'il s'agisse de problèmes d'isolation thermique ( logements mansardés rachetés par la SIEMP), de vétusté des installations électriques, de problèmes d'accessibilité ( immeubles sans ascenseur ), les nouveaux relogés paient souvent le prix fort de cette politique, et la rénovation nécessaire sera un impact de plus sur le budget des bailleurs et du nouveau logement social en moins. D'ailleurs, cette politique a trouvé ses limites dès 2010, où la production de logements sociaux du premier bailleur francilien a brutalement chuté de presque 80%, la politique d'acquisition en milieu occupé jointe au cout du rachat du parc de la SAGI ayant épuisé les fonds propres de Paris Habitat OPH au fil des années.

 

170120131195.jpgNotre collectif a alerté récemment la direction de l'Union Sociale de l'Habitat sur l'état d'une partie du parc de logements sociaux parisiens. Thierry Bert délégué général de l'USH , nous a informés que le cas précis de cet appartement ( qui n'est probablement pas un cas isolé ) a été transmis directement à Stéphane Dambrine , président de Paris Habitat OPH .

 

Nous attendons donc une réaction rapide et un relogement immédiat de cette famille, au regard du danger sanitaire auquel elle est confrontée. Mais au delà, la question se pose de l'état du parc social parisien en général et de celui de l'ancien patrimoine de la SAGI en particulier.

Même si la situation de cette famille vient à évoluer, parce qu'elle n'est pas restée isolée et a contacté un collectif de lutte, il n'est pas acceptable que des locataires se retrouvent en situation d'insalubrité dangereuse au sein du logement social, sans possibilité individuelle d'être écoutés par leurs bailleurs.

 

Le courrier envoyé par le service saturnisme de la DRIHL au locataire


Clickez sur l'image pour lire le courrier Heberger image

16:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, insalubrité, marchand de sommeil | | |  Facebook

vendredi, 07 octobre 2011

NON ! L'insalubrité n'a pas disparu à Paris

Une centaine de mal-logés ont occupé ce matin le siège parisien de la SIEMP, société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée depuis 2001 de l’éradication de l’insalubrité dans la capitale.

Cette occupation faisait suite à la communication récente de Jean-Yves Mano , adjoint au Logement et de Romain Levy, président de la Siemp sur le sujet des taudis : selon leurs déclarations dans la presse, l’essentiel a été fait, l’insalubrité est quasiment résorbée et ce qui reste de taudis ne concernerait pas la Ville, qui en a déjà assez fait.

Les conditions de vie de dizaines de milliers de mal-logés sont pourtant toujours aussi infectes, et nous ne nous ne nous laisserons pas invisibiliser : nos taudis sont moins voyants qu’autrefois, certes, situés dans des immeubles dont la façade a souvent été refaite, et surtout la définition légale de l’insalubrité a été revue à la baisse, désormais l’humidité, les cafards, les champignons, l’amiante, les sanitaires dégradés sont « juste » de l’ « indécence » selon le terme institutionnel.

Pour nous l’ « indécence », c’est celle qui consiste à laisser perdurer pour des dizaines de milliers de personnes de tous âges, des conditions de vie dignes du siècle dernier pendant des années, pour nous l’indécence c’est de prétendre que rien ne peut être fait de plus en termes de production de logement social, pour nous l’ « indécence » , c’est se féliciter des politiques menées quand elles laissent des dizaines de milliers de Parisiens de côté.

Nous avons donc exigé et obtenu un rendez-vous avec le président de la SIEMP, le cabinet de Bertrand Delanöe, et celui de Jean-Yves Mano, pendant lequel il leur sera sans doute plus difficile d’expliquer aux premiers concernés qu’à la presse que le problème de l’insalubrité est réglé.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Communiqué diffusé sur place ci dessous


Insalubrité à Paris : des mal-logés occupent la... par HLMPOURTOUS


Insalubre, indécent, indigne, en diffus ou pas,
un taudis, est un taudis !


Le Collectif des Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui collectivement à la direction parisienne de la SIEMP , société d'économie mixte chargée par la Ville de Paris d'éradiquer l'insalubrité .

Nous sommes ici , parce que nous sommes inquiets et révoltés de la communication globale faites par les élus parisiens, mais aussi par le gouvernement sur l'insalubrité et son traitement : ces dernières semaines, en se focalisant sur mille immeubles parisiens, dont la liste a été faite il y a des années, Jean Yves Mano, adjoint au Logement de la Ville, mais aussi Romain Levy, le président de la SIEMP ont affirmé à de nombreuses reprises que l' « insalubrité était quasi-résorbée à Paris ». Dans certains entretiens donnés à la presse, Jean Yves Mano a certes reconnu que subsistait un problème sur l'insalubrité en diffus, c'est à dire des logements isolés dans des immeubles, mais que « La Ville ne pouvait se substituer aux propriétaires privés ».

Les mal-logés savent ce que signifie au quotidien ces affirmations : un délaissement de plus en plus important des problèmes vécus par des dizaines de milliers d'entre nous.

Ce délaissement se fonde sur la distinction entre habitat « insalubre et impropre à l'habitation » et habitat « indécent ».

Concrètement, l'humidité, les infestations récurrentes de nuisibles, la présence de champignons, la mauvaise aération, l'état dégradé des installations électriques, des sanitaires, des fenêtres, de l'isolation, même cumulés ne sont plus de l'insalubrité : il faut que la dégradation en arrive au point de mettre directement et immédiatement la vie en danger pour que l'action des pouvoirs publics se déclenche enfin sous une autre forme que des injonctions de travaux inopérantes.

Concrètement, on peut très bien vivre dans un logement pourri, souffrir de pathologies récurrentes liées au mal-logement, sans pouvoir prétendre à un quelconque droit au relogement immédiat. Pire le soupçon pèse sans arrêt sur nous, les mal-logés sont très souvent accusés de « noircir le tableau » pour « extorquer un logement social. »

Les propriétaires privés, eux, bénéficient d'une considération bien plus grande, on subventionne leurs travaux, on ne recourt quasiment jamais à la suspension du loyer, on leur laisse des délais. Juridiquement plus accompagnés que les mal-logés, ils parviennent à faire financer la remise en état des logements pour ensuite congédier leur locataire et revendre en réalisant d'importantes plus-values. Ils ont à leur disposition des services d'information et d'aide immédiate et centralisée, notamment à la SIEMP, quand les mal-logés doivent attendre parfois six mois ou plus pour une visite de constat dans un appartement, et multiplier les démarches auprès de services différents pour chaque problème spécifique.

Non, le problème de l'insalubrité et des taudis n'est pas réglé à Paris, il prend simplement des formes plus discrètes, et ce d'autant plus que les mal-logés osent de moins en moins souvent le dénoncer : face à la pénurie de logements, face au peu de chances d'obtenir un logement social, s'attaquer à son propriétaire, c'est prendre le risque de l'expulsion sèche à brève échéance.

Un logement décent, c'est le minimum pour tous, il n'y pas d'insalubrité « relative » et supportable !

15:11 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : saturnisme, pascale dietrich-ragon, mal-logement, siemp, insalubrité, jean yves mano | | |  Facebook

mercredi, 16 juin 2010

Journée nationale de lutte contre l'habitat indigne: une politique de dissimulation de la réalité

Ce jeudi 17 juin, c'est la journée nationale de l'Habitat Indigne.

A l'heure où les chiffres font état de plusieurs millions de mal logés, les politiques de tous bords se félicitent pourtant des actions menées contre l'insalubrité et l'indécence.

Benoist APPARU avance la somme , apparemment énorme, de 257 millions d'euros investis dans le traitement de 23 000 logements par an. Bertrand Delanoe avance lui, la résorption quasi totale des « 1030 immeubles insalubres » détectés en 2001 à Paris... il n'en resterait que trois !

Mais les mal logés savent que tout repose sur la définition de l' « insalubrité » et de l' « indécence » par les pouvoirs publics.

 

La loi définit de manière très large la notion de logement indigne:

"Constituent un habitat indigne les locaux ou installations utilisés à des fins d'habitation et impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l'état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé..

 

Dans la réalité des politiques menées, l'humidité chronique, l'absence d'aérations, l'absence de sanitaires convenables, la sur-occupation ne sont jamais prises en compte isolément, et même ensemble, elle ne donnent lieu à un classement en « logement indigne » qu'aux termes de processus qui durent des années.

Obtenir une simple visite de son logement nécessite de s'adresser à des interlocuteurs multiples: la Préfecture de Police , les Services Techniques de l'Habitat, les PACT ARIM, les associations subventionnées par l'Etat pour tel ou tel aspect spécifique. A Paris, la décision sur un même logement peut ainsi donner lieu aux visites de quatre ou cinq services différents avant d'être prise.

 

Aucun de ces interlocuteurs n'est neutre et indépendant des autorités qui pourraient se trouver contraintes à reloger par une décision de classement en logement « indigne »: tous dépendent hiérarchiquement soit de l'Etat, soit de la Mairie. Et donc aussi d'élus locaux ou de Ministres du Logement, dont aucun ne peut faire face aux demandes de logement sociaux, de toute façon.

 

Hormis les cas extrêmement graves, ce n'est donc pas le classement en habitat indigne, mais la simple indécence qui est retenue et elle ne met légalement aucune obligation de relogement à la charge du propriétaire, ni à celle des pouvoirs publics, hormis en cas de DALO positif.

 

Mais les commissions de médiation DALO ne statuent jamais positivement si les pouvoirs publics n'ont pas préalablement reconnu l'indécence. La procédure est un donc un cercle vicieux sans fin pour les mal logés, une suite de dossiers qui n'aboutissent à rien, puisque l'offre de logements sociaux ne suit pas.

 

En attendant, les chiffres officiels sur le nombre de logements indécents sont évidemment bien en deça de la réalité et permettent aux politiques de tous bords de se féliciter d'une politique qui ne fait que masquer la réalité

 

De fait, l'immense majorité des crédits investis dans la « lutte contre l'insalubrité » sont finalement versées aux propriétaires pour la réalisation de travaux , désormais pris en charge jusqu'à 80 % par l'ANAH.Mieux conseillés et informés de leurs droits que les locataires, les propriétaires privés jonglent avec les financements publics, réhabilitent leur logement, puis le vendent: en effet les zones prioritaires choisies par l'ANAH en Ile de France, correspondent à des quartiers en pleine rénovation urbaine, ou les prix de l'immobilier sont en hausse depuis une dizaine d'années.

Le plus souvent les logements sont peut-être « traités », mais l'aboutissement final pour les mal logés , c'est la sortie vers une autre forme de mal logement: soit un autre logement indécent ailleurs, soit l'hébergement d'urgence, soit l'errance urbaine.

 

Si la politique de lutte contre l'insalubrité était efficace, le nombre de demandeurs de logement sociaux aurait baissé: il ne fait qu'augmenter.

 

 

 

 

21:21 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : habitat-indigne, apparu, anah, delanoe, logement, insalubrite, saturnisme, dalo, taudis | | |  Facebook

lundi, 11 mai 2009

Paris : lutte contre l'insalubrité ?

 

 

map.jpg

 

Lutter contre les marchands de sommeil ?

La Mairie de Paris préfère s’attaquer aux mal logés.

 

 

 

Une mal logée du collectif convoquée au commissariat suite à une plainte de la Ville de Paris

 

Le 25, rue de l’Argonne est un taudis parmi d’autres du 19ème arrondissement : un taudis qui rapporte gros pour pas cher, infesté de plomb, aux murs dévastés par l’humidité. Le propriétaire, grâce à la crise du logement n’a aucun mal  à piocher dans les demandes de logement social non satisfaites pour prendre environ 800 euros pour un deux pièces insalubre..

De plus, grâce aux nombreuses possibilités de subvention préfectorales et municipales pour la résorption de l’insalubrité, et à la spéculation, la valeur de l’immeuble ne cesse d’augmenter, quel que soit son état réel.

Pendant des années, Mme B. et ses enfants ont du vivre dans ce taudis et affronter les pressions du propriétaire : celui-ci , n’hésitera pas , par exemple à la harceler par voie d’huissier pour des loyers légalement non demandables du fait des travaux non effectués.

Malgré ses problèmes de santé et ceux des enfants, malgré les nombreuses demandes et signalements faits à la Ville, Mme B/ n'obtient pas de relogement et le taudis reste en l'état

Jusqu’à ce jour de 2007, ou elle apprend par voie d’affiche que la Ville de Paris envoie des agents pour visiter l’immeuble une énième fois.

Ce jour là, en solidarité, le Collectif Mal Logés en Colère organise une manifestation devant l’immeuble.

Evidemment le propriétaire, présent n’apprécie pas : devant la soixantaine de personnes présentes, il menace Mme B. de représailles en tout genre, se vante d’avoir le bras long à la Préfecture comme à la Mairie, et nous affirme que le 25, rue de l’Argonne n’est pas sa première opération immobilière, qu’il a déjà revendu à la Ville un immeuble rue Myrrha et que nous ne l’empêcherons pas de mener ses affaires comme il le souhaite.

Lorsque nous demandons aux agents de la Ville ce qui se passe sur cet immeuble, quelles sont leurs conclusions, ceux-ci nous répondent alors qu’ils n’ont pas de comptes à rendre aux locataires, mais seulement au propriétaire avec qui ils vont décider des travaux à effectuer.

Lorsqu’ils repartent accompagnés du marchand de sommeil, nous les suivons donc en manifestation, sans répondre aux provocations verbales de celui-ci.

Quelques jours plus tard, Mme B recevra enfin une proposition de logement, preuve que la lutte paye.

Mais depuis, le propriétaire a reloué son taudis, hormis quelques coups de peinture, ici et là, absolument rien n’a changé au 25, rue de l’Argonne dont la rénovation nécessite des travaux lourds sur le bâti, et le relogement préalable des occupants.

Seule avancée, après des années de signalement, la Préfecture de Police reconnaît l'insalubrité de l'immeuble en mars 2009, mais n'adresse qu'une énième injonction de travaux au propriétaire. Bien que la dangerosité de l'installation électrique soit avérée et soulignée ( voir l'arrêté de la Préfecture en bas d'article ), les habitants ne sont pas pour autant relogés

Si le propriétaire du 25, rue de l’Argonne peut continuer à s’enrichir en paix grâce au mal logement, Mme B, deux ans et demi après cette manifestation, a reçu une convocation au commissariat suite à une plainte de la Ville, qui nous accuse apparemment d’avoir insulté ses salariés. Dénoncer publiquement l'inaction de la Ville pourtant, cela n'a rien à voir avec une mise en cause personnelle d'agents au rôle purement technique.

Notre collectif organise systématiquement des rassemblements devant les taudis où la Ville subventionne des propriétaires avec l’argent du logement social, pour des travaux , le plus souvent cache misère et qui de toute façon n’ont pas à être financés par l’argent public : les propriétaires d’immeuble insalubres ne sont pas des nécessiteux, bien au contraire, les loyers encaissés pendant des années pour des taudis leur rapportent bien plus qu’au propriétaire d’un logement en bon état qui assume les travaux nécessaires.

Evidemment, ces rassemblements dérangent, car ils rendent visibles un fait que la Ville de Paris masque à grand renforts de communication : l’insalubrité est toujours là, les taudis, hôtels ou pseudo logements aussi.

Le seul moyen d’éradiquer les marchands de sommeil, c’est le logement social, car avec une offre de logement suffisante , les taudis ne trouveraient pas preneur. Or en huit ans de mandature Delanoe, le nombre de demandeurs de logement n’a fait qu’augmenter, notamment dans le 19ème arrondissement, où pourtant Roger Madec refuse de construire un logement social de plus.

Le mal logement est une répression permanente, que la Ville choisisse d’y ajouter une nouvelle fois la répression policière ne risque pas d’entamer la détermination des mal logés.

Mais porter plainte contre les victimes et subventionner les propriétaires des taudis, c’est une bien étrange manière de lutter contre l’insalubrité.

L'arrêté de la Préfecture de Police sur le 25, rue de l'Argonne (lien ci-dessous)

argonne_19eme_20090313 .pdf

19:40 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : insalubrité, delanoe, logement social, taudis, saturnisme, mal logés | | |  Facebook

jeudi, 05 février 2009

Des mal logés trainés au tribunal par la Pérfecture: occupation du Pacte de Paris

Une centaine de mal logés ont occupé aujourd'hui le Pacte de Paris, un opérateur privé financé par la Préfecture et la Mairie pour "résorber" l'insalubrité": dans les faits, il s'agir surtout d'offrir aux propriétaires des subventions avantageuses pour des travaux, sans garantie de relogement pour les occupants.

Nous étions là pour exiger le retrait d'une assignation en justice de la Préfecture à l'encontre d'une famille mal logée: celle-ci exige un vrai relogement et pas des travaux "palliatifs" inefficaces pour le traitement du plomb, dans un immeuble ou d'autres logements ont déjà été traités, et ou le plomb est toujours présent.

Nous avons rappelé au directeur du Pacte de Paris, que le saturnisme est une maladie de la misère et des taudis, une parmi d'autres tout aussi dangereuses. Aujourd'hui, ce sont la Préfecture , la mairie et le Pacte qui décident seuls des immeubles et des logements à diagnostiquer, et les signalements des mal logés eux même ne sont jamais suivis d'actions.

Comme les constats d'insalubrité entrainent l'obligation de relogements urgents par la Préfecture et la Ville, ceux ci sont délivrés au compte goutte, et des dizaines de milliers de personnes continuent à croupir dans des taudis non recensés.

Assez de travaux bidon!

Assez de temps perdu!

Des logements maintenant

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Communiqué diffusé sur place

 

Occupation du Pacte de Paris : le seul palliatif à l'insalubrité c'est le relogement.

 

Alors que la Préfecture vient d'assigner en justice une mère de famille du collectif qui refuse des travaux dits palliatifs dans un taudis insalubre du 10ème arrondissement, une centaine de mal logés occupent  le Pacte de Paris,28, rue Tronchet,  chargé de la résorption de l'insalubrité par la Préfecture et la Ville.

 

Depuis des années, la Préfecture et la Ville, au lieu de reloger immédiatement les occupants des logements oùl la présence de plomb est avérée, se contentent de « travaux palliatifs » qui consistent à apposer un revêtement dégradable sur les « parties accessibles « .On cache la misère et on ferme les yeux sur le vrai problème, le mal logement.

 

La Préfecture accuse les familles qui refusent ces travaux de mettre sciemment en danger la vie de leurs enfants, pour obtenir un relogement plus vite.

Cette accusation est non seulement insupportable, mais elle masque la réalité, à savoir l'inefficacité des politiques « palliatives «  dans le traitement de l'exposition au plomb, Et aux autres maladies de l'insalubrité.

 

L'exposition au plomb est rarement la seule source d'insalubrité dans un logement : en Ile de France, dans plus de la moitié des dépistages positifs chez l'enfant, le logement de la famille est dégradé et insalubre, et dans 87 pour cent des cas, le foyer vit en état de suroccupation. ( étude de l'INVS juillet 2008)

 

Ces deux critères ont été avant même le vote de la loi DALO, des critères légaux de relogement urgent et prioritaire : l'exposition au plomb est donc d'abord le résultat de l'inaction de l'Etat et des pouvoirs publics.

 

Ceux-ci ont fixé arbitrairement un seuil au-delà duquel la quantité de plomb dans le sang présenterait des effets toxiques durables : or des études menées en France et dans le monde entier concluent que ce seuil de 100 micro unités n'a aucune valeur scientifique et universelle : des déficiences mentales, dans la concentration, dans les compétences établies par les tests de QI, mais aussi des problèmes physiques, notamment d'équilibre et de perception des couleurs ont été constatés bien avant ce seuil.

 

De plus, la contamination des adultes, contre laquelle aucune mesure n'est prise, notamment en cas de travaux dans les immeubles, ou seules les familles avec de jeunes enfants sont déplacées, n'est pas sans risques sur la santé : et notamment, pour les femmes, puisque le plomb se fixe définitivement sur les os et passe dans le placenta en cas de grosesse.

 

Et si des mal logés refusent les travaux dits palliatifs , c'est tout simplement parce qu'ils n'ont pas d'efficacité durable dans les taudis. Ce ne sont pas les mal logés qui l'affirment mais la circulaire prise à la suite de la loi de 98 qui a rendus ces travaux obligatoires, mais pas l'obligation de relogement.

 

Extrait de la circulaire d'application de la loi contre l'exclusion de 1998, articles relatifs aux mesures obligatoire en cas de déppistage plomb positif

 

Les dégradations des peintures (cloquage, écaillage, faïençage, fissuration, chocs...) ont des origines souvent plus graves comme le vieillissement général du bâti, associé à un défaut d'entretien, des problèmes d'humidité, d'infiltration ou de remontées capillaires, de condensation.
Les travaux dits palliatifs n'ont pas pour but de traiter les causes profondes des dégradations mais de stopper le processus d'intoxication en mettant une barrière entre les éléments toxiques et les occupants. C'est pourquoi ils n'offrent pas, a priori, de garantie de durabilité.

 

 

Nous avons la preuve pratique de l'inefficacité de ces travaux, dans plusieurs immeubles

-Au 24, rue Louvel de Tessier dans le 10ème, un appartement déjà traité, est soumis aujourd'hui à de nouveaux travaux, à peine un an après les premiers

-Au 211, rue Saint Maur, le taux de plomb dans le sang de certains enfants a continué à grimper après ces travaux. Selon l'étude de l'INVS de juillet 2008 , au moins 10 pour cent d'enfants auraient ce problème dans des logements récemment traités, et il ne s'agit que des enfants contrôlés régulièrement, c'est-à-dire ceux dont le taux de plomb dans le sang est déjà supérieur à 100 mg.

 

 

Voilà pourquoi les familles refusent, non pas les travaux en eux même, mais le traitement dégradant qui consiste à les sortir quelques jours de leurs taudis, à poser une couche de papier puis à les laisser livrées à elle-même et à tous les dangers de l'insalubrité.

 

Nous occupons donc aujourd'hui le Pacte de Paris, principal opérateur de la résorption de l'insalubrité dans la capitale, pour dénoncer l'inefficacité totale de cette politique, pour exiger le relogement immédiat de tous les mal logés victimes de l'insalubrité.

 

Nous n'acceptons pas que la Préfecture pousse le cynisme et la provocation jusqu'à assigner au tribunal une famille dont le dossier a été considéré comme urgent et prioritaire par la commission de médiation DALO, et pour laquelle l'Etat ne respecte pas sa propre obligation de relogement immédiat.

 

Un taudis repeint reste un taudis

Nous voulons de vrais logements maintenant !

21:14 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : pacte de paris, insalubrité, saturnisme, mal logés, dalo, anah | | |  Facebook

 
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