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mercredi, 23 septembre 2015

BATIGERE: le logement social est-il encore la priorité des bailleurs sociaux ?

novigere-logement.jpgAlors que le congrès de l'USH ,se tient à Montpellier, 70 mal-logés ont investi cet après-midi les locaux de Novigère : Novigère est une des nombreuses filiales HLM d'un des principaux collecteurs du 1% , CILGERE.

A Montpellier, les directions des bailleurs sociaux parlent "mixité sociale" et "diversification des activités": alors que les aides à la pierre pour le vrai logement social ne cessent de baisser, le logement intermédiaire est favorisé , au travers d'aides étatiques mais aussi de filiales spécialement dédiées au sein des grands organismes HLM.

Sous couvert de loger les classes moyennes, ce type de logements vise surtout à faire de meilleurs profits avec des loyers beaucoup plus chers. Ce n'est une solution satisfaisante pour personne.

L'obtention d'un logement social est plus que jamais un parcours du combattant pour les demandeurs d'Ile de France. Dans la seule capitale, 150 000 foyers attendent un relogement, souvent depuis plus de dix ans. Les loyers du privé ont augmenté de 42 % en dix ans, l'appartement en HLM est donc l'unique solution accessible à une bonne partie de la population . Les dispositifs censés résorber l'urgence sont saturés : en témoigne l'échec de la loi DALO. En Ile de France, des dizaines de milliers de foyers, reconnus prioritaires par un processus pourtant arbitraire et restrictif n'ont toujours pas de relogement.

 Dans cette situation les bailleurs sociaux font-ils le maximum pour répondre à la demande telle qu'elle est ? Certainement pas.

 Ainsi, dans son rapport d'activité 2013, Batigère annonçait une baisse des attributions de logements de 2 % en un an.

Pourtant le bailleur multiplie les opérations : plusieurs centaines de logements étudiants sur le Plateau de Saclay, Usufruit Locatif Social dans les Hauts de Seine. Et la maison-mère CILGERE ne cesse de diversifier ses activités : elle détient ainsi une société privée SOCALOG , qui fait uniquement du logement intermédiaire .

 Seulement, toutes ces opérations laissent de côté le logement social traditionnel, celui dont les loyers sont accessibles aux ouvriers, aux employés, aux familles ou aux retraités modestes. Comme d'autres, Batigère privilégie d'une part désormais le logement temporaire destiné aux étudiants ou aux jeunes travailleurs , plus rentable que le logement familial, parce que les baux y sont plus souples. Et d'autre part, le bailleur développe une offre aux loyers chers, ceux de la catégorie la plus haute du logement social ( PLS ) ou carrément le logement intermédiaire.C'est ainsi que dans la rubrique «  Logements à louer du bailleur » , on ne trouve aucun 4 pièces à moins de 1100 euros en petite et moyenne couronne. A Suresnes, le bailleur affiche même des loyers de plus de 1500 euros mensuels.

 Si ces logements répondent à des besoins, ce ne sont en tout cas pas ceux des catégories modestes de la population : le gouvernement indiquait à l'automne 2014, que les bailleurs du 1 % ne remplissaient toujours pas l'obligation minimale de 25 % de relogements pour les demandeurs labellisés DALO. En 2013, Batigère annonçait, sur toute la France , seulement 121 relogements en accords collectifs.

 A Paris le parc de logements très sociaux moins de 10 % du parc total de l'ensemble des bailleurs.

 Pourtant, à la veille du Congrès de l'UESH , les bailleurs communiquent surtout sur l'énième réforme des attributions discutée actuellement. Mais ce débat là est un leurre : il ne peut y avoir ni justice sociale, ni transparence , ni respect du droit fondamental au logement, sans une réorientation de la production. Sans logements accessibles, pas de droit au logement. Or aujourd'hui, les classes populaires voient sans cesse diminuer l'offre de logement qui leur est destinée.

 La vocation première d'un bailleur social, est le logement social. Alors que plusieurs millions de mal-logés attendent une solution, ce doit être la priorité absolue, pour Batigère comme pour tous les autres organismes.

17:20 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : congrès, ush, aide à la pierre, batigère, cilgère, novigere, logement intermédiaire, pla-i, pls, uls, grand paris, saclay, dalo, mixité sociale | | |  Facebook

jeudi, 20 décembre 2012

Paris: manifestation pour de vrais engagements contre la crise du logement

Aujourd'hui à la Maison de la Chimie, Ministres , présidents des grandes agences liées au logement ( ANRU , ANAH...), présidents des fédérations de HLM, sont réunis pour répondre à une question fondamentale : quels engagements de politique sociale en matière de logement pour le quinquennat ?

Mal-logés en lutte nous sommes venus manifester , car nous avons notre idée sur ce que devrait être cette politique sociale : production massive de logements sociaux adaptés au niveau de ressources des demandeurs, qui sont dans leur majorité, des salariés modestes, des retraités, des jeunes en formation, des chômeurs.

Ces dernières années, alors que l'offre privée devenait inaccessible à des millions de personnes, à cause d'une explosion des loyers (qui ont par exemple doublé en région parisienne), le type de logements produits par les bailleurs sociaux changeait lui aussi en plus cher : la hausse du nombre de logements sociaux totaux est due pour moitié ( 46%) à la production de PLS. Ce type de HLM inaccessible à plus de 75% des demandeurs de logement a été multiplié par 10 en dix ans, quand le nombre de PLA-I n'a été multiplié que par deux. L'augmentation du parc social, en quantité et en types de logement n'a donc absolument pas compensé la disparition du logement privé à bon marché.

De plus, le budget logement n'augmente pas : les crédits du Ministère sont passés de 8,3 milliards d'euros à 7,8 de 2012 à 2013. L'aide à la pierre pour la construction directe n'a été augmentée que de 50 millions d'euros, et les rallonges budgétaires annoncées depuis ne concernent que l'hébergement d'urgence. D'ores et déjà, les bailleurs sociaux ont annoncé que le fameux objectif de 150 000 logements ne serait pas atteint en 2013. Et au mieux, le gouvernement prévoirait que le nombre de PLA-I passe de 33 à 40% de la production totale de nouveaux logements, alors que plus de 75% des demandeurs actuels ne peuvent accéder à d'autres types de logement.

Le compte n'y est pas : si la mobilisation des mal-logés , mais aussi des travailleurs du secteur du logement et de l'hébergement amène les ministres à multiplier les annonces, les crédits et les mesures nécessaires en urgence et sur le long terme ne sont pas là. Et l'on continue à vendre 12 000 logements sociaux par an !

Et dans le même temps, les collectivités territoriales se désinvestissent : en Seine Saint Denis comme à Paris, les Conseils Généraux interrompent les prises en charge d'hôtel pour les familles au titre de l'Aide Sociale à l'Enfance. Le SAMU social étant saturés, ce sont des milliers de familles qui risquent tout bonnement la rue.

Face à cette non-prise en compte des besoins réels, nous sommes déterminés à nous mobiliser pour obtenir le minimum dans un pays riche :

UN LOGEMENT POUR TOUS !

 


                         Politique du logement : le compte n' est pas bon... par HLMPOURTOUS

14:46 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : cecile duflot, pla-i, intermédiation locative, dalo, hébergement urgence, aide à la pierre, ush, uesh, thierry bert, réquisitions | | |  Facebook

mercredi, 24 octobre 2012

Bailleurs sociaux et mal-logés: dialogue social de bistrot

Ce matin, une délégation de notre collectif a été « reçue » par la direction de l'Aorif, l'Union sociale pour l'habitat d'Ile-de-France, (organisation professionnelle regroupant les organismes HLM ayant leur siège social dans la région.)

Stéphane Dambrine président , ( également directeur de Paris Habitat OPH ) et le directeur général , Mr RAINBAULT étaient présents, suite à l'engagement pris lors de l'occupation du siège vendredi dernier par une centaine de mal-logés .

Ce rendez-vous s'est tenu au Café Balzac, la direction de l'AORIF , organisme de coordination des bailleurs sociaux ayant jugé que nous n'étions pas des mal-logés assez convenables pour être reçus dans leurs bureaux.

En une demi-heure, il nous a d'ailleurs été également expliqué que les mal-logés, en général, n'étaient également pas assez convenables pour être relogés dans le logement social.

Parlant pour l'ensemble des bailleurs sociaux, les dirigeants présents nous ont d'abord expliqué qu'ils ne refusaient « que » 20% des candidatures DALO qui leur étaient proposées par la Préfecture.

Obtenir le label DALO est une gageure, au vu de critères très restrictifs : actuellement seuls 17 800 dossiers ont ce label sur 120 000 demandeurs de logement parisiens, par exemple. La Préfecture ne dispose que d'un contingent de moins de 1500 logements annuels à proposer....et au bout de ce goulot d'étranglement, après un tri drastique , ne retenant qu'un peu plus d'un demandeur sur mille par an, les bailleurs sociaux trouvent encore le moyen de rejeter 20% des candidatures .

Stéphane Dambrine a jugé bon d'ajouter que la multiplicité des labels permettait une sélection « juste » des demandeurs , vantant par exemple le dispositif des accords collectifs, environ 1400 logements dans la capitale , par an.

Mais c'est cette multiplicité des procédures, ces ajouts incessants de démarches et de critères qui rendent justement impossible l'accès aux commissions d'attribution pour la plupart des ménages en difficulté : les personnes en errance urbaine, celles qui vivent dans les quartiers populaires où les travailleurs sociaux sont surchargés, celles qui ont des situations professionnelles changeantes du fait de la précarité, sont de fait, exclues de tout dispositif spécifique et leurs dossiers systématiquement jugés « incomplets » ou «  non-prioritaires ». C'est notamment le cas des personnes SDF, baladées d'hébergements d'urgence en hôtels par le SAMU Social et qui ne sont suivies par aucun service social.

C'est ce qui aboutit aussi à des situations dévastatrices pour les personnes, en plus d'être ubuesques : ainsi ,en cette période de hausse des loyers et d'expulsions massives, Mr Dambrine a-t-il jugé « anecdotique » le problème qui touche des milliers de foyers : les personnes qui vivent dans un logement privé hors de prix et en totale inadéquation avec leurs ressources sont aujourd'hui considérées comme non-prioritaires, tant qu'elles parviennent à payer leur loyer. Quand elles ne le peuvent plus, c'est seulement au terme de la procédure d'expulsion que leur cas est éventuellement pris en compte. Mais à ce moment là, la présence de dettes de loyer, même minimes amène les bailleurs à rejeter les dossiers !

Devant nos arguments, la direction de l'AORIF a fini par reconnaître que de toute façon «  les niveaux de loyers pratiqués dans les nouvelles constructions ne correspondaient effectivement pas aux revenus de beaucoup de demandeurs, à qui seul le parc « ancien » était réellement accessible ».

Et il nous a été dit très clairement qu'en l'état des financements et de leurs fonds actuels, il était de toute façon impossible de faire autrement...en clair, si nouveaux logements sociaux il y a , dans leur majorité, ils ne seront pas accessibles, dans leur immense majorité, aux précaires, aux pauvres, aux salariés et aux retraités modestes.

A titre d'exemple, Paris Habitat OPH , le premier bailleur social parisien n'a été capable de mettre sur le marché cette année que 22 PLA-I contre 103 PLS, après une chute de près de 70% de la production en 2010 !

Comment s'étonner, dans ces conditions, que deux-tiers des appels au SAMU Social ne trouvent pas de réponse ? Si les circuits de l'hébergement sont bloqués, c'est parce que ceux du logement sont saturés, faute d'offre. 

Si 300 personnes meurent dans la rue chaque année, si des incendies meurtriers frappent des logements parfaitement connus comme insalubres, ce n'est pas la fatalité , mais bien le résultat d'une politique qui, sciemment, détruit le logement social. Si les propriétaires privés pratiquent des loyers qui étouffent financièrement des millions de gens, c'est bien parce que l'offre de logement public n'existe plus pour réguler le marché.

Et le changement ne sera pas maintenant , sauf si les mal-logés en lutte l'imposent. C'est ce que nous avons retenu de ce rendez-vous, ou la direction de l'AORIF nous a accusé de demander des « passe-droits ».

 

Nous ne demandons rien du tout, nous exigeons notre droit, le même que celui des millions de mal-logés.

Nos conditions de vies ne constituent pas une urgence pour les décideurs ? Les mal-logés ne valent pas la peine qu'on trouve une solution ? Nous ferons en sorte que notre lutte soit pour eux tous un problème urgent .

13:41 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : accords collectifs départementaux, aorif, stephane dambrine, ush, cus, dalo, paris habitat oph, hébergement d'urgence, samu social, trève hivernale | | |  Facebook

jeudi, 04 octobre 2012

Mobilisation contre les expulsions: les mal-logés occupent le GIP Habitat

Plus de 80 mal-logés ont occupé toute la matinée le GIP Habitatt et Interventions Sociales , au 38, rue de le République à Montreuil.


Cet organisme est financé par l'Etat pour aider au relogement des mal-logés en difficulté.


Mais, si dans les discours, le nouveau gouvernement prétend mettre les moyens nécessaires pour résorber la crise du logement, sur le terrain, la réalité montre qu'il n'en est rien.


Expulsion emblématique aussi parce qu'elle témoigne de l'inutilité et même du caractère piégé des dispositifs mis en place soi-disant pour aider les mal-logés: il s'agissait d'un foyer prioritaire DALO, censé être relogé, cela n'a pas empêché la procédure d'expulsion d'arriver à son terme. La Loi DALO, avec ses critères ultra-restrictifs exclut donc une grande partie des mal-logés mais ne protège même pas ceux qui bénéficient de son label !


De fait, seule la construction et le reconventionnement massif permettront de répondre à la crise: il y a besoin de vrais logements sociaux, donc une majorité de PLA-I, les seuls niveaux de loyer accessibles à 75 % des demandeurs, et en masse, ce qui nécessiterait au minimum le doublement des aides à la pierre, promis pendant la campagne électorale, mais qui a été remplacé dans le budget par une maigre augmentation de 11%.


Mais même une simple mesure comme l'arrêt des expulsions n'est pas prise.
Ce que les mal-logés en lutte n'ont pas accepté sous Sarkozy, ils ne l'accepteront pas avec Hollande.


Les expulsions ne sont que le symptôme le plus visible d'une crise qui plonge des millions d'entre nous dans l'enfer du mal-logement: loyers trop chers, logements trop petits et insalubres, hébergements précaires .


Mais néanmoins , qu'il faille se mobiliser collectivement pour les empêcher , c'est un très mauvais signal envoyé par la nouvelle majorité.


Mal-logement et expulsions : occupation du GIP... par HLMPOURTOUS

 

Le communiqué diffusé sur place

BUDGET LOGEMENT : sans doublement des aides à la pierre, les mal-logés sont condamnés à l'aggravation de la crise

 

Le Collectif des Mal Logés en Colère occupe aujourd'hui le GIP Habitat et Interventions Sociales, à Montreuil. Cet organisme est chargé par l'Etat d'aider au relogement des foyers mal-logés et notamment ceux reconnus prioritaires DALO.

 Le budget Logement est désormais connu. Et malheureusement les choses sont claires : le doublement des aides à la pierre qui devait permettre la construction de 150 000 logements dont 120 000 par les bailleurs sociaux n'aura pas lieu. L'augmentation de l'aide de l'Etat est de 11% seulement, accompagnée d'une nouvelle ponction sur le budget du 1%. Cette ponction relève artificiellement le budget du logement, mais il s'agit d'une simple opération de vases communicants, qui diminuera la construction des collecteurs du 1%.

 En ce qui concerne l'hébergement, une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros est accordée : c'est un montant dérisoire à l'heure où 70% des appels au SAMU social en Ile de France sont laissés sans réponse. Faute d'offre de logement, l'hébergement est devenu la norme pour une partie considérable des mal-logés, coincés pendant des années dans des structures précaires et coûteuses, notamment les hôtels. Le dispositif reste saturé, et par conséquent devient inaccessible à d'autres demandeurs à qui il reste la rue et les marchands de sommeil.

 Des organismes comme le GIP sont bien financés par l'Etat pour trouver des solutions : mais il faudrait que ces solutions existent , sans quoi cela ne sert à rien. Actuellement , pour le seul DALO, plus de 20 000 dossiers sont en attente en IDF, et encore le DALO est-il déjà très restrictif dans ses critères.

 Nous attendions le doublement des aides à la pierre et des annonces claires sur la construction massive de PLA-I, les seuls logements sociaux accessibles à 80% des demandeurs.


Nous attendions l'annonce de l'arrêt des expulsions.


Nous attendions que l'Etat supprime des dispositifs favorables uniquement aux promoteurs, comme l'Usufruit Locatif Social et d'autres formes de faux logements sociaux qui vident les caisses à coups d'exonération d'impôts et permettent de contourner la loi SRU.

 Nous attendions des engagements immédiats en terme de relogements pour répondre à l'urgence.

 Un gouvernement ne peut pas prétendre faire de l'Education ou de l'Emploi ses priorités et laisser trois millions et demi de personnes mal-logés. Qui peut prétendre qu'on peut avoir une vie scolaire et professionnelle normale sans logement décent.

 Nous sommes déçus et nous sommes en colère : nous ne voulons pas d'un hiver de plus passé à entendre les responsables des structures censées nous aider comme le GIP, nous répondre qu'ils ne peuvent rien nous proposer.

 Nous voulons un logement maintenant.

15:00 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : expulsions, gip habitat et interventions sociales, cecile duflot, aides à la pierre, ush, dalo, super pla-i | | |  Facebook

jeudi, 12 juillet 2012

Les vrais logements sociaux, c'est maintenant: Les mal-logés à l'USH

70 mal-logés ont manifesté ce matin devant l'Union Sociale pour l'Habitat, organisme qui regroupe l'ensemble des bailleurs sociaux publics et privés.

Nous avions déjà interpellé sa vice-présidente, Marie Nöelle Lieneman à l'automne dernier à l'occasion d'un colloque de l'organisation sur l'inadaptation entre l'offre HLM et la demande, notamment au regard du type de logements sociaux majoritairement construits, en PLS, et donc beaucoup trop chers pour 76 pour cent des demandeurs de logement franciliens.

Nous sommes revenus aujourd'hui, à l'occasion d'une réunion où étaient présents les présidents de nombreuses sociétés HLM, pour que soient enfin pris en compte les besoins réels des mal-logés !

 


Paris: Des mal-logés manifestent devant le siège... par HLMPOURTOUS


Le communiqué diffusé sur place

RASSEMBLEMENT DEVANT L'USH : NOUS EXIGEONS DE VRAIS LOGEMENTS SOCIAUX

 

Ces dernières semaines, l'UNPI ( Union Nationale des Propriétaires immobiliers ) a lancé une nouvelle attaque médiatique et juridique contre le logement social, en prenant prétexte de la défense des plus défavorisés, et du prétendu réservoir à hauts revenus que seraient devenus les HLM.

Cette attaque repose sur des arguments fantaisistes pour la plupart, et sur l'idée dangereuse selon laquelle le logement social devrait représenter l'exception et concerner le moins de personnes possibles . Mais il n'en reste pas moins un très gros problème : non pas celui des riches qui habiteraient prétendument en masse les HLM, mais celui du niveau des loyers de ces mêmes HLM.

Nous manifestons aujourd'hui devant le siège de l'Union Sociale des HLM à ce sujet.

 L'organisme réunissant l'ensemble des bailleurs sociaux le reconnaît elle même dans un communiqué en réponse aux allégations de l'UNPI : il y a notamment en Ile de France, des dizaines de milliers de logements du parc social dont les loyers ne sont pas du tout sociaux, qu'il s'agisse des « loyers libres » , de certaines catégories d'ILN , ou des PLI ( logements intermédiaires).

 Les bailleurs sociaux restent très flous sur le nombre de logements concernés, et surtout peu de mesures sont prises pour faire de ces logements des logements sociaux . En effet la question n'est pas tant celle de leurs actuels occupants, mais plutôt celle de leur reconventionnement lorsqu'ils sont libérés : il est tout à fait possible légalement d'en faire des PLUS ou des PLA-I, mais ce n'est pourtant pas le cas.

 Cela coûterait pourtant beaucoup moins cher que les opérations d'acquisition de logements privés déjà occupés , notamment à Paris, où le prix de l'immobilier est très élevé.

 D'autre part, si le logement social doit aussi servir à loger les classes moyennes, qui connaissent également des difficultés de logement, la production actuelle ne correspond pas du tout à la nature de la demande : en Ile de France les PLS, accessibles à des personnes gagnant jusqu'à 2000 euros par mois sont inaccessibles à 78 %  des demandeurs de logement.

 Le nombre de logements produits avec ce niveau de loyer a pourtant triplé en moins de dix ans, quand celle des vrais logements sociaux, les PLA-I augmente péniblement, et que beaucoup d'entre eux sont en réalité des hébergements précaires.

 A Paris, devant cette surproduction de PLS et la sous-production de PLA-I, les autorités en sont à attribuer 78% des PLS à des foyers dont les ressources n'y correspondent pas : de fait, cela entraîne une nouvelle forme de mal-logement, les locataires ayant des difficultés à assumer le loyer, alors même qu'ils sont dans le logement social.

 Ces dernières années, les bailleurs se sont également engagés dans la production de logements en Usufruit Locatif Social : ces logements sont comptabilisés au titre de la loi SRU, alors qu'il s'agit non seulement de loyers du type PLS, mais aussi et surtout de logements temporairement sociaux, appartenant en réalité à des propriétaires privés, qui en cèdent la gestion pour quinze ans, bénéficiant en retour d'exonérations fiscales très importantes ! Ces logements sont pour beaucoup localisés dans des communes des Hauts de Seine qui ont ainsi trouvé un nouveau moyen de contourner la loi SRU, mais Paris s'y met aussi avec un programme de 65 logements dans le 15ème arrondissement, sur la ZAC Boucicaut

 Nous sommes donc venus à manifester devant l'USH pour exiger une production massive de logements vraiment sociaux , vraiment adaptés à la demande.


14:52 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : ush, lienemann, duflot, repentin, pls, pli, logement intermédiaire, pla-i | | |  Facebook

jeudi, 12 janvier 2012

Les mal-logés occupent le siège d'Amalia

Le siège d'Amalia, un des principaux collecteurs du 1% Logement a été occupé pendant plusieurs heures ce matin par une centaine de mal-logés .

Le 18 novembre, lors d'une intervention du collectif à un colloque organisé par Amalia et la vice présidente de l'USH et sénatrice Marie Noelle Lienemann, celle-ci et le président d'Amalia s'étaient engagés à recevoir le collectif.

Finalement, Mme Lienemann n'était pas présente au rendez-vous convenu, et le président d'Amalia après s'être engagé à une seconde rencontre, n'a pas donné suite.

Manifestement, les responsables politiques ou institutionnels en charge du logement social peinent à comprendre l'urgence de la situation: nous sommes donc venus nombreux à Amalia pour leur rappeler que les mal_logés n'ont plus le temps d'attendre qu'on veuille bien se préoccuper de leur sort.

Devant notre nombre et notre détermination, un rendez-vous avec Mme Lienemann et le président d'Amalia a été fixé pour lundi: nous en attendons naturellement plus que des déclarations d'intention sur le long terme, qui n'aboutissent jamais, tels les 25% de logements des collecteurs du 1% qui devaient être réservés au contingent préfectoral et dont les mal-logés ne voient pas la couleur.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT, C'EST POSSIBLE ET C'EST URGENT

Communiqué diffusé sur place ci-dessous :



Mal-logement : Occupation d"Amalia (collecteur 1%) par HLMPOURTOUS

  

LES MAL LOGES AU SIEGE D'AMALIA

Les mal-logés s'invitent aujourd'hui au siège d'Amalia, le 4ème collecteur du 1% patronal au niveau national.

La raison de notre venue est simple : sur le papier, nous devrions profiter de nos cotisations au 1% pour la résolution de nos problèmes de logement et l'obtention d'un logement social.

Parmi les mesures phares annoncées en 2011 , et qui concernent ce secteur, il y avait notamment l'effort en direction des jeunes actifs qui devait conduite à l'attribution et à la mise sur le marché de milliers de logements.

Il y avait aussi, la réservation pour le contingent préfectoral attribué par l'Etat, de 25% du contingent total de logements des collecteurs du 1% : l'application de cette mesure devait permettre l'augmentation du nombre de logements disponibles pour les salariés et populations les plus modestes, mais aussi un accès simplifié à ces logements.

Actuellement en effet, beaucoup de salariés cotisent, mais la complexité du système fait que très peu accèdent réellement à un logement sur la base de ces cotisations : notamment parce que nombre d'entre eux sont précaires et ne restent pas suffisamment longtemps dans la même entreprise pour obtenir quoi que ce soit mais aussi parce que les employeurs ne font souvent aucun effort pour mettre en œuvre ce droit.

Surtout, une grande part des prestations du 1% sont inaccessibles à la majorité des demandeurs de logement social : les logements privés ou de La Foncière Logement, l'accession à la propriété ne concernent pas les salaires équivalents au SMIC ou même un peu supérieurs.

Des mal-logés sont bien contactés par des organismes du 1% dans le cadre des 25% du contingent réservés par la Préfecture : mais de fait, cela ne va jamais au delà de la proposition, les candidatures étant systématiquement rejetées pour « inadaptation » du dossier ou «  insuffisance de revenus », quand le refus est motivé et transmis , ce qui est rarement le cas. La mesure n'est donc pas appliquée sur le terrain.

Nous avions interpellé le président d'Amalia, à l'occasion d'un colloque organisé le 17 novembre à Paris, avec Marie Noelle Linemann , vice présidente de l'UESH. Devant la centaine de mal-logés présent, le président d'Amalia et Mme Lienemann s'étaient engagés à nous recevoir , à nous écouter et à nous soutenir.

Mme Lienemann n'est pas venue au rendez-vous auquel elle s'était engagée. Quant au président d'Amalia, après un premier rendez-vous rapide et l'engagement d'en tenir un second plus construit en ce début janvier, il a décommandé et ne semble pas pressé de nous faire connaître une nouvelle date.

Les mal-logés sont donc de retour aujourd'hui.

Le 1% , c'est notre argent, c'est nos logements !

16:28 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : marie noelle lienemann, amalia, action logement, osica, dalo, ush | | |  Facebook

dimanche, 26 septembre 2010

Le président de l'ADIL 93 regrette la manière dont l'Etat traite les mal logés

Ce vendredi , le Préfet délégué à l'Egalité des Chance de la Seine Saint Denis et de nombreux élus locaux devaient inaugurer les nouveaux locaux de l'ADIL de Seine Saint Denis.

Nous étions quatre vingt mal logés présents dans les locaux de cette structure qui est chargée par la  Préfecture de l'instruction des dossiers DALO sur le département.Nous souhaitions notamment obtenir des explications sur les déclarations pour le moins étonnantes des représentants de la Préfecture sur 5000 logements de leur contingent dont personne ne saurait ce qu'ils deviennent.

Le Préfet n'avait manifestement rien à dire sur cette question concrète aux demandeurs de logement , dont la situation ne fait manifestement pas partie de ses priorités: il a préféré ne pas se rendre à l'inauguration.

Huit heures d'occupation plus tard, et malgré les interventions du Président de l'ADIL, du Président du Conseil Général, et de la maire de Montreuil et de son adjoint au Logement, le cabinet du Préfet comme celui du Ministère déclaraient toujours ne pas être formellement opposés à nous accorder un rendez-vous, mais pas non plus disposés à nous l'accorder.

L'attitude est à l'image de la politique menée: formellement, le gouvernement et la Préfecture veulent bien reconnaître un droit au logement et même opposable , mais pas reloger.

Les mal logés sont déterminés et patients, et il faudrait bien plus que ce mépris récurrent pour nous épuiser.

Mais le Président de l'ADIL s'est lassé avant nous de l'attitude de l'Etat: nous reproduisons ici son communiqué de presse, ou il regrette l'attitude de la Préfecture et du Secrétariat d'Etat au Logement vis à vis des mal logés.

Les Ministres, les élus et les préfets peuvent bien accuser les collectifs de mal logés de raconter n'importe quoi: mais qu'ont-ils à répondre lorsque c'est le représentant d'une structure qu'ils ont eux même reconnue compétente en matière de mal logement, à qui ils ont confié la résolution d'une partie des problèmes rencontrés par les demandeurs de logement , qui pointe en termes sans équivoque l'inadéquation de leur politique ?

 

adilcommuniquedepresse.jpg

 

 



20:04 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adil, dalo, caf, mal-logés, collectif, ush, bartolone, seine saint denis | | |  Facebook

DALO 93: plus de problèmes, moins de logements

le parisien 93 25-09-2010.jpgLe Collectif Mal Logés en Colère s'invite aujourd'hui à l'ADIL de Seine Saint Denis, chargée par la préfecture du département d'instruire les demandes DALO avant leur passage en commission.

Aujourd'hui en Seine Saint Denis, plus de 30% des dossiers sont déclarés irrecevables avant même tout passage en commission: c'est un premier tri effectué qui pénalise les mal logés , parce que le dossier est difficile et complexe à remplir.

Sur plus de 4900 dossiers examinés en  2008, seuls 843 avaient été reconnus prioritaires. Depuis, les critères d'éligibilité ont encore été restreints. Il faut désormais une reconnaissance officielle d'insalubrité et d'indécence du logement, l'accès est discriminant pour les personnes de nationalité étrangère, puisque le décret exigeant deux ans de présence régulière en France est maintenu malgré un avis contraire de la Halde. Désormais il est tenu compte des obligations alimentaires des hébergeants, ce qui signifie par exemple qu'une personne hébergée chez ses parents, même majeure peut voir rejeter son dossier.

Moins de 35% des dossiers reconnus prioritaires donnent de toute façon lieu à une proposition de logement selon les chiffres même de la Préfecture de Seine Saint Denis. Et « proposition » ne signifie pas « attribution »: de plus en plus, notamment en qui concerne les propositions du 1% logement, nous constatons ce qu'il faut bien appeler des propositions pour la forme. En l'occurrence, les mal logés reçoivent un bon de visite, souvent pour des appartements aux loyers élevés au regard de leurs revenus et plus aucune nouvelle ensuite.

Bref la loi DALO est inefficace, et cela tout le monde le reconnaît désormais.

En Seine Saint Denis, de toute façon, la Préfecture admet tranquillement avoir « égaré » les logements de son contingent: ainsi, la responsable du bureau du Logement déclare-t-elle à un colloque sur l'évaluation de la loi en Ile de France, en juin 2010.

« Le logement, on ne sait pas, c'est un peu le vague ;  peut-être  qu'avec  la  reconstitution  du contingent  préfectoral,  petit  bout  par  petit  bout,  nous  allons arriver à savoir où passent nos logements ; aujourd'hui, nous ne savons pas trop où sont 4.000 ou 5.000 logements ; c'est un travail à mener de façon précise »

http://www.gridauh.fr/sites/fr/fichier/4c41d644ab31b.pdf

Nous occupons donc aujourd'hui l'ADIL investie d'une mission préfectorale pour obtenir des explications quant à cette « perte » de milliers de logements, et aussi pour exiger qu'ils soient retrouvés rapidement.

En attendant, si la loi DALO ne permet pas de retrouver les logements perdus, des coïncidences troublantes nous amènent à nous interroger sur l'utilisation réelle du fichier DALORIF: en effet, les mal logés victimes de sur-occupation voient de plus en plus souvent succéder à un avis positif DALO, non pas un logement mais un contrôle de la CAF et une coupure des allocations si le logement actuel n'a pas la surface règlementaire. Or la CAF a accès au fichier DALORIF qui comporte toutes les informations relatives a la situation locative des allocataires demandeurs de logement.

La loi n'est donc pas appliquée quand elle est favorable aux mal logés, mais seulement quand elle ajoute un nouveau problème à leur situation, en l'occurrence le risque de ne plus pouvoir payer son loyer et de finir à la rue

Voir également le communiqué du Président de l'ADIL 93

le parisien 93 25-09-2010.jpg

 


Bartolone donne son point de vue sur les luttes de mal logés
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19:57 Écrit par Collectif des Mal-logés en colère ! | Lien permanent | Tags : adil, ush, apparu, bartolone, mal-logement, caf, allocations logement | | |  Facebook

 
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